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bien préparée est la seule active; toutes les autres sont ou plus qu'infidèles, ou, ce qui revient au même, inertes. L'extrait aqueux d'aconit pourrait au besoin, s'il avait une saveur plus agréable, être mangé sur du pain en guise de raisiné. Il partagerait, du reste, ce nouvel emploi avec la thridace.

Emétique. – Puisqu'il est question de sels d'antimoine, pourquoi ne pas ajouter le protochlorure ou beurre d'antimoine, qui est une substance bien autrement violente que l'émétique ? · Sublimé corrosif. – Nous nous demandons și les auteurs du tableau ne connaissent que ce sel de mercure. Les sulfates, azotates, acétates et autres composés possèdent pourtant une action à peu près aussi énergique.

Cantharides. - Nous nous demanderons aussi ce que les auteurs du tableau ont bien voulu entendre par ce mot. Les cantharides ne s'emploient jamais entières. On se sert de la poudre, des extraits ou des teintures. Les auteurs du tableau ont-ils sous-entendu leurs préparations ? Dans ce cas, les vésicatoires seront classés parmi les poisons.

Sabine et son huile essentielle. - A-t-on voulu s'opposer à leur emploi comme abortifs ? Dans ce cas, pourquoi passer sous silence Ja teinture et les autres préparations?

Seigle ergoté et ses préparations. - Le seigle ergaté est en eftet vénéneux, quoiqu'on puisse en administrer plusieurs grammes sans danger; mais ses préparations, l'extrait aqueux et l'ergotine, ne le sont pas, puisqu'elles sont privées de l'huile.

DEUXIÈME PARTIE.

Acide oxalique. — Nous ne comprenons pas pourquoi ce corps figure au tableau. Un grand nombre de produits chimiques qui circulent très-librement dans l'industrie et le commerce ont une action bien autrement corrosive; on peut citer les acides sulfurique et azotique. Par son annexion au tableau des poisons, les ménagères anglaises vont-elles se trouver condamnées à conserver éternellement leur linge avec des taches de rouille, et leur batterie de cuisine oxydée ?

Chloroforme. – Pourquoi mettre le chloroforme au tableau des poisons ? On répondra que cette mesure a pour but d'empêcher les malades de rechercher eux-mêmes et en l'absence du médecin, un soulagement à leurs souffrances en s'anesthésiant. Cette raison peut avoir sa valeur; car ce corps, manié sans précaution et par des personnes inexpérimentées, peut amener de graves accidents et même la mort. Ces accidents regrettables se sont produits quelquefois entre les mains de nos médecins les plus habiles.

Pourquoi alors, puisque c'est l'anesthésie qui est proscrite, ne pas mettre l'éther hydrique au tableau des poisons, ainsi que la liqueur des Hollandais, l'amylène et le protoxyde d'azote ? Nous ne parlons que des substances vulgairement connues, car la plupart des autres éthers possèdent des propriétés analogues. .

Un travail publié cette année par un de nos meilleurs chirurgiens prouve surabondamment que l'emploi de l'éther hydrique ne met nullement à l'abri des accidents qui peuvent résulter de l'anesthésie.

Belladone et ses préparations. Huile essentielle d'amandes, à moins qu'elle n'ait été débarrassée de son acide prussique. On serait tenté de croire, d'après cette phrase, que l'acide cyanhydrique dans l'essence d'amandes amères est un embarras pour celui qui l’utilise. Nous avons au contraire constaté que celle qui en était privée, et ainsi transformée en hydrure de benzoïle à peu près pur, avait une odeur bien moins agréable; de plus, sous cet état, elle absorbe l'oxygène de l'air avec une rapidité extraordinaire, en passant à l'état d'acide benzoïque. L'essence d'amandes amères privée d'acide cyanhydrique sera donc un produit de qualité plus que secondaire dont personne ne voudra se servir.

Pendant que les auteurs du tableau recherchaient si minutieusement tous les composés renfermant de l'acide cyanhydrique, ils auraient bien dû accorder quelque attention à l'eau distillée de laurier-cerise; ils se seraient alors aperçus probablement, à leur grand étonnement, qu'elle contenait assez de cet acide pour que le Codex français, afin d'en régulariser l'action, ait jugé à propos de la faire ramener au titre de 500 milligramınes par kilogramme.

Opium et toutes les préparations d'opium ou de pavots. — Les préparations de pavots nous semblent assez mal placées en les confondant avec celles d'opium. En France, on connaît l'action de chacune de ces substances. A-t-on voulu mettre une barrière à la funeste habitude qu’ont certaines domestiques d'administrer des préparations de pavots aux jeunes enfants pour les faire dormir? Mais, dans ce cas, le but ne sera jamais atteint, puisqu'on n'a pas spécifié les pavots ; il suffira donc de faire soi-même son infusion pour échapper au tableau des poisons.

La fameuse liste s'arrête là; pas question de la jusquiame, de la ciguë, de la digitale, des sels d'argent, du phosphore, etc., etc. · Les précautions prises sont extrêmement minutieuses. Quand le pharmacien délivrera une ou plusieurs des substances de la première partie du tableau, il devra inscrire sur un registre la date, le nom de l'acheteur, son adresse, les noms et quantités des substances vendues, le hut pour lequel l'acheteur les a demandées; sur le registre devra être apposée la signature de l'acheteur, qui doit être connu, ou, à défaut, de la personne qui l'a présenté (if any).

Toute première contravention à ces dispositions entraînera pour le pharmacien 5 livres d'amende (125 francs).

La deuxième contravention 10 livres d'amende (250 francs).

On n'a malheureusement pas pensé que les malades ne se trouveront pas toujours en état de se iransporter chez le pharmacien, afin d'apposer leur parafe, ou de se faire présenter par une autre personne. Si on est nouvellement emménagé dans le quartier, on pourra fort bien être totalement inconnu ; personne ne voudra peut-être se charger de la présentation. 'De plus, les malades envoient généralement chercher les médicaments par leurs domestiques, qui peuvent ne pas savoir signer leur nom.

Que fera le pharmacien anglais dans ce cas ? Exigera-t-il, pour exécuter l'ordonnance, qu'on exhibe des actes légalisés prouvant l'identité du malade. Si la personne ne peut ou ne sait signer, se contentera-t-il d'une croix sur son registre ? Sera-t-il obligé de faire constater par deux témoins l'ignorance du domestique ?

Ne croyez pas que les susdites précautions s'arrêtent là; toutes les fois que le pharmacien anglais délivrera une ou plusieurs des substances indiquées au fameux tableau (on ne dit pas si c'est en nature, ou mélangées à d'autres matières inertes), il devra décorer son vase d'une étiquette portant le mot poison.

Qu'on se figure l'effet produit sur les malades qui ont tous le moral plus ou moins affecté !!!

Ainsi votre enfant tousse un peu, on lui donne quelques cuillerées de sirop de pavots blancs : poison.

Votre médecin vous conseille un looch calmant avec quelques centigrammes d'extrait d'opium: poison.

Vous avez besoin d'une potion à l'ergotine : poison. Vous prenez des pilules de citrate de caféine contre la migraine: poison. Dès lors, qu'une maladie ait une terminaison fatale, la famille ne

TOME LXXVI, 2° LIVR.

s'en étonnera plus; ce sera même tout naturel, après avoir fait prendre au malade une si grande quantité de poisons de toute nature : grâce à cette mesure, les trois quarts des médicaments porteront la funèhre étiquette, et les médecins et pharmaciens anglais pourront prendre le surnom d'empoisonneurs.

En France, le médecin, au lieu d'éveiller l'attention du malade sur l'activité des médicaments qu'il fait prendre, cherche au contraire à la détourner, Il déguise les substances en se servant de synonymes, tels qu'extrait thébaïque quand les malades ont une répulsion pour l'opinm, huil? de palma-christi pour ceux qui pré. tendent ne pouvoir prendre de l'huile de ricin. Eo cela on ne peut qu’approuver ces attentions du corps médical; les malades s'inquiètent si facilement pour les choses les plus futiles. et il est souvent si difficile de leur administrer les médicaments, qu'il faut autant que possible les leur présenter sous l'aspect le plus favorable.

La loi anglaise n'a pas adopté notre étiquette rouge à usage externe. Il faut l'avouer, la moitié du temps elle n'est pas comprise; on la prend pour un terme latin dont le pharmacien décore sa fiole. Que voulez-vous, tout le monde n'est pas bachelier. Malheureusemėnt ce sont ceux qui ne la comprennent pas auxquels elle serait le plus utile. Mais puisque les Anglais ne l'ont pas adoptée, ils auraient aussi bien fait de la remplacer par quelque chose d'analogue, şurtout à la portée de toutes les intelligences, afin d'indiquer qu'on ne doit pas boire un lavement ou un liniment.

La loi anglaise prévoit aussi le cas où le pharmacien pourra devenir per consciencieux. Les falsifications de médicaments seront poursuivjes et panies comme les falsifications des substances alimentaires. Le châtiment ne nous parait pas être en rapport avec le délit; la santé et la vie d'un malade peuvent être compromises par un médicament falsifié ou de mauvaise qualité, tandis que nous n'avons jamais entendu dire que quelqu’în şoit mort pour avoir mangé du pain contenant de la farine de riz ou de haricots, ou pour avoir bu du vin ou du lait fortement baptisés.

Il existe cependant dans la loi anglaise deux articles auxquels il faut accorder une sérieuse attention :

« Les pharmaciens qui auront contrevenu aux différentes dispositions de la loi pourront, par décision du conseil privé, être rayés du registre des pharmaciens.

« Le conseil de pharmacie, avec autorisation du conseil privé, pourra ajouter des substances au tableau des poisons, et apporter de nouveaux règlements ; ses décisions auront force de loi. 1)

Malgré les nombreuses imperfections du tableau des poisons, et toutes les formalités minutieuses et impraticables qui y sont attachées, nous ne pouvons, en somme, que féliciter nos voisins d'outre-Manche d'être entrés dans cette voie et d'avoir essayé de mettre un peu d'ordre dans l'exercice d'une profession qui intéresse à un si haut point la vie et la santé de tout le monde.

Espérons donc que de nouvelles modifications ne se feront pas attendre, et qu'il en résultera un règlement empreint de cet esprit essentiellement pratique qui distingue si bien les Anglais.

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Le nommé P***, âgé de soixante-cinq ans, vigneron à Bagneux, près Saumur, vint me consulter le 8 août 1868, croyant avoir un corps étranger dans l'ail gauche.

Cet homme, qui est d'une assez mauvaise constitution et porte beaucoup plus que son âge, perdit l'ail droit, dans sa jeunesse, à la suite d'un traumatisme.

Il n'a jamais eu aucune affection des yeux jusqu'en 1867. Vers la fin de 1866, il eut une pleurésie droite dont il guérit difficilement, après trois mois de traitement environ. Peu de temps après, il eut une kératite ulcéreuse, qui laissa à sa suite une taie vers la partie centrale et un peu externe de la cornée. Depuis cette époque sa vue est devenue obscure, et il n'a jamais repris l'embonpoint qu'il avait avant sa pleurésie, dont il a toujours souffert.

Après examen de l'æil et constatation d'une conjonctivite palpébrale légère, je lui prescrivis, matin et soir, des instillations dans l'eil avec le collyre suivant :

Sulfate de zinc.....
Laudanum de Sydenham......
Eau distillée.

5 centigrammes.
10 gouttes.
50 grammes.

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Le 14 août, loin de constater de l'amélioration, je me trouvai en présence d'une conjonctivite oculo-palpebrale intense. Pas de

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