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geamment communiqués, cinq nouveaux fragments d'un orateur attique, dont le nom m'est jusqu'ici inconnu. Le sujet du discours dont ces lignes mutilées ont fait partie était probablement une cause civile. Je n'ai guère l'espoir que de si courts débris, où je nepuis restituer une seule phrase complète, puissent être rattachés à l'ouvre d'Hypéride; quelque peu importants qu'ils soient, peutêtre trouvera-t-on néanmoins qu'on les joindra convenablement en appendice aux textes d'Hypéride qui font le sujet du mémoire que j'ai eu l'honneur de lire à l'Académie dans ses dernières séances. Ces petites découvertes, même quand elles n'apportent à la science aucun surcroît de richesse, entretiennent au moins l'espoir que les tombeaux de l'Egypte ne sont pas encore épuisés, et qu'ils nous réservent encore quelques trésors comparables aux belles pages dont s'est enrichie naguère la collection des orateurs attiques. -- II. Parmi les inscriptions grecques récemment découvertes à Athènes et publiées par les journaux de cette ville, je crois devoir signaler à l'Académie celle qui, déterrée le 20 nov. dernier dans un lieu voisin de l'ancien Cynosarge, a paru dans la Chrysallis du 15 déc. suivant, avec un bon commentaire de M. Koumanoudis. Ce sont 15 lignes mutilées d'un catalogue de vainqueurs aux jeux olympiques, fragment qui complète et corrige sur deux points les extraits du même genre empruntés par Pausanias aux catalogues officiels (Eliaca, I, 8. Cf. II, 22, et Laconica, 21). On n'a jamais douté qu'il n'existât beaucoup de copies de ces catalogues qui servirent de base à la chronologie des historiens grecs et dont un recueil, fait par Aristote ou par quelqu'un de ses disciples, portait le nom de cet illustre érudit et philosophe (Voir C. Müller : Historic. græc. fragm., t. II, p. 182). On possédait déjà divers fragments des listes de vainqueurs aux fêtes Dionysiaques (Nixae giovuolaxal) transcrites et publiées en des livres spéciaux par des savants de la même école (Corpus inscr. græc., n. 229-231), mais le fragment qui vient d'être retrouvé à Athènes est le premier qui nous montre en quelque sorte un original lapidaire des catalogues d'olympiades. Il comble donc pour nous, très-imparfaitement encore, une lacune de l'histoire littéraire. On peut espérer que d'autres documents semblables rever

ront le jour ; ils apporteraient des additions et des corrections précieuses à l'informe abrégé de Jules Africain, qu'ont amélioré déjà quelques nòtices contenues dans l'ouvrage de Philostrate sur la gymnastique (Voir S. Julii Africani Olup tidôwv 'Avaypapń, adjectis cæteris quæ ex Olympionicarum fastis supersunt, ed. J. Rutgers, Lugd. Batav. 1862). La présente communication n'a pour objet que de recommander à l'attention des personnes compétentes un genre nouveau et instructif de documents épigraphiques ; mais en la terminant je ne puis m'empêcher de louer la science, le bon goût et le sage patriotisme dont témoigne le court et substantiel commentaire que M. Koumanoudis joint au texte publié par lui dans la Chrysallis. ) — A propos de la variante Φιλέτας, pour Φιλητάς, que présente le marbre athenien, MM. BEULÉ, WADDINGTON, MILLER, BRUNET DE PRESLE, présentent quelques observations qui font ressortir l'importance du document athénien. La comparaison des noms propres 'Apxútas, signalé par M. BRUNET DE PRESLE, et Oupoutas, signalé par M. WADDINGTON, rattache le mot øldútas à une analogie qui confirme l'autorité du texte épigraphique publié par M. Koumanoudis (1). »

M. François Lenormant, autorisé par le bureau, communique la note suivante sur une inscription conservée dans les papiers de Fauvel.

« Les dessins et manuscrits de Fauvel, conservés au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Impériale, ne contiennent qu'un très-petit nombre de copies d'inscriptions, presque toutes déjà connues d'ailleurs et comprises dans le Corpus. J'y ai pourtant relevé un fragment inédit, sans indication de provenance, mais bien évidemment d'Athènes, qui me paraît digne d'attirer quelques instants l'attention de l'Académie.

a

OHEKAST

LAKE MEKOL
OSHE KATOLA EA
ErPOTOŞEYX SEN
A {EXSA A ENMEX PIT

(1) L'article de M. Koumanoudis sera traduit et publié avec le fragment de catalogue dans un des prochains numéros de la Revus archéologique.

On y reconnait du premier coup d'eil un débris de décret attique antérieur à l'archontat d’Euclide, où les lettres sont disposées xlovnoóv, ce qui permet d'arriver à des restitutions atteignant presque la certitude.

Cependant rétablir le texte d'un fragment aussi court et aussi mutilé serait une tâche presque impossible s'il ne se trouvait pas qu'il reproduit, en l'abrégeant et en y introduisant une variante du plus haut intérêt, une formule que nous offre déjà le fameux décret en faveur des Méthonéens de Piérie, publié sous le n° 250 dans les Antiquités helléniques de M. Rhangabé.

On lit aux lignes 34-51 de cette dernière inscription :

Μεθωναίοις εξεί]ναι [εξάγειν εκ Βυζαντίου, σίτου μέχρι.... ακισχιλίων [μεδίμνων του ενιαυτού εκάστου. Οι [δε Ελλησποντ]οφύλακ]ε[s] μήτε αυτοί κωλυόντων εξάγειν, μήτε άλλον έώντων κωλύειν, ή ευθυνέσθων μυρίασσι δρ[αχμα]ΐσι. “Έκαστος γραψάμενος δε προς τους Ελλησπ[οντο[φ[ύλακα]ς εξάγειν μέχρι τού τεταγμένου, αζήμιός [τε έστω, και η ναύς ή εξάγουσα.

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« Qu'il soit permis aux Méthonéens d’exporter de Byzance jusqu'à.... mille médimnes de blé par an; que les Hellesponto

phylaques ne les empêchent point eux-mêmes de faire cette » exportation et ne permettent pas à d'autres de les empêcher, » sous peine d'une amende de 10,000 drachmes; et que tout in» dividu, qui se sera inscrit entre les mains des Hellesponto

phylaques pour exporter jusqu'à concurrence de la quantité » fixée, ne soit sujet à aucune taxe, non plus que le bâtiment qui » fera l'exportation. »

Il résulte de ce passage, comme l'a déjà fait remarquer M. Egger dans son Mémoire sur les traités publics dans l'antiquité, que les cités voisines de l'Hellespont et directement intéressées à la régularité de l'immense commerce de grains et de métaux précieux qui se faisait avec les côtes du fond de la mer Noire avaient déjà leur Traité des détroits. Elles s'étaient confédérées et avaient établi au passage de l'Hellespont des magistrats spéciaux appelés EnanoTOVTOPÚMaxes ou « gardiens de l’Hellespont, » chargés de veiller à la sûreté du détroit, d'y inspecter les exporta

tions, de les permettre ou de les empêcher, enfin sans aucun doute d'y percevoir des droits analogues à ceux que les gouvernements du Danemark et de la Suède perçoivent encore aujourd'hui à l'entrée du Sund.

Si maintenant nous rapprochons du passage que nous venons de citer du décret en faveur des Méthonéens le fragment conservé par Fauvel, nous y reconnaîtrons une formule toute semblable et nous restituerons sans hésiter:

[.... έξείναι εξάγειν σίτου μέχρι.... μεδίμνων
του ενιαυτού εκάστ[ου. Οι δε
Εύξεινοφύλακες μή κωλυόντ-
-ων αυτούς. Έκαστος δε γραψ-
άμενος προς τους Εύξειν[οφ-
-ύλακας εξάγειν μέχρι τ[ού τ-
-ETAYLÉVou).....

Qu'ilsoit permis aux..... d’exporter jusqu'à..., médimnes de blé » par an; que les Euxinophylaques ne les empêchent point, et que » tout individu qui se sera inscrit entre les mains des Euxinophyla» ques pour exporter jusqu'à concurrence de la quantité fixée.... »

La disposition est semblable, mais ici, au lieu des Hellespontophylaques, nous voyons figurer d'autres magistrats qu'aucun monument ne mentionnait encore, les EUFELVOQÚMaxes ou « gardiens de l’Euxin,» tout-à-fait analogues aux « gardiens de l'Hellespont»,qui devaient être entretenus par les mêmes villes et avaient le même rôle, les mêmes pouvoirs et les mêmes attributions, mais les exerçaient sur le second détroit, sur le Bosphore, à l'entrée du Pont-Euxin.

La mention de magistrats jusqu'à présent inconnus, revêtus d'un caractère international et investis de fonctions importantes, suffirait pour assurer un véritable intérêt au petit fragment épigraphique sur lequel j'ose appeler l'attention de l'Académie. Mais ce qui serait encore de nature à augmenter cet intérêt, c'est que le fragment conservé dans les papiers de Fauvel fournit peut-être la clef d'un petit problème demeuré jusqu'à présent sans solution dans la numismatique d'Alexandre le Grand.

Un certain nombre de tétradrachmes, de drachmes et de pièces de bronze au nom du conquérant macédonien, dont le style et la fabrique, ainsi que l'a reconnu M. Müller, dénotent comme patrie d'origine l'Europe et les contrées au nord de la Macédoine, portent un monogramme .0. qui se décompose avec certitude en EY=. Ce n'est pas un simple monogramme de magistrat, puisqu'il se montre souvent isolé, comme l'indice caractéristique de l'origine de la pièce (Müller, Numismatique d'Alexandre, n° 838841). Cependant aucun nom de ville, dans la région où ces monnaies ont été frappées, ne commence par les lettres EY=.

Mais ce monogramme ne se rencontre pas toujours isolé. Nous le voyons aussi figurer côte-à-côte avec les symboles indicatifs de quelques villes, et ces villes sont précisément celles que l'on peut naturellement supposer avoir fait partie de la confédération qui entretenait au Bosphore les Euxinophylaques, celles qui étaient le plus directement intéressées au commerce maritime de l'Euxin. Ce sont en effet les cités de la Chersonnèse de Thrace, comme Lysimachia et Coela ; de la Propontide, comme Périnthe; et de la côte de la Thrace septentrionale sur le Pont Euxin, comme Odessus, Mesembria et Callatia. On voit aussi le même monogramme avec les marques de quelques villes de la Macédoine et de la Thessalie que l'on sait avoir entretenu des relations commerciales actives avec le Nord et les contrées de la mer Noire, Amphipolis, Tragilus (le prétendu Trælium de tous les ouvrages de numismatique), Mélitée, et la ville encore indéterminée que désigne l'image d'une corne de chèvre.

Ne pourrait-il pas être la marque des Eifelvogóraxes ? Nous n'émettons cette idée qu'à titre de conjecture, mais elle nous paraît avoir pour elle d'assez grandes vraisemblances.

M. WADDINGTON demande à M. Lenormant à quel titre et en vertu de quel droit les Euxinophylaques auraient pu marquer leur empreinte sur des monnaies d'Alexandre. Il croit que l'on abuse des tentatives d'explications pour les symboles et les monogrammes placés dans le champ de ces monnaies et que notamment

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