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un excès d'acide urique, ce qui constitue les urines critiques des anciens.

(c) Excitation des vaisseaux. — Quelle que soit la source des combustions, la chaleur qui se développe subitement excite les nerfs moteurs et surtout les nerfs vaso-moteurs. Ce sont les petites artérioles possédant les muscles les plus puissants qui agissent d'abord par leur contraction, de façon à ce qu'il reste à peine du sang à la périphérie; de là une cause de refroidissement périphérique résultant de la stase veineuse, et de l'état exsangue des artérioles; ainsi, dans la fièvre pernicieuse, le visage et les extrémités sont d'une pâleur mortelle, ou bien d'une coloration livide, rouge, cyanosée. Cette rougeur et cette pâleur alternatives s'expliquent l'une par la stase sanguine, l'autre par l'anémie des tissus.

Ce n'est pas tout. Le cour lutte énergiquement contre la résistance des artérioles et, bien qu'en somme il fournisse un travail effectif très-faible, il bat très-vite, 120 à 140 par minute. Le nerf vague ne fonctionne que si le sang est dans son intégrité; sous l'influence de l'acide carbonique qui s'accumule alors dans le sang, le nerf se paralyse finalement et dès lors il se produit une fréquence excessive des battements du cæur.

(d) Excitation des muscles. — L'excitation des nerfs moteurs par la chaleur produit la contraction des muscles et tout d'abord de ceux des bulbes pileux de la peau, c'est ce qui constitue la chair de poule. L'excitation des muscles animés par la petite branche de la cinquième paire produit le claquement des dents, l'excitation de ceux animés par la septième paire donne lieu à la contraction des muscles peauciers du cou et de la face, d'où l'état grippé du visage. Enfin, le tronc et les membres sont en proie à des contractions analogues. Le patient se rétracte, se recoqueville, il cherche ainsi à diminuer le volume du corps, à diminuer sa surface de rayonnement, sa déperdition de chaleur, et en même temps à augmenter les contacts des extrémités qui sont froides, avec le tronc qui est plus chaud. Enfin, la contraction des muscles respiratoires produit l'anxiété précordiale, la dyspnée, et celle des muscles du larynx, la faiblesse de la voix.

Voilà l'interprétation physiologique du frisson, phénomène caractéristique des fièvres de la première catégorie.

Voyons maintenant à distinguer les fièvres de la deuxième catégorie.

DIAGNOSTIC DES PIÈVRES DE LA DEUXIÈME CATÉGORIE.

Ce groupe comprend les fièvres éruptives et la pneumonie. Avant la période d'éruption, les fièvres éruptives ne présentent aucun signe pathognomonique, et c'est alors que l'étude de la température est pour le médecin une précieuse ressource comme nous allons le montrer; une fois l'éruption produite, il peut encore y avoir des difficultés pour différencier les fièvres éruptives les unes des autres ; c'est un nouveau diagnostic à faire, qui repose sur d'autres considérations, et nous n'y insisterons pas pour le moment.

Les fièvres éruptives sont : l'érysipèle, la variole, la scarlatine, la rougeole. Nous adoptons cet ordre, parce que la rougeole; qui vient la dernière, a une marche analogue à celle de la fièvre typhoïde et forme ainsi la transition entre les fièvres de la seconde et de la troisième catégorie. '

L'érysipele décrit sa courbe thermométrique comme un simple accès de fièvre éphémère, mais ce qui caractérise cette maladie, c'est que chaque poussée érysipélateuse, chaque extension de l'éruption, comme cela se voit dans les érysipèles ambulants, est annoncée par une nouvelle ascension thermométrique, de sorte que la courbe se compose d'une série irrégulière de montées et de descentes. Dans la variole, la température initiale monte promptement de

37 à 390,5, et le deuxième jour

au soir (soit après quarante1 2 3 4 5 6 7 8

huit heures) elle atteint le maximum 40 degrés; le troisième jour, la chaleur persiste et l'éruption ne se fait que le quatrième jour au matin dans les varioles ordinaires, mais dans les varioles malignes l'éruption se fait le deuxième jour (après trente-six ou quarante heures). Sachez donc que la durée des prodromes de la variole est va

riable suivant les cas. Deux jours Fig. 5. – Variole discrète.

pour les varioles graves, trois et quatre pour les autres. Vous pouvez donc, dès cette période, prédire la gravité ou la bénignité d'une variole.

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Là scarlatine a le même début brusque que la variole, mais là température monte bien plus rapidement et atteint son maximum en vingt-quatre heures; c'est alors que se fait l'éruption. C'est la

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fièvre éruptive qui a la période prodromique la plus courte; elle est donc assez facile à distinguer des autres. Mais il arrive souvent que la scarlatine passe inaperçue ; soit que l'éruption échappe par sa pâleur à l'examen du médecin, soit qu'elle manque complétement (scarlatine fruste de Trousseau), soit enfin qu'elle soit trèsincomplète et fugace; cependant ces sortes de scarlatines peuvent donner lieu à tous les accidents graves de la scarlatine régulière, à la maladie de Bright, entre autres, et les enfants y seront d'autant plus exposés que la maladie ayant passé inaperçue, on ne prendra aucune précaution. On évitera cette faute, si on a soin d'explorer la température; au début il y a eu de la fièvre, sa durée a été éphémère, vingt-quatre heures soit, mais le thermomètre atteint dans ce laps de temps 40 degrés, et aucune autre maladie que la scarlatine n'atteint ce maximum élevé en un jour.

La rougeole commence au contraire d'une manière lente et perfide, elle a donc une marche essentiellement différente de la scarlatine et de la variole. Tandis que dans ces maladies la température atteint son maximum rapidement et d'une façon continue, dans la rougeole il y a des rémissions le matin, si bien que dès le deuxième jour on peut prédire l'apparition d'une rougeole. La durée des prodromes est longue, et la période d'incubation est de quatre jours. Voici, en général, ce que l'on observe : au début il y a un peu de fièvre, mais elle n'est pas continue, elle a les caractères de la fièvre rémiltente ou catarrhale, puis survient un accès transitoire précédé de frissons vers le troisième jour; le thermomètre baisse le matin du cinquième ou du sixième jour, et alors on voit apparaître l'éruption à la fin de ce jour ou le lendemain.

Le maximum de la température survient donc du troisième au cinquième jour.

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Diagnostic des fièvres éruptives et de la pneumonie. – Ce diagnostic n'est pas toujours facile, et le médecin peut être induit en erreur d'autant plus que, dans certains cas, le thermomètre ne lui sera d'aucune utilité. C'est ainsi qu'il y a une grande analogie entre le début de la variole et de la pneumonie, car le thermomètre dans les deux cas donne les mêmes signes : élévation rapide de la température, et on sera forcé d'attendre que les signes d'auscultation apparaissent. Puis il arrive souvent, chez les enfants surtout, que l'auscultation est très-difficile à pratiquer ; chez eux les crachats manquent complétement, et la dyspnée existe aussi bien dans la variole que dans la pneumonie. Comment se tirer d'embarras ? Le thermomètre ne vous renseigne nullement. Ici, vous n'avez qu'un signe qui peut vous éclairer, c'est la dyspnée. Dans les deux cas il y

a de la dyspnée et en même temps les malades accusent un point douloureux, le point de côté. Dans la pneumonie, la gêne de respiration accompagne le point douloureux, il siége tantôt à droite, tantôt à gauche, et coupe la respiration; tandis que dans la variole, il n'y a pas véritablement gêne de la respiration, c'est plutôt une anxiété, une sensation d'angoisse qui siége, soit à la région précordiale, soit au creux épigastrique ; une étude attentive de la dyspnée peut donc vous donner quelques probabilités.

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Résumons donc en quelques mots la marche caractéristique de chaque fièvre éruptive :

Dans la rougeole, l'éruption apparaît le quatrième ou cinquième jour ; dans la scarlatine, l'éruption survient le soir du deuxième jour; dans la variole, le quatrième jour.

Dans la scarlatine, le thermomètre reste au maximum pendant quatre à cinq jours, et la défervescence se fait vers le septième ou huitième jour. La chute est lente.

Dans la variole, une fois l'éruption apparue, la défervescence est complète et l'éruption variolique accomplit sa marche sans que le thermomètre indique une augmentation de la chaleur. Le thermomètre, il faut le dire, remonte à la période de suppuration.

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