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pas encore couper le houx dans la forêt, et le jonc aux bords des fleuves? L'osier inculte n'est pas non plus à négliger. Enfin, tes vignes sont liées; leurs rameaux laissent reposer la serpe, et le vigneron façonne, en chantant, son dernier cep. Eh bien! la bêche doit encore remuer la terre, la réduire en poudre, et pour tes raisins déjà mûrs, tu as à craindre les orages.

L'OLIVIER, au contraire, ne demande point de culture; il n'attend ni le secours de la serpe, ni les dents du hoyau, dès qu'il a pris racine et soutenu l'effet du grand air. La terre, pourvu qu'une fois le râteau la remue, lui fournit la sève nécessaire, et un simple labour fait éclore ses bourgeons. Nourris donc l'olivier, heureux symbole de la paix.

L'ARBRE fruitier n'exige pas plus de soins : dès qu'il sent son tronc affermi, qu'il a conscience de sa force, il s'élance de lui-même dans les airs, et sans notre secours. Ainsi encore se chargent de fruits les arbres de nos forêts. Sur le buisson inculte, on voit rougir la mûre sanglante; le cytise offre aux troupeaux son feuillage; les forêts nous fournissent les pins résineux qui, pendant la nuit, nous éclairent. Et l'homme hésiterait à donner ses soins à la culture des arbres ! Mais pourquoi ne parler que de ces rois des forêts ? le saule, l'humble genêt, n'offrent-ils pas aux troupeaux leur feuillage, leur ombre aux bergers, aux moissons des remparts, à l'abeille des sucs ? On aime à voir, sur le mont Cytorus, le buis ondoyant, les sapins de la Na

Naryciæque picis lucos; juvat arva videre .
Non rastris, hominum non ulli obnoxia curæ.
Ipsæ caucasio steriles in vertice silvæ ,
Quas animosi Euri assidue franguntque feruntque,
Dant alios aliæ fetus; dant utile lignum,
Navigiis pinos, domibus cedrumque cupressosque,
Hinc radios trivere rotis, hinc tympana plaustris
Agricolæ, et pandas ratibus posuere carinas.

VIMINIBUS salices fecundæ; frondibus ulmi ;
At myrtus validis hastilibus, et bona bello
Cornus; ituræos taxi torquentur in arcus.
Nec tiliæ leves aut torno rasile buxum
Non formam accipiunt, ferroque cavantur acuto.
Necnon et torrentem undam levis innatat alnus,
Missa Pado; necnon et apes examina condunt
Corticibusque cavis vitiosæque ilicis alvo.
Quid memorandum æque Baccheia dona tulerunt?
Bacchus et ad culpam causas dedit, ille furentes
Centauros letho domuit, Rhætumque Pholumque,
Et magno Hylæum Lapithis cratere minantem.
O FORTUNATOS nimium, sua si bona norint ,
Agricolas ! Quibus ipsa, procul discordibus armis,
Fundit humo facilem victum justissima tellus.
Si non ingentem foribus domus alta superbis
Mane salutantum totis vomit ædibus undam;
Nec varios inhiant pulchra testudine postes,

rycie qui fournissent la poix; on aime à les voir ces terres qui, pour produire, n'attendent ni le râteau, ni les soins de l'homme. Que dis-je ? les forêts même du Caucase, sans cesse battues, fracassées sans cesse par le souffle violent de l'Eurus, ont, toutes stériles qu'elles sont, leur fécondité ; elles donnent des pins aux navires, aux maisons des cèdres et des cyprès. Le laboureur en tire, pour les roues de ses chars, des rayons et de solides moyeux ; le navigateur, la carène de son vaisseau.

LE saule nous donne son osier flexible, l'orme son ombrage, le myrte et le cornouiller leurs jets vigoureux, recherchés pour la guerre; l'if, sous la main du Parthe, se courbe en arc; le tilleul uni, le buis docile, se façonnent au gré du tour et du fer qui les creuse. Lancé sur le Pô, l'aune léger fend les ondes ; et l'abeille cache ses rayons sous des écorces creuses, et dans les flancs d'un chêne miné par les ans. Les présens de Bacchus valent-ils ces richesses ? Bacchus a même quelquefois été la cause de crimes. C'est lui qui, après avoir rempli les Centaures de ses fureurs, immola sans pitié Rhætus, Pholus, et Hylée d'une énorme coupe menaçant les Lapithes.

TROP heureux l'habitant des campagnes s'il connaît son bonheur! loin des discordes, loin des combats, la terre, justement libérale, lui prodigue une nourriture facile. Son palais orgueilleux ne voit pas, il est vrai, se presser , sous ses portiques, des flots d'adulateurs qui viennent de leur patron adorer le réveil. L'oeil n'y est point ébloui de l'éclat des lambris, de la

Illusasque auro vestes, ephyreiaque æra,
Alba neque assyrio fucatur lana veneno,
Nec casia liquidi corrumpitur usus olivi :
At secura quies , et nescia fallere vita,
Dives opum variarum; at latis otia fundis,
Speluncæ, vivique lacus; at frigida Tempe ,
Mugitusque boum, mollesque sub arbore somni
Non absunt. Illic saltus ac lustra ferarum,
Et patiens operum, parvoque assueta juventus,
Sacra deum , sanctique patres; extrema per illos
Justitia excedens terris vestigia fecit.

ME vero primum dulces ante omnia Musæ ,
Quarum sacra fero ingenti perculsus amore,
Accipiant, coelique vias et sidera monstrent,
Defectus solis varios, lunæque labores ;
Unde tremor terris; qua vi maria alta tumescant
Objicibus ruptis, rursusque in se ipsa residant;
Quid tantum Oceano properent se tingere soles
Hiberni, vel quæ tardis mora noctibus obstet.
Sin, has ne possim naturæ accedere partes,
Frigidus obstiterit circum præcordia sanguis,
Rura mihi , et rigui placeant in vallibus amnes;
Flumina amem silvasque inglorius. O, ubi campi,
Sperchiusque, et virginibus bacchata Lacænis
Taygela! O, qui me gelidis in vallibus Hæmi

ora

vasa

beauté de ces vêtemens où l'or se joue en mille formes différentes, de la richesse des vases de Corinthe ; le pourpre de Tyr n'altère point la blancheur de ses laines; le mélange d'essences étrangères ne corrompt point la pureté de ses huiles ; mais la sécurité, le repos, l'innocence, une vie riche en mille biens; mais, dans de paisibles vallons, le repos, des grottes profondes, des sources d'eau vive; mais le frais Tempé, les mugissemens des boufs, et sous un arbre un doux sommeil : voilà les biens qui ne lui manquent point. Aux champs, on trouve des prairies pour les troupeaux; pour les bêtes fauves, des retraites; une jeunesse laborieuse et sobre; le culte des dieux, le respect pour la vieillesse; c'est là, qu'en se retirant de la terre, la Justice laissa ses derniers vestiges.

Pour moi, daignent les Muses, mes plus douces amours, l'objet de mon culte profond, me recevoir dans leurs cheurs sacrés , m'enseigner du ciel et des astres les mouvemens secrets ; la cause qui éclipse tantôt le soleil, tantôt la lune; pourquoi tremble la terre; quelle force soulève les mers, brise leurs barrières, et les fait ensuite retomber sur elles-mêmes; pourquoi le soleil d'hiver se hâte de se plonger dans l'Océan; quel obstacle retarde des nuits l'inégale lumière. Mais si je ne puis aborder ces grands secrets de la nature, si mon sang trop froid se resserre autour de ma poitrine, riantes prairies, frais vallons, fleuves limpides, tranquilles forêts, c'est vous que j'aimerai ! Adieu, mes rêves de gloire! campagnes fortunées qu'arrose le Sperchius , montagnes du Taygète, en cadence foulées par les vierges de Sparte! fraîches vallées de l'Hémus!

nou Ivemen

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