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assista, l'empereur, pour l'y décider, lui ayant accordé le titre de Patrice en 4069, est une des parties les plus instructives de son histoire par la précision des détails géographiques et la sincérité avec laquelle il expose es fautes et les trahisons qui amenèrent la défaite, la captivité de Romain Diogène, sa disparition et son supplice lorsque le Sultan venait de le rendre à la liberté.

Sous le règne suivant, celui de Michel Ducas, qui reprit la couronne paternelle, il est probable qu’Attaliote revint à Coustantinopl_e et se livre. tout entier à l'étude des lois. En effet, c'est alors qu'il publia la Züvov{fl€ v6p.wv ou Promptuam‘um jurls, en tête duquel il prend les titres de Juge et de Proconsul, Kptrîjç xez‘t &v.&ér:arroç. Dans la préface adressée à Michel Ducas, Attaliote dit que c'est par ordre du prince qu’il a entrepris de composer ce résumé d'après un nombre infini d'anciennes ordonnances et de traités.

Mékkwv, iÏi .Sstétarts Bactleü, xocrà ‘ri; énnetpaw~évov p.ot En 7‘CO)Ü\ÛÔV itat‘t dircstpwv ‘ril‘w o‘tvw.&ev 8tet‘roqu0’trwtt xot‘t auwpappänov î‘ôwn‘,v ‘rivet, etc.

D'après un titre en vers, qui dans un manuscrit précède l'ouvrage d'Attaliote, il l'aurait publié la troisième année du règne de Ducas, c’est— à-dire en 4073.

Le savant Michel Psellus avait com osé quelques années auparavant sous le même titre un résumé de la l gislation romaine, mais beaucoup plus court et en vers ïambiques et politiques, sans doute comme traité didactique pour l'éducation de la jeunesse et en particulier du César Michel Ducas, par ordre de l'empereur son père.

Le livre d‘Attaliote divisé en 37 titres est un résumé des basiliques et dans quelques manuscrits il contient un supplément qui résume les novelles et porte à 95 le nombre des titres. M. Mortreuil, dans son Histoire du droit byzantin (t. 3, p. 209), caractérise ainsi ces deux écrivains :

« Le premier(c‘est-à-dire Psellus) fut un des hommes les plus savants de son siècle et une grande renommée littéraire s'est attachée à son nom. Il ne fit pas de la jurisprudence une étude exclusive, mais, lancé dans le mouvement scientifique de son époque, il dut connaître l'esprit qui animait la science dont aucune branche ne lui était restée étrangère. Le second n’a laissé que peu de travaux (l'histoire dont nous nous occupons était encore inédite en 4847 lorsque M. Mortreuil écrivait cet article); c'était un homme plus positif et plus pratique, moins brillant que son contemporain. Le résumé de législation qu'il a donné suppose en lui des études juridiques plus spéciales et bien cultivées. Les travaux de l'un et de l'autre sont les seuls, dans le cours de cette période, où la forme appartienne réellement à leurs auteurs. Ils acquièrent par là sur tous les autres une supériorité marquée. »

La Synopsis d'Attaliote a été publiée pour la première fois par Leuncla— vins dans le Jus græco-romanum, puis dans le t. 2 de la collection græcoromaine de Freher. Le grand nombre de manuscrits qui nous sontparvenus de cet ouvrage (M. Mortreuil en énumère plus de vingt) atteste l'autorité dontrl a joui au moins jusqu’àla publication du résumé d’Harménopule, et il conserve encore aujourd'hui de l'intérêt par les résumés qu'il nous a conserves des parties des basiliques qui ne nous sont pas parvenues dans leur texte original.

Un pareil travail désignait son auteur pour exercerles plus hautes fonctions de la magistrature; et, en effet, dans la. préface de son histoire, publiée comme nous le verrons bientôt, en 4080, il prend les titres de Maryicrp°Ç, de Béctiqç et de OtÎÜEGL}LLÛTOŒOÇ xptr‘hç Ë1t‘t roü innoôpéptou xa‘t ‘:oîS {iij7x0D ou dans le manuscrit de l’Escurial, suivant Hænel et M. Mures, celui de président de ce même tribunal : ‘lotoplat éx‘rsôai’cot 1cotpà Mrxaùl 1:poéôpou ‘roi’; ër:l ‘roü irt7toëpép.ou 7.a‘t rob’ (infikoo. Les juges de lhippodrome et du velum (mot qui désigne le rideau de la tribune impériale, derrière lequel l'Empereur se laissait entrevoir dans les grandes cérémonies) sont souvent mentionnés dans les auteurs byzantins. Ducange,d'après un passage de Balsamon, croit qu'ils étaient au nombre de douze. Leurs attributions, comme presque tout ce qui se rapporte à l'administration byzantine. sont mal définies, et M. Mortrenil, dans son Histoire du droit byzantin. n'a pu formuler que des inductions. On voit cependant que c'était le tribunal le plus élevé de l'empire, puisqu'on ne pouvait appeler de ses décisions qu'à l‘Empereur ; encore cette faculté fut-elle abolie en 4466 par Manuel Comnène qui rendit la voix du président prépondérante en cas de partage et les décisons sans appel. Nous ignorons si Michel Attaliote dut sa promotion comme juge de l'hippodrome à Botaniate auquel il dédie son livre. En exaltant les mérites et les bienfaits de ce prince dont la générosité a surpassé, dit—il, celle de tous ses prédécesseurs, il ne parle pas des faveurs particulières qu'il en aurait reçues. On ne sait si les éloges qu'il prodigue

cet empereur que les autres historiens ont jugé moins favorablement sont dictés par la reconnaissance, par l'ambition ou par une admira— tion sincère. Attaliote n'avait pris aucune part au double soulèvement qui amena la chute de Ducas. Pendant que les troupes d'Orient engageaient Nicéphore Botaniate, duc de Nicée, à revêtir la pourpre et à. marcher sur Constantinople, un autre prétendant, Bryenne, destitué de son commandement de Dyrrachium, sollicitait les troupes d'0ccident. Pour Attatiote, il était tranquillement à Predestos, ville située à. trois journées au-delà d'Andrinople, occupé à visiter ses propriétés, sans doute pendant les vacances des tribunaux, car on était à la fin d'octobre. Dans cette ville habitait une femme d'une grande maison, des Vataces, alliée de Bryenne, qui ourdit une conspiration pour faire proclamer son parent empereur. Un des conjurés vint trouver la veille au soir Attaliote pour le faire entrer dans leur parti. Pour lui, après avoir inutilement essayé de les détourner de cette téméraire entreprise, il résolut de partir secrètement la nuit même avec ses gens, ses chevaux et ses mulets, mais arrivé aux portes de lavitle il les trouva fermées et déjà gardées par les partisans de Bryenue. Il lui fallut parlementer, menacer; enfin il réussit à sortir et se rendit le plus rapidement possible à la capitale. Sur sa route il vit partout les troupes impériales dispersées et nullement sur leurs gardes. Arrivé à Constantinople, et sans prendre le temps d'entrer dans sa maison, il courut chez le premier ministre (logothète) Nicéphore lui conter tout ému ce qui se passait et l'engager à prendre les mesures les plus promptes et les plus énergiques pour étouffer la rébellion. Mais le ministre l'écouta avec le sourire d'incrédulité sur les lèvres et ne prit aucun parti. Il est probable qu’éconduit de la sorte Attaliote ne se crut pas obligé de se compromettre pour un gouvernement qui s'abandonnait, lorsque bientôt après le méconteuœmentdu peuple, qui souffrait d'une famine, et la conspiration des grands appela Nicéphore Botaniate à l'empire et lit reléguer Ducas dans le monastère de Stude.

J'ignore si l'histoire inédite de Michel Psellus s'étend au-delà de 4059. Je n'en connais que l'extrait que M. MILLER nous a communiqué. Mais l'ancien précepteur de Michel Ducas ne pouvait se montrer favorable à. ses com étiteurs, surtout s'il est vrai qu'il ait eu la part dont on l'accuse dans la d position et le sup lice de Romain Diogène.

Attaliote qui avait éjà refait le Résumé de la législation de Psellus en

probablement l'ambition de faire oublier aussi son histoire, sinon par le mérite littéraire. du moins par une appréciation plus impartiale des faits contemporains. Il est assez remarquable que, dans toute son histoire, Attaliote ne prononce pas le nom de Michel Psellus, qu'il me parait toutefois désigner quand il dit que Monomaque appela à la présidence des philosophes l'homme le plus éminent de ce siècle pour son savoir: Ilpésôpov 153v cprkooôçmv 7:poxs:ptcépsvog à’v‘ôpar ‘tÛÎN 7.10’ ñp5z‘ç 8toapépoVra ‘Y\“J’)G’it.

Le silence qu’Attaliote garde sur Psellus, ses successeurs l'ont à leur tour gardé sur lui—même, quoiqu'ils ne se soient pas fait faute de lccopier. En terminant son livre, Attaliote annonce qu'il s'arrête à la deuxième année de Nicéphore Botaniate (c’est-à-dire en 4080) et qu'il se propose de poursuivre, plus tard le récit des grandes actions de son héros. Mais quelques mois plus tard (en mars 4084) Nicé bore Botaniste était détrôné et allait à son tour achever ses jours sous la ure.

Cette révolution explique comment l'bistoired’Attaliote eut si peu de retentissement. Lui-même, il se montra robablement peu soucieux de ré. pandre sous le nouveau règne les exemp aires d'un livre dédié au prince déchu. Mais ce qui surprend, àmoins qu'Attaliote ne soit mort vers cette époque, ou qu’il ait renoncé au monde, c'est que Jean Sczlitzès, dans la 2° édition de son histoire, laquelle s'arrêtait d'abord à l'av nement d'Isaac Comnène en 4057, mais qu'il continue. jusqu'en 4084, ne se soit pas fait scrupule de copier des pages de notre auteur sans le citer, en supprimant seulement quelques détails, quelques réflexions et surtout les éloges donnés à Botaniate.

Ces mêmes extraits se retrouvent dans le grand résumé historique du moine Cédrène, sous le nom duquel l'histoire de Scylilzès est comprise dans quelques éditions. Mais ce plagiat, loin d'ôter du prix à l'ouvrage original,rend la comparaison des deux textes quelquefois assez piquante, en montrant de quelle façon ces compilateurs procédaient. Ainsi, pour n'en citer qu'un seul exemple, Attaliote, en parlant du besoin que l'on éprouvait d'associer à. l'impératrice Eudoxie, veuve de Constantin Ducas, un homme capable de releverl'empire, dit, p. 96, que Nicéphore Botaniste paraissait le plus digne et se distinguait de tous les autres comme le soleil entre les astres, mais que l'envie et l'aveuglement lui firent alors préférer un de ses parents pour des raisons qu'il n'est pas permis de dire. Scylilzès a supprimé cette comparaison emphatique du soleil; mais après avoir copié les premiers mots paraissait le plus digne, il a ajouté pour ne blesser personne ainsi que beaucoup d'autres. Sans se donner la peine de donner à la phrase une construction logique ou même grammaticale.

Si quelque jour l'histoire byzantine devientl'objet d'un travail critique que la nouvelle édition de Bonn peut faciliter, mais qu'elle ne rend pas inutile, ainsique j'ai déjà eu l'occasion de le montrer, l'histoire de Michel Attaliote méritera d'être consultée et comparée avec les autres écrits de ce siècle, surtout avec l'histoire de Psellus, que l'on attendait de M. BASE et que M. MILLER est si bien préparé pour publier comme elle‘ doit l'être.

Le style de Michel Attaliote, sans échapper aux défauts de son temps, est correct et répond assez bien au plan qu'il s'était tracé lux-même dans sa préface. Aprés avoirloué, après bien d'autres, les avantages de l'histoire: « c'est

ourquoi, dit—il, j'ai voulu, moi aussi, quoique entraîné de tous côtés par es mille occupations des camps et assourdi par les discours des plaideurs, après m'être fatigué à la lecture de leurs mémoires, m'imposer encore un surcroît de travail, et, dans un style concis et simple, comme il convient à l'histoire qui n'a. pas besoin des procédés de la rhétorique et dédaigne les ambiguïtés et les recherches du langage, j'ai voulu retracer les événements que je connais, non par ouï-dire, mais dont j’ai été moi—même témoin, afin de ne pas laisser tomber dans les profondeurs de l'oubli des événements dignes d'être racontés et de vivre à tout jamais dans la mémoire des hommes. »

Si le pauvre Attaliote a longtemps été frustré de la renommée dont il caressaitprobablement l'espoir en achevant cette période, j'ai cru ne pas devoir refuser du moins à. son livre, puisqu'il m'est tombé sous la main, cette publicité que l'imprimerie assure aujourd'hui presque indistinctement à tout ce qui s'échappe de la plume, même aux productions queleurs auteurs ne destinaient pas à voir le jour et qui pourraient sans dommage pour personne rester dans l'oubli. »

M. Fr. Lenormant, autorisé par le bureau, communique la note suivante : Sur quelques inscriptions de Mareb, de K hariba et d’Aden.

« J’ai cru‘, pouvoir inférer de la teneur d'une des inscriptions copiées

à Abiân en 4844 par M. Gauldraud, que l'usage des sculptures retraçant

urement et simplement des images de particuliers existait dans la civi— lisation antique de l'Yémen comme dans celle du monde classique. Je ne connaissais pas alors l'existence des inscriptions rapportées de Mareb au musée de la Société Asiatique de Bombay par le capitaine Haines et le docteur Mackell et publiées dans le journal de cette société (4 844, pl. IV, V et V1), avec des essais de traduction tout-à-fait fantastiques par M. James Bird. On y trouve deux exemples de cet usage, l'un et l'autre du plus haut intérêt, car ce sont les seuls monuments de l'art yamanite jusqu'à présent connus qui offrent la représentation de la figure humaine.

Je place sous les yeux de l'Académie les dessins très—grossiers publiés àBombay de ces deux bas-reliefs, dont il serait bien précieux de posséder un bon moulage à Paris, comme échantillons d'une sculpture dont on n’a pas d'autres spécimens. Tous les deux sonten marbre.

Le premier nous montre un guerrier himyarite, orté sur un chameau et juché sur une haute selle pareille à celles dont es Arabes se servent encore aujourd'hui. Il est vêtu d'une longue robe à manches, la tète enveloppée d'un keffieh dont les extrémités flottent derrière ses épaules; sa main tient une grande lance, et à l'arrière de sa selle est suspendu un sac de provisions. Un serviteur figuré de plus petite taille, armé d'une lance et vêtu d'une tunique à manches qui ne descend que jusqu'aux genoux, marche à la tête du chameau.

L'inscription est gravée au-dessus de ces figures :

rnxmnm a- n a» .Ëtl>a> 34

Je la lis:
un 1: ‘minis sur

« Image de Ausîl fils de Tabi. » _,
Le premier mot est manifestementl’arabe Ztpuâ, l'hébreu .‘l713’s f0"Wi

effigies, de la racine 113:, formavit. Il caractérise la sculpture comme un portrait, et rien n'indique qu'elle fût placée sur un tombeau ou dédiés comme eæ-voto dans un temple.

5Ntt7‘m, nom propre de l'individu représenté est l'arabe slll l, le

m5rzwm des proscynèmes nabatéens du Sina'i, donum dei. On n’a pas, du reste, trouvé jusqu'à présent d'autres exemples. Quant à un, on pourrait y voir un de ces noms propres empruntés aux productions naturelles; car il rappelle de bien près l'arabe donné par le Kamoûs comme le nom d’une variété de dattiers.

Le second bas-relief re réscnte un homme debout, pieds nus, vêtu d'une courte tunique serr e à la taille par une ceinture, avec sur la tête

une sortede bonnet à longue queue qui ressemble fort au tarbouch moderne. L'inscription en est:

l‘”W®l>o

21N‘l‘1 11

Le premier mot est évidemment incomplet; c'était ‘l'l[3’, « image ”. comme sur l'autre bas-relief. Quant au nom propre 3.x'fi. c’est l’arabe

\,—Jl ->,. amatus a patre, formé du radical .>,, amam‘t, que M. Osiander (Zeitschr. der deutsch. moment. Gesellsch., t. XlX, p. 206) a déjà reconnue sous la forme redoublée ‘[11, dans le nom ")N‘t"fi. amatus a deo, d’une des tables de bronze du Musée Britannique (pl. Vlll, n° 112, de la. publication anglaise; pl. XII ‘du mémoire de M. Osiander), à mettre en parallèle avec le Oûciôônloç des inscriptions grecques du Haouran. Cette dernière forme redoublée, exclusivement propre à. l'himyarite, fait passer de à; à l'autre mot, également arabe, 333 qui a la même signification et que nous retrouvons dans les textes épigraphiques de l’Yémen dans les deux noms :t‘lD‘t‘t (Fresnel, n° 2; Sanaensz‘s secunda de M. Rœdiger) et ‘î‘l‘7N (Cf. Osiander,Zeitschr. der deutsch. morgenl. Gesellsch. t. X, p. 56).

Il faut donc traduire:

« Image de Waddâb. n , Ces deux monuments ne sont pas les seuls que possède la Société Asiatique de Bombay. Nous trouvons dans le même numéro du journal de cette société plusieurs inscriptions himyaritiques provenant du même envoi, et sur lesquelles je demande la permission d’ajouter ici quelques mots.

La. première est tracée sur un piédestal circulaire en marbre blanc1

découvert à Aden même par le capitaine Haines. Elle se transcrit avec certitude :

wmim*Î ï: np:m n’a‘7n mm 1: :wmw: « Naschakarib, fils de Rabbab Halal, et Rébak, fils de Dhou-Sarkas. » .‘NDNWJ. Ce nom, que l’on rencontre une autre fois dans l’inscription

n°4 de Fresnel, se compose du mot « prince », hébreu NùUJ (l) et du

. (Il) Il est de règle constante que le w de l’hébreu est remplacé par un a; dans l’himyarite, et réciproquement.

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