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SAUSSAYE, dans un mémoire inséré dans la Revue numismatique, année 1840, a démontré suffisamment le fait que nous avançons. Quant au croissant qui termine la tête de sanglier, on le retrouve fréquemment parmi les objets provenant de la décomposition des types, sur les médailles gauloises, et notamment sur celles, des Volces-Tectosages (1). Sans se prononcer sur la valeur de ce symbole, on peut admettre sans difficulté qu'il doit se rapporter à la religion des Gaulois. Remarquons d'ailleurs qu'au point de jonction de la tête de sanglier et du croissant se trouvent trois appendices en forme de feuilles lancéolées, rappelant par leur nombre le symbolisme de la triade, que l'on retrouve si souvent dans toutes les religions de l'antiquité, et notamment dans celle de la Gaule. Nous ne croyons donc pas nous tromper sur l'intérêt qu'offre cet objet, qui nous semble représenter réunis divers symboles nationaux et religieux des Gaulois. -Quelie était sa destination ? Nous pouvons le conclure par analogie. L'on rencontre dans diverses collections des anneaux de bronze, portés sur une base carrée ou ronde et terminés à la partie inférieure par un demi-cercle vertical. Les bas-reliefs de la colonne Trajane nous montrent que c'était un ornement posé au sommet des casques des soldats romains. Nous aurions donc ici le sommet d'un casque gaulois, et, d'après l'importance de la représentation, nous pourrions en induire qu'il a appartenu à un chef de cette nation. L'anneau fixé sous la tête de sanglier aurait servi à attacher les fanons ou lambrequins devant compléter l'ornement du guerrier. --Cet objet, donné au musée de Saint-Omer par son possesseur, a été trouvé, à ce que nous croyons, dans les environs de Reims. >>

M. BRUNET DE PRESLE signale à l'attention de l'Académie divers passages des Agrimensores ou Gromatici scriptores (2) qui peuvent jeter du jour sur la destination de certains monticules ou tumuli que l'on a pris pour des tombeaux, bien qu'on n'ait pas trouvé

(4) Voy. le mémoire de M. DE LA SAUSSAYE, dans la Revue numismatique, année 1866, p. 389 et suivantes.

(2) Gromatici veteres ex recens. Caroli Lachmanni. Berolini, 1848-1852, % vol. in-8°.

dans l'intérieur de traces de sépulture, mais seulement des cendres, des charbons et des fragments de vases de terre. Un membre de l'Académie des Inscriptions avait émis l'opinion que quelques-uns de ces prétendus tumuli pourraient bien avoir marqué des limites. Cette conjecture a été combattue; mais les passages suivants, qui paraissent très-formels, n'ont pas été produits dans la discussion. Le premier passage est de Siculus Flaccus, De conditionibus agrorum. Cet auteur rappelle l'usage ancien, lorsqu'on voulait établir une limite et particulièrement un trifinium, d'offrir un sacrifice et de dresser la pierre qui devait servir de borne sur les restes mêmes du sacrifice. Consumptisque igne omnibus dapibus, super calentes reliquias lapides conlocabant atque ita diligenti cura confirmabant. Lorsque l'usage des sacrifices eut cessé avec le polythéisme, on continua à placer sous les bornes de la cendre, des charbons, des fragments de poterie ou de verre, ou de la chaux, matières inaltérables et faciles à reconnaître après des siècles. « Aliquibus terminis, dit le même Flaccus, nihil subditum est, aliquibus vero aut cinis aut carbones aut testea aut vitrea fracta aut asses subjectos aut calcem aut gypsum invenimus. Quæ res tamen, ut supra dicimus, voluntaria est. Carbo autem aut cinis quare inveniatur, una certa ratio est : quæ apud antiquos est quidem observata, postea vero neglecta... » Il est assez remarquable que dans plusieurs parties de la France cet usage de déposer des charbons ou des fragments de tuile sous les bornes soit encore observé par les arpenteurs, qui peuvent, en cas de contestation ou d'incertitude, reconnaître une borne formée d'une pierre brute et sans marque gravée. Le passage le plus intéressant pour la question qui nous occupe est tiré de deux écrivains nommés Faustus et Valerius VV. PP., qui, chargés des délimitations en Afrique et en Gaule (j'ignore à quelle époque), per Gallias et per Africam dum assignaremus..., ont souvent, disent-ils dans leur latin agreste, employé pour limites des monticules de terre, dans l'intérieur desquels ils avaient mis des charbons, de la cendre et des fragments de poteries. « In limitibus vero ubi rariores terminos constituimus, monticellos plantavimus de terra quos BOTONTINOS appellavimus et intra ipsos carbones et cinus et testa tusa cooperuimus. »

M. Lenormant, autorisé par le bureau, lit la note suivante :

« Sur une inscription himyaritique inédite. »

« L'inscription que j'ai l'honneur de placer sous les yeux de l'Académie appartient à M. Bonnetty, le savant directeur des Annales de philosophie chrétienne, et lui a été rapportée d'Aden, il y a 22 ans, par un chirurgien de notre marine de l'Etat. Elle est gravée sur un morceau de roche madréporique, grossièrement taillé de manière à rappeler la forme d'une tête d'animal, aplani sur une seule de ses faces, et surmonté de deux cornes.

En voici le texte :

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Les mots y sont séparés par un trait vertical, comme dans l'immense majorité des inscriptions himyaritiques jusqu'à présent connues. L'écriture de toutes les lignes procède de droite à gauche. Quant à la transcription, elle ne donne lieu à aucune hésitation possible, l'alphabet des anciens habitants de l’Yémen étant parfaitement connu et certain depuis les travaux de Fresnel, et le monument ne présentant pas de formes douteuses ou nouvelles.

En employant, à l'exemple de M. Osiander, les lettres hébraïques à la transcription, on obtient:

עמהטם ב־

רן עכן עב־ רך יתעם ה־ קני רעת

מest u עמוהטם

Nous croyons qu'il est possible, dans l'état actuel de la science, de donner une traduction complète de cette inscription.

nom propre viril, de la classe de ceux qui sont composés de oy, gens, avec un autre mot, noms, qui indiquent en général une parenté, comme en hébreu 272190y, cognatus principis, 71799 y, cognatus Judae, c'est-à-dire civis Judae, ou bien une marque de service, d'addiction, par, suite de l'incorporation des esclaves dans la famille, comme en hébreu 5yby, ex familia Dei, c'est-à-dire servus Dei, -ny, ec familia largitoris, c'est-à-dire servus largitoris (Jehovae).

On connaît déjà un autre nom propre himyaritique de cette classe; c'est celui de "ONDY, cognatus veritatis, cum quo veritas est, qui se lit dans les inscriptions nos 32 et 39 de la publication de Fresnel. Le sens du second radical du nom que nous avons ici, 07, est inconnu. Je ne vois rien d'analogue dans les autres idiomes sémitiques; c'était probablement une racine propre å la langue des Himyarites.

72, « fils », c'est un des mots les plus connus de la langue himyaritique, un de ceux qui se présentent le plus fréquemment. Le sens ne saurait être un seul instant douteux, et il avait été déjà déterminé par Fresnel.

psy. Voici un nom propre qui se trouve dans la Bible (Jos. VII, 1 ; X II, 20). Gesenius le croit synonyme de y et le traduit affligens, u pposant que c'est un surnom venu des malheurs que l'homme ainsi appelé dans le livre de Josué attira par son sacrilége sur le peuple d'Israël. Mais notre inscription montre que c'est un véritable nom propre, et non pas un surnom; dès lors il est impossible pour quiconque connaît les usages antiques d'y attribuer ce sens de mauvais augure. Nous croyons donc préférable l'étymologie proposée par Castell, qui rapproche ce nom du chaldaïque xidy, serpens, 75v, intorsit, convolvit in gyrum quasi serpens.

Oyn Tay. Nous avons ici le mot tay, « serviteur de », suivi d'un nom propre. L'idée la plus naturelle et la plus vraisemblable est de voir dans ce nom celui d'une divinité comme dans la composition du nom propre 55272y fourni par une des inscriptions de Fresnel (n° 3) et porté par un roi de l’Yémen (CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, t. I, p. 187), et d'un autre fourni par les auteurs musulmans comme l'appellation de deux rois Himyarites (CAUSSIN DE PERCEVAL, t. I, p. 44 et 60), Uudine ac yn may nous paraît donc, dans l'inscription de M. Bonnetty, constituer une formule exactement semblable à l'idéogramme assy

rien,

a dévot à », qui se lit sur tous les cylindres à lé

gendes cunéiformes entre le nom du propriétaire de l'objet et un nom divin, et au 778 27907, addictus, devotus Hadado, qui suit le nom du possesseur sur un cylindre à légende araméenne du Musée Britannique (A. Levy, Phönizische Studien, fasc. 2, pl. no 1. – Journal of the Royal Asiatic Society, 1864, p. 232 et suiv.; pl. n° 5), byny, dans cette interprétation, serait un pom divin nouveau, qu'il faudrait ajouter à la liste des divinités de l’Yémen connues par les inscriptions, liste qui comprend jusqu'à présent les noms de Almakah, personnage sans doute lunaire, comme l'a ingénieusement conjecturé M. Osiander, A’t’tor, la Vénus male, Schams, le soleil, Sîn ou Lunus, Dhou-Samawi, le seigneur du ciel, Haoubas, « le lumineux », personnage incontestablement solaire, enfin Koulål, mentionné par les auteurs musulmans comme faisant partie du panthéon des Himyarites.

Il est vrai que dans l'inscription n° 29 de la collection du musée britannique (pl. XVI de la publication anglaise; pl. XXVII de celle de M. Osiander), dédicace d'une pierre à libation au dieu A'l'tor, l'auteur de l'offrande, après son nom et le nom de son père, s'intitule abynaw tay et que abynaw est un nom propre d'homme, et non pas de dieu, trèsmultiplié sur les monuments, car on le trouve dans les inscriptions nos 4, 8, 9, 10, 12, 13, 14, 18, 41, 43, 46, 48 et 55 de Fresnel. De ANNÉE 1867.

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شرحبيل

même, Ibn-Dourayd nous fait connaitre un nom propre himyaritique

Jus dont le second élément est un simple nom d'homme, qui se lit sous la forme Sant à la ligne de la première des inscriptions de Hisn-Ghorâb. Mais M. Osiander (Zeitschr. der deutsch. morgenl. Gesellsch., t. XIX, p. 258) a fort bien établi qu'il ne fallait pas dans ces deux exemples entendre tay comme signifiant simplement « esclave », « serviteur » d'un homme, qu'il y désignait toujours une servitude religieuse, un attachement de dévotion, et que la clef du véritable sens à

devait עבד־ שרחביל el au nom propre עבד שמהעלי donner au titre de

.הקני

وقتی

être cherché dans l'usage Yamanite du culte rendu aux rois et aux princes divinisés. Et en effet, Schourahbil, second élément du nom AbdSchourahhil, est l'appellation d'un prince bien connu de l’Yémen, appartenant à la dynastie proprement himyarite (CAUSSIN DE PERCEVAL, Histoire des Arabes, t. I.p: 74). Yatôm est, du reste, forcément un nom divin dans l'inscription de M. Bonnetty, car autrement cette inscription ne contiendrait aucune désignation de la divinité à laquelle est faite la dédicace qui en constitue l'objet.

. Nous avons maintenant ici le verbe de la phrase. C'est celui qui est employé pour la formule dédicatoire dans presque toutes les inscriptions himyaritiques connues de nature religieuse. M. Osiander (Zeitschr. der deutsch. morgenl. Gesellsch., t. X, p. 66) en a déterminé le sens avec certitude. C'est le causatif, formé en hiphil à la façon de l'hébreu, du radical qui est en hébreu 1727, en arabe Ló ou en éthiopien $_P: acquisivit, possedit; la signification en est donc « mettre en » la possession, donner, dédier. »

Le plus souvent ce mot est immédiatement suivi du nom de la divinité à laquelle est faite l'offrande, dans une construction par simple apposition, sans que le nom de l'objet dédié soit

exprimé : Ap259 0717 PA, « il a dédié à Haoubas et à Almakah, » Fresnel, n° 32 ; pas 227, « il a dédié à Almakah, » Fresnel, nos 55 et 56; 7707 norba apn, « il a dédié à Almakah (seigneur) de Hirran, » Musée Britannique, nos 5, 7-24 et 28. Mais dans quelques inscriptions un mot désigne la nature de l'offrande. Une fois ce mot se rencontre entre le verbe et le nom de la divinité à laquelle la dédicace est faite; c'est dans l'inscription n° 4 du Musée Britannique (pl. III de la publication anglaise ; pl. I de celle de M. Osiander): Pabx 99001W 1322A, « ils ont dédié un à Almakah »; le sens du mot 1970w est trèsdouteux, il a semblé à M. Osiander devoir être quelque peu voisin de l'idée d'« offrande sainte »; sa racine, aw, est particulière à l'himyaritique et y est certainement en rapport étroit avec la notion de « divinité ». Deux autres fois, la désignation de l'offrande est placée après le nom du personnage divin à qui elle est présentée. La table à libations du Musée Britannique (pl. XVI de la publication anglaise ; pl. XXVII de celle de M. Osiander) nous en offre le premier exemple : inny 2.7 nabwa, « il a dédié à A’t’tor comme ex-voto, don de reconnaissance », car c'est ainsi, comme l'a vu M. Osiander, que doit rendu approximativement le dernier substantif, lequel est à comparer à l'arabe in per

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