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DE LA NATURE.

PAR

HERCULE STRAUS-DURCKHEIM,

DOCTEUR ÈS SCIENCES.

Je ne crois rien à priori,

absolument rien.

TOME TROISIÈME.

A PAI

CHEZ L'AUTEUR, RUE DES FOSSÉS-SAINT-VICTOR, 14,
ET CHEZ VICTOR MASSON, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

Place de l'École-de-Médecine, 17.

141. d.246.

THÉOLOGIE

DE LA NATURE.

CHAPITRE XV.

REMARQUES SUR LA DOCTRINE CHRÉTIENNE OU NOUVEAU TESTAMENT.

Les graves erreurs de l'Ancien Testament dont je viens de parler furent enfin relevées par JÉSUS-CHRIST, le sublime fondateur du christianisme, qui, sans jamais dire qu'il cherchait à changer la religion mosaïque qu'il a scrupuleusement pratiquée jusqu'à sa mort, a seulement enseigné à ses disciples à mieux la comprendre, en appelant simplement une nouvelle alliance la doctrine qu'il leur professait. C'est ainsi que, venu près de dix-sept cents ans après Moïses, il complète enfin la grande cuvre de cet illustre réformateur, en faisant comprendre que l'Être Suprême, en qui se réunissent toutes les perfections, ne saurait jamais être la cause du mal; mal qui n'est dû qu'au simple hasard et souvent aux hommes eux-mêmes, par leurs penchants charnels et l'abus qu'ils font des facultés que le Créateur leur a accordées pour subvenir à leurs besoins. C'est Jésus-Christ qui le premier parmi les Hébreux proclama le dogme de l'immortalité de l'Esprit et celui du jugement de Dieu après la mort, où la bonté de l'Éternel réserve la félicité éternelle à ceux qui, par leurs actes dans ce monde, ont mérité sa miséricordieuse bienveillance. Dogmes dont on ne trouve pas, ainsi que je l'ai souvent fait remarquer autre part, la plus légère allusion dans tout l'Ancien Testament, et qui constituent le second principe fondamental de toute morale et de toute religion.

C'est également Jésus-Christ qui, en conséquence de ces derniers dogmes, leur dit que , loin de n'attacher de valeur qu'aux biens terrestres, c'est au contraire ceux-là précisément qu'on doit au besoin sacrifier, et cela jusqu'à la vie même, pour se rendre dignes de mériter la beatitude éternelle au sein du Créateur, vers laquelle seule doivent tendre tous les efforts des hommes.

Il fit également comprendre aux Juifs, contrairement à la loi de Moïses, que ce ne sont point des sacrifices d'objets d'art ni des holocaustes qui peuvent réparer, aux yeux de l'Être Suprême, les moindres fautes que les hommes ont commises, mais bien le sacrifice de leurs penchants vicieux offert avec le repentir sincère de ces mêmes fautes, ainsi que le retour à la vertu après avoir réparé le mal qu'ils ont fait; enfin, que la seule oblation qui puisse être agréable à Dieu est de lui consacrer ainsi entièrement leur cæur en lui vouant leur amour.

Il leur dit en outre, contrairement aux lois de Moïses, que loin de vouer leur haine à ceux qui ne sont pas de la même nation qu'eux , leur premier devoir envers les hommes était de les aimer tous comme des frères, étant tous, au même titre, les enfants du même Dieu, leur créateur; de ne jamais porter de jugement contre leurs semblables, dans la crainte de se tromper et d'être moins méritant que ceux qu'on se sent disposé de censurer; disant que, les hommes voient facilement une paille dans l'ail de leur prochain, tandis qu'ils ne voient pas la poutre qu'ils ont dans le leur ; de ne jamais se venger d'une offense reçue, mais d'en laisser la réparation à Dieu seul, qui rendra à chacun selon ses æuvres ; précepte qui doit aller jusqu'au point que, si l'on reçoit un soufflet sur l'une des joues on doit plutôt présenter l'autre pour en rece

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