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Sistat, et ingenti ramorum protegat umbra!

Felix, qui potuit rerum cognoscere causas,
Atque metus omnes et inexorabile fatum
Subjecit pedibus , strepitumque Acherontis avari!
Fortunatus et ille deos qui novit agrestes,
Panaque, Silvanumque senem, Nymphasque sorores!
Illum non populi fasces, non purpura regum
Flexit , et infidos agitans discordia fratres,
Aut conjurato descendens Dacus ab Histro;
Non res romanæ, perituraque regna; neque ille
Aut doluit miserans inopem, aut invidit habenti.
Quos rami fructus, quos ipsa volentia rura
Sponte tulere sua , carpsit; nec ferrea jura,
Insanumque Forum, aut populi tabularia vidit.
Sollicitant alii remis freta cæca , ruuntque
In ferrum, penetrant aulas et limina regum;
Hic petit excidiis urbem miserosque penates,
Ut gemma bibat, et sarrano dormiat ostro.
Condit opes alius , defossoque incubat' auro.
Hic stupet attonitus rostris; hunc plausus hiantem
Per cuneos, geminatur enim, plebisque patrumque
Corripuit. Gaudent perfusi sanguine fratrum,
Exsilioque domos et dulcia limina mutant,
Atque alio patriam quærunt sub sole jacentem.

AGRICOLA incurvo terram dimovit aratro.

oh! qui me transportera sur vos rives et me couvrira de l'ombre épaisse de vos bois ?

HEUREUX qui a pu de la nature pénétrer les secrets, fouler à ses pieds toutes les craintes, et le destin inexorable, et le bruit de l'Achéron avare! Heureux aussi celui qui connaît les divinités champêtres, Pan, le vieux Silvain et les Nymphes ! Le peuple et les faisceaux qu'il donne, la pourpre des rois, la discorde armant des frères parjurés, le Dace descendant de l'Ister conjuré contre nous, les triomphes de Rome et les empires destinés à périr, rien ne l'émeut. Son cour n'est point attristé de pitié à la vue de l'indigence, d'envie à l'aspect de la richesse. Les fruits que lui donnent d'eux-mêmes ses arbres et ses champs, il les recueille en paix. Nos lois de fer, le Forum avec ses cris insensés, le dépôt des actes publics, il ne les a point vus Les uns vont, la rame en main, affronter les abîmes de la mer; les autres se précipitent aux combats ; ceux-ci s'introduisent dans les cours et jusque dans le palais des rois. Le conquérant livre une ville au pillage, détruit les pénates domestiques, pour boire dans une coupe de diamans, et dormir sur la pourpre de Tyr. L'avare enfouit ses richesses, et veille étendu sur son trésor. Celui-ci admire, en extase, les harangues de la tribune; celui-là, avide du double suffrage du peuple et du sénat, s'enivre des applaudissemens du théâtre. Des frères triomphent, couverts du sang de leurs frères : ils s'exilent, ils abandonnent la maison et le seuil paternels, et vont, sous un autre soleil, chercher une pátrie.

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Le laboureur, avec le soc de la charrue, ouvre le

Hinc anni labor; hinc patriam parvosque penates
Sustinet; hinc armenta boum, meritosque juvencos.
Nec requies, quin aut pomis exuberet annus,
Aut fetu pecorum, aut cerealis mergite culmi,
Proventuque oneret sulcos, atque horrea vincat.
Venit hiems, teritur sicyonia bacca trapetis;
Glande sues læti redeunt; dant arbuta silvæ,
Et varios ponit fetus autumnus, et alte
Mitis in apricis coquitur vindemia saxis.
Interea dulces pendent circum oscula nati;
Casta pudicitiam servat domus; ubera vaccæ
Lactea demittunt; pinguesque in gramine læto
Inter se adversis luctantur cornibus hædi.
Ipse dies agitat festos, fususque per herbam,
Ignis ubi in medio, et socii cratera coronant,
Te, libans, Lenæe, vocat; pecorisque magistris
Velocis jaculi certamina ponit in ulmo,
Corporaque agresti nudat prædura palæstræ.

Hanc olim veteres vitam coluere Sabini;
Hanc Remus et frater; sic fortis Etruria crevit;
Scilicet et rerum facta est pulcherrima Roma,
Septemque una sibi muro circumdedit arces.
Ante etiam sceptrum dictæi regis, et ante

sein de la terre : c'est son travail de toute l'année; ainsi, il soutient sa patrie et son humble fortune; il nourrit ses troupeaux, et ses beufs, compagnons de son labeur. Pour lui, point de repos qu'il n'ait vu ses arbres rompre sous le poids des fruits, ses agneaux peupler sa bergerie , ses sillons se couvrir d'épis, ses greniers crouler sous la récolte. Vient l'hiver : le pressoir écrase l'olive de Sicyone; les porcs reviennent rassasies de glands; les forêts donnent les baies sauvages; l'automne lui offre successivement ses productions diverses, et sur les coteaux exposés aux rayons du soleil, mûrit un doux raisin. Cependant, ses enfans chéris, à son cou suspendus, se disputent ses caresses; sa maison est le sanctuaire de la pudeur. Ses vaches rentrent à l'étable laissant traîner leurs mamelles pleines de lait; et, sur le gazon, ses chevreaux font, en bondissant, l'essai de leurs cornes naissantes. Lui-même, il a ses jours de fête. Couché sur l'herbe avec les compagnons de ses travaux, autour d'un grand feu et d'une large coupe que couronne un vin pétillant, il t’invoque, dieu puissant de la vigne, et t'offre des libations. Tantôt, à ses bergers, il montre, au haut d'un orme, le prix de l'adresse à lancer le javelot, ou leur fait déployer, dans une lutte champêtre, leur mâle souplesse.

Ainsi vécurent les vieux Sabins, ainsi Remus et son frère; ainsi s'accrut la puissante Etrurie, ainsi Rome est devenue la plus belle des cités, et seule a, dans son enceinte, renfermé sept monts. Avant même que Jupiter eût usurpé le sceptre, avant qu'une race impie égorgeât les animaux pour s'en nourrir, c'était là , sous Saturne, l'âge

Impia quam cæsis gens est epulata juvencis,
Aureus hanc vitam in terris Saturnus agebat.
Necdum etiam audierant inflari classica , necdum
Impositos duris crepitare incudibus enses.
Sed nos immensum spatiis confecimus æquor,
Et jam tempus equum fumantia solvere colla.

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