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cédé qui venait d'être reconnu iusuffisant, appliqué de nouveau pendant l'anesthésie, et le malade étant tou jours dans la position horizontale, obtient le succès voulu.

( 60 Toute fracture de la clavicule peut être maintenue réduite par l'un ou l'autre des deux appareils suivants : 10 celui que j'ai figuré dans mon Traité des opérations, t. II, p. 26 et 27; 20 celui dans lequel la main du membre fracturé, étant portée sur un coussinet qui recouvre l'épaule saine, y est maintenue par des circulaires et des doloires qui s'enroulent

autour du thorax et qui, au lieu de passer sur la clavicule fracturée comme dans l'appareil inamovible décrit par Velpeau (Méd. oper., t. I, p. 229 et 230), ne porte que sur l'épaule saine exclusivement, laissant complétement découverte la région claviculaire du côté de la fracture ;

: 70 Tout ce traitement est fondé sur ce principe que, quand le moignon de l'épaule fracturée est porté à son plus haut degré d'élévation, et s'y trouve maintenu, aucune difformité de la fracture ne résiste aux efforts du chirurgien. » (Société de chirurgie.)

VARIÉTÉS.

Banquet de l'Internat. – Le banquet du 20 février 1869 fera date. Jamais la réunion n'avait été si nombreuse, grâce aux efforts de la commission permanente qui a produit l'Annuaire de l'Internat et que tous les anciens internes ne sauraient trop remercier, car cet annuaire, a dit M. Denonvilliers, est le livre d'or de l'Internal. Il permet de revendiquer un titre dont on s'honore et de démasquer ceux qui l'usurpent.

A ceite réunion se pressaient les jeunes internes en exercice et surtout les anciens en grande majorité. Bon nombre de médecins de province n'avaient pas hésité à sacrifier leurs intérêts pour assister à cette fète où la confraterpité médicale se retrempe dans les souvenirs de la salle de garde. Nous pouvons en citer plusieurs : MM Penard, de Versailles ; Gillet, de Melun ; Thomas, de Tours; Logerais, de Pougues ; Garreau, de Laval; Legentil, de Villé-Dieu ; Henrot, de Reims; Laburthe, de Coulommiers ; Lefeuve, de Pontoise; Augros, de Maison-Laffite; Prestat, de Pontoise, sans compter ceux qui se sont excusés par lettres ; MM. Etoc, du Mans; Bouteiller, de Rouen ; Turner, de Saintes; Houssard, d'Avranches, le promoteur du premier banquet de l'Internat en 1817.

Le banquet était présidé par M. Denonvilliers, ayant d'un côté MM. Bouillaud et Giron de Buzaringues, député, et de l'autre M. Jacquemin, interne de 1817, et M. Horteloup, père. Des toasts ont élé portés par MM. Denonvilliers, Bouchut, Bouillaud et Piogey. L'allocution du président, petillante de verve et d'entrain, a été couverte d'applaudissements, et, au café, un des commissaires de la fête, M. Emile Tillot, notre ami et notre collaborateur, a charmė l'auditoire par deux chansons que nous sommes heureux de reproduire. Beaucoup de lecteurs sont d'anciens internes des hôpitaux, ils pourront voir que la poésie n'a pas déserté les salles de garde et que le culte des muses est compatible avec l'exercice de la médecine.

LES PRÉSENTS D’ARTAXERCÈS.

AIR : Le Grenier de Béranger.

L'histoire dit qu'au divin Hippocrate
Un roi persan fit offrir un cadeau
S'il voulait bien, quittant une ile ingrale,
Venir purger ses sujets d'un fléau.
Son beau refus, digne de sa nature,
A jusqu'à nous traversé bien des ans.
Chacun l'a vu sur le marbre, en peinture.
D'Artaxercès repoussant les présents.

Nous le croyons, l'anecdote est certaine,
Mais arrangée à la façon du temps.
Le roi persan, c'est un banquier d'Athène
Par son docteur soigné depuis longtemps,
Pour s'acquitter il aurait eu l'audace
De lui porter un lièvre et des faisans.
Mais Hippocrate aimait fort peu la chasse.
D'Artaxercès il rendit les présents.

A peine entré dans notre confrérie,
Tout un public vous réclame à grand bruit,
Foulé exigeante ét soi-disant amie
Qu'un nouveau titre en un instant séduit.
L'année, hélas ! court pleine de promesses;
La médecine a des airs séduisants,
Mais vos clients mesurent les largesses.
D'Artaxercès redoutez les présents.

L'un se férait, dit-il, un vrai scrupule
De vous payer un service amical;
Un autre croit qu'il serait ridicule
Pour vos conseils d'offrir un vil métal.
Un gros boyard, par une tabatière,
À reconnu vos soins depuis trois ans,
Mais on vous donne un écu de la pierre.
D'Artaxercès redoutez les présents:

Bourse au crochet, tricot, tapisserie,
Fleurs en papier, eufs d'autruche, lézards,
Vases fêlés font une galerie
Qui doit prouver votre goût pour les arts.
Pendule en zinc; cornets en pâte ferme,
Dons fastueux de cours reconnaissants !
Mais en biblots reçoit-on votre terme ?
D'Artaxercès redoutez les présents.

Diners en ville et concerts et musique,
Le cher docteur est choyé, dorloté.
Pour l'obtenir on devient tyrannique,
Mais le diner lui sera bien compte
Si vous soignez une tête princière,
Cordons et croix sont des dons séduisants,
Mais vous laissez vos fils dans la misère.
D'Artaxercès refusez les présents.

A vos bons soins une femme charmante,
Mon cher confrère, ose se confier.
Le cas est rare, aimable est la cliente,
Est-ce l'argent qui pourra vous payer ?
Un médecin s'entend mal aux affaires;
Votre malade a des yeux ravissants...
Mais dans huit jours quels cuisants honoraires :
D'Artaxercès redoutez les présents.

LES DEUX JUMEAUX.
AIR : Femmes, voulez-vous éprouver ?

Dans l'intérieur d'un utérus,
Pour deux bien étroite demeure,
Se trouvaient un jour deux foius
Qui d'leur naissane' touchaient à l'heure.
Le premier d'eux, la tête en bas;
Fait signe à l'autre de le suivre;
Et, le serrant dans ses deux bras
Lui dit : « Qu'on est heureux de vivre !!

« Pour nous ici, point de souci.
Tout nous arrive en abondance,
On n'a pas l' temps de dir' merei.
Ah ! quelle charmante existence !
On se trouv' si bien dans ces eaux.
Regarde comme je me livre
Au bonheur d'aller sur le dos.
Frère, qu'on est heureux de vivre l » 1°

Le second, dont la tête au ciel
Toujours dressée est moins légere,
Lui répond : « Quel heureux mortel !
Vrai, j'admire ton caractère ;
Tu ris de tout comme un enfant,
Et de plaisir un rien t'enivre.
Moi je regrett d'être vivant.
Ah! qu'on est malheureux de vivre !

« Ici nous sommes en prison.
Vois un peu quel étroit espace!
Je me cogn' là tête au plafond.
Dans tes pieds mon nez s'embarrasse;
Si je veux faire un mouvement,
Mon cordon se met à me suivre.
Etre attaché! quel amus'ment !
Ah ! qu'on est malheureux de vivre ! » BOIS.

Ils étaient là ď' leur entretien,
Quand tout à coup l'utérus tremble.
L'onde s'agite, avance et r'vient,
Puis s'écoulant les laisse ensemble.
Ils sont à sec : plein de frayeur,
Le premier vain’ment veut poursuivre,
Il plonge en criant : « Quel malheur!

} bis. Ah! nous allons cesser de vivre. )

Son frère essaye de tirer Sur ses pieds, effort inutile ! De colere il veut s'étrangler Et casse son cordon fragile,

Mais vient son tour, on le saisit.
Il pivote comme un homme ivre
En criant: « J'vais mourir aussi !
Dieu ! quel bonheur d' cesser de vivre! » ] Oli

Dans le premier de ces enfants
Je vois déjà poindre la race
De ces ventrus toujours contents
En quelque endroit que l'sort les place.
L'autre, à l'étroit dans l'utérus,
Veut à tout prix qu'on l'en délivre.
Mais que d' gens sont toujours foetus, en
Et ça n' les empêch' pas de vivre.

S. } bis.

}

SOCIÉTÉ DE Médecine de Gand, - Programme du concours de l'année 1869. – 1 re Question : Indiquer les meilleurs moyens pratiques d'assainissement applicables aux villes de nos Flandres ou à l'une d'elles en particulier.

2e Question : Rechercher les moyens capables de prévenir ou du moins d'atténuer les maladies occasionnées par la fabrication des allumettes phosphoriques.

Ze Question : Quelles sont les causes de l'augmentation toujours croissante de la population des asiles d'aliénés ? Y a-t-il lieu d'y remédier el par quels moyens peut-on y parvenir ?

4e Question: Etudier l'influence du physique sur le moral, au point de vue de la responsabilité morale. S'appuyer sur des faits bien constatés.

5e Question : Faire l'histoire des déplacements de l'utérus dans l'état de vacuité. Apprécier la valeur des divers traitements de ces affections, en s'appuyant sur des faits pratiques.

6e Question : Résoudre une question de médecine, de chirurgie ou d'accouchements, au choix de l'auteur.

Les mémoires envoyés en réponse à ces questions doivent être écrits lisiblement en flamand, en français ou en latin.

Ils seront adressés, francs de port, avant le 1er janvier 1870, dans les formes académiques usitées, à M. le docteur Charles Willems, secrétaire de la Société, rue des Epingles, 10, à Gand.

Il sera accordé à l'auteur d'un mémoire couronné : 10 Une médaille d'or d'une valeur à déterminer suivant l'importance du travail ; 20 le titre de membre correspondant; 3o cinquante exemplaires du mémoire.

Prix Guislain. - Question à résoudre : Faire l'exposé des doctrines dicales dont l'ensemble constitue aujourd'hui la psychiatrie. – L'auteur discutera leur valeur relative en les comparant, s'il y a lieu, entre elles et avec celles qui ont eu cours antérieurement. Il fera ressortir les progrès qui ont été réalisés, dans ces derniers temps, dans cette partie de la science, en insistant surtout sur l'influence que les travaux de Guislain ont pu avoir sous ce rapport.

Les mémoires devront être adressés, francs de port, avant le 1er octobre 1869, à M. le docteur Charles Willems, secrétaire de la Société, rue des Epingles, 10, à Gand.

Une médaille d'or de 500 francs, ou bien cette valeur en espèces, le titre de membre correspondant de la Société et cinquante exemplaires tirés à part seront accordés à l'auteur du mémoire couronné.

M. le professeur Gubler commencera son cours de thérapeutique mercredi prochain, 17 mars, et le continuera les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine à deux heures.

Pour les articles non signés :

F. BRICHETEAU.

THÉRAPEUTIQUE MÉDICALE.

Leçon d'ouverture du cours de thérapeutique,

17 mars 1869 ;

Par M. le professeur GUBLER. MESSIEURS, Avant de pénétrer au vif des questions qui font l'objet spécial de cet enseignement, permettez-moi de vous rappeler en quelques mots l'origine, les transformations et les progrès de la thérapeutique, de vous indiquer son état actuel, peut-être son avenir, et de vous exposer brièvement mes principes et la manière dont je conçois l'avancement de la science.

La médecine est, dit-on, l'art de guérir. Assurément elle est plus que cela; mais cette définition, si défectueuse qu'elle paraisse, a du moins le mérite d'indiquer clairement le but noble et élevé que le médecin, pour rester vraiment digne de ce nom, doit s'attacher à poursuivre. Guérir, telle est la fin vers laquelle doivent converger toutes les connaissances médicales. Dans une école professionnelle la physique, la chimie, l'histoire naturelle, la physiologie, la pathologie ne sont pas cultivées pour elles-mêmes, mais seulement en vue de leurs applications pratiques. Ce sont les assises superposées de la science dont la thérapeutique est le couronnement.

Et, chose singulière, on a commencé par le sommet la construction de cet édifice; de la pyramide on a d'abord ébauché la pointe. L'empirisme a précédé la science. A une époque reculée où l'on n'avait pas la moindre notion de la nature des maladies et des lois de leur évolution, non plus que du mode d'action des moyens curatifs, certains remèdes étaient déjà mis en usage contre les blessures et les affections les plus apparentes. Tant est puissant le sentiment de la conservation, tant est impérieux le besoin qui nous porte à chercher, dans ce qui nous entoure, les moyens de nous soulager ou de nous guérir !

Aucune science ne fut pourtant aussi contestée que la médecine, aucune n'est encore l'objet d'appréciations plus diverses et de jugements plus passionnés. Art divin pour les uns, illusion ou mensonge pour les autres. Molière n'a-t-il pas été jusqu'à dire dans le Malade imaginaire : « Je ne vois pas de plus plaisante momerie, je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui veut se mêler d'en guérir un autre. » A la vérité, Voltaire proclame qu'«un bon médecin peut nous sauver la vie en mainte occasion, » et cet hommage peut

TOME LXXVI. 64 LIVR.

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