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au pied des collines; ils croissent de préférence dans la bande de sable, prove* nant de la désagrégation des roches, qui s'est accumulée à la base des collines.

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FIG. 21. — DANS LA FOBKT VIEROË PHKS DE LA CASCADE BLANCHE-MIHIE.

Reproduction «l'une photographie du l)r J. K. Tullekcn.

M. van Cappelle a pu compter 80 Balatas sur une surface d'un hectare dans une de ces rangées. Chaque Balata donne en moyenne i kilogramme de suc à chaque exploitation qui peut être renouvelée tous les quatre ans; la valeur du kilogramme de Balata étant en moyenne de 6 francs, on voit que l'exploitation de ces arbres, si nombreux dans cette région, serait très rémunératrice. La valeur du Balata semble d'ailleurs devoir augmenter assez rapidement, ses propriétés lui permettant de remplacer fréquemment le caoutchouc ou la gutta. Mais, en l'absence de moyens de transport faciles, la mise en valeur de ces forêts exigerait des dépenses très élevées.

La mission van Cappelle avait reçu des subsides importants pour lui faciliter la recherche et l'examen des terrains aurifères. Les essais sur le Nickerie ont été négatifs; ils ont été plus favorables dans le Fallawatra, où les alluvions quartzeuses sont assez riches. L'or a été observé dans les filons de quartz bleuâtre en rapport avec les roches basiques (diorites, gabbros). L'or a donc ici la même origine que dans nos placers de la Guyane française; il provient du démantèlement des filons de quartz associés aux filons de roches basiques. Il semble que l'exploration de M. van Cappelle n'ait fait qu'effleurer la région aurifère. Tout le bassin inférieur du Nickerie jusque vers le confluent du Fallawatra est, en effet, constitué par des schistes ou des gneiss à sillimanite et des granités. Les intrusions de diorite avec filons de quartz n'existent que dans le sud et, aux points extrêmes atteints par la mission sur le Nickerie et le Fallawatra, on observe les mêmes intrusions dioritiques. Il est très probable que cette zone de roches dioritiques aurifères se continue vers l'est-sud-ouest et se relie aux gîtes de la Guyane française.

J. GlRAUD.

L'allure réelle des eaux et des vents

enregistrée par les sables.

Avec quel intérêt doit-on considérer le modelé de ces sables ou de ces argiles ridés, gauffrés ou lissés qui forment le lit des eaux courantes! Avec quelle attention doit-on analyser ce modelé si expressif des routes ou des talus au lendemain d'une pluie violente! C'est par ces formes du fond du lit qui sont de véritables « moules » qu'on peut juger avec exactitude de l'allure réelle de tous ces multiples et complexes filets d'eau qui constituent le moindre ruisseau.

Observons directement le flot d'un bras de rivière ou d'un petit chenal : tout ce' que nous y voyons est si peu révélateur; nous discernons si malaisément le chemin que suivent les diverses molécules; nous découvrons si rarement ces vraies lignes de force où se concentre principalement l'action érosive; nous sommes même si malhabiles à nous expliquer soit la marche précise des courants de surface, soit le sens des tourbillons qui produisent les crêtes d'écume; nous ne savons encore presque rien du jeu obscur et embrouillé des eaux qui marchent... C'est pourquoi nous devons noter avec d'autant plus de soin tout ce relief ténu et varié des fonds récemment délaissés par les eaux; nous devons en noter les moindres détails et surtout les photographier; la véritable hydraulique réelle, — et non plus seulement théorique et mathématique, — doit collectionner de nombreux documents de cet ordre, graphiques et photographiques; et la théorie elle-même de l'écoulement des cours d'eau en sortira développée et peut-être renouvelée '.

1. Nous distinguerions volontiers : I" une hydraulique mathématique qui prend pour ainsi dire les eaux courantes comme occasion et domaine de problèmes complexes qu'il s'agit de chercher à résoudre; on simplifie nécessairement la réalité, on suppose, par exemple, supprimé un fait aussi important que le frottement des molécules les unes contre lesautres, et l'on arrive, grâce à cette simplification, obligée dans l'état actuel de nos connaissances, à des conceptions et conclusions théoriques, parfois très ingénieuses et précieuses; — 2° une hydraulique physique, c'est-à-dire une hydraulique expérimentale, qui consiste à étudier les lois de l'écoulement en simplifiant encore mais pratiquement les conditions naturelles, en étudiant et mesurant successivement, en des cas appropriés, l'action vraie de tel ou tel facteur; —3° enfin une hydraulique plus complexe, encore plus réelle, et. bien entendu, moins avancée que les deux autres, et qui serait l'hydraulique géographique, celle dont il s'agit spécialement dans le présent article. 11 va sans dire que ces trois groupes d'études qui diffèrent par l'orientation première, par la méthode et par la fin poursuivie, loin de rester indifférents l'un à l'autre, doivent se rapprocher et s'éclairer réciproquement: c'est tout ce que nous entendons indiquer ici.

La Géographie. — T. XIV, 1006.

I

Il est sur la terre un « lieu » par excellence où se peuvent étudier les actions modelatrices de l'eau en mouvement; ce « lieu », c'est la bande littorale de toutes les mers à fortes marées. Tous les jours, et deux fois par jour, la mer découvre ce qu'elle a précédemment recouvert, et, tandis qu'ils avancent ou qu'ils se retirent, les flots de la mer montante ou descendante gravent dans le sable quelques-uns des traits essentiels de leur manière de se mouvoir et de leur manière d'agir.

M. Jules Girard, à qui nous devons déjà un utile mémoire sur L'évolution comparée des sables, l'érosion, l'abrasion météorique, les dunes, la transformation des rivages (Paris, 1903) ', s'est posté, si je puis dire, sur ces bandes littorales au moment où la mer les quittait; il les a parcourues, étudiées; il a déchiffré le graphique confus du flot océanique; et il nous apporte, en un très joli volume — bien présenté, bien imprimé, bien illustré, — ses observations les plus saillantes avec de très remarquables reproductions d'excellentes photographies -. Nos lecteurs pourront apprécier eux-mêmes la valeur de ces documents iconographiques, grâce à l'amabilité de M. Jules (îirard qui a bien voulu nous communiquer les clichés des figures 22, 23, 24, 23, 26, 27 empruntées à son ouvrage.

Ce que je voudrais ici louer surtout, c'est cette observation minutieuse du modelé des sables qui viennent d'être maniés et remaniés par l'eau. Par là commence M. Jules Girard, suivant une très judicieuse méthode, et, par là, par l'examen des » sables humides » comme il les appelle, il nous introduit dans l'étude des « sables secs ». Or les sables secs, les sables « relégués », les sables « étalés », les sables « transportés » et les dunes sont des phénomènes qui ont été observés et discutés par maints spécialistes; on n'a qu'à rappeler ici les travaux de Berendt, Vaughan Cornish, Otto Basehin,Johannes\Valther, Jeu tzsch, Sokolow, etc.3. On saitque depuis le livre fondamental des frères Weber, Wellenlehre*, l'observation des vagues de l'eau, des rides du sable ou de la neige, etc., a pris un si grand développement, qu'elle constitue un chapitre de la géographie physique sous le nom de Kymatologie. Mais à cette étude manque souvent dans une certaine mesure la préface, — qui en devrait être pourtant le « proemium » indispensable, — je veux dire l'examen des mouvements élémentaires de l'eau ou du vent et des formes élémentaires que ces mouvements engendrent. Ce sont là faits passagers, intermittents, éphémères, qui sont détruits presque aussitôt que créés, mais qui se reproduisent et se renouvellent

1. Voir La Géographie, IX, 1904, p. 51-55. AI. Jules Girard avait déjà publié d'intéressantes observations sur les sables soit dans l'ancien Bulletin de la Société de Géographie, 7" série, vol. XV. 1878, p. 45-2-462, soit dans la Revue de géographie, XXXI, 1892, p. 81-93.

2. Jules Girard, membre de la Société de Géographie, Le modelé des sables littoraux, Paris, Krnesl Leroux, 1905, in-8, 130 p. et très nombreuses illustrations. —Nous sera-1-il permis d'exprimer le désir que dans ses prochaines publications l'auteur, pour faciliter la tâche du lecteur attentif, établisse une encore plus étroite correspondance entre les développements du texte et les divers clichés de l'illustration?

3. Voir un bon article, général et récapitulatif, très clair et très dense : J. Friih, Ueber Dûnenbildung, in Zeitschrift fur Schul-Geographie, XVII, 1896, p. 332-341. — N'oublions pas non plus de mentionner, comme sources d'informations précises, copieuses et très importantes sur les dunes, les grands ouvrages de Georges Rolland, Géologie du Sahara algérien, Paris, Imp. Nat., 1890, in-4, 275 p., et Hydrologie du Sahara algérien, Paris, Imp. Nat., 1894, in-4, 425 p.

4. Briïder Ernst Heinrich u. Wilhelm Wrber, Wellenlehre auf Expérimente gegrundet oder ûher die Wellen tropfbarer Flussigkeiten mit Anixendung au/' die Schatl und Lichtwelten, Leipzig. Fleischer, 1825, 1 vol. in-8, 574 p.

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incessamment, et qui témoignent de « manières de faire » beaucoup plus régulières et révélatrices qu'on ne pourrait l'imaginer. Elles détiennent, pour ainsi parler, le secret de formes qui sont beaucoup plus grandioses et pourtant beaucoup moins

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