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premier fait de ce genre, mais nous n'en avons aucun présent à la mé moire Quoi qu'il en soit, nous croyons bien faire de le signaler, car il nous parait mériter qu'on l'imite.

Celle opération a été faite en Amérique par un chirurgien français, dit le Philadelphia med. and surg. Reporter, sur une femme au sixième mois de sa grossesse, dont le fætus mort fut rencontré dans la trompe droite. Sa santé étant très-compromise, toute perte de sang pouvait être fatale. Un vaste emplâtre de diachylum, ayant au centre une ouverture de quatre pouces de sur un de la

fut fixé sur la partie saillante de la tumeur, et une épaisse couche de pâte de Vienne appliquée sur celte ouverture pendant trois minutes Une violente douleur en résulla ; mais deux jours après les muscles obliques jusqu'au fascia étaient divisés par le caustique; et il sufit d'une nouvelle application pour pénétrer dans le kyste. L'ouverture fut agrandie avec l'index, et un fælus nor malement développé fut extrait. Des adhérences si intimes existaient entre les levres de la plaie, que l'on put injecter la cavité kystique sans avoir à redouter de péritonite. Les suites furent excellentes, et la malade pouvait être considérée comme guérie, lorsque le choléra ayant envahi l'hôpital, elle en fut atteinte et succomba rapidement, quinze jours après l'opération. (Union méd., 1869, no 19.)

tenseurs de la jambe étaient complétement paralysés ; la contractilité électrique des muscles était très-diminuée et se trouvait en rapport direct avec les dimensions et les mouvements volontaires des muscles; aucun trouble de sensibilité; fonctions digestives et urinaires intacles.

En examinant une parcelle du muscle deltoïde obtenue à l'aide du harpon, on put se convaincre que le malade était réellement atteint d'alro. phie musculaire. La maladie fit des progrès rapides, et, au bout de deux mo

uvait

e imprin primer de légers mouvements à la tête et offrait une paralysie complete des membres supérieurs. En même temps que la paralysie augmentait, l'atrophie devenait plus marquée, et la contractilité musculaire diminuait dans la même proportion. Aucun trouble de la respiration, ni de la digestion, ni du sommeil.

Trois mois après l'entrée du malade, on commença le traitement électrique en galvanisant tous les jours, pendant dix minutes, deux points de la portion cervicale du grand sympathique. Au bout d'un mois de ce traitement, le malade avait repris des forces ; mais il ne put marcher, même difficilement, qu'au bout de six mois. Les mouvements des bras ne se rétablirent d'une manière complète qu'au bout d'un an; en même temps les muscles reprirent peu à peu leur volume normal. Seize mois après le début du traitement, on cessa la galvanisation, et, au bout de dix-huit mois, le malade sortit presque guéri. On examina de nouveau une parcelle du muscle deltoïde extraite à l'aide du harpon ; les fibrilles musculaires présentaient une striation trèsneile et renfermaient encore en certains points quelques gouttelettes graisseuses. Les fibres nerveuses que l'on pouvait apercevoir dans certaines préparations offraient une structure tout à fait normale (1). (Berlin, Klin. Wochenschrift, t. XXXVII, 1868.)

Atrophie musculaire progressive avec paralysie com plète des extrémités. Guérison par le courant continu; par le docteur Nesemann. Un ouvrier de dix-neuf ans, qui avait eu la rougeole quelques mois auparavant, ressentit tout à coup un affaiblissement considérable des membres supérieurs ; au bout de trois semaines, les bras étaient complétement paralysés, et, bientôt il fut également atteint d'une paralysie des membres inférieurs.

A son entrée à l'hôpital, le malade présentait un amaigrissement trèsmarqué dû à l'atrophie musculaire. Celte atrophie était surtout tres-nelle au niveau des mains, dont les éminences thénar étaient complétement alfaissées. Les muscles deltoïdes avaient également perdu leur consistance et leur épaisseur; les mouvements volonlaires des bras étaient presque impossibles; aux jambes on observait une simple parésie; les ex

Action physiologique de la papaverine, par K.-B. Hofmann. On a beaucoup parlé dans ces derniers temps de l'action somnifere de la papavėrine. L'auteur s'est servi, dans ses expériences, du chlorhydrate de

(1) Celte observation ne devrait-elle pas plutôi être citée comme un exemple de paralysie générale consécutive à une pyrexie, (Note de la Red.)

papaverine, qui se présente sous la forme l'urn sel incolore, soluble en petite quantité dans l'eau froide, très soluble dans l'eau chaude. Ce sel a un goût particulier, très - désagréable. L'auteur a pris, trois jours de suite, 12, 24 et enfin 36 centigrammes de chlorhydrate de papaverine. A la suite des deux premières doses, il n'avait éprouvé aucun symptôme particulier. Après la troisieme dose, il ressentit, au bout d'uneheure et demie, un hoquet intense qui disparut après dix minutes; puis une gêne considérable au creux épigastrique. Après le repas, céphalalgie frontale vive, aucune sen. salion de fatigue ou d'abattement.

Après une seconde ingestion de papavérine, l'auteur ne ressentit aucune gêne, si ce n'est un sentiment de pesanteur à l'épigastre: jamais il n'a éprouvé de bourdonnements d'oreille, de vertiges, d'éblouissemements, de sensations de froid ou de chaleur.

Voici le résumé des observations de l'auteur :

1° La papaverine occupe une place tout à fait minime dans les alcaloïdes narcotiques : en effet, aucun de ces alcaloides, donné à la dose de 36 centigrammes, ne reste sans produire d'effets spéciaux ; 20 La papaverine, administrée à

papaverine, administrée à l'homme sain, ne produit pas la moindre action hypnotique à la dose de 36 centigrammes;

3° La papaverine n'amène pas de résolution musculaire, car elle ne provoque ni fatigue ni abattement;

40 Elle ne s'accumule point dans l'organisme. car, admnistrée plusieurs fois de suite à dose progressivement croissante, elle ne produit ni sommeil ni résolution musculaire ;

5° La papaverine n'a aucune action sur le pouls, pas plus que sur la respiration et la température du corps;

60 Elle ne provoque pas de constipation et n'influe en rien sur la sécrétion urinaire ni sur la quantité d'urée contenue dans ce liquide. (Wien. med. Wochenschr., XVIII, 58-59; 1858.)

bout de quatorze heures la fausse membrane se réduit à des filaments.

20 Sulfate de zinc (1 gramme pour 10 d'eau distillée). En quatorze heures la membrane s'est raccourcie.

3° Bromure de potassium (solution au dixième). En quatorze' heures transformation en une substance nuageuse.

40 Chlorure de sodium. Même résultat.

50 Chlorure de baryum. Même résultat.

60 Même résultat avec l'hyposulfite de soude. . 70 Cyanure de potassium. En quatorze heures dissolution complète.

80 Borax. La membrane devient jaune et tendue.

go Chlorure de chaux. Elle se dissont.

100 Chlorhydrate d'ammoniaque. Elle reste intacte.

110 Sulfale de fer. Elle reste intacte.

120 Carbonate de potasse. Se dissout parfaitement.

150 Sulfate de soude. Peu de changement.

140 Chlorate de potasse. En trois heures la fausse membrane devient comme de la charpie.

150 Eau de chaux. Dans le même temps même effet.

160 Bicarbonate de soude. Solution parfaite en trois heures.

170 Nitrate d'argent cristallisé (80lution au dixième). La membrane durcit el se resserre.

180 L'acide lactique a donné à l'auteur les mêmes résultats qu'au docteur Bricheteau. (Gaz. med. ital. lomb., nov. 1868.)

Accidents cérébraux simulant la méningite, causés par la présence d'oxyures dans le rectum. Le fait suivant, rapporté par M. Vignard, de Nantes, doit être connu: car il n'est plus de médecin qui révoque en route l'influence des entozoaires intestinaux sur le développement de diverses maladies de l'enfance. Toutefois, comme lescas de ce genre affectent toujours une marche insidieuse, comme les manifestations morbides auxquelles l'helminthiase peut donner lieu ne sont point caractérisées par une symptomato logie bien établie et semblable à ellemême, il est bon de publier tous les faits qui se rapportent à ce sujet, afin de mettre autant que possible le médecin sur ses gardes.

Expériences sur la solubi lité des fausses membranes du croup. Les expériences ont porté sur des exsudats pseudo-membraneux expulsés par les malades ; on a choisi des fausses membranes de la même consistance et du poids d'un gramme environ.

10 Solution d’iodure de potassium (1 gramme par 10 d'eau distillée). Au

Eau disini...... 50 cent.

Voici l'histoire d'un malade que j'ai docteur Boulomié, médecin aide-maeu l'occasion d'observer et pour le- jor à l'hôpital militaire de Toulouse. quel M. Mahot fut appelé en consul. Il s'agit des érections douloureuses tation.

dans certaines blennorrhagies. Nous Un enfant, âgé de six à sept ans laissons la parole à ce confrère. environ, demeurant chez ses parents, « Dans la blennorrhagie aiguë, avec rue du Séjour, 1, dans une chambre érections nocturnes douloureuses, j'ai sombre à n'y pas voir en plein midi, injecté avec la seringue Lüer, au niest pris d'accidents qui me font crain- veau de la quatrième vertèbre lomdre l'invasion prochaine d'une ménin. baire, 15 gouttes d'une solution de gite tuberculeuse. Mis en observation, chlorhydrate de morphine ainsi forcet enfant ne tarde pas, malheureu- mulée : sement pour lui, à montrer la réalisation de mon fâcheux pronostic. Chlorhydrate de morDans les délais habituels, les symptômes bien connus de la méningite Eau distillée ...... 50 gram. s'accusèrent et bientôt atteignirent un degré véritablement effrayant. Je « Broyez le chlorhydrate de morn'entrerai pas dans le détail de l'ob phine avec quelques gouttes d'eau servation. Qu'il me suffise de dire que distillée et étendez la solution; si lout M. Mahot porta le même diagnostic le sel n'est pas dissous, chauffez. que moi et, par suite, le même pro- « Après cette première injection, que nostic défavorable. Un seul sympiôme je pratique à Trois heures du soir manquait pour parfaire le tableau de (heure de la coutre-visite dans nos la méningite. La constipation, qui est hôpitaux), les érections sont notablela regle dans cette maladie, était ment diminuées, mais non encore susremplacée par de la diarrhée. Cela pendues pendant la première nuit. seul suffisait pour nous donner quel - « Après une deuxième injection que espoir, en nous faisant concevoir faite le lendemain, à la même heure, la possibilité d'une autre affection. avec la même dose et non loin du point Guidé par cette irrégularité, avant piqué la veille, le sommeil devient l'arrivée de M. Mahoi, j'avais, sans calme et réparateur; il n'est plus inaucun résultat, donné de la santonine. terrompu, soit par les érections, soit Nous donnâmes du calomel : on n'ob par les cauchemars. tint rien el on fut obligé de modérer « Le lendemain du jour où l'injecla diarrhée. J'avais beau interroger tion a été pratiquée et durant la nuit la mère, je n'apprenais rien qui pût suivante, la sédation est encore com m'éclairer, lorsque je songeai à ad- plete; mais dans la troisième nuit qui ministrer des lavements de suie, pen- suit la deuxième injection, le plus sousant que les accidents pourraient bien vent les érections se reproduisent de être dus à des oxyures. Ma foi dans nouveau, moins douloureuses que préles vers fut brillamment récompensée cédemment, il est vrai, mais encore Des oxyures furent rendus en grande assez pénibles pour interrompre le quantité; les accidents cérébraux sommeil. Deux injections ont suffi dans disparurent en quelques heures, et le quelques cas. malade mourant en apparence tout à « ll est bon, néanmoins, de suivre l'heure fut presque subitement rendu en général la marche que j'ai adoptée à la santé ; et c'est précisément cette actuellement. rapidité dans la disparition des phé- « Premier jour, première injection, nomènes qui acheva de me convaincre vers le soir, avant le repas ou quelde l'influence exclusive des oxyures, ques heures après; deuxième jour, parasites de mon petit malade, sur le deuxième injection; troisième jour, développement de sa maladie. (Jour pas d'injection ; quatrième jour, troinal de médecine de l'Ouest.)

sième injection; cinquième jour, pas d'injection ; sixième jour, quatrième

injection. Traitement des érections « Dans aucun cas je n'ai dû recoublennorrhagiques par les in- rir à plus de quatre injections ainsi jections hypodermiques de faites. chlorbydrate de médecine. «La période aiguë de la maladie La méthode hypodermique, que nous est diminuée de durée et d'intensité. ne cessons de préconiser, vient de re- « Je suis arrivé par ce moyen à cevoir une nouvelle application du supprimer avec grand avantage les érections chez des malades atteints de opérés de phimosis, ce qui a permis rétrécissements, d'ulcérations chan- d'obtenir la cicatrisation immédiate. creuses ou autres du pénis, chez des (Gaz, des hôp.) »

VARIÉTÉS.

Le nom de Trousseau est inséparable des progrès de la thérapeutique depuis ces trente dernières années ; c'est lui qui lui a donné cette impulsion vigoureuse qui se manifeste aujourd'hui avec tant de vigueur. A ce titre, il appartient à ce recueil, auquel il a fourni un grand nombre de travaux dès sa fondation. Aussi nous sommes heureux de rendre hommage à sa mémoire, qui nous sera toujours chère, en reproduisant l'éloge de son ami et collaborateur Pidoux, prononcé à la Société de thérapeutique, dont Trousseau avait accepté le titre de président honoraire, bien qu'il fut déjà atteint d'un mal implacable.

F. B. TROUSSEAU. Eloge prononcé à la Société de thérapeutique, dans sa séance du 5 mars 1869,

par M. Pidoux, président honoraire de cette Société, etc.

Messieurs et chers collègues, Mon seul titre à l'honneur que vous daignez me faire en m'appelant à remplacer Trousseau comme président honoraire de la Société de thérapeutique est d'avoir été son collaborateur. C'est donc à lui, après vous, que je dois reporter cel honneur. Aussi je ne crois pas pouvoir mieux témoigner ma reconnaissance envers sa chère mémoire et vous remercier d'une manière plus digue et plus juste, qu'en faisant revivre un instant parmi vous ce maitre regretté.

Ils commencent à se compter, ils sont surtout très-dispersés, ceux qui ont assisté avec moi aux premiers jours de la renaissance de la matière médicale entre les mains de Trousseau. Il faut remonter pour cela à trente-huit années bientôt. Vous le voyez, c'est presque une page d'histoire que je vais vous lire.

C'était un peu avant, ce fut surtout immédiatement après la grande et première épidémie de choléra, en 1832, que Trousseau, alors âgé de vingt-neuf ans, médecin du Bureau central, partageant, à l'Hôtel-Dieu, dans les salles Saint-Bernard et Sainte-Monique, le service de Récamier, fit ses premiers essais, de restauration clinique des agents de la pharmacie proscrits presque entièrement par Broussais..

Trousseau, ai-je dit, partageait alors comme médecin du Bureau central le: service hospitalier de Recamier. Il ne le remplaçait pas, en effet, car le maitre: n'était ni en congé ni en retraite; il n'était qu'irrégulier, et il lui avait plu de: se donner un coadjuteur. Trousseau eut la bunne fortune de fixer son choix. Récamier était bien libre sans doute d'en appeler un autre, mais il ne l'était pas d'en choisir un meilleur; et il est plus que probable que le roulement. administratif, très-équitable d'ailleurs, ne l'eût pas servi aussi bien selon son! esprit.

Trousseau venait donc, sous les yeux d'un homme original, indépendant jus -qu'à l'individualisme, et que Broussais n'avait pu courber, répandre et cultiver dans un champ tout prêt pour les recevoir les semences qu'apportail de Tours et de la clinique de Bretonneau son esprit si facile à imprégner et si apte à transmettre.

Personne ne peut se faire aujourd'hui une idée du spectacle qu'offrait alors cette clinique nouvelle. Elle l'était sous tous les rapports. Une pathologie moins systématique et plus variée, affranchie du physiologisme et réagissant, avec: excès peut-être, au nom des espèces nosologiques bannies, ressuscitait des agen is thérapeutiques oubliés et en suscitait de nouveaux.

La notion de spécificité nosologique et thérapeutique, modestement retrouvée en province par Bretonneau, entrait à Paris avec éclat. Le jeune profes seur libre venait s'y restaurer, mais retrempée dans l'anatomie générale de Psichat systématiquement appliquée à la pathologie par Broussais. L'élève de Bretonneau portait la renommée du maitre plus haut peut-être que ne l'eût fait le maitre lui-même s'il eut eu l'imprudence de céder à l'ambition d'enseigner officiellement la médecine sur ce grand théâtre de Paris par lequel on cherchait à le tenter, et pour lequel sa simplicité, sa bonhomie, son oubli de luimême n'étaient pas faits.

Oui, Trousseau, avec son talent de vulgarisation incisif et puissant qui l'associait aux inventeurs, fit plus pour la restauration de l'idée de spécificité en nosologie et en thérapeutique et pour la gloire de son maître, que n'eût pu le faire Bretonneau lui-même. Ce fut, en effet, l’quvre de Trousseau et le point de départ de la rénovation de la matiere médicale dont il est chez nous l'auteur.

Il fallait voir la curiosité intéressée des éleves et surtout des médecins d'un âge mûr sous les yeux desquels Trousseau se livrait avec une confiance imperturbable à l'emploi de tous les médicaments redoutés des praticiens de celle génération élevée dans la crainte des irritants ! Il leur faisait l'effet de manier des charbons ardents. Quand on l'avait vu administrer les préparations de fer insolubles, aidées du quinquina et de l'aloes, à des chlorotiques dont l'estomac élait déchiré par d'atroces douleurs, le cœur palpitant, les artères vibrantes, l’uiérus congestionné el dysmenorrhagique, le lendemain on était sûr de trouver le lit de la pauvre fille entouré de médecins inquiets sur le sort de cette gastrite, de cette cardio-artérite, de cette mérite qu'avaient dû exaspérer les médicaments incendiaires administrés la veille. Et quand sous l'influence de cette médication tonique et stimulante ces praticiens constataient le retour d'un appétit pour les substances réparatrices, l'apaisement des douleurs d'estomac, la sédation des spasmes du cour et des vaisseaux, la régénération des globules sanguins qui étendaient chaque jour un peu plus leur fard intime sur des joues et des lèvres plus que décolorées, ils étaient non-seulement surpris, ils étaient soulagés eux-mêmes..... Leur foi dans les agents de la matière médicale renais. sait, et à travers ces effets des médicaments ils commençaient à se faire d'autres idées des maladies. Je vous assure, messieurs, que cela était aussi intéressant que des essais de thérapentique sur des animaux bien portants.

J'ai pris mon premier exemple dans la chlorose et le fer, parce que Trousseau excellait à les opposer l'un à l'autre; que les effets de la médication étaient tres-pittoresques, et surtout, je crois pouvoir l'assurer, parce qu'ils étaient beaucoup plus accentués à ceite époque qu'à la nôtre. Il me parait, en effet, que la maladie était plus profonde et plus fréquente alors qu'aujourd'hui. J'en appelle à mes contemporains, et je leur demande si dans les hôpitaux, en ville, dans les pensionnats, les chlorotiques n'étaient pas plus nombreuses, les chloroses plus franches et plus complèles à celte époque que maintenant ? Le fait est aussi vraisemblable que je le crois vrai. La médecine sous ses deux aspects, hygiène et thérapie, était plus débilitante et moins réparatrice il y a quarante à cinquante ans qu'aujourd'hui. Les maladies de l'enfance étaient traitées sévè. rement par les antiphlogistiques. A ce moment décisif où le sexe s'établit, le médecin et les familles se défiaient du régime tonique et ménageaient systématiquement l'usage des fortifiants. Aujourd'hui, au contraire, l'habitude d'une alimentation beaucoup plus animale, la pratique de la gymnastique, des bains minéraux, de l'hydrothérapie, des méthodes curatives plus naturelles et moins exténuantes, rendent plus facile et moins anormale la puberté chez les jeunes filles et en éloignent davantage la chlorose. A part quelques exceptions, je trouve que les cas de celle maladie ne sont qu'ébauchés ; elle est bâtarde, incomplete, plus croisée d'autres éléments morbides. Eh bien, j'incline fort à croire que l'époque que je rappelle et la révolution qui se fit alors dans la matière médicale et l'hygiène donnent assez bien la date et les causes des amendements salutaires survenus dans la maladie dont il s'agit, et qu'on doit en faire pour une grande part honneur à l'initiative hardie de Trousseau.

Il est donc vrai, par cet exemple, que les maladies, et surtout les maladies chroniques, sont susceptibles d'éprouver, non-seulement chez l'individu, mais dans l'espèce, des changements transmissibles par voie de génération, comme on voit sous la main de l'homme les espèces végétales et animales modifées par la culture, les croisements, l'action des milieux, etc., s'hypertrophier, s'atrophier, les unes se multiplier, les autres disparaitre, toutes enfill, susceptibles de se modifier dans mille directions. Pourquoi la médecine n'aurait-elle pas cette influence sur les espèces nosologiques ? Celles-ci, qui ne sont que des modes d'existence parasitiformes, ne doivent-elles pas être moins néces

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