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montagne. Erk fixe la zone de pluviosité maximum dans les Alpes bavaroises entre 600 et 1 000 mètres pour l'hiver. Le professeur Hellmann a étudié spécialement cette répartition des pluies sur les diverses hauteurs aux différentes saisons de l'année. Tandis que, dans les Sudètes, les pluies d'été sont les plus abondantes à 900 mètres et plus haut encore, dans les Vosges et dans les montagnes des bords du Rhin, c'est entre 300 et 400 mètres qu'il tombe le plus d'eau dans la saison froide. Au nord-ouest de l'Himalaya la zone de maximum de pluie est à 1 300 m. d'altitude, à Java à environ 1 000 mètres. Cet exemple, entre mille, montre la richesse de documentation de l'ouvrage. Peut-être y aurait-il lieu de faire intervenir d'autres causes que l'effet de relief, pour expliquer la décroissance de la pluie quand on descend de la montagne dans la plaine. La condensation d'une masse d'air humide donne un nuage, mais un nuage n'est pas nécessairement de la pluie, et la formation de la pluie elle-même, la résolution d'un nuage, qui est déjà de l'eau condensée, en gouttes qui tombent, reste un des points de la météorologie les plus obscurs. Il est certain que, dans des conditions convenables, s'il pleut plus sur la montagne que dans la plaine, c'est que l'eau s'évapore en tombant; la pluie a été déjà formée, mais les gouttes s'évanouissent avant de rencontrer le sol. Quand, d'un sommet bien isolé, on observe, l'été, des pluies d'orage, on voit souvent un grand rideau noir, bien opaque, qui s'effiloche par le bas en franges pendantes, devenant de plus en plus transparentes, et finissant par s'évanouir tout à fait : quelquefois le sol est atteint par les franges, d'autres fois elles restent visiblement suspendues en l'air sans y toucher. Le mécanisme de la différence de pluviosité suivant la hauteur du sol est bien ici le même que celui qu'on décrit sous le nom de « pluie de relief ». La descente brusque de l'air chargé de gouttes d'eau l'échauffé, et évapore les gouttes, de même que l'ascension d'air humide sur le flanc d'une colline pouvait provoquer un refroidissement et une condensation; mais, tandis qu'on voit bien comment une goutte d'eau arrivant dans un air plus sec et plus chaud s'évapore et s'évanouit, on ne comprend pas, sans explication complémentaire, pourquoi l'air qui, en gravissant une montagne, devient plus humide et donne un brouillard, donne par cela même de la pluie, ce qui est tout autre chose.

A cette question des variations de température et d'humidité relative d'une masse d'air animée d'un mouvement vertical se rattachent les travaux de Hann sur le fôhn. On sait que c'est un vent chaud et sec qui souffle le long des vallées des Alpes : malgré la basse température qui règne sur les sommets d'où vient le vent, il a pu s'échauffer suffisamment parce que la différence de niveau a été suffisante. Le bora, qui souffle sur l'Adriatique, ou le mistral de Provence, sont, au contraire, froids, tout en étant secs, parce qu'ils viennent de régions beaucoup moins élevées, et que la chute de niveau n'a pu les échauffer suffisamment, bien que le mécanisme de leur production soit le même.

Au sujet de la distribution de la température dans la verticale au-dessus des aires de basses pressions ou de hautes pressions, on ne peut que regretter que M. Hann ne donne pas plus de développement, — fût-ce pour les discuter —, aux idées du P. Dechevrens. M. Hann pense, et il l'a dit dans un article récent de la Meteorologisehe Zeitsckrift, que le P. Dechevrens a tort de parler de basses températures à 1 500, 2 000 ou 3 000 mètres dans le cas d'un cyclone, parce qu'il observe de basses températures pour de basses pressions aux observatoires de montagne : il estime que de basses pressions sur une montagne ne correspondent pas toujours à de basses pressions au pied de la montagne, et, par suite, ne comportent pas nécessairement un régime cyclonique. Le P. Dechevrens a donné, dans un mémoire récent, des tableaux très complets de comparaison entre les pressions barométriques à Salzbourg et au Sonnblick (3106 m.) d'une part, à Genève et au Grand-Saint-Bernard (2 475 m.) d'autre part; il en résulte très nettement que les basses pressions en haut et en bas surviennent et s'éloignent simultanément, et qu'il en est de même pour les hautes pressions; c'est bien le même cyclone, ou le même anticyclone, qui intéresse à la fois la station de plaine et celle de montagne. Pour nous, la comparaison hebdomadaire des courbes du baromètre enregistreur à Clermont et au Puy de Dôme rend ce résultat intuitif, au moins tant qu'on n'atteint pas les altitudes élevées. Et la loi générale du P. Dechevrens : température froide dans un cyclone, température chaude dans un anticyclone, au moins tant qu'on reste dans les altitudes moyennes, entre 1 000 et 4 000 m. par exemple, est à tel point une vérité incontestable, qu'elle nous permet de définir et de résumer en deux mots toute l'allure des changements de temps au sommet du Puy de Dôme comparés au temps à Clermont. Les météorologistes américains, qui envisagent cette question à un point de vue différent de celui de M. Hann, ne me paraissent pas non plus avoir eu une vue aussi nette de l'ensemble du phénomène que l'ancien directeur de l'observatoire de Zi-ka-weï. Les théories personnelles que le P. Dechevrens superpose à son exposé synthétique des résultats des observations sont plus contestables: encore eût-il été intéressant de leur donner une place plus en rapport avec l'importance de l'œuvre de leur auteur.

Cette réserve, relative à une question que la situation de notre observatoire du Puy de Dôme rend tout spécialement intéressante pour nous, ne doit nullement faire méconnaître que le livre V, sur les perturbations atmosphériques, témoigne, dans son ensemble, du même souci que les tomes précédents, d'abréger et de condenser, et tout à la fois de mettre l'ouvrage au courant des progrès qu'ont réalisés dans ces dernières années les diverses branches de la science. C'est ainsi qu'à l'occasion des orages, on a un bref exposé des théories de Lodge sur la foudre et les paratonnerres, et plus loin des notions sur les idées modernes en électricité atmosphérique, et notamment sur les mesures d'ionisation. On a reporté au sixième livre, relatif aux théories les plus importantes, les développements qui figuraient autrefois dans le corps de l'ouvrage, sur l'influence du frottement sur la direction du vent dans les dépressions et sur la relation de la force du vent avec la grandeur du gradient barométrique. On sait, — et le professeur Hann en donne des exemples numériques très saisissants —, que, dans les bourrasques de nos régions, c'est la « force centrifuge composée » due au mouvement de rotation de la terre, qui joue le rôle important dans la rotation des vents autour du centre du cyclone, et que la « force centrifuge proprement dite » n'atteint jamais que 10 à la p. 100 de la valeur totale de la force qui tend à éloigner du centre les molécules d'air. Dans les cyclones tropicaux, au contraire, la proportion est renversée et la force centrifuge proprement dite peut atteindre une valeur égale à 5 ou 6 fois celle de la force centrifuge composée due à la rotation terrestre. Cette remarque a été le point de départ de nos propres travaux sur l'influence de la rotation terrestre sur le sens de rotation des tourbillons aériens ou d'eaux courantes, influence qui reste sensible et même décisive pour des valeurs encore beaucoup plus grandes que celles données par le professeur Hann pour les cyclones tropicaux, du rapport entre la force centrifuge proprement dite et la force centrifuge composée.

L'ouvrage comprend 89 figures, 9 planches en autotypie et 44 cartes.

Il n'est pas excessif de dire qu'il est essentiel à quiconque veut trouver groupées en un livre unique les données les plus importantes acquises à la météorologie moderne.

Bkrnaud Bkvmies.

MOUVEMENT GÉOGRAPHIQUE

EUROPE

Rectifications apportées à la frontière franco-belge. — Le 9 janvier 1906 a été promulguée au Journal officiel une loi portant approbation par les Chambres d'une convention conclue le 12 avril 1905 entre la France et la Belgique au sujet de la rectification de la frontière franco belge le long du ruisseau dit le Riz de France '. Cctle convention a pour objet l'échange d'un certain nombre de parcelles de terre dont la situation a été modifiée par le redressement du « Riz de France », et, qui jadis se trouvant sur la rive droite de ce ruisseau, sont actuellement sur la rive gauche, et réciproquement.

Ce cours d'eau, mitoyen entre la commune de Mièzes (Belgique) et celle de Neuville-aux Tourneurs (France, département des Ardennes), présentant sur ce parcours beaucoup de sinuosités, a été rectifié pendant ces dernières années sur une longueur d'environ 1 500 mètres, afin d'améliorer son régime et d'assainir une vallée marécageuse qui va devenir d'une grande fertilité.

Le maintien, comme limite, de l'ancien lit de ce cours d'eau nécessitant le placement d'un nombre considérable de bornes nouvelles, une commission a procédé à une nouvelle délimitation dont le tracé a été jugé satisfaisant par les deux gouvernements. Trente-deux parcelles d'une contenance totale de 1 hectare 21 ares 35 centiares sont cédées par la France à la Belgique, tandis que la Belgique remet à la France trente et une parcelles d'une contenance totale de 1 hectare 22 ares 01 centiare.

Ainsi se trouve rectifiée la frontière franco belge décrétée jadis dans l'article 40 du « Procès verbal de la délimitation entre les Royaumes des Pays-Bas et de France » annexé au traité de limites signé à Courtrai, le 28 mars 1820.

Victor Huot.

Les lapiaz du Silbern2. — La question de la formations des lapiés ou lapiaz que vient d'aborder le professeur Chaix touche à la fois à la géologie, l'hydrologie, la météorologie, la géographie physique; gros débats en perspective. J'ai dit ici même à propos de 1' « Ouane » de Chabrières (Hautes-Alpes) pour quelles raisons cette question des lapiés ou lapiaz devait être reprise de fond en comble malgré l'abondante littérature scientifique dont elle a déjà été l'objet. L'étroite relation entre cette curieuse manifestation morphologique et le phénomène des abîmes absorbants dune part, et celui des marmites rocheuses des gorges d'autre part, me paraît désormais hors de doute. A propos des puits à neige du désert de Plate et du Parmelan, à propos des crevasses et trous du Pont des Oulles, j'ai déjà formulé [C. IL Ac. Se. Iodée. 1902) mes idées sur la refonte nécessaire de ce sujet. Très cordialement, M. Chaix, avec qui j'ai eu en 1897 le plaisir de visiter le Plate, m'a personnellement avisé qu'il regrette de me voir généraliser ainsi un phénomène selon lui spécial; c'est ailleurs que j'exposerai le détail de mes observations encore insuffisamment coordonnées. Ici je n'ai qu'à résumer, au sujet du Silbern, les idées de M. Chaix ; il limite exclusivement le lapié à un effet de corrosion « dû à l'action dissolvante chimique de l'eau acidulée et non à un travail mécanique », et d'ailleurs combiné quelquefois avec un phénomène « dynamique externe de fracture »; mais il n'admet mon opinion sur l'érosion mécanique (que je suis loin d'ailleurs d'avoir exprimée le premier) qu'au point de vue de la topographie générale. Alors, comme l'ajoute M. Chaix lui-même, nous sommes d'accord, à cette différence près qu'il veut, comme M. Cvijic, borner le lapié à la ciselure superficielle où il n'y a pas trace d'action mécanique. Or, considérer les choses ainsi, c'est restreindre le grandiose accident naturel des lapiaz à l'un de ses détails seulement, c'est l'amputer absolument de ses principaux caractères généraux. Il me semble que M. Chaix, recherchant surtout la précision du détail, dans la subdivision des formes lapiazées en rigoles, cannelures, quilles, bourrelets, briques, balafres, tabourets, trottoirs, cubes, etc., s'est laissé allé à perdre de vue l'ensemble global du sujet. Tel est l'inconvénient des excès de nomenclature et des classifications à outrance. Ce qui le prouve, c'est que l'auteur est contraint d'expliquer la préparation des crevasses de lapiaz par les dislocations tectoniques, et le creusement de leurs puits ou abîmes, par la première circulation profonde qui a remplacé « la circulation superficielle active ». Voilà où nous sommes bien d'accord. Mais j'ajoute que ces crevasses et gouffres sont portions intégrantes et caractéristiques de la physionomie d'ensemble des lapiaz : au Silbern même ils engloutissent actuellement encore (M. Rahir vient récemment de l'établir), les eaux qui vont, à travers l'immense caverne du Holl-Loch, alimenter la grande résurgence de la source rampante (v. La Géographie, 13 mai 1903). Donc, sur ce lapiaz, l'érosion mécanique poursuit son œuvre d'altération; ceci suffit à rendre tout à fait manifeste que l'article de M. Chaix ne considère qu'un élément du problème des lapiaz, celui des ciselures, d'ordre secondaire en quelque sorte, accessoire presque; cet élément, je serais provisoirement disposé à le regarder comme la dernière phase, la plus réduite, de l'accomplissement du phénomène, — la corrosion, vraiment chimique, et complémentaire, par les pluies et par la végétation actuelle. Mais je reprendrai tout cela plus tard. Ajoutons que, prise ainsi comme étude partielle, la contribution de M. Chaix est remplie d'utiles et instructifs détails. E. A. Maktel.

1. Le décret promulguant la convention franco-belge, daté du I" janvier 1906, a été inséré au Journal officiel du 23 janvier 1906.

2. Emile Chaix, Contribution à l'élude des Lapiés. Le Silbern {Schwytz), in Le Globe, Genève, juin 1905.

Inondation marine sur les côtes d'Allemagne, de Hollande et de Belgique. — II y a quelque mois, les côtes allemandes, hollandaises et belges ont été soumises à une irruption de la mer du Nord. Toute cette région littorale est, comme on sait, constituée par des terres très basses, situées au dessous du niveau des hautes

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