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lui et ses collaborateurs partaient pleins d'entrain et de santé, avec l'espoir de faire œuvre utile pour la France et la civilisation dans les régions congolaises, où va s'exercer leur activité '.

La voie Niger-Benoué-Tchad, par laquelle un convoi de 40 tonnes de marchandises fut expédié en 1905, a également été utilisée pour le ravitaillement en 1900 et, cette fois, l'essai porte sur 80 tonnes. Ce fut un des premiers soins du colonel Gouraud, dès son arrivée à Fort-Lamy, d'organiser avec les éléments mis à sa disposition une petite llottille destinée à ces transports. Le capitaine Jordan fut d'abord chargé de fonder un poste à Léré. D'autre part, le capitaine Faure, à l'époque où s'effectuait par les soins de la Royal Kiger Company le premier convoi, rejoignait Laï par le Congo, l'Oubangui et le Cbari. 11 se porta à la rencontre du vapeur N'Doni chargé de ce ravitaillement. Le transport se fit jusqu'à Léré par baleinières, puis à l'aide de chevaux saras. La navigation reprit sur le- Toubouri jusqu'au 10e de Lat. N. et un nouveau trajet par terre permit d'atteindre le Logone en se tenant en deçà de la frontière allemande.

Malgré les difficultés résultant de la faiblesse exceptionnelle de la crue, l'opération, qui s'est achevée en 1906, a parfaitement réussi. Le transport a coûté de Léré au Logone 72 francs la tonne, tout compris, et le prix payé à la Compagnie royale du Niger n'a pas excédé 430 francs. Ces chiffres, inférieurs au prix du transport par la voie ordinaire, accusent une différence d'autant plus sensible en faveur de la route nouvelle que la casse, au lieu d'atteindre un tiers ou un quart, comme cela se présente fréquemment, n'a pas dépassé un cinquante-cinquième.

L'expérience est donc concluante et nous devons féliciter, en même temps que les membres de la première mission NigerBenoué-Tchad, les deux officiers distingués qui ont assuré le succès de ce transport, MM. le capitaine Faure et Jordan, comme aussi le chef habile et résolu dont ils ont exécuté les instructions.

Sous l'impulsion du colonel Gouraud de rapides progrès ont été accomplis dans la région du Tchad, et la connaissance scientifique des contrées qui avoisinent le grand lac commence à se préciser. Le capitaine Jordan, rentré tout récemment en France, de même que le lieutenant Freydenberg, auront beaucoup à nous apprendre tant sur le bassin du Logone que sur les vastes étendues qui, au nord du Kanem forment l'Egueï.

Mission J. Marc-Bel. — De Brazzaville, le 25 juillet, M. Marc-Bel écrit au président de la Société que, arrivé par le chemin de fer belge, il prépare son expédition et s'occupe de recruter les porteurs nécessaires. L'avant-garde de sa mission sous la conduite du sousingénieur M. Dewès, partie de France un mois avant lui avec quatre maîtres mineurs et trois cents charges, avait débarqué à Loango et pris l'ancienne route de caravane par la forêt du Mayombé. Elle est arrivée le 22 juillet à M'Boko-Songho, centre du district cuprifère sur lequel vont porter les études.

M. Marc-Bel, dont le personnel est au complet, se félicite de l'appui qu'il a rencontré auprès du commissaire général du Congo et des fonctionnaires sous ses ordres, de même que de l'accueil de M. Lantonnois, gouverneur p. i. de l'Etat indépendant. Dans ces conditions sa mission se présente sous un jour favorable.

Comme dans ses précédents voyages notre collègue est acompagné de Mme Marc-Bel.

Une nouvelle jonction à travers le Sahara. — La dernière reconnaissance du colonel Laperrine. — M. le lieutenant Nieger nous adressait d'Adghar, le 20 juillet, une lettre

1. La mission a quitté Brazzaville le 29 septembre pour remonter laSangtiaà bord de la Valérie.

relative à la dernière tournée faite par le colonel Laperrine dans le sud-ouest du Touat et dont les résultais sont particulièrement significatifs. Parti le 23 mars, le colonel Laperrine avait l'intention de se diriger droit sur Taoudéni pour y prendre M. Chudcau qui avait annoncé son retour par Tomhouctou et cette localité. Ce plan dut être abandonné faute de guide, de même qu'un autre consistant dans une marche vers FAzaouar avec une pointe sur Taoudéni. Cet itinéraire lui aurait permis de couper le Tanezroufl dans toute sa longueur; mais l'absence de pluies dans cette région rendait inutilisables les points d'eau intermédiaires entre Ouallen et Achourat, pendant douzejours démarche. Force fut donc de gagner d'abord In-Zize suivant l'itinéraire de 1904 pour atteindre ensuite le puits d'Achourat puis celui d'Aneschaï. D'Aneschaï la reconnaissance gagna El Gueltara et Taoudéni. La rencontre avec les Soudanais devait avoir lieu le 10 mai. Le détour que fit la reconnaissance saharienne retarda son arrivée et ce n'est que le 25 mai qu'elle aboutit à El Gueltara. Heureusement, tout se termina bien. Les Soudanais arrivés à date fixe à Taoudéni y séjournèrent dix jours; toutefois M. Chudeau n'avait pu joindre à temps Tombouctou pour faire partie de ce détachement. Le capitaine qui commandait celui-ci avait repris la route d'Araouan vers le 21, mais avait envoyé son lieutenant reconnaître au retour la route d'EI Gueltara, Aneschaï, Triest Bou-Djebiha. « C'est à cette bonne idée, continue M. Nieger, que nous devons de nous être vus. Le 25 mai les deux reconnaissances débouchaient en même temps sur El Gueltara vers 7 heures du matin, nous restAmes en ce point le temps de bien faire connaissance, puis chacun reprit la route du retour.

« Le colonel Laperrine, après Taoudéni, eut la chance de rencontrer un guide qui put le ramener directement sur le ksar d'Aghar par El Biar, Tnihaïa, Bir ed Deheb, Birould Brini, Bir el Hadjaj et Sefiat. Quelques-uns de ces noms sont, géographiquement parlant, des nouveautés. Les itinéraires sur renseignements ne les mentionnent même pas. »

La reconnaissance se composait du colonel Laperrine, de son officier adjoint, de deux officiers de la compagnie du Touat, deux maréchaux des logis, un caporal français et "5 méharistes de la compagnie du Touat.

Au sujet des résultats politiques obtenus dans cette tournée il faut dégager deux points: 1° Le voyage chez les Touaregs. « Tout en affirmant notre prise de possession de ces territoires que nous ne connaissions pas encore et dont nous avions vu seulement les chefs, cette promenade au milieu des campements continue la période d'apprivoisement des Touaregs. Elle leur démontre nettement que leurs déserts ne nous effraient pas et que, s'ils s'écartaient de la bonne voie dans laquelle ils sont entrés, nous sommes outillés pour aller leur demander compte chez eux de leurs méfaits. »

2° Le voyage à Taoudéni et le retour par la route directe du Touat. « Inutile d'insister sur la rencontre avec les Soudanais. Il est facile de comprendre l'effet moral énorme que doit produire sur les populations une pareille jonction. Quant h Taoudéni. c'est un point d'une importance capitale où nous serons peut-être arrivés à temps pour arrêter la ruine dont il est menacé.

« Le petit ksar et son exploitation de sel sont extrêmement curieux, mais les habitants sont rançonnés deux ou trois fois l'an par les ghezzous venant du Maroc. Chaamba, Oulad Djerir, Doui-Menia ont tant et si bien fait qu'une moitié des individus exploitant les mines de sel ont déménagé avec armes et bagages, l'hiver dernier sur Araouan et Tombouctou. Autrefois les qhazzieurs se contentaient de prendre les chameaux qui, venant en caravane pour enlever du sel, leur tombaient sous la main. Cette année, trouvant leur proie trop faible, ils ont enlevé tous les mineurs et ne les ont rendus à leurs propriétaires que contre espèces. Aussi notre arrivée a-l-elle été saluée comme une délivrance et ces braves gens qui, du reste, ne s'éloignent pas à deux kilomètres de leur ksar sans être porteurs de leur fusil et de leur sabre, espèrent-ils que notre retour périodique dans leur région ramènera la paix et favorisera le commerce.

« Mais le gros résultat de cette deuxième partie du voyage sera, sans contredit, la vérification de la roule directe du Touat à Taoudéni et à Tombouctou. D'Adghar on peut, en quinze journées ordinaires, être a Taoudéni. Il y a une vingtaine d'années il se faisait par cette route un gros commerce. Petit à petit les voyageurs se sont faits plus rares et la route a fini par être complètement abandonnée. Les Tadjakant, qui ont de grandes maisons de commerce au Soudan et au Sahel, ne demandent qu'à reprendre cette route et à rétablir leur commerce d'antan pour leur compte. Ils parlent de faire concurrence par cette voie à Tripoli et de dériver une partie du commerce des gommes, plumes d'autruche, etc. Ces braves gens se font peut-être illusion, car rien n'est organisé de ce côté pour une aussi grosse affaire et Adghar est encore loin du chemin de fer; mais, en tout cas, leur intervention sera une excellente chose pour le commerce saharien. Certains d'entre eux sont venus avec nous jusqu'à Adghar et passent des marchés.

« Au point de vue géographique nous rapportons un itinéraire d'environ 3 000 kilomètres. Cette fois nous avons pu emporter le matériel léger de l'explorateur : lunette, théodolite, sextant, montres, et l'itinéraire sera fixé par les coordonnées astronomiques d'une trentaine de points. »

En terminant cette courte mais substantielle relation, M. Nieger nous adresse une liste des déterminations effectuées et que nous publierons ultérieurement avec des notes plus étendues.

Il nous reste à souhaiter que notre influence continue à s'exercer dans ces régions et que la sécurité y soit définitivement assurée. De simples reconnaissances poussées à de rares intervalles ne sauraient suffire. L'Iguidi, l'Echchach, qui étaient encore habités il y a moins d'un siècle, sont aujourd'hui désertés. Les ghczzous ont accompli leur œuvre de dévastation dans ces solitudes, et, si nous n'y prenons garde, il en sera de même de Taoudeni, qu'il est encore en notre pouvoir de régénérer.

Mission hydrographique du Maroc. — M. le lieutenant de vaisseau Dyé, dont La Géographie a déjà publié plusieurs notes expédiées au cours de cette campagne, faisait remarquer dans sa correspondance de Casablanca, le %'t juillet, que des corrections notables devaient porter sur toutes les longitudes de la côte atlantique du Maroc.

« Les observations astronomiques de la mission, écrit M. Dyé, continuent pendant cette campagne 1006, avec un astrolabe et de bons chronomètres réglés sur l'observatoire de Gibraltar. Nous aurons cette année de nouvelles vérifications de longitudes et de latitudes. D'autre part, j'espère pouvoir achever en 1007 la triangulation générale de la côte de Tanger à Agadir, qui a été commencée en 1905 dans les secteurs favorables.

« Le mois de juin a été consacré au levé et au sondage hydrographique de la rade de Safi, travail mené à bien par MM. Larras, Traub et Pobéguin.

« Le mois de juillet a été employé par le levé de la côte aux environs de Casablanca, et par le sondage hydrographique de la rade (plus de six cents coups de sonde).

« En août nous devons attaquer la carte marine et le levé du littoral près de Rabat Salé. Je ne sais si nous aurons dans ces deux villes, les moins fréquentées par les Européens et les plus musulmanes de la côte, le même succès qu'à Casablanca, où la colonie européenne a su acquérir la plupart des Marocains aux idées de progrès. Cependant, l'année dernière, nous avons pu, grâce aux bons offices et à l'appui du consul de Rabat, M. I.eriche, lever et sonder le port fermé de Méhédiya, à l'embouchure du Meuve Sebou. »

Nous apprenons, d'autre part, que M. le docteur F. Weisgerber, complétant ses travaux précédents, prépare une carte au !>00 000e de ses itinéraires à travers la Chaouïa et une autre au 2 000 000e de l'ensemble de ses reconnaissances au Maroc.

Le secrétaire général de la Société de Géographie.

BIBLIOGRAPHIE

Manuel E. Rio y Luis Achevai. — Geografia de la Provincia de Côrdoba. Buenos Aires, 1904.

Cette publication officielle comprend deux gros volumes in-8 accompagnés d'un atlas in-folio compost'1 de 12 planches doubles. Si l'on considère que la province de Côrdoba mesure une superficie de 161 000 kilomètres carrés (un tiers de celle de la France) avec une population de 430 000 habitants, on saisira tout de suite l'importance de cet ouvrage copieusement documenté.

Une description générale sert de préliminaire. L'orographie est ensuite étudiée à fond; elle est suivie d'une table hypsométrique dont il est superflu de faire ressortir l'utilité et la valeur. L'hydrographie ne comporte pas moins de 6'i pages. La description du climat, avec de nombreuses tables de température, la géologie, la flore et la faune, une étude sur la population, enlin l'exposé de la géographie politique, administrative et statistique complètent le premier volume.

Le second volume est consacré à la géographie économique. La question agricole est traitée magistralement dans des études sur l'état du sol, la distribution des cultures: céréales, plantes fourragères et oléagineuses, viticulture, forêts, arboriculture, plantes tinctoriales, médicinales et autres, etc. On remarque ensuite des chapitres sur la question extrêmement intéressante de la colonisation, sur l'irrigation et sur l'élevage.

Même abondance de renseignements pour les industries extractives, les manufactures, le commerce, les roules de chemins de fer, etc. Tous ces chapitres sont bourrés de chiffres statistiques. Enfin, une description des départements et des villes de la province, autrement dit une espèce de dictionnaire géographique très complet termine ce gros ouvrage et lui constitue un très utile appendice.

L'atlas comporte des cartes géographiques, des profils, des planches consacrées à la flore, des cartes agricoles, des vues photographiques des villes et des accidents topographiques intéressants de la province.

Les cartes consacrées a la géographie administrative, à l'hypsométrie, la géologie, l'hydrographie, aux régions naturelles et aux zones de végétations, aux voies de communication ne se recommandent pas par leur aspect extérieur. Si le dessin est peu soigné, l'impression des écritures et des couleurs est assez grossière, elles n'en constituent pas moins des documents extrêmement précieux à consulter par l'abondance et la variété de leurs renseignements. Ces cartes sont généralement à l'échelle du 1/1 000 000 : l'hydrographie est tracée au 1/250 000. V. Huot.

Le gérant: P. Bouchez.

Couloramiors. — Imp. Paul BRODARD.

Exposé des travaux scientifiques

de

l'expédition antarctique française 1903-1905

Géographie. Étude des Marées. Chloruration et densité de l'Eau et de la Glace de Mer. Intensité de la Pesanteur.

(avec Une Planche Hors Texte)

I. — Géographie.

Les cartes des côtes ouest de la terre de Graham, que notre expédition avait pour but d'explorer, présentaient, à notre arrivée dans l'Antarctique, des lacunes importantes.

Au nord, entre le 64e et le 65e de Lat. S., l'expédition de la Belf/ica avait découvert et levé un large passage entre la terre et les grandes îles de l'archipel de Palmer; mais les contours extérieurs de ces dernières restaient inconnus, et les débouchés mômes de ce chenal (détroit de Gerlache), au nord comme au sud, étaient encore assez vaguement précisés. C'est ainsi qu'au nord, les grandes îles Hoseason et Intercurrence ne figurant pas dans les travaux de la Belgica, les nouvelles cartes anglaises identifiaient à tort l'île Hoseason, antérieurement relevée par Bransfield et Foster, avec l'île Liège des cartes belges, et au sud, le large débouché du détroit de Gerlache sur l'océan Pacifique n avait été vu que de loin, sans aucune indication des chapelets d'îlots et île récifs qui s'y égrènent.

En ce dernier point, surgissait de plus un important problème géographique. Le baleinier allemand Dallmann (1873-1874) y avait indiqué l'ouverture d'un large détroit dont il n'avait pu voir le fond, et qui était supposé faire communiquer le Pacifique avec l'Atlantique, isolant la partie nord de la terre de Graham.

L'expédition de la Hel?/îca ayant constaté qu'à la latitude donnée par Dallmann, il n'y avait aucun passage sur l'Atlantique, puisque la baie des Flandres était fermée vers 1 est, avait cru pouvoir reporter plus au sud l'indication du baleinier allemand, pour la faire coïncider avec la large baie située au sud du cap Tuxen, dont la brume sans doute leur avait masqué le fond.

La GÉo0»aphie. - T. XIV, 1900. 16

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