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très suggestif qui demanderait à lui seul une exposition et une discussion propres). — Chap. xxix, Sand-Currenls Hippie-Marks Waves and Dunes, p. 426-440 (chapitre capital pour les faits ici discutés; p. 428 et 429, reproductions très curieuses de types divers de rides de sable). — Chap. xxx, Origin of Sand in the Tarim Basin : Désintégration Products, p. 441-461 (au point de vue géographique, la planche 51, face à la p. 458, figure d'une manière très parlante le transport des produits de démolition dans toute la partie orientale du bassin du Tarim : on constate comment la cuvette tend à se combler par les apports du vent et de l'eau, du vent qui transporte les sables de l'ouest vers l'est (flèches rouges) et de l'eau qui ruisselle et ravine sur tout le pourtour de la grande dépression (flèches bleues).

En dehors même de l'atlas, le texte de l'œuvre de Sven Hedin est accompagné de figurations cartographiques' et d'un très grand nombre de belles planches hors texte en photocollographie.

D'après l'auteur, le désert de Takla-Makan, par son étendue, par sa continuité ininterrompue et par le volume de sable qu'il contient, l'emporte sur tous les autres déserts asiatiques et même sur tous les autres déserts de sable de l'univers. C'est là que Sven Hedin a observé et exactement mesuré des dunes de 89 m. 5 de hauteur: et si d'autres explorateurs ont donné des hauteurs de dunes beaucoup plus considérables (Loczy et Largeau, 500 m.; Obrutschev, 200 m., etc.), ces évaluations n'ont jamais été qu'approximatives, et ont été même faites quelquefois par rapport au sol rocheux qui est censé supporter tout le sable.

On comprend qu'ayant pu relever et colliger de très nombreuses observations en de semblables domaines, le voyageur suédois nous ait apporté d'utiles contributions aux problèmes confus et complexes de la formation des dunes, de leur déformation, de leur marche, etc. Quelle que soit l'opinion que l'on ait et quelle que soit la conclusion à laquelle on croit devoir aboutir, on ne peut pas négliger des informations pré cises comme celles que résume, par exemple, la figure de la p. 409 du vol. II : Relations entre la longueur, la hauteur et les pentes des dunes dans la partie occidentale du désert de Takla-Makan. De même la figure de la p. 438 est faite des trois croquis très démonstratifs mettant bien en lumière la loi fondamentale du déplacement des dunes, ou plus exactement des petites dunes, des dunes les plus petites, et parce qu'elles sont les plus petites : une dune qui avance avec une certaine vitesse parce que sa masse reste à peu près constante; une dune qui avance de plus en plus lentement parce que sa masse s'accroît; une dune qui avance vite parce que sa ynasse décroît.

Ce sont les idées essentielles qui nous permettent de comprendre ces formes si curieuses de dunes, ces formes en croissant dites barkhanes ; et ce sont les faits qu'on doit avoir présents à l'esprit pour aborder une discussion comme celle qui s'est produite au congrès des géographes allemands de Danzig.

i. Voir encore dans le vol. II, face à la p. 398, la planche 44 a, qui est une carte (sans échelle! des déserts de sable du bassin du Tarim, et la planche 44 b, qui porte deux 1res intéressantes figurations (sans échelle) des zones de désert de sable de l'Asie centrale et des zones de désert de sable de tout l'ancien continent (Asie et Afrique). — Voir dans le même vol. II, face à la p. 578, les planches 61 et 61 a, très curieuses comme représentations par courbes de la topographie des dunes si régulières du désert du Lob-Nor (échelles : 1 : 100 000 et 1 : 37 000).

Dans une autre publication toute récente, nous pouvons, en effet, puiser d'intéressantes informations sur les effets du vent sur les sables. Il s'agit des Vcrhandlungen des fùnfzehnten Deutschen Geographenlags zu Danzig', c'est-à dire du compterendu de l'assemblée annuelle des géographes allemands réunis l'an dernier à Danzig(du 13 au 15 juin 1905). On sait combien ces réunions, sous l'influence de la sérieuse discipline des écoles géographiques allemandes, sont organisées avec méthode, et combien ces comptes rendus d'assemblées nationales abondent sou vent en communications de première importance.

Le choix de Danzig, comme siège du Geographentag, imposait tout naturellement à l'attention les phénomènes littoraux, et une séance a été consacrée presque tout entière à la « morphologie de la formation des côtes et des dunes ». A la suite de la présentation d'un des travaux, celui du Dr F. Solger (Berlin), sur les formes de dunes fossiles dans la plaine de l'Allemagne du nord, il s'est élevé une discussion très vive, contradictoire et très nourrie2. Par ailleurs il convient de lire également l'importante communication — moins discutée — faite par un homme qui a étudié

depuis de longues années les dunes des rivages de la mer Baltique, le Dr. F. W. Paul Lehmann, de Stettin : Die Gesetzmâssigkeit der Alluvialbildungen an den deutschen Ostseckùsten 3.

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FIG. 28. — PETIT ILOT DE SABLE MIS A DÉCOUVERT
DANS UN COURS D'EAU EN DÉCRUE (INN).

Cette photographie d'nn petit îlot de sable d'un des bras de l'Inn
a été prise du tablier d'un grand pont prés de Kundl (Tirol). I*
fleure ainsi vue do haut en bas représente en plan cet ilôt trian-
gulaire (de -2 m. environ de base) : les délicats rebords des diverses
terrasses en miniaturo qui correspondent aux stades successifs
do la décrue du cours d'eau se marquent donc sur la figure en
courbes qui sont tout à fait analogues a des courbes de niveau
d'un lever topographique. Do plus, sur le côté gauche do l'îlot
triangulaire — entre l'îlot et l'épi do maçonnerie que l'on voit
partiellement sur la gauche, — s'aperçoivent très nettement les
empreintes des minuscules et multiples mouvements tourbillon-
naires qui se sont produits et inscrits sur le sable.

Reproduction d'uno photographie de M. Jean Brunhes
(Septembre 1W3).

1. Berlin, Dietrich Reimer, 1905.

2. F. Solger, Veber fossile Dùnenformen iin norddeutschen Flachlande. in Verhandlungen, des fùnfzehnten Deutschen geographenlags, p. 159-172, avec 2 planches hors texte, dont une carte: Sùdlicher Teil des lnlanddUnengebietes zwischen Birnbaun und Kreuz {Provinz Posen) (extrait de la carte d'Etat-major à 1 :100000). Voir pour la discussion qui a suivi cette communication liericht, p. XXX-XXXI1I, Loc. cit.

3. Verhandlungen des fùnfzehnten Deutschen geographenlags, etc., p. 131-158. — Voir aussi comme résumé de tous ces débats de Danzig un très substantiel et fidèle compte rendu de F. Thorbecke, Der XV. deutsche Geographentag in Danzig, in Geographische Zeitschri/I, XI, 1904; voir surtout p. 515-517.

III

On pourrait pousser encore plus loin l'analyse des phénomènes initiaux, et nous entrerions alors dans des éludes de physique et de mécanique appliquée; comment

agissent et moyennant quelles conditions peuvent agir les forces diverses qui exercent leurs actions sur les sables littoraux? Le tlux met en mouvement des sables très humides et les peut mettre en mouvement parce que l'eau dont ils sont imbibés et les particules d air dont ils sont imprégnés non seulement facilitent mais conditionnent leur.mobilité. Le vent, au contraire, transporte les sables secs. (Juclest le processus exact de ces divers mouvements? Sable, eau et air sont inégalement distribués dans la dune littorale; et c'est leur inégale distribution qui explique les variables effets des eaux mobiles et de l'air mouvant; à quel moment l'imbibition est-elle suffisante pour que le sable soit « sable boulant » ou « Triebtand »?

Il faudrait ici rappeler les vieilles études de Berendt, publiées en 1868 dans les Schriften der Physikalisch-ûkonomischen Gesellschaft zu Kûniguberg i. P.; il faudrait surtout résumer les résultats des travaux récents (1901-1903) de W. Spring, profes seur à l'université de Liège '; il conviendrait, enfin, de retenir les principales conclusions de l'intéressant mémoire publié en 11KH par K. Sœcknick dans les Schriften de Kiinigsberg -.

Reprenant, complétant et perfectionnant les expériences de Berendt sur la formation du « Triebsand)), M. K. Sœcknick s'est efforcé, sans y parvenir encore complèle

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FIO. 29. — VIE IMUSE AU SU» »'J FAYOI'M (ÉOTPTE),
A LA LIMITE MEME DU DÉSEIIT DE KAROUN.

Fond du lit d'un petit canal d'irrigation a sec., do I m. 10 de largeur.
L'eau a été lancée a gros bouillons dans le canal, et elle a été suspen-
due brusquement; d autre part le fond était constitué par du saMo
essentiellement modelable; si bien que nous avons là un cas excep-
tionnel où les « gestes » de l'eau s écoulant sous un volume assc2
fort ont pu s'inscrire sur le sol et y rester gravés. — L'eau s'est
écouléo dans le canal de la gaucho vers la droite. — La bande
noire qui se voit vers le luis de la ligure est la liaude d'ombre forte
et dure projetée sur une par.ic du canal par le rebord de la petito
rivo en surplomb.
Reproduction d'une photographie de M. Jean Hrunhes (février 1899).

1. Voir le Bulletin et les Mémoires de la Société belge de Géologie des années 1901, 1902 et 1903.

2. Triebsand-Studien, in Schriften der physikalitch- bkonomischen Gesellschaft zu Kiinigsberg i. P., XLV, 1901, p. 3MS.

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FIG. 30. — GRAND EKO. RÉGION DE L'oi'ar. CAMPEMENT DU 27 JANVIER 1 S'J6 (ANGLE S3"

(Cvclograpbe DamoixeauO
(Reproduction d'une photographie de M. Foureau.)

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FIC. 31. — DÉTAIL DES RIDES DE SABLE, ET AU PREMIER PLAN EFFET DE CREUSEMENT PRODUIT PAR UN REMOUS.

^Reproduction d'une photographie du H P. Huguenot.)

ment, d'élucider ce problème : non seulement comment les sables boulants se forment-ils, mais comment les sables se maintiennent-ils à l'état de « Triebsand »? On appelle « Triebsand » tout sable qui a absorbé plus d'eau qu'il ne pourrait en contenir par simple capillarité et qui est devenu conséquemment « breiig-flûssig », c'est-àdire bouillie fluide; son volume en est accru, et cette augmentation de volume qui, par rapport au volume du sable déposé, varie de 5 à 20 p. 100, « parait » dépendre de la grosseur des grains. Ainsi que l'avait déclaré Berendt, ce n'est pas la simple infdtration horizontale qui peut suffire à expliquer la formation du « Triebsand)). Il s'ensuit que la surface de la région des dunes présente de nombreux points de « Triebsand » surtout après la fonte des neiges ou après des pluies persistantes; et que les points de prédilection du « Triebsand » sont les parties en bordure des versants inférieurs de la longue pente des dunes, ces versants inférieurs eux-mêmes, ainsi que le fond des petites vallées longitudinales et transversales entre les dunes. Et Sœcknick, comme confirmation de ces informations, invoque et cite un travail de 0. Zweck, Die Bildung des Triebsandes auf der Kurischen und Friscken Nehrung (Kônigsberg, 1893).

M. Sœcknick termine son mémoire en montrant comment les plantations des dunes doivent aboutir à une réelle fixation des sables pour une double raison : l'effet produit par les racines des végétaux est tout aussi bien d'empêcher la formation des sables boulants que d'arrêter le transport des sables secs par le vent; les eaux, comme les vents, qui travaillent différemment, mais de concert, à maintenir et à développer la mobilité des sables dans les dunes, rencontrent dans la végétation un ensemble de forces et de faits qui les contrarient, et qui, en fin de compte, s'opposent victorieusement a leur action propre.

Une dépression littorale, une flèche, une plage tout entière, tout aussi bien qu'une

dune, sont en effet, nous le répétons encore une fois, des « touts «complexes; et

ce ne sont pas ces phénomènes relativement permanents qui peuvent rendre compte

des phénomènes minuscules et transitoires; mais ce sont les phénomènes plus

petits, les phénomènes « miniature», mais aussi plus clairs et l'on dirait presque

plus parfaits, qui permettent de décomposer, d'expliquer et de débrouiller les formes

plus stables.

Jean Brukhes.

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