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au verbe aperire (ouvrir). La parenté n'est pas hors do probabilité. Dans ce cas, le mot aprilis se serait écrit en étrusque ap.ril (j,iq 1fl). vraisemblablement l'équivalent de cap ril (jiq 1fO). et aurait signifié cupui. anni, car le mot cap (capua), qui signifiait capitale, était d'origine .étrusque1; mais on peut opposer à ce rapprochement le fait,que l'année étrusque commençait à l'équinoxe d'automne et non au printemps. D'ailleurs la terminaison ilis dans le nom cl aprilis ne semble pas appartenir à la racine; elle s'offre plutôt comme une terminaison:adjectivale analogue à celle que j'ai déjà étudiée plus haut2. L'origine étrusque du nom defebruarius (lévrier) a pour elle plus d'apparence. Le verbe februare, signifiant purifier, appartient à la même racine que le motfebris (la fièvre), racine qui se retrouve dans le verbe fendre. Ces différents mots impliquent l'idée de feu et de chaleur, car feryene signifie bouillir, et l'on sait que la purification s'opérait surtout par le feu. Feb rua rias peut alors être rapproché du grec •orupwons ou ^powis, et de l'étrusque verse (^M^a^). signifiant/eu. , , i,. j,,,':

Entre les divers mots étrusques que les anciens nous ont conservés, j'en dois citer encore quelques-uns qui se ramènent aisément 4 une origine indo-européenne, surtout au vocabulaire gréco-latin. Je ne parle pas du mot esar, signifiant dieu, au dire de Suétone, et.,que l'on peut rapprocher à la fois du nom d'Asoura et du grec aient3, ni du motfalandum ou falandus, que Festus donne comme ayant signifia ciel, lequel se prête à deux étymologies, l'une qui y voit une forme de Varouna ou Oùpav6s'\ l'autre qui identifie ce vocable au latin altum'0, signifiant haut, élevé. Ces deux exemples ne seraient pas suffisamment concluants; mais ■ ■ "'. • :->u '.: ■■ ■■!!< •

'Voyez Glossar. ital. art. capua, col. 773 où sont réunis les témoignages établissant que le nom de capua était d'origine étrusque. Strabon dit que ce mot signifiait tête. —' Le mot étrusque usil (JIMV, JUV), rapproché avec raison du latin Aurelius, primitif Anselius (voy. Glossar. ital. col. 2017), parait renfermer la même'Finale et devoir être ramené à la racine MV ou $V, ce qui permet de l'identifier au grec >;o)s, éolien, aveos, l'aurore (sanscrit usch, uschas, et justifie les. paroles d'Hésycbius : aiixrjXos ëa>s iiità Tuppi/vûv. — 'La première étymologie me parait, au reste, plus vraisemblable que la seconde : car le mot aXaa fournit une explication plus naturelle du nom de ces déesses du destin ou parques qui sont désignées sur le» miroirs sous le nom de Lata (flc'Aj); l'esprit pouvant avoir été rendu par un J, comme dans le mot Lar répondant au laun herus, au grec if pois, à l'allemand herr. Le nom de Lares était d'origine étrusque. (Voyez Glossar. ital. art. Lar çt Lasa.) — * Par l'échange de J en ^,/alant devient farant ou vitrant. 6 Dans cette étymologie comme dans la précédente, on suppose l'insertion de la nasale M dans le mot étrusque, falant pour falul, ou alat, altos. 1.) ' ... v

voici d'autres mots dont la parenté avec les formes grecques ou latines correspondantes est difficilement contestable. En étrusque, un épenrièr (accipiter) se disait aracos. C'est visiblement le grec lépaÇ. L'aigle s'appelait, dans le même idiome, antar. Si, pour ce mot, on tient compte de l'insertion de la nasale et de la terminaison ar que nous savons, par d'autres exemples, avoir appartenu à divers vocables étrusques, on y retrouve les mêmes éléments que dans le grec âerôs. Un joueur de flûte (tibicen) s'appelait, suivant Varron1, sabalo, écrit vraisemblablement VJV1V*. Dans ce mot entre, selon toute apparence, le grec avXés, signifiant flâte'*. Un histrion s'appelait en étrusque hister (écrit sans doute <!3t2IB), car les Romains avaient emprunté ce mot à l'Etrurie; Or, tout indo-européenne, la racine hist (Ic/lopia, ï&lwp) implique l'idée de science, d'habileté3. Les mots latins balteas, cassis1*, celés, oaprà>, sont également donnés par les anciens comme ayant passé de l'idiome de l'Etrurie dans celui du Latium; et tous ces mots appartiennent, par leur racine, à la famille gréco-latine.

De l'ensemble des considérations précédentes, il ressort que l'étrusque doit être classé dans la famille qu'on peut appeler pélasgique, où H paraît constituer un groupe à part, distinct de 1 ombrien et des dialectes sabelliques, idiomes que j'examinerai dans mon dernier article. Ce fait est de nature à jeter quelque jour sur les origines de la nationalité étrusque. L'influence profonde et prolongée que les Hellènes exercèrent sur les Tyrrhènes doit avoir tenu à une parenté originelle, à ce que les Pélasges, confondus par la plupart des auteurs avec les Tyrrbè* nés, étaient sortis de la même souche que ceux qui dotèrent l'Etrurie de sa langue, de ses institutions et de ses arts. La dodécapolie ou confédération de douze cités qu'on remarquait en Ëtrurie, était un des traits distinclifs du système politique des Pélasges maritimes appelés par les Grecs Ioniens6. Répandu sur le littoral de la mer Egée et dans une partie des îles de l'Archipel, ce peuple dut pousser tout naturellement sa navigation jusqu'aux côtes de l'Italie. On le voit, à une époque postérieure, jouer le même rôle que les traditions prêtent antérieurement aux Pélasges-Tyrrhéniens. Il infeste les mers de ses pirates, et ses hardis aventuriers vont fonder des colonies dans les contrées réputées alors les plus éloignées. Quoi de plus vraisemblable que de supposer que les Etrusques, auxquels les Grecs donnaient précisément le nom de Tyrrhènes, étaient sortis de cette nation pélasgique pour aller occuper une partie de l'Ombrie; et, si l'on réfléchit que la côte de Lydie, d'où une tradition généralement acceptée faisait partir les Étrusques, avait été occupée, dans le principe, par ces mêmes Pélasges, on reconnaîtra que les données philologiques, loin de combattre cette tradition, la confirment à certains égards; mais il ne faut pas oublier que ces Lydiens, ancêtres des Etrusques, n'étaient point ceux que l'on connaissait du temps de Denys d'Halicarnasse. C'était une population antérieure, et il est tout simple qu'après plusieurs siècles de séparation bien des dissemblances se fussent établies enUe les descendants des Méoniens1, des Pélasges de la Lydie, et la nation issue du croisement des colons envoyés par eux en Italie avec les races qu'ils y rencontrèrent.

1 De ling. ht. VII, xxxiv. — 'La syllabe sub ou sup se rattache peut-être à la racine qui entre dans sibilare. —• ' Voy. G. Curtius, Griech. Elymolog. a* édit. p. 217. 'Le mol cassis (casque), qui était d'origine étrusque, suivant Isidore de Séville {Orig. XVIH, i4), parait se rattacher à la racine x&crervo), coudre. — * Voyez, pour celés, G. Curtius, oui*, cit. p. i35, et pour capra, ibid. p. i3a. — * Hérodote, I, Cxlv, Cxi.vi, cf. VII, xciv, xcv.

Alfred MAURY.

[La fin à un prochain cahier.)

1 11 est à noter que l'ivoire et la pourpre, dont les Étrusques introduisirent l'usage à Rome (Tile-Live, I, vin), étaient deux des articles principaux de l'industrie de la Méonie (Homer. lliad. IV, i£i, i4a). Le nom de MéoOXys, qu'Homère [lliad. III, 864) .donne à un des chefs méoniens, a toute la physionomie d'un nom étrusque. (Cf. M3Jii3^, Corpus, n° 346.)

NOUVELLES LITTÉRAIRES.

LIVRES NOUVEAUX.

FRANCE.

Eléments de la grammaire bretonne, par l'abbé J. Uinganl. Tréguier, imprimerie et librairie de Le Fiera, 1869, in-8° de xvi-a35 pages. — Le père Mnunoir, au milieu du xvii* siècle, le père Grégoire de Roslrenen, au xvm', sans parler du laineux celtomane Le Brigant, à la fin du même siècle, avaieut publié des grammaires bretonne» d'un mérite fort inégal, que celle de Le Gonidec ( 1" édition, 1807) remplaça avec avantage. Plus mélliodiquc, plus critique que les précédentes, celle-ci présentait encore de nombreuses lacunes, qui disparurent presque toutes dans l'édition donnée par M. de la Villemarqué, en tête du Dictionnaire breton-Jranpai* ( 185o). On possède depuis lors une fort bonne grammaire de la langue bretonne, considérée dans son dialecte le plus cultivé, le plus ■ classique,» celui de Léon; mais une œuvre de ce genre est nécessairement, et pendant longtemps, susceptible de perfectionnement. La nouvelle grammaire bretonne publiée par M. l'abbé Hingant, fruit d'une étude persévérante des faits grammaticaux que révèle l'usage, est une œuvre de beaucoup de mérite et d'une incontestable utilité. Elle présente un double intérêt : à un point de vue spécial, en donnant un grand nombre de formes particulières au dialecte de Tréguier, dont elle traite principalement; à un point de vue plus général, en présentant plusieurs observations nouvelles très-précieuses pour l'étude de la langue considérée dans son ensemble. Ces Eléments de grammaire bretonne sont divisés en trois parties : la.première fait connaître les mots et leurs flexions), sous les formes léonnaise et trécoraise, la seconde renferme la syntaxe, et la troisième la méthode. Dans la première partie, les règles de mutations données par M. Hingant méritent surtout d'attirer l'attention; elles rectilient, sur quelques points, celles de LeGonidec, qui s'était laissé aller à trop généraliser certaines lois. On trouvera aussi dans la syntaxe des faits nouveaux et bien observés. On pourrait faire à l'auteur plusieurs critiques de détail et lui reprocher une exposition parfois un peu diffuse; mais ces remarques ne lui enlèveraient point le mérite d'avoir fait une œuvre fondée sur l'observation des faits, dégagée de tout esprit systématique, offrant à la fois de précieux éléments d'éludé aux philologues, et des règles grammaticales claires et faciles à ceux qui recherchent surtout l'utilité pratique.

Sur les inscriptions phéniciennes de Carthage qui figuraient à l'Exposition universelle de 1867, par M. Léon Rodet. Paris, Imprimerie impériale, 1869, in-8." de quarante-trois pages. — On remarquait à l'Exposition universelle, parmi les objets appartenant au musée carthaginois fondé par le fils de Mohammed Khaznadar, premier ministre du bey de Tunis, vingt fragments de pierres recouvertes d'inscriptions en caractères phéniciens, différant, comme <m sait,) des lettres puniques par la forme de l'akph et du mim. M. L. Rodet reproduit le texte de ces inscriptions dans leur caractère propre, en y joignant, lorsque le cas lui semble l'exiger, une transcription conjecturale en lettres hébraïques. Il passe rapidement sur la formule initiale, bien connue et toujours la même, d'invocation à Tanit et à BaalHammon, discute d'une façon approfondie le sens qu'il faut attribuer à la formule finale, et s'attache ensuite particulièrement à l'étude dos noms propres que renferment les inscriptions. Cet examen, poursuivi à la lumière: de la grammaire comparée des langues sémitiques, fournit au savant auteur l'occasion d'émettre plusieurs hypothèses intéressantes sur la prononciation, la structure grammaticale et le vocabulaire de la langue phénicienne. Nous ne pouvons qu'appeler sur ces recherches l'attention des juges compétents.

Notice sur une presse sténographiqno destinée à écrire mécaniquement avec la vitesse de la parole, et pouvant s'appliquer avec avantage aux transmissions télégraphiques , par H. Gensoul. Bagnols, imprimerie et librairie de veuve Alban Broche, 1869, in-8" de vingt-neuf pages et trois planches. — On sait quels sont les inconvénients des systèmes de sténographie employés aujourd'hui; les plus ingénieux de ces systèmes n'évitent pas l'obscurité qui résulte nécessairement des indications abréviatives, et exigent une prompte transcription en caractères usuels. Leur emploi utile dépend en grande partie de la mémoire et de l'intelligence du sténographe. M. Gensoul s'est appliqué à la découverte d'un appareil qui, manié par un sténographe exercé, pût imprimer, sur une feuille de papier disposée à cet effet, chaque syllabe aussi vite qu'elle est prononcée. Il espère atteindre ce but au moyen d'un clavier où les doigts peuvent frapper plusieurs louches à la fois. Chaque touche, mise en mouvement, imprime sur le papier l'un des deux signes de convention dont le groupement peut produire des combinaisons assez variées pour représenter, sans modifications graves d'orthographe, toutes les syllabes des langues les plus usuelles de l'Europe. L'auteur traite ensuite de l'application de son ingénieux système à la télégraphie électrique et s'attache à montrer la possibilité de l'emploi de son appareil comme composteur rapide et les avantages qui en résulteraient pour l'administration et le public.

Histoire de la conquête du Mexique, par Antonio de Solis, nouvellement traduite et annotée par Philippe de Toulza, Saint-Germain, imprimerie de Toinon et C"; Pari», librairie de Joseph Albanel, 1868, trois volumes in-12 de \.\vi 292. 3ig et a83 pages avec une carte. — Le récit le plus simple de la conquête du Mexique formerait par lui-même, on l'a déjà remarqué, une émouvante épopée. Le sujet, toutefois, a tenté jusqu'ici non les poètes mais les historiens, et il a été traité par un de ces derniers avec un art consommé. Par le plan et par l'exécution, par les harangues à la façon de Tite-Live enchâssées dans le récit, l'ouvrage d'Antonio de Solis rappelle les grandes œuvres historiques que nous a laissées l'antiquité. Poète dramatique renommé, préparé à son rôle d'historien par la pratique des affaires politiques, grâce à ses fonctions de second officiai de la secrétairerie d'État sous Philippe IV, il fut nommé historiographe des Indes et consacra plus de vingt ans à ['Histoire de la conquête du Mexique. Prescott admire «l'art infini» avec lequel il a

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