Abbildungen der Seite
PDF

cées et des reculs, de telle manière que les grands espaces bas, allongés en couloirs au milieu des dunes, les feidjs et les gassis, résistent pour ainsi parler à l'invasion

[graphic][ocr errors]

et au complet remblayage. Pourquoi et comment? M. F. Foureau ne le sait pas encore; mais il constate le fait, en attendant qu'on puisse l'expliquer1.

1. A titre de simple complément, ou mieux encore de simple question soumise au jugement de M. F. Foureau, je recopie quelques notes que j'ai prises moi-même, en pleines dunes du Souf en 1900:

• Il m'a semblé, & examiner les dunes de près, que, si l'on traçait une même ligne pcrpendiculaire à la direction générale des bandes de dunes, et si l'on calculait sur la coupe ainsi faite la hauteur de sable accumulé aux différents points, la somme totale du sable accumulé resterait à peu près constante pour toutes les lignes et coupes qu'on pourrait ainsi faire. Le vent agit par compensation; là où il élève un petit massif plus considérable, ce massif est une protection plus efficace pour la zone qui est au delà; et il est d'ordinaire suivi d'un creux ou d'une dépression en rapport avec ses propres dimensions; là, au contraire, où se trouve une dépression, le vent se précipitant comme dans un couloir emporte le sable qui va se déposer plus loin pour édifier un massif qui sera en rapport avec la quantité de sable qui aura pu aisément franchir la partie basse d'amont. Et, de même après les zones de dunes actives les plus hautes, comme celles de la région d'Ourmés (Bou-Ourmés), viennent précisément les surfaces planes ou les couloirs les plus larges, comme la plaine occupée maintenant par les oasis du Souf, et qu'on peut légitimement appeler l'Oued-Souf. — Plus au sud, les dunes sont aussi plus hautes, et les couloirs régulièrement plus larges. »

D'ailleurs, si les formes de dépôt produites par les courants sont assez fixes, ou plus exactement si elles varient seulement avec les variations de la vitesse, et, somme toute, de la force vive, il ne faudrait pas en conclure que le « domaine du vent » fût, moins que le « domaine des eaux courantes », le théâtre d'attaques et d'usures violentes. L*érosion éolienne est très puissante (p. 217), et l'action de surface exercée par le vent, à l'aide des grains de sable en mouvement qui sont ses outils, est d'autant plus vive que ces matériaux ne s'élèvent que peu au-dessus du sol; ils sont plutôt traînés et roulés qu'emportés, ou proprement transportés. « Le courant chargé de particules rocheuses ou de sable, dit M. F. Foureau, reste à la partie la plus basse qui possède ainsi le pouvoir d'érosion le plus considérable; ce courant actif, — si je puis employer cette expression — suit naturellement une direction parallèle à celle du sol et dans son voisinage immédiat '. »

De là résultent l'usure et la sculpture de toutes les parties résistantes du sol; M. F. Foureau, à son tour, a examiné quelques-unes des formes les plus fréquentes de cette usure superficielle2.

Certaines des observations de M. Foureau ont porté sur le mécanisme des phénomènes élémentaires, et à ce titre deux surtout méritent d'êtres rapportées ici et jointes au dossier du présent article.

« Il est facile de voir se produire mécaniquement le phénomène de l'érosion éolienne si le hasard vous fait stationner sur une grande dune après une pluie un peu importante, alors que la masse des sables est imbibée d'humidité et pour un moment quasi solidifiée. A cet instant, si le vent survient, on observe sur le sommet de la dune la formation rapide de dentelures capricieuses, à mesure que le vent assèche le sol, et en enlève sans arrêt des particules ténues qu'il transporte au loin. On assiste ainsi à la fabrication sur place d'une dentelle très analogue, sinon identique, à celle que crée une longue série de vents chargés de sable, sur des grès ou sur des calcaires très tendres. Cette dentelle de sable disparaît du reste aussitôt que la superficie de la dune rongée par le vent a complètement évaporé son humidité; les golfes se comblent alors, et la crête a vite fait de reprendre sa forme primitive, en s'enveloppant d'un panache de poussière blonde^composée de sable très fin soulevé, même par un vent de moyenne vitesse1 ».

Est-ce un fait général dans tout l'Erg? Je le demande moi-même à celui qui le connaît si bien.

1. Documents scientifiques de la Mitsion saharienne, I, p. 216.

2. Voir I, p. 217, et planches XVIII et XIX. Voir aussi sur cette question notre mémoire : Érosion tourbillonnaire éolienne, contribution à l'étude de la morphologie désertique, in Mem. délia Pont. Accad. Rom. dei Suovi Lincei, XXXI, 1903, p. 129-148, et H. Schirmer, Nouvelles études de morphologie désertique, in La Géographie, VIII, 1903, p. 221-224.

[graphic][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Et voici un cas typique de creusement tourbillonnaire:

« J'ai vu, de mes yeux, le phénomène se produire et faire, en une seule journée de vent violent, d'abord sous le vent de l'obstacle (qui dans l'occurrence était ma tente), une excavation en forme de demi-lune, de près de 80 centimètres de profondeur, alors qu'à l'orientation opposée, c'est-à-dire au vent, s'élevait une petite dune de 40 à 50 centimètres, allant se terminer en pointe à 4 ou 5 mètres en arrière; à droite et à gauche de l'obstacle, par rapport à la direction du vent, on voyait en même temps se creuser deux sillons. Il est superflu d'indiquer que, l'obstacle enlevé, comme nous nous trouvions sur une plaine de sable, il a suffi d'une demi-journée de vent pour remettre toutes choses en place, ce qui n'aurait pu se produire si l'obstacle avait présenté un caractère permanent. Dans ce dernier cas, en effet, l'obstacle aurait donné naissance à une nouvelle dune stable qui, en peu de temps, eût escaladé son sommet et pris la forme ordinaire de ses voisines' ».

1. Documents scientifiques de la Mission saharienne, I, p. 221.

Retenons surtout le fait du creusement si rapide d'un trou de 80 centimètres de profondeur par la « tactique » si puissante du mouvement tourbillonnaire. Beaucoup des « creux » des régions de dunes, beaucoup de ces creux situés à l'aval ne s'expliquent, en effet, que par les tourbillons proprement dits ou par des mouvements du même type, plus complexes, que nous appellerons d'un mot moins précis, les remous.

Nous remercions M. F. Foureau et ses habiles et obligeants éditeurs, MM. Masson et Cle, de nous permettre de reproduire ici une des figures des Documents scientifiques de la Mission saharienne, qui montre très bien sur la droite un exemplaire de ces « creux » (voir fig. 30).

Et, pour illustrer avec encore plus ds détail l'enregistrement par les sables des moindres courants décomposés d'un fort courant atmosphérique, je joins à cet article la reproduction encore inédite d'une très belle photographie saharienne qui m'a été obligeamment communiquée par son auteur, le RP. Huguenot, des Pères Blancs, à El Goléa (voir fig. 31).

Au même titre que les volumes de Foureau, nous devons indiquer la superbe publication des Résultats scientifiques de l'expédition Sven Hedin 2. Cette œuvre, éditée aux frais du parlement suédois, comprendra, lorsqu'elle sera complète, un atlas de cartes en deux volumes et six volumes de texte in-4. Dans le vol. I et dans le vol. II déjà parus, il convient de signaler quelques chapitres qui sont d'une souveraine importance pour l'étude des sables désertiques:

Le vol. I: The Tarim Hiver, contient beaucoup de faits dignes d'examen, surtout dans la 3e partie: The Tschertschen Désert (de la p. 311 à la fin), et surtout dans le chapitre XXH de cette 3" partie : On Dune-Formation and Sandy Thresholds (p. 349-369). La Géographie a déjà eu l'occasion de parler des dunes du Tarim et des dépressions allongées qui les séparent, dépressions dites « bajirs » 3. — Puisque nous venons de traiter des mouvements tourbillonnaires, notons ici la figure de la page 321 qui représente les modes de déviation des courants au milieu des sables et les mouvements tourbillonnaires engendrés par ces déviations.

1. Documents scientifiques de la Mission saharienne, l,p. 223.

2. Sven Hedin, Scientific Resutts of a Journcy in Central Asia, 1899-1902. Stockholm, Londres el Leipzig.

3. A. de Lapparent, Le dernier voyage de Sven Hedin, in La Géographie, 1904, X, p. 195-200.

Le vol. II est encore plus riche et plus fourni en documents se rapportant au

sujet qui nous occupe. Il n'y a pas moins de cinq chapitres qui sont à lire d'un bout

[graphic][ocr errors][ocr errors]

à l'autre : Chap. xxvi, The Di'serls ofOrdos, Kum-1'agh, h'aschgaria and Ab-Bel-Kum, p. 379-385. — Chap. xxvn, Altitude of Dunes, Moveme.nt of Dune-Masses, p. 396-409. — Chap. xxviti, Ripple-Marks, Origin of Dunes; Wave-Movements, p. 410-42<i (chapitre

[graphic][graphic]
« ZurückWeiter »