Philosophie de la langue française, ou nouvelle doctrine littéraire

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L. Hachette, 1841 - 572 Seiten
 

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Seite 318 - J'ai les ailes de l'espérance: Échappée aux réseaux de l'oiseleur cruel, Plus vive, plus heureuse, aux campagnes du ciel Philomèle chante et s'élance. Est-ce à moi de mourir? Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille, et ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie. Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux; Sur des fronts abattus, mon aspect dans ces lieux Ranime presque de la joie.
Seite 319 - S'éveillait, écoutant ces plaintes, cette voix, Ces vœux d'une jeune captive; Et, secouant le...
Seite 319 - J'ai passé les premiers à peine. Au banquet de la vie à peine commencé Un instant seulement mes lèvres ont pressé La coupe en mes mains encor pleine. Je ne suis qu'au printemps , je veux voir la moisson, Et , comme le soleil , de saison en saison , Je veux achever mon année. Brillante sur ma tige, et l'honneur du jardin, Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ; Je veux achever ma journée.
Seite 157 - Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin ; Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin.
Seite 171 - L'aigle pressant ses flancs timides, L'arrachait aux champs paternels ; Et, sourd à la voix qui l'implore, II le jetait, tremblant encore, Jusques aux pieds des immortels. Ainsi quand tu fonds sur mon âme, Enthousiasme, aigle vainqueur, Au bruit de tes ailes de flamme Je frémis d'une sainte horreur ', Je me débats sous ta puissance, Je fuis, je crains que ta présence N'anéantisse un cœur mortel, Comme un feu que la foudre.
Seite 318 - L'épi naissant mûrit de la faux respecté ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l'été Boit les doux présents de l'aurore ; Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoi que l'heure présente ait de trouble et d'ennui, Je ne veux pas mourir encore. Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort; Moi, je pleure et j'espère : au noir souffle du Nord Je plie et relève ma tête.
Seite 344 - Le Nil a vu sur ses rivages De noirs habitants des déserts Insulter par leurs cris sauvages L'astre éclatant de l'univers. Cris impuissants ! fureurs bizarres ! Tandis que ces monstres barbares Poussaient d'insolentes clameurs, Le dieu, poursuivant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs.
Seite 262 - Ainsi l'active chrysalide Fuyant le jour et le plaisir, Va filer son trésor liquide Dans un mystérieux loisir. La nymphe s'enferme avec joie Dans ce tombeau d'or et de soie Qui la voile aux profanes yeux, Certaine que ses nobles veilles Enrichiront de leurs merveilles Les rois, les belles, et les dieux. Ceux dont le présent est l'idole Ne laissent point de souvenir : . Dans un succès vain et frivole Ils ont usé leur avenir.
Seite 363 - Leur âme se nourrit du charme des douleurs : Ils cultivent la tombe et l'arrosent de pleurs. Un tendre souvenir, dans la saison nouvelle , Vers cet enclos sacré doucement les rappelle. Morne et silencieux, sur la pierre étendu, Le père croit revoir le fils qu'il a perdu ; Les yeux levés au ciel , la mère désolée S'approche avec lenteur de l'étroit mausolée , Et , soupirant le nom de cet enfant chéri , Répand sur son tombeau le lait qui l'eût nourri ' De son fils qui n'est plus la plaintive...
Seite 547 - Le fantôme d'un monde où la vie a cessé. Seulement, dans les troncs des pins aux larges cimes, Dont les groupes épars croissent sur ces abîmes, L'haleine de la nuit, qui se brise parfois, Répand de loin en loin d'harmonieuses voix, Comme pour attester, dans leur cime sonore, Que ce monde assoupi palpite et vit encore.

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