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Le torse qui est ici mesure 4 met. 57 cent. de hauteur. Du sillon profond qui traverse le bas du ventre au nombril, il y a 46 cent—Du nombril au bord de la lèvre inférieure il y a 35 cent. »

M. Maman lit ensuite une note de M. DE Lonc‘rr'zmnn qu’il vient de consulter au sujet de la découverte de M. E‘. Piot, et qui lui a adressé la réponse suivante :

« Les quatre satÿres-atlantes du Louvre ont les jambes modernes, les bras refaits; quelque habileté qu’on suppose chez le sculpteur italien qui les a restaurés, on ne peut parler de leur hauteur totale actuelle qu’à. titre de renseignement approximatif. Ces figures, quoique semblables etdestinées bien évidemment à décorer un même édifice, ne sont pas exactement pareilles dans leurs petits détails. Cela est bien en accord avec la richesse du génie grec ; un artiste de la grande antiquité n’eût pas voulu faire mettre au point par un praticien quatre fois le même modèle.

» Nous ne devons donc pas nous attendre àtrouver une égalité stricte de dimensions dans les diverses figures qui peuvent provenir du théâtre de Bacchus.

, .» Nous ne pouvons en ce moment faire un grand usage de la

statue de Stockholm, car, depuis le sternum jusqu'aux pieds inclusivement, elle est moderne ; la ceinture, le nombril, qui auraient pu nous servir de points de repère, n’existent pas dans la partie antique. Mais la barbe et les pectoraux, les dimensions générales paraissent clairement se rapporter aux portions correspondantes dans les statues du Louvre et d’Athènes.

» La figure fragmentée photographiée dans le théâtre de Bacchus est bien certainement semblable à celles du Louvre, non-seulement quant aux lignes principales‘, mais pour les détails, et pour le style ; on ne saurait les séparer.

» Les statues du Louvre ont, suivant M. De Clarac, 2m. 058 ou 2m. 038. Selon M. Geslin, inspecteur du département des antiques, qui vient de les mesurer pour moi (pendant que je suis dans l’impossibilité de sortir de ma chambre), elles ont 2 m. 04,‘ entre la base et le sommet de la téte.

» Le fragment d'Athénes présente, de la ceinture au nombril, 16 cent.; du nombril a la lèvre inférieure, 35 cent.; total, 54 cent.

n Les figures du Louvre donnent de la ceinture à la lèvre inférieure, deux d'entre elles, 46 cent. ; les deux autres, 44 cent. Dans les nues, la distance de la ceinture au nombril est de iäcent.; danslcs autres, de 43 cent-‘Ces mesures ont été prisesa l'aide d’un mètre rigide. Si M. Piot s'est servi d'un mètre de ma— Mère souple contournant les reliefs du torse, il aura du obtenir des chiffres un peu plus forts. L'écart est dans tous les cas peu considérable.

» M. R.Rhangabé m’a dit qu'on avait trouvé des fragments de

deux statues de satyrés—atlantEs dans le théâtre de Bacchus, où on a tenu a les laisser pour mettre les architectes et les‘

archéologues a même de trouver réunis tous les détails constitutifs de l'édifice. Il y en a donc eu probablement huit. ,

» Nos quatre figures de Paris proviennent de la villa Albani, où elles avaient été apportées vraisemblablement lorsque le cardinal Alessandro Albani acheta un si grand nombre de mai‘bres, avec la direction de Winckelmann. Je n’en puis dire plus pour le moment. C’est une question très-intéressante qui ne sera pas perdue de vue. Je n'assistais pas à la partie de la séance du l" février 4867 dans laquelle M. Choisy a parlé de ces sculpturcs (l), en sorte que je n’ai pas eu l'occasion de faire des recherchés ou des remarques sur un sujet qui m’eût singullérément frappé. »

M. Encan communique verbalement à l’Académie une inscription grecque de l’an 75 après J .-C., inscription découverte en 4867 aux environs de Tiilis sur les bords de la Cura, et qui constate que Vespasien et ses fils ont fortifié la ville principale d’un roi des Ibères nommé Mithridate. Cette inscription lui a été trans

(l) Voir‘ Bulletin, 4867, p. 25 et suiv. L'analyse supprime les dé— tails relatifs aux fragments des statues.

' mise de SainhPétersbourg par M. De Schliemann, de la part de

M. K. (iliendorf.

M. LE BLANT lit, en communication, des Recherches sur l'accusation de magie dirigée contreles premiers chrétiens.

Sont offerts à l'Académie les ouvrages suivants :

’l° Au ‘nom de M. HAURËAU,GaÜ1ÏŒ christiana, t. XV, fascicule 4. 2° Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie : 3*‘ série, t. Il

‘ (Paris, 4868, 4 vol. in-8°).

3° Note sur t’emptacement de la nillula d'Ausone, par M. Reinhold Dezeîmeris (Bordeaux, 4869, br. in-8°).

4" Notices de ;bibliographie et d’histoire littéraire, par M. Miller (Boulogne-sur-Mer, 4868, br. in«8°).

5° Revue hist. de droit français et étranger : 4868, 5° livraison.

6° Le cabinet historique : 1868. 42° livr.

M. R1Wusson offre à l’Aoadémie, au nom de l’a.nleur, un ouvrage intitulé : Les jeun? des Anciens, leur description, leur origine, leurs rapports avec la religion. l’histoire, les arts et les mœurs, par‘ M. L. Becq de Fouquières (Paris, 4869, in-8°). « Ce livre neytraite pas des grands jeux de l'antiquité, mais de ces jeux familiers qui ont partagé les loisirs des enfants, des femmes et] des hommes mêmes. L'auteur a voulu se placer au point de vue, non—seulement de l’archéologue, mais de l'historien et du moraliste. Il ne s’est pas borné à citer les textes, il les a comparés, il en a cherché l’esprit, il a lâché de remonter, en interrogeant la religion et l'histoire tour à tour, jusqu'à. l'origine de ces usages, et il a su éclaircir

les textes a l'aide des statues, des bas-reliefs, des peintures, des

. vases et des camées dont il a reproduit les représentations dans son

texte. "On peut donc dire que l'auteur a beaucoup ajouté aux divers

traités publiés jusqu’à ce jour sur différents points de ce sujet

complexe. Il y a même dans son ouvrage une partie presque entiêrement nouvelle, celle qui concerne. les jeux de hasard et de

combinaison, et son livre a ce mérite d’être aussi bien écrit qu'il

est bien composé. »

M. DE Vociir’: offre a_ l'Académie le premier fascicule (in-4°) d'un Recueil d'inscriptions sémittques de la Syrie centrale qu'il public avec traduction et commentaires. Ce t" fascicule comprend toutes les Inscriptions de Palmyre, au nombre de 454, dont 440 sont antim

ment inédites, et M. reproduisent avec d'importantes corrections les textes déjà connus. Cettecollection de textes :1 été presque en— fièrement rapportée par M. Waddington, le seul Européen qui ait fait dans les ruines de Palmyre un séjour de plus d'une semaine. Il a copié 423 textes. Les autres sont dus aux voyageurs Wood et Dawkins, Bernoville et Joyau, et à M. de Vogüé lui-même. En outre 49 des principales incriptions ont été estampées par M. Vignes, sous les auspices de M. le duc de Luynes. M. de Vogüé est l'auteur de la traduction et des commentaires. —- M. DE Voc'dé fait ressortir en quelques mots l'importance de cette collection épigraphiquc au point de vue de l'histoire, de la géographie, de la mythologie et de la linguistique. Elle nous donne des renseignements authentiques sur l'organisation de la cité et des familles, sur l'itinéraire des caravanes, source de la richesse et de la puissance de Palmyre, enfin sur la famille à laquelle la cité doit sa principale illustration, celle d’0dainath et de Zénobie. Nousy trouvons les titres oiliciels d’0dainalh, nommé successivement‘consulaire et roi des rois, et le nom sémitique de la célèbre reine de Palmyre, Bathze— binah. Zenobîa était son nom grec : l'usage des doubles noms existait dans toutes les familles considérables. Quant à la langue des inscriptions, c'est la langue araméenne. — Les fascicules suivants seront consacrés à l'explication des inscriptions du Haouran, de la Nabatène et du désert de Safa.

Séance du vendredi 12.

PRÉSIDENCE DE M. REGNIER.

Le procès—verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Sur le procès-verbal, M. Encan dit qu'il a été informé par M. Renier que l'inscription, dont il avait parlé dans la dernière séance, lui avait été communiquée déjà depuis plusieurs jours, qu'il l'avait étudiée et se proposait de la publier avec un com—

mentaire dans le Journal asiatique. En conséquence, M. Encan .

déclare renoncer au projet dont il avait fait part à l’Académie de la publier lui-même dans les Comptes—rendus.

M. le SucaÉrxrnn donne lecture d'une lettre de M. le Ministre de l‘lhstrncticn publique et du décret impérial y annexé, qui

approuve le choix fait par l'Académie de M. Huillard-Bréholles, comme membre ordinaire, en remplacement de M. Vincent. M. le Sucmfirxrnn introduit au sein de l'Académie M. HUILLARDBnËuouns qui, sur l’invitation de M. le Président, prend place parmi ses confrères.

Il est donné lecture d’une lettre de M. le Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences annonçant que, sur l’invitation de son collègue de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l'Aca— démie des Sciences a, dans la séance du l“ de ce mois, désigné M. CLOQUET pour faire partie de la Commission chargée de juger le concours Fould en 4869. _

M. Lapaix écrit à. l'Académie pour savoir si un ouvrage qu'il a publié sous ce titre « L’Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois—Euëche’s » peut être admis à ses concours. —— Il lui sera écrit qu'il peut l’envoyer‘* au concours des Antiquités nationales. '

L’Académie se forme en comité secret pour l’examen des titres des candidats présentés pour la place d’associé étranger vacante par la mort de M. Welcker.

La séance redevient publique. On procède au scrutin. Nombre desvotants, 3l; majorité, 46. M. Max-Müller obtient 92 suffrages; M. Mommsen 8; M. Dietz 4.- En conséquence, M. Max-Müller est déclaré élu membre étranger de l’Académie, en remplacement de M. Welcker. —Son élection sera soumise à l’approbation de l’Empereur.

M. le PRÉSIDENT annonce que M. Nnunnr, retenu chez lui par une indisposition, s’est excusé de ne point venir faire la lecture de son mémoire, mais a prié qu’on le maintienne à. l’ordre du jour pour la prochaine séance. '

M. n’Avnuc demande a faire une courte communication verbale. —— Il s'agit d’un petit fait bibliographique touchant l’Histoire littéraire de la France, dont le tome XXV vient d'être mis en distribution au secrétariat de l‘Institut, et qu’il ne croit pas indigne de l'intérêt de l’Académie. Ce volume, qui com— mence avec le XIV° siècle, contient une notice sur Guillaume de

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