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demment défunts, parents ou ancêtres de l'auteur de la dédicace, dont les noms sont accompagnés des titres qu'ils avaient de leur vivant et qui sont invoqués par leur descendant en même temps que les dieux, au même rang, dans la même intention, assimilés complétement en un mot aux habitants des cieux. Le texte ne peut pas avoir deux sens, il n'y a pas deux conclusio possibles à en tirer; tous ces personnages humains dont les noms sont invoqués en même temps que ceux des dieux, de la même manière et dans la même formule, sont incontestablement des personnages divinisés, objets d'un culte de famille et tenus pour dieux ou pour génies par ceux de leur race.

On sait quel développement avait dans l'aptique Egypte ce culte des ancêtres et des parents défunts, divinisés par le fait même de leur mort, devenus Osiris et identifiés avec le dieu des régions infernales. Il est probable que c'est de l'Egypte que ce culte et cette idée religieuse avaient passé dans l'Arabie méridionale, qui depuis la plus haute antiquité entretenait des relations étroites et constantes avec la civilisation des bords du Nil.

Dans tous les cas, l'apothéose et le culte des ancêtres, assez naturels dans une civilisation constituée aussi aristocratiquement que celle de l’Yémen telle que nous la révèlent et les inscriptions et le témoignage des auteurs arabes, étant une fois bien constatés par les textes que nous venons de placer sous les yeux de l'Académie, il n'est même pas besoin de supposer pour l'explication des noms propres tels que Abd-Samahali et Abd-Schourahbil que le second élément en est un nom de roi. Ce peut être aussi bien celui d'un ancêtre plus particulièrement vénéré que les autres dans le culte de famille. »

M. Delaunay commence la lecture, en communication, d'un Mémoire sur le traité de la Vie contemplative, faisant partie des OEuvres de Philon, dont il publie une traduction française. - Le qer volume a été présenté récemment à l'Académie.

Séance du mercredi 30.

PRÉSIDENCE DE M. DE LONGPÉRIER.

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et la rédaction en est adoptée.

Il est donné lecture de la correspondance.

Par deux messages en date du 29 octobre, M. le Ministre de l'Instruction publique adresse à l'Académie les documents qui

tiques, la composante y suivie d'un nom, qui désigne l'appartenance à la famille, désigne aussi fréquemment la qualité de serviteur ; exemple : boy, « le serviteur de Dieu », dont le sens premier serait-« parent de Dieu, de la famille de Dieu ». ANNÉE 1867.

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suivent, précédemment demandés pour ses travaux : 1. Deux manuscrits appartenant à la Bibliothèque de Rouen : 1° le ms. U. 50 (Martyrologe et Nécrologe de Jumiéges) ; 2° le ms. Y. 36 (Obituaire du Tréport). — II. Quatre obituaires ou fragments d'obituaires appartenant aux Archives du département de la Manche. Il sera écrit à M. le Ministre, pour le remercier de ce double envoi.

Deux lettres de candidature pour la place vacante par suite du décès de M. REINAUD sont communiquées à l'Académie, l'une de M. le comte Melchior de Vogüé, l'autre de M. Defrémery, tous deux rappelant leurs titres divers à l'honneur qu'ils sollicitent. Ces deux noms seront ajoutés à la liste des candidats.

Le Secrétaire de la Commission historique de l'Académie des Sciences de Munich adresse une circulaire imprimée, en date du 20 octobre, accompagnant un Rapport sur les actes de la 8° assemblée plénière (générale) de cette Commission, et sur ses travaux pendant l'année précédente.

Sont présentés les ouvrages suivants :

1° Beiträge zur aramäischen Münz Kunde Eran und zur Kunde der ältern Pehlevi-Schrift, von Prof. Dr. M. A. Levy (Leipzig, 1867, in-8°). Cette dissertation, destinée au concours de numismatique pour 1868, est renvoyée à la future Commission.

Sulla educazione morale e civile del Popolo. Discorso, etc., dal prof. Franc. Innocenti-Ghini (Catania, 1867, in-8°).

3o Catalogue des objets hongrois de l'histoire du travail à l'Exposition universelle de 1867 à Paris, par le Dr Florian Romer, professeur d'archéo logie à l'Université de Pes'h, commissaire; etc. (Paris, 1867, in-80).

L'auteur, présent à la séance, reçoit les remerciments de l'Académie. 4° Notice chronologico-historique sur les évèques de Valence d'après des documents paléographiques inédits, par C. U. J. Chevalier, prêtre (Valence, 1867, br. in-80).

Revue historique de droit français et étranger, juillet-août 1867.

M. BEULÉ demande à présenter quelques observations sur la communication faite par M. DE WITTE à la dernière séance. Il s'agissait de l'Hercule doré, trouvé sous le palais Righetti. D'abord cette statue a été trouvée presque au niveau du sol antique, sous une carapace de pierres et de mortier, construite dans le dessein

manifeste de la protéger. Comme le théâtre de Pompée a brûlé et a été restauré plusieurs fois, notamment sous Tibère, dont la restauration a été assez complète pour qu'il eût le droit de le consacrer sous son nom, et la générosité de lui laisser le nom de Pompée, il faudrait admettre que l'écroulement des parties supérieures a miraculeusement épargné la statue; il faudrait admettre que les ouvriers qui ont refait le monument à plusieurs reprises n'ont ni remué le sol, même à fleur de terre, ni réparé le pied des colonnes; il faudrait admettre surtout que les piédestaux qui auraient dû être brisés également n'ont jamais souffert. -- Ensuite, la nature et le caractère de ces piédestaux sont un autre obstacle. Ils n'ont point de moulures; ce sont de grands cubes adossés grossièrement et après coup aux colonnes extérieures, colonnes engagées qui décoraient le soubassement du temple de Vénus. Au temps de Pompée, si l'on avait ajouté cette décoration, on l'aurait exécutée avec le même soin que le reste du théâtre. C'est ainsi que Périclès a placé devant une colonne des Propylées le piedestal de Minerve Hygiée. Au contraire, la disposition du piédestal indique la hâte et un temps barbare. - En troisième lieu, il faut tenir compte de la mutilation subie par la statue. M. DE WITTE dit très-bien qu'après Pharsale, on a renversé les statues de Pompée ; mais les Romains étaient encore trop religieux et trop amoureux des arts pour profaner ainsi la statue d'un dieu, lui arracher les parties sexuelles, uniquement parce que Pompée regardait Hercule comme son dieu protecteur. M. Beulé prie aussi l'Académie de considérer les proportions qui sont très-mauvaises. Il était facile de copier la silhouette générale d'un type grec qu’on avait sous les yeux; mais en observer les proportions, garder l'harmonie de toutes les parties entre elles, c'est ce qu'on ne faisait plus guère aux époques de décadence. L'Hercule doré est dans ce dernier cas, et M. BEULÉ démontre, sur la grande photographie qu'a rapportée de Rome M. DE WITTE, les fautes énormes et essentielles que le sculpteur a commises, fautes qu'il était plus facile encore de constater quand la statue était dans l'atelier prêté à TENERANI, à portée du regard et de la main. M. BEULÉ n'ose affirmer que ce colosse soit du temps de Maxi

mien Hercule. Mais il ne peut s'empêcher de rappeler la communication qu'il a faite l'année dernière, de la renouveler, en atténuant certains points, car cette hypothèse se prêterait à toutes les convenances du problème, c'est-à-dire à l'architecture, à la construction, à l'enfouissement et surtout au style. « Si l'Académie le voulait, il y aurait là matière à un mémoire. Peut-être est-il plus sage d'attendre encore. Un piédestal semblable apparaît sous terre devant la colonne suivante. M. Righetti fera peut-être des fouilles, et qui sait s'il ne trouvera pas la statue qui continuait ainsi la décoration. Le hasard des fouilles déjoue ou confirme les conjectures des archéologues; il est téméraire de trancher une question aussi compliquée que les faits peuvent résoudre prochainement: Que serait-ce, par exemple, si, après Hercule, on trouvait Jupiter, Mars, Apollon, c'est-à-dire les statues des trois divinités auxquelles étaient assimilés les trois autres tétrarques, collègues de Maximien? »

M. DELISLE lit la note suivante sur un palimpseste contenant des fragments de l'Itinéraire d'Antonin.

Les manuscrits de l'Itinéraire d'Antonin, que MM. Parthey et Pinder, dans leur édition de 1848 (1), ont indiqués comme antérieurs au XIIe siècle, sont au nombre de sept, savoir, par ordre d'ancienneté :

1° Un manuscrit de l'Escurial (II, R, 18), du VIIIe siècle ; 2° Un manuscrit de Vienne (2), du VIII° siècle ;

3o, 40 et 5° Les manuscrits latins 4807, 4806 et 7230 A de la Bibliothèque Impériale de Paris, le premier du IXe, et les deux autres du X° siècle ;

6. Un manuscrit de la Laurentienne (3), du Xe siècle ;

(1) Itinerarium Antonini Augusti et Hierosolymitanum (Berolini, 1848, in-8°).

(2) Endlicher, Catalogus codicum philolog. latinorum bibl. palatince Vindobon., p. 229, n. CCCXXIX.

(3) Plut. LXXXIX sup. cod. LXVII. Voy. le Catal. de Bandini, III, 324.

7. Un manuscrit de Dresde (D 182), qui dut être fait vers l'an 1000 et qui fut donné à la cathédrale de Reims, par Rainier, prévôt de cette église en 1008 et 1015.

Je crois qu'il faut ajouter en tête de cette liste un exemplaire qui n'a pas encore été signalé, et dont j'ai récemment remarqué des fragments étendus dans un manuscrit de la Bibliothèque Impériale de Paris, le n° 245 du fonds de Notre-Dame. Ce manuscrit est un volume in-octavo, de (m, 20 sur 0m, 14, dans lequel plusieurs mains ont transcrit au XIIe siècle des lettres de papes, et divers documents relatifs au droit canon, des extraits de la correspondance de saint Boniface, le capitulaire de Carloman de l'année 742, quelques lettres d'Ives de Chartres, des sermons et des observations sur le sens mystique de divers passages de la Bible. Huit feuillets de ce volume, ceux qui sont cotés 24, 25, 46-51, portent les traces d'une écriture plus ancienne, qui a été soigneusement effacée, mais dont beaucoup de lettres sont encore faciles à distinguer quand on les examine sous un certain reflet de lumière.

J'ai reconnu que ces feuillets avaient primitivement fait partie d'un exemplaire de l'Itinéraire d'Antonin, écrit en belles lettres onciales au VIIe ou au VIIIe siècle. Cet exemplaire devait avoir environ 26 centimètres de hauteur sur 47 de largeur ; il y avait deux colonnes à la page, et d'ordinaire 24 lignes à la colonne. Voici à quelles parties de l'Itinéraire répond chaque page du palimpseste. Pour plus de clarté, j'ai cru devoir suivre l'ordre de l'itinéraire lui-même, et non pas l'ordre dans lequel ont été assemblés les feuillets du manuscrit 245 de Notre-Dame.

Je prends d'abord le fol. 54 recto. Il commence aux dernières lignes de la route de Lauriacum à Brigantia, et se termine à la fin de la route de Vindobona à Poetovio (1). L'extrémité de la plupart des lignes de la seconde colonne a été coupée.

Le fol. 51 verso fait suite au fol. 51 recto. Il s'arrête à la fin de la route de Sopianæ à Bragetio (2). La première colonne est fort

(1) P. 120-122 de l'édition de Parthey et Pinder. (2) P. 123-125 de l'édition.

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