Abbildungen der Seite
PDF

et suffisantes au tracé de l'octogone semblable à celui formé sur le terrain par les huit points. La construction graphique ne se fera pas d'une façon aussi simple que dans la méthode Vincendon-Dumoulin, mais n'offrira, cependant, pas de trop grandes difficultés, en faisant des approximations successives, basées au début sur la position estimée des stations à la mer. La détermination de proche en proche des autres points principaux et des détails de la côte se fera comme précédemment. Seulement, cette fois, la carte n'aura ni échelle, ni orientation. — Toutes deux se calculeront d'ailleurs aisément en ayant soin de déterminer complètement (en latitude et longitude), par observations astronomiques, deux points situés aux extrémités du levé.

11 ne faut pas se faire d'illusions sur les résultats de pareilles méthodes. Elles ne sauraient valoir celles employées généralement en hydrographie, même expéditive; mais, faute de pouvoir utiliser ces dernières, elles permettent cependant d'obtenir une approximation qui paraît très suffisante pour les besoins généraux des navigateurs dans ces régions.

Quoi qu'il en soit, c'est de cette façon que furent conduits nos levés à la mer. Ils nous permirent cette fois de tracer tous les contours extérieurs de l'archipel de Palmer, puis de déterminer sur la côte sud de la terçe de Graham deux portions de côtes assez importantes, autour des caps Loubet et Waldcck-Rousseau.

Nous fixions ainsi également un certain nombre des îles Biscoe; mais les îles Pitt et Adélaïde nous restèrent cachées, quoique nous pensons pouvoir identifier la première avec une grande île aperçue pendant le raid de printemps.

Quant à l'île Adélaïde et à la côte qui s'étend derrière elle, entre la terre Loubet et la terre Alexandre, elles nous restèrent constamment masquées par la brume.

De la terre Alexandre elle-même nous ne pûmes, aussi peu favorisés que nos prédécesseurs, apercevoir que les sommets de ses hautes montagnes, à toute distance. Une barrière infranchissable de glaces nous en interdisait l'approche.

La campagne hydrographique, rendue encore plus pénible par les avaries survenues au cours de notre violent échouage près de la terre Loubet, se termina enfin dans le nord par un débarquement dans la baie de Biscoe (île d'Anvers) qui nous permit de fixer la position de la côte sud de cette île, puis par le levé de l'entrée nord du détroit de Gerlache où nous pûmes replacer, notamment, les îles Hoseason et Intercurrence, dont l'existence avait été mise en doute.

On trouvera dans les travaux scientifiques qui seront incessamment publiés par les soins du ministère de la Marine, tous les développements que comportent les études qui viennent d'être exposées. Le chapitre intitulé : « Hydro

[graphic]

FIG. 38. — LE MONT DU FRANÇAIS, HAUTEUR : 2 869 MÈTRES.

Reproduction d'une photographie de M. Pléneau.

graphie », donnera l'exposé détaillé des méthodes suivies pour la détermination de chacun des points, les positions qui en sont résultées pour les points

[graphic]

Fig. 39. — Pancake iee. Dans Le Lointain, icebergs.
Reproduction d'uno photographie de M. Pléneau.

principaux, enfin la description de ces côtes au point de vue de leur reconnaissance ultérieure par les marins.

Trois cartes seront jointes : la première (à l'échelle du 400 000°) comprend tout l'archipel de Palmer, joignant ainsi notre tracé des contours extérieurs à celui des cartes de la Iielgica. Disons tout de suite que cette jonction s'est trouvée très satisfaisante au nord comme au sud. La seconde carie (à l'échelle du 200 000') représente les environs de notre point d'hivernage, c'est-à-dire depuis le sud de l'archipel de Palmer jusqu'aux points extrêmes relevés au cours du raid que nous avons accompli au printemps 1904-1905. Enfin une carte générale (au 800 000"), comprendra toute l'étendue des pays explorés, donnant en plus des deux cartes précédentes, la terre Loubet, et les îles Biscoc.

Quatre plans seront également publiés : deux (20 000° et o000e) se rapportant à l'île Wandel et à Port-Charcot, deux autres (aux mêmes échelles) à Port-Lockroy (île Wiencke).

Au total, les résultats géographiques de l'expédition se traduisent par

[graphic]

FIG. 40. — PARTANT POIR L'ASCENSION DU PIC DU UL'C DES ARRUZZES (1 400 M.) (ILE WIENCKE).

Reproduction d'une photographie de M. Pléncau.

i 000 kilomètres environ de tracés nouveaux, en n'y comprenant ni les petites baies que par la dislance des pointes qui les ferment, ni surtout les innombrables îlots qui bordent la côte et dont la détermination, notamment aux environs de notre station d'hivernage, a cependant absorbé une grande partie de nos efforts.

Enfin un album de photographies représentant les points remarquables, sera joint aux publications scientifiques. Sur ces terres presque constamment embrumées, la reconnaissance ne peutguère, en effet, se faire de loin. Ce n'est qu'en se rapprochant prudemment que l'on peut arriver à identifier tel ou tel point, au moyen de détails que seule une photographie peut donner. Nous avons pu constater, par l'examen des photographies prises par la Deli/ica combien restent invariables les limites de la neige autour des rochers, au moins dans l'espace d'une dizaine d'années. Les mêmes nunataks s'y retrouvent, émergeant de la glace de mêmes quantités, et leur ensemble, toujours pareil, ne laisse aucun doute sur l'identité du point où ils figurent.

Chronomètres. — Il n'a pas été fait mention, dans l'exposé précédent, de la façon dont ont été obtenues les coordonnées géographiques des différents points observés astronomiquement. De ces deux coordonnées, l'une, la latitude, est donnée directement par l'observation, l'autre, la longitude, exige la connaissance simultanée de l'heure de Paris, origine des longitudes, et de

[graphic][merged small]

l'heure du lieu où l'on se trouve, laquelle se calcule aisément par une observation ad hoc.

Cette connaissance s'acquiert soit par le transport de chronomètres ayant conservé l'heure de Paris, soit par l'observation d'un phénomène astronomique dont l'instant est donné en temps de Paris dans des tables spéciales.

Cette seconde manière (à laquelle peuvent se rattacher les occultations d'étoiles par la Lune, les éclipses des satellites de Jupiter, les distances lunaires, etc.) ne nous a donné aucun résultat sérieux, principalement à cause du peu de hauteur des astres à observer, qui se trouvaient ainsi généralement masqués par les brumes permanentes au-dessus de notre horizon.

La première méthode (transport du temps par les chronomètres, à l'aller et au retour) a donc été uniquement employée.

Elle nécessite l'étude attentive de la marche diurne de chacun des chronomètres, tant avant qu'après chacune des traversées, pour en déduire les marches probables au cours de celles-ci. — Une étude de ce genre est également indispensable pendant les périodes où il a été fait des mesures d'intensité de la pesanteur, comme nous le verrons plus loin. — On trouvera dans les publications scientifiques déjà mentionnées, le développement de tous ces calculs dans le chapitre intitulé : « Chronomètres ».

Disons seulement un mot d'un des instruments qui nous ont servi aux observations astronomiques nécessaires à ces études : l'astrolabe à prisme,

[graphic][merged small][merged small]

Au Fond, iceberg De 95 Mètres, A Droite, Une De Ces Cassures Hrusques Qui Se Trouvent

TOUJOURS AU SUD-OUEST DES CALOTTES DE GLACE (LE VENT PRÉDOMINANT EST NORD-EST).

Reproduction d'une photographie de M. Plcncau.

système Claude et Driencourt. Ce merveilleux appareil, encore trop peu connu, se compose d'une lunette, sur l'objectif de laquelle est fixé un prisme en verre à angles de 60°; devant elle, un bain de mercure forme horizon artificiel. L'ensemble est disposé de manière à voir dans la lunette deux images de tout point situé dans son vertical à 60° au-dessus de l'horizon, l'une des images étant formée par une simple réflexion dans le prisme, l'autre par une double réflexion dans l'horizon artificiel et dans le prisme. La coïncidence des deux images d'une étoile dans le champ de la lunette indique donr le moment exact où cette étoile se trouve à 60° de hauteur, donnée suffisante au calcul. Et, ce résultat se trouve atteint sans le maniement de vis où la peau

« ZurückWeiter »