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gît qu’à l’aide d’une longue—vue, et sa copie était fort incertaine. Il avait cru cependant devoir la donner, tout en regrettant de n’a— voir pu prendre des estampages de ces curieux documents. Un jeune architecte, M. Joyau, qui vient de consacrer dix mois entiers à l’exploration des ruines de Bâalbek et à qui il avait si— gnalé ces inscriptions, a été plus heureux que lui : il apu en prendre des estampages, et à son retour en France, il s'est em— pressé de‘ les lui apporter. Ces inscriptions, dont le texte est dé— sormais parfaitement certain, sont ainsi conçues :

L.4.////////Z//'M'DIIS'HELIVPOL'PRO'SAL' (l)

L. 2. ///VICTORHS‘D'N‘ANTONINIPIIFELETIVLIAEA‘IG'MATRIS'D'N'-
CASTR'SENAT'PATR'MAR'ANT'LONGINVS'SPEC’VL'LEG'l
L, 3. AN’IONINIiANAECAPITACOLYMNABVMDVAAEREAA.VROBNLVMI-
NATA‘SVAPECVNIAEKVOTO'L'A'S'

Probablement, ajoute M. DE S'AULGY, elles‘ doivent se lire ainsi :

Iovz‘ Optima Maximo, Diis Heliupeiis, pro salute et vietm~’iis do_ mini nostri Antonini Pii Felicis et Iuliae-Angustae matris do— mini nostri, castrorum, senatus, patriae, Marcus (2) Antonius Longinus, speculater legionis primae Antoninianac, capita eoiumnarum duarum aerea, auro inluminata, sua peèunia ex voto.....

Il pense que la légion 1 Ànt‘om‘nz‘ana, dont il est ici question, est une des trois legz’ones Antom‘m‘ana’e, dont les speculatares sont mentionnés dans Pinson n° 3587 du recueil d’0rclli, et peut—être la même que la legz'o Antom‘m‘ana dont le nom et le numéro ont été effacés dans l’inscription qui se lit au bord du Nahr—el—Kclb, à trois lieues environ au nord de Ëeyrouth (3). Quant aux sigles qui

(l) Les points de la 4" ligne et‘ ceux qui, dans le. 3‘, suivent les mots DVA, INLVMINATA, et la lettre finale S, sont, en réalité, des feuilles de lierre.

(2) Les deux premières lettres du nom MAR sont liées.

(3) Orelli, n° 932.

terminent la troisième ligne, il laisse à son confrère, M. L. REmnn, le soin de les expliquer.

M. RENIER fait remarquer que l’inscription n° 3487 du recueil d’0relli, et qui est à peu près contemporaine de celle—ci, a été trouvée à Carnuntum dans la Panuonie supérieure, et que les lé— gions qui y sont mentionnées sont évidemment celles qui for— maient à cette époque l'armée de cette province; qu'une de ces légions, la l" Adjutriæ, portait en efl‘et le n° I; mais qu’il lui pa— rait peu probable qu’un speculalor de cette légion ait été élever un monument à Héliopolis. Il pense plutôt que celui qui est mentionné dans l'inscription communiquée par M. DE SAULCY appartenait à la légion IN Parthz‘ca, qui était alors cantonnée sur les bords de l’Euphrate, et dont on a trouvé d'autres monuments en

_Syrie et en Arabie. Le surnom Antonim‘ana ne prouve rien, toutes

les légions Payant reçu sous le règne de Caracalla, de même

qu’elles prirent, sous les règnes suivants, un surnom dérivé du‘

cognomen de l'empereur régnant.

Quant a la légion mentionnée dans l’iuscription du Nahr-el— Kelb, c’est la IIIe Gallz‘ca, dont le nom fut effacé des monuments publics sur lesquels il était gravé, au commencement du règne d’Elagabale, parce qu’elle avait tenté de faire un empereur de son légal; Verus ou Severus, ainsi que nous l'apprend Ùion Cassius. -— M. RENIER ne pense pas que le mot DVA soit une abréviation pour DVARVM. On a d’autres exemples de ce pluriel neutre.

Enfin, les sigles qui terminent la troisième ligne de l'inscription doivent se lire ainsi : Solvz‘t Libens Anima.

Sont présentés à l’Académie les ouvrages suivants :

4° Au nom de M. Poirson. conseiller honoraire de l’Université, le t. IV et dernier de son Histoire du règne de_Henm‘ IV, 2° édition, revue et considérablement augmentée. M. le Secrétaire perpétuel, indépendamment des mérites généraux de ce grand ouvrage, à la première édition duquel l'Académie française adeux fois décerné le prix Gobert, rappelle les questions principales traitées avec une érudition aussivaste que sûre dans le volume qui couronne dignement cette grande publication et la carrière si bien remplie de son auteur. « La pleine liberté religieuse établie en F rance, protégée en Europe par Henri lV, la distinction de la partie du Grand

dessein mise en action dans sa politique d'avec celle qui demeura à l'état de pure théorie, des détails étendus et exacts sur la. coalition européenne formée en 4609 et 4610 par le roi de France contre les deux branches de la maison d’Autriche; dans les derniers chapitres, des recherches littémires approfondies sur la nouvelle école de Du Bartas et de D‘Aubigné, sur la composition et la publication de la satire Ménippée, enfin d'autres

recherches non moins méritoires sur les développements donnés au Louvre ‘

et aux Tuileries par Catherine de Médicis, Charles IX et Henri IV, tels sont les points qui se recommandent particulièrement à l'attention de l’Académie. » '

2° L’extrait d’un mémoire de M. En. GEREARD, lu à l’Académie de Berlin en 4866, sur les variantes étrusques du cycle troyen (br. in-8°).

3° Discours de M. GARCIN DE TASSY prononcé à la. séance publique de la Société d’etbnographie (br. in-8°).

4” Résumé de l’histoire de la médecine depuis le VIII° siècle après J .-C. jusqu'au KV“. Programme du cours de 4866-67 fait par M. Daremberg au Collège de France (in-8°).

5° Di una targa Bentiuolescu pitturata net secolo XV, ricerche di Giov. Gozzadini (br. in-4°).

6° FERT PERTE : Vecchi enigmi non fm'uoli, forse ora per la prima volta spiegati da Fedcr. Giunti (Gênes, juin 4866, gr. in-8°). Explication conjecturale de la devise de l'Ordre de I’Ànnonciade.

7° Etudes philologiques sur quelques langues sauvages de l’Amérique, par N. 0., ancien missionnaire (Montréal, 4866, in-8”).

8° Dictionnaire des signes idéographtques de la Chine avec leur prononciation usitée en Chine et au Japon et leur eœplination en français, par M. Léon de Bosny; 3e partie(Paris, 486i, in-8").

9° Actes de la Société d’ethnographt‘e : juillet 4866.

40° Le cabinet historique : novembre et décembre 4866.

M“ Un second exemplaire de l’ouvrage intitulé Cinq fours du siége de

' Calais admis au concours des Antiquités de la France, pour 4867.

MOIS DE FÉVRIER.

Séance du vendredi 1.

PRÉSIDENCE DE M_. DE LONGPÉRIER.

Il est donné lecture de la correspondance officielle.

Par une lettre en date du 25 janvier, M. le sénateur surintendant des Beaux—Arts adresse à l'Académie les renseignements qu'elle avait demandés pour s'éclairer sur la rédaction des deux inscriptions destinées au piédestal de la statue équestre de l’Em— pereur Napoléon I“, qui doit être érigée dans la ville de Gre— noble. — Renvoi de cette lettre à la Commission des inscriptions et médailles.

M. le PRÉSIDENT, dans un rapport verbal, expose à l'Académie l'avis de la Commission des travaux littéraires sur le projet renvoyé à son examen préalable, dans la séance précédente, concer— nant la publication d'un Corpus z‘nscriptz‘onum semitz‘carum. Après avoir entendu une nouvelle lecture de ce projet, elle en a complétement approuvé la pensée, mais elle a reconnu qu'elle ne pouvait se prononcer sur l'exécution soit littéraire, soit matérielle d'un tel recueil qu'après que le plan en aurait été soumis, avec toutes les questions qu'il soulève, à la délibération des hommes spéciaux que 1’Académie compte dans son sein. Le Secrétaire per— pétuel avisera de son côté à lui fournir les informations nécessaires sur les dispositions de l'autorité supérieure, dont le concours 1également et financièrement serait indispensable àune entreprise nouvelle de cette étendue et de cette importance. M. le PRÉSIDENT a donc l'honneur de proposer à l’Académie, conformément à la de— mande des auteurs du projet, de nommer une Commission de six membres qui serait chargée, de concert avec les membres du bureau, de l'examiner à fond et de faire un rapport. — La proposition est adoptée et la nomination de la Commission mise à 1'01’dre du jour de la prochaine séance.

M. Encan termine la seconde lecture de son mémoire « sur les fragments inédits de l’orateur H ypéride._t

ANALYSE.

« Dans la séance du li mai dernier, dit M. Eccnn, j'ai en l’bon v neur de communiquer à l’Académie un rapide aperçu de la découverte dont je viens de nouveau l'entretenir aujourd'hui. Il s'agit de quelques lambeaux d'un papyrus grec provenant de Thèbes en

Egypte, et qui contiennent environ une page inédite du discours '

contre Démosthène dans l'affaire d’Harpalus. De nombreux fragments de ce papyrus, dont environ dix petites colonnes, de vingt-huit lignes chacune, et à peu près intactes, avaient été acquis en 4847, et publiés à Londres, l’année suivante, en fac-simile, par M. A. C. Harris, dès 4848, M. Bcncxn et M. Sauppe s’étaient, séparément, exercés à les restituer et à les remettre en ordre. Puis M. Sharpe, en 4849, essayait de les traduire, dans le journal de la Société philologique de Londres; en 4850, M. Babington en publiait une édition luxueuse offrant, avec deux fac-simile du manuscrit, deux textes de tous les fragments, l'un en majuscules typographiques assez voisines des caractères du papyrus, l’autre en caractères courants. Cette édition, imparfaite à beaucoup d’égards et pourtant utile, n'a pas profité des travaux de Boucau et de Sauppe, qui sont restés inconnus à M. Babington; d'un autre côté, les rapprochements instructifs qu'elle renferme et quelques bonnes leçons qu'elle fournit pour la restitution du texte sont restés inconnus de M. C. Müller qui donnait, en 4857, dans le second volume des 0ratores Attici de la bibliothèque Firmin-Didot, une édition restée jusqu'à ce jour la dernière de ces fragments. Néanmoins, et malgré ce défaut de concert, les efforts successifs de la critique ont réussi à classer et à rétablir, autant qu’il se pouvait, en leur intégrité primitive, tous ces fragments qui ont bien vite attiré l’attention des biographes d’Hypéride. Aussi les renseignements nouveaux qu'ils nous apportent ont trouvé leur juste place dans le grand ouvrage d’Arnold Schæfer sur Démosthène et son temps (4 858), dans les Mémoires de M. Meunier et de M. Jules

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