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pas afiez

MAIS il y a, ce me semble, de beaucoup meilleures raisons à dire pour soutenir que l'homme est un bipéde. Premiérement quand on feroit voir qu'il a pu d'abord être conformé autrement que nous le voyons & cependant devenir enfin ce qu'il est, ce n'en seroit

pour
conclurre

que cela fe foit fait ainsi: Car après avoir montré la possibilité de ces changemens , il faudroit encore, avant que de les admettre, en montrer au moins la vraisemblance. De plus, fi les bras de l'homme paroissent avoir pu lui servir de jambes au besoin, c'eft la seule observation favorable à ce fyftême, fur un grand nombre d'autres qui lui font contraires. Les principales font ; que la maniere dont la tête de l'homme est attachée à son corps , au lieu de diriger sa vue horisontalement, comme l'ont tous les autres animaux, & comme il l'a lui-même en marchant debout, lui eût tenu, marchant à

quatre pieds, les yeux directement fichés vers la terre, situation très peu favorable à la conservation de l'individu ; que la queue qui lui manque & dont il n'a que faire marchant à est utile aux quadrupedes , &

qu'au

deux pieds,

il au

qu'aucun d'eux n'en est privé; que le sein de la femme, très-bien situé pour un bipéde qui tient son enfant dans ses bras, l'est si mal pour un quadrupede que nul ne l'a placé de cette maniére;. Que le train de derriére étant d'une excessive hauteur à proportion des jambes de devant, ce qui fait que marchant à quatre nous nous traînons sur les genoux, le tout eût fait un Animal mal proportionné & marchant peu commodément; Que s'il eût posé le pied à plat ainfi

que

la main roit eu dans la jambe postérieure une articulation de moins que les autres animaux, savoir celle qui joint le Canon au Tibia ; & qu'en ne posant que la pointe du pied , comme il auroit sans doute été contraint de faire, le Tarse, fans parler de la pluralité des os qui le composent , paroît trop gros pour tenir lieu de Canon; & ses articulations avec le Metatarse & le Tibia trop rapprochées pour donner à la jambe humaine dans cette situation la même flexibilité qu'ont celles des quadrupedes. L'exemple des Enfans étant pris dans un âge ou les forces naturelles ne sont point encore développées ni les membres raffermis , ne con

NS

clud

elud rien du tout'; & j'aimerois autant dire que les chiens ne font pas destinés à marcher, parce qu'ils ne font que ramper quelques semaines après leur naissance. Les faits particuliers ont encore peu de force contre la pratique universelle de tous les hommes, mês me des Nations qui n'ayant eụ aucune communication avec les autres, n'avoient pû rien imiter d'elles. Un Enfant abandonné dans une forêt avant que de pouvoir marcher nourri par quelque bête , aura suivi l'exemple de la Nourrice en s'exerçant à marcher como, me elle ; l'habitude lui aura pû donner des facilités qu'il ne tenoit point de la Nature ; & comme des Manchots parviennent à force d'exercice à faire avec leurs pieds tout ce que nous faisons de nos mains, il sera parvenu enfin à employer ses mains à l'usage des pieds.

Pag. 13:

(* a.) S'il se trouvoit parmi mes Lecteurs quelque affez mauvais Physicien pour me faite des difficultés sur la fupposition de cette

fertilité naturelle de la terre , je vais lui ré-. pondre par le passage fuivant. Comme les végétaux tirent pour

leur », nourriture beaucoup plus de substance de „ l'air & de l'eau qu'ils n'en tirent de la ter» re, il arrive qu'en pourrissant ils rendent à

, la terre plus qu'ils n'en ont tiré; d'ailleurs „ une forêt détermine les eaux de la pluye „ en arrêtant les vapeurs. Ainsi dans un bois „ que l'on conserveroit bien longtemps fans у

toucher, la couche de terre qui sert à la végétation augmenteroit considérablement,

Mais les Animaux rendant moins à la ter» re qu'ils n'en tirent, & les hommes faisant

des consommations énormes de bois & de

plantes pour le feu & pour d'autres usa„ges, il s'enfuit que la couche de terre végétale d'un

pays habité doit toujours dimi„nuer & devenir enfin comme le terrein de

l'Arabie Pétrée, & comme celui de tant d'autres Provinces de l'Orient , qui est en effet le climat le plus anciennement habiz

té, où l'on ne trouve que du sel & des „ fables ; Car le fel fixe des Plantes & des » Animaux reste , tandis que toutes les autres

» pare

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ne que s'il

» parties se volatilisent. Mr. de Buffon, Hist.

Nat.

On peut ajouter à cela la preuve de fait par la quantité d'arbres & de plantes de toute espéce , dont étoient remplies presque toutes les Illes désertes qui ont été découvertes dans ces derniers siécles , & par ce que l'histoire nous apprend des forêts immenses qu'il a fallu abbatre par toute la terre à mesure qu'elle s'est peuplée ou policée. Sur quoi je ferai encore les trois remarques suivantes. L'u

y a une sorte de végétaux qui puissent compenser la déperdition de matiére végétale qui se fait par les animaux , selon le raisonnement de Mr. de Buffon, ce font surtout les bois, dont les têtes & les feuilles rassemblent & s'approprient plus d'eaux & de vapeurs que ne font les autres plantes. La seconde, que la destruction du sol, c'est-àdire, la

perte
de la substance

propre

à la végétation, doit s'accélérer à proportion que

la terre est plus cultivée, & que les habitans plus industrieux consomment en plus grande abondancé ses productions de toute espéce. Ma troisiéme & plus importante remarque eft

que

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