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phyre et des Julien , l'incrédulité s'efforça vainement d'affaiblir, de défigurer ou de détruire la doctrine de l'église catholique. Car en effet , tout ce que dans nos temps, ou dans les temps les plus éloignés de nous, on pourra produire et étaler de nouveau, n'est autre chose que le vieux mensonge démasqué depuis bien des siècles, que la vieille fourberie qui se présente sous une nouvelle forme. L'église employait sans contredit une sévérité salutaire et en même temps sainte , puisqu'elle naissait de l'amour envers Dieu et envers les hommes, lorsque dans les temps plus rapprochés de son origine, elle retranchait promptement de son corps tout membre qu'elle ne reconnaissait pas pour le sien. Quiconque osait lever un front audacieux contre quelqu'une des vérités qu'elle enseignait, qu'il fût évêque, archevêque ou patriarche , prêtre ou docteur , religieux ou laïque, ou même quelqu’un des puissans de la terre , était séparé et rejeté de son sein, et l'anathème lancé contre son orgueilleuse présomption. Après cela on n'avait plus rien à redouter de la part de tels ennemis. Que nous importent, dit saint Paul, ceux du dehors ? Mais ceux que l'église nourrit et élève dans son propre sein , qui portent sa livrée , qui d'une bouche hypocrite parlent son langage, et qui pensent ainsi employer toutes les ruses de leur trahison pour atteindre le but que se propose leur haine et leur mépris; ceux-là

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seuls sont à craindre, car ils peuvent déchirer à leur aise leur propre mère, et fouiller avec des mains cruelles dans ses entrailles sacrées ; et quoiqu'ils aillent lentement et peu à peu , les effets n'en sont que plus funestes. Si ces temps devaient un jour arriver, ou s'ils étaient déjà arrivés, où la Sainte-Église se verrait profanée, persécutée et déchirée par de tels ennemis, il serait temps aussi que les catholiques priassent et veillassent sans cesse ; car le moment serait là , où les saints mêmes, s'il était possible, pourraient être entraînés. ( Cath. des P.-B.)

GIRCULAIRE.

...... Avril 1827. A MM. les procureurs criminels et officiers

de justice près les tribunaux......... S. Exc. le ministre de la justice a été plus d'une fois dans l'occasion de se convaincre que les fonctionnaires du ministère public près différens tribunaux n'ont pas tous également les connaissances nécessaires et surtout requises dans les circonstances actuelles, pour traiter avec précision et à fond les causes où peuvent être impliqués des ecclésiastiques, à raison d'actes par lesquels, sortant du cercle de leurs attributions, ils violent les lois de l'état et méconnaissent les droits du souverain. · S. Exc. a trouvé dans une brochure qui a paru dernièrement à Bruxelles, sous le titre d'Observations sur les libertés de l'Eglise Belge , plusieurs points qui lui ont paru traités de manière à fournir ces connaissances, parce qu'ils retracent ces réglemens et les lois qui depuis des siècles ont ont été considérés dans les Pays-Bas, et appliqués par les cours de justice, comme des dispositions dont le maintien pouvait seul garantir la tranquillité publique, les droits du pouvoir temporel et la liberté individuelle , contre les prétentions exorbitantes, soit de la cour de Rome, soit du clergé neêrlandais; et il a paru à S. Exc. que la manière péremptoire et lumineuse, dont la matière y est développée, peut merveilleusement servir, non seulement à détromper ceux qui, peu au fait de ces antiques mais sages dispositions, se sont fait des idées peu justes des droits de la couronne et des limites dans lesquelles le clergé doit se renfermer, mais aussi à faire disparaître les embarras qui chez bien des personnes auraient pu être le résultat de ces fausses notions.

Ce même petit ouvrage, au jugement du ministre, pourra également, à différens égards, servir de boussole aux membres du ministère public près les tribunaux, dans les procédures où seraient compromis les ecclésiastiques qui dans l'exercice de leurs fonctions se seraient rendus coupables de transgression des articles organiques ou autres lois de l'état; soit aussi de simples particuliers, qui oseraient, dans des écrits imprimés, disputer la force obligatoire, ou même prêcher ouvertement la désobéissance aux lois qui de tous temps ont été en vigueur dans ce pays, que les articles organiques ont confirmés, dont le but est de réprimer efficacement l'insolence du clergé, et dont le maintien est aussi nécessaire au repos des individus qu'à la conservation des droits de la couronne.

C'est pour obtempérer aux ordres transmis par S. Exc., et aider à remplir les intentions indiquées ci-dessus, que j'ai l'honneur de vous envoyer un exemplaire de l'ouvrage susdit, en vous priant de m'en accuser réception.

RÉFLEXIONS (1). L'Ultramontaan , dont le n° 5 de la seconde partie vient de paraître, contient l'article suivant:

Le ministre de la justice écrit au procureur du roi de..... que les principes qué renferme certaine brochure sur les libertés de l'église belgique , serviront dorénavant de base aux procédures en matière ecclésiastique, « afin , dit S. Exc., de mettre un frein aux prétentions de la cour de Rome el à l'insolence (euvelmoed) du clergé belge. »

Nous reviendrons une autre fois sur cette lettre, et nous nous contenterons de demander ici , si de semblables missives ministérielles sont bien propres à augmenter la confiance des catholiques dans les intentions du gouvernement à l'égard du culte qu'ils professent ? Que les journaux du parti, que des feuilles et des diatribes libérales parlent des prétentions et des usurpations de la cour de Rome, il n'y a rien en cela qui nous étonne ou qui nous inquiète; mais de pareilles expressions ne nous semblent guère bien placées dans une dépêche ministérielle , au moment surtout où des négotia

(1) Extraits du Catholique des Pays-Bas.

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tions sont ouvertes avec le Saint-Siege pour la conclusion d'un concordat, négociations que le Journal officiel de Bruxelles nous assurait encore dernièrement se présenter sous l'aspect le plus favorable; certes , de telles mesures seraient bien capables de nous en faire douter. Quel est donc le but qu'on se propose ? Quoiqu'il arrive du concordat , jamais on ne pourra nous séparer de la communion de Rome; on en a pour preuve, outre la conduite qu'ont tenue dans les derniers siècles les catholiques des provinces du Nord, l'exemple que donnent encore de nos jours les fidèles Irlandais : des catholiques peuvent souffrir qu'on les persécute, mais jamais qu'on les arrache à l'obéissance qu'ils doivent et qu'ils veulent rendre au père commun des fidèles, au vicaire de J.-C. Vainement pour y parvenir emploierait-on les ruses , la fraude ou la violence; les brebis du souverain Pasteur entendent la voix de celui qui le représente sur la terre et le suivent.

- Nous ne doulons pas que l'article que nous avons emprunté à l'Ultramontaan, n'ait frappé vivement l'esprit de nos lecteurs. Il a produit en nous une impression si pénible, que nous aimons encore à croire que les faits transmis à la feuille hollandaise manquent d'exactitude.

Nous ne croyons pas le ministère infaillible assurément; nous n'avons ni salaire ni priviléges pour l'aduler, comme certaines feuilles; mais pourrions-nous croire cependant que le ministre du roi constitutionnel des Pays-Bas , le ministre de la justice lui-même , ordonne de juger, non d'après les lois existantes, mais d'après un ignoble libelle dont le lâche écrivain trahit à chaque page son ignorance et sa haine contre l'église catholique? pourrions-nous croire qu'un magistrat belge reçoive un document aussi impur que ce pamphlet, sans le fouler aux pieds et faire connaître son indignation à la nation entière ?

De quelques outrages que les journaux d'un parti accablent les prêtres , les prêtres ne sont pas avilis au point de

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