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rapidement dans la région connue du Nickerie inférieur que l'on peut remonter, aux hautes eaux, en chaloupe à vapeur, jusqu'au Fallawatra. Dans toute cette partie, soumise aux marées, le fleuve est bordé par des mangliers en arrière desquels se développent des plantations de canne à sucre, de cacaoyer. La forêt vierge apparaît bientôt avec des Maripas (Maximilianaregia), Avicennias, quelques Papayers des bois {Cecropiapeltata), les Palmiers pinots (Euterpe oleracea), quelques Mahots rouges (Mora excelsa) dont le bois est recherché pour les constructions navales; puis, des Manis (Moronobea coccinea) qui fournissent à la fois du bois pour la construction des pirogues et une résine pour leur goudronnage, quelques Copaïers (Copaifera officinalis). Les premiers Tamariniers des bois (Mimosa gmjanensis) apparaissent vers Kalebaskreek; le Mahot rouge prédomine au delà de Karapana avec le Couachi (Quassia amara). On entre dès lors dans le territoire des essences dures; les arbres atteignent des dimensions plus considérables; le Courbaril (Hijmenea Courbaril) et le bois amadou (Hernandea gmjanensis), font leur apparition, de même que le géant de ces régions, le Kankantiïe (Eriodendrum anfractuosum). Des orangers, des citronniers, des barbadines s'observent çà et là sur tout le cours inférieur. En approchant d'Arkonniekreek, le Papayer devient plus rare, de même que les Maripas; le Kakaralli (Leci/this ollaria) avec son bois dur qui résiste aux tarets, les ébènes verts (Bignonia leucoxylon) dominent, avec les bois violets (Copaifera bracleala) qui deviennent de plus en plus abondants.

Dans toute cette partie inférieure les rives alluviales, marécageuses, sont formées par des argiles grasses. Les alluvions montrent bientôt une disposition nette en terrasses, dans lesquelles on peut reconnaître un lit majeur et un lit mineur; la terrasse supérieure atteint en quelques points 8 mètres de largeur avec une hauteur de 1 m. 50. Le cours devient en même temps beaucoup plus sinueux; le contraste entre la rive concave élevée, parcourue par un courant rapide et la rive convexe basse, sablonneuse, est encore accusé par la végétation : la haute futaie, de plus de 40 mètres de hauteur, atteint la berge concave, tandis que les atterrissements de la rive convexe sont recouverts de taillis, de papayers, de pinots, terminalias, de plantes rampantes, de lianes enchevêtrées en un réseau impénétrable. Au delà de Prakékreek plusieurs couches alluviales distinctes apparaissent dans les berges: des bancs de glaise jaune ou rouge alternent avec des couches d'argile bleu clair, plus grasse. Un premier monticule de \Q mètres de hauteur, formé de terre à porcelaine blanche recouverte par les glaises jaunes, s'observe au delà de Zonnevisch-krcek. Une nouvelle formation intervient alors; ce sont des bancs de grès ferrugineux bruns, résultant de l'agglutination des sables par l'hydroxyde de fer.

Les glaises légères qui forment ici le sol sont le terrain de prédilection des essences dures : Ebène vert, Bois violet, Bois de fer (Siderodendron triflorum), le Wacapou ( Wacapoua americana), le Monbin (Spondias lutea), le Cèdre (Cedrela odorata), le Tamarinier des bois. M. van Cappelle indique que l'exploitation de ces richesses végétales comporterait d'assez grandes dif(i

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cullés par suite de la dissémination des individus d'une même espèce, souvent très éloignés les uns des autres; une reconnaissance [détaillée de la forêt devrait précéder l'exploitation.

La région des chutes d'eau commence un peu avant le conHuent du Fallawatra. De gros blocs de granité émergent de l'eau. Ces blocs sont recou

verts d'une croûte noire désagrégée provenant, comme celle qui a été étudiée sur les rochers des cataractes du Nil par MM. Lortet et Hougounenq, puis par M. Lucas, de la dissolution des éléments solubles de la roche par les eaux météoriques et fluviales et de la concentration, à la surface, des oxydes de fer et de manganèse insolubles. Des barrages successifs et rapprochés coupent ensuite le Nickerie à Stone dansi; ils sont formés par des amas de blocs de granité, décomposés en écailles concentriques, arrondis par l'eau, percés de trous et creusés de cannelures parallèles au courant, sous l'action des matériaux grossiers entraînés par le' fleuve, au moment des crues. Des bancs rocheux de gneiss à sillimanite dirigés nord-sud apparaissent en outre çà et là. Les terrains humides portent, pour la première fois des Comous (Œnocarpus Bacaba), palmiers dont les feuilles sont utilisées pour la construction des cases et dont le fruit renferme un liquide à saveur de chocolat.

Le confluent du Fallawatra et du Nickerie est marqué d'atlerrissements qui montrent que la première rivière avait autrefois une largeur plus grande, tandis que le Nickerie a augmenté. Le sol rocailleux, recouvert d'un palmierrotang (Aouara), est jonché de petits fragments de latérite rouge-brique, provenant, comme dans toutes les régions tropicales, de la désagrégation des roches sous l'action de la grande chaleur, de l'humidité de l'air et de la végétation. Des roches inaltérées, des gneiss, forment un barrage dans le Fallawatra près de son embouchure et se prolongent de chaque côté de la rivière. M. van Casselle pense que ce barrage est le résultat d'un pli anticlinal dont le noyau, formé de roches plus dures, est resté en saillie.

Au delà du Fallawatra la région était à peu près inconnue et n'avait été parcourue que par les exploitants de Balatas. Les parois de glaise de la rive concave deviennent de plus en plus élevées, les bancs de sable micacé et quartzeux blanc, avec oxydes de fer et de manganèse, sont plus étendus, sur la rive convexe. De gigantesques blocs de granité arrondis d'une manière très régulière par la désagrégation et l'érosion émergent de plus en plus nombreux (fig. 19). Pendant les crues, la rivière se creuse un lit majeur dans la rive concave et envahit les atterrissements de sable de la rive opposée qui se transforment en marécages.

Au sud d'Antoniuskreek apparaissent, au milieu des schistes et des granités, les premières roches basiques intrusives; ce sont des gabbros à hypersthène de couleur foncée, latérisés superficiellement. Le lit de la rivière est occupé par des grès ferrugineux résultant de l'agglutination, à l'époque actuelle, des sables par des hydroxydes de fer. Les graviers deviennent de plus en plus grossiers, les galets de quartz et de roches basiques noires ferrugineuses atteignent 2 centimètres de diamètre. Le cours est assez sinueux par suite de la présence de rochers de granité qui obligent parfois le fleuve à décrire les trois quarts d'un cercle, comme à Haas Bafi (fig. 20). Un barrage de granité de 5 mètres de hauteur, arrondi par l'érosion, traversé de filons de quartz gris bleuâtre, détermine des chutes dans la même localité.

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Le Papayer des bois tend à être remplacé sur la rive basse par le Goyavier (Psidium aromaticum) et des palmiers épineux. La forêt est formée surtout d'Ebènes verts, de Bois violets, de Tamariniers des bois, de Manis, de Wapas huileux (Eperua falcala) dont le bois résistant conviendrait pour les traverses de chemin de fer, de Kakaralli, d'Anacardier (Anacardium occidentale), etc.

Entre Zwampkreek et Mimiekreek, les assises rocheuses abandonnent leur direction nord-sud habituelle et se dirigent vers le nord-est jusqu'à Paradijskreek, où la direction s'accuse un peu plus vers l'est. Une masse de gneiss plus dure, orientée N. 10° 0., détermine les chutes de Lombok. Des filons de roches intrusives basiques de couleur sombre, rappelant l'andésite, traversent le gneiss. La surface de ces roches basiques se désagrège en petits cubes, tandis que les granités conservent des contours arrondis et que les gneiss se terminent par des arêtes vives, plus aiguës. Vers Leguanenkreek le sol est formé par un gneiss clair à muscovite et biotite, se décomposant en polygones d'un bel effet. Deux nouvelles espèces apparaissent dans la

forêt : l'Acuyuri (Aslrocaryum aculealum) et le Genipa qui donne une teinture sombre utilisée pour les poteries indiennes.

Des barrages coupent lé lit de la rivière à Drogekreek avec une direction nord-est, puis, au delà, avec une direction nord-ouest. Des roches pyroxéniques ou amphiboliques, décomposées en polygones, traversées de filons de quartz, apparaissant au milieu de gneiss, de schistes et de granité, déterminent les chutes de Zesvoethoog, de 1 m. 80 de hauteur. Les granités présentent fréquemment des filons nord-ouest de diorites à hypersthène. Une chaîne de montagnes nord-ouest se voit à l'horizon. Près de la rivière s'élèvent des collines de 30 mètres de hauteur. Aux environs des chutes Blanche-Marie le sol est formé de schistes avec filons de granité lardés de roches noires (pyroxénites, gabbros, diorites à hypersthène); les filons plus durs restent en saillie, créant un véritable dédale dans le lit du fleuve. La cascade Blanche-Marie forme trois étages dont la hauteur totale est de 29 m. 80; les étages inférieur et supérieur sont des schistes ou des gneiss à pyroxène, l'étage moyen est constitué par des roches intrusives noires ou bleuâtres, grenues ou non (diorite à hypersthène passant au gabbro); ce dyke se continue de part et d'autre de la rivière où il s'élève en collines de plus de 30 mètres de hauteur.

La forêt est particulièrement belle dans cette région avec ses essences de

FIO. 20. — SINUOSITÉ DC N1CKE"II . A BAAS-BARIE, DÉTERMINÉE PAR LA PRÉSENCE DE ROCHERS DE GRANITE.

haute futaie parmi lesquelles le Balata (Mimusops balala) n'est pas rare et son sous-bois formé de palmiers nains épineux, de Broméliacées, de lianes.

Au delà des chutes Blanche-Marie le Nickerie n'avait été remonté par aucun Européen. Le lit du fleuve est généralement encombré de roches; le sous-sol est toujours formé par des schistes orientés N. 20° E. coupés par des dykes de diorites qui déterminent parfois des cascades, comme à la chute Van Eeden. Le Nickerie se divise en quatre bras assez courts. Une nouvelle chute ayant même origine a reçu le nom de cascade des Matoeni (nom indigène des limaçons) par suite de la grande abondance des Mélanies (Melania alto) à sommet tronqué,"fixées sur les rochers de la chute. Les mêmes roches schisteuses ou gneissiques(gneiss àhypersthène?), coupées de liions de diorite, qui provoquent des rapides, se poursuivent jusqu'aux chutes Wilhelmina, point extrême atteint par la mission. Le lit de plus en plus encombré de roches recouvertes d'une plante saxatile (Mourera fluvialilis), la baisse des eaux, obligèrent en effet M. van Cappelle à redescendre le Nickerie avant le début de la saison sèche. Les forêts sont particulièrement riches; sur les rives on observe des Carapas, des Genipas, des Wapas huileux, des Conguerecous (Xylopia), des Gourbarils; la forêt, dépourvue de sous-bois (fig. 21), renferme de nombreuses essences précieuses : Ébène vert, Bois violet, Kakaralli, Yarurus, Lettre marbré (Machaerium Schomburgkii), Lettre moucheté (Brosi/mum Aubletii), des Goyaviers, de nombreux Balatas.

Le voyage de retour jusqu'au camp de Fallawatra permit de nouvelles observations par suite de la baisse des eaux qui avait mis à découvert beaucoup de roches immergées. C'est ainsi qu'à la cascade Blanche-Marie des marmites de géants, creusées par des blocs de diorite ou diabase dont la forme était devenue régulièrement sphérique, étaient émergées; ces marmites renfermaient en outre une sorte de conglomérat de formation récente et de grandes quantités de résine de Courbaril.

M. van Cappelle remonta ensuite pendant quelques jours le Fallawatra, beaucoup moins important que le Nickerie, et parcourut un tracé qu'il avait préalablement fait déblayer sur la rive droite du Fallawatra, sur une longueur de 16 kilomètres. La région est plus accidentée, bien que la nature du terrain soit à peu près la même : des granités et des pegmatites percent des schistes et des gneiss à sillimanite et sont eux-mêmes recoupés par des filons et des dykes de diorite, de diabase, en relation avec de nombreux liions de quartz, bleuâtre. Les schistes, moins résistants, occupent le fond des vallées, les crêtes sont formées par des dykes de diorite plus durs qui ont métamorphisé les schistes encaissants. Des conglomérats apparaissent parfois à travers l'épaisse couche de latérite qui recouvre tout le sol. Les mêmes essences précieuses se retrouvent avec la même abondance; les Balatas sont particulièrement nombreux. M. van Cappelle a remarqué qu'ils étaient souvent disposés en rangées

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