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statistique les départements qui arrivent en tête sont : la Haute Vienne avec un total de 100 loups et louveteaux, la Dordogne (80). la Charente 166). la Meuse 58). Pendant cette période les prises se répartissent ainsi par années:

1901 15:> loups dont 00 louveteaux.

1902 73 — 32

1903 99 — 61

1904 92 — 60

1905 93 63

Comme terme de comparaison, signalons que de 1818 à 182'.), soit en douze ans, il fut tué par les lieutenants de louvcterie 18707 loups, soit une moyenne annuelle de 1 559. Et dans ce nombre ne sont pas compris tous les individus, sans doute nombreux, tués par les chasseurs ordinaires. De même dans le département des Vosges, de 1817 à 1842, il a été détruit, en moyenne, tii loups par an. tandis que de 1901 à 1905 il n'en a été abattu en moyenne que 35.

Le loup est donc en voie d'extinction; dans un avenir rapproché on peut même prévoir sa disparition. Cu. R.

La sécheresse dans le Jura en 1906'. — Jamais, de mémoires d'homme, le haut Jura n'a été aussi complètement privé d'eau que pendant la sécheresse de l'été et de l'automne derniers. Cette sécheresse persistante de cinq mois, qui a tari les rivières du centre et de l'est de la France, avait été précédée par celles des étés 1904 et 1905, et après avoir rappelé celles de 1870 et de 1893, dont les vieux de la campagne avaient gardé le souvenir légendaire, elle en a dépassé les effets, puisque nos sources n'avaient pas connu depuis 1(543 pareille détresse (on le sait par l'émergence de repères placés à celte date dans la Fontaine de Vaucluse). Les calcaires lissurés des hauts plateaux du Jura (ce qu'on appelait jadis la « moyenne montagne »), quialimcntent les sources vauclusiennes situées en contre-bas (Loue, Lison, Cuisance, Dard), ont été d'autant plus éprouvés qu'ils n'ont d'autres sources que l'eau fournie par les courts chaînons qui en accidentent la surface. De là la disposition des villages sur In pourtour de ces chaînons, à proximité des points d'eau, et cetteépithète de « Fontaine » : Pierrefontaine, Passonfontaine, Combeaufontaine, qui rappelle que la question de l'eau est pour eux la première. Dès le milieu de l'été, les réservoirs d'eau des gares P.-L. M., à Valdahon, sur la ligne Besançon le Locle, à Boujailles (Mouchard-Pontarlier) étaient à sec, et pour aUmenter ce dernier, après avoir essayé de pompera Pontarlier l'eau du Doubs,on dut aller chercher l'eau en bas, dans la plaine, a l'aide de wagons-citernes, d'abord dans la Loue, à Mouchard, puis dans le Doubs à Dole, à 90 kilomètres de là, et 600 mètres plus bas!

C'est que le Doubs à Pontarlier tarissait à son tour! Malgré les lacs de ltemoray et de Saint-Point qui lui servent de régulateurs, il était tombé, à la fin d'octobre, à un débit de 400 litres par seconde, étiage extrême qu'on ne lui avait jamais connu, ot ces 400 litres se perdant en aval, à partir d'Arçon, dans les fissures mal bouchées du Portlandien, il n'en avait plus que 100 à Remonot où il se reconstitue. Ces 300 litres allaient alimenter souterrainement la source delà Loue, à 10 kilomètres de distance et à 300 mètres en contre-bas : c'est peu en temps normal, c'était alors les trois quarts du débit.

t. Voir sur les elTets de la sécheresse dans d'autres régions: Charles Rabot, La Géographie, XIII. S. 15 mai 1906, p. 370-371, et Albert Deinangeon, ibicl., Xlll, 2, 13 février 1906, p. 136rl39.

La Géographie. — T. XIV, 1803. 18

Ainsi sous nos yeux, et un peu plus chaque jour, la Loue soutire par dessous terre ses eaux au Doubs, jusqu'au jour prochain où elle les prendra toutes, par érosion régressive et agrandissement des fissures, et où le Doubs en amont de Pontarlier ne sera plus que le cours supérieur de la Loue, par un de ces phénomènes de capture dont M. Fournier nous a cité, dans ce même Jura, des exemples presque contemporains de nous Une conséquence de cette disette d'eau a été la recherche et le captage des sources des hautes chaînes par les habitants des villages en plateau, qui ont fait ù M. Fournier la même ovation qu'à l'abbé Paramelleautrefois, prêtant à son marteau un peu du pouvoir magique attribué à la baguette divinatoire des K sourciers ».

En aval de Morteau le Doubs remplit les « bassins » formés derrière un éboulcment, et dont il s'échappe par le Saut du Doubs1. Ces bassins, dominés par des falaises calcaires à pic, et qui passaient pour insondables, ont en réalité de 30 à 35 mètres d'eau; on les avait vus déjà presque à sec dans l'été 1893. Celte année. Peau a baissé davantage, découvrant en place des bassins un fond de vase incon sistante, où l'on ne se risquait pas sans danger, à travers lequel serpentait le Doubs, réduit à l'état de filet, et qu'on [tassait sur des planches. On a pu assister au creusement d'un « sous lit » en contre bas du plafond des bassins.

Seuls les deux derniers bassins conservaient de l'eau. Du 3 juin au o octobre le niveau de l'eau a baissé de 10 m. 91, et les bassins, réduits des deux tiers en longueur, présentaient le singulier aspect d'une plage de bouc à marée basse, à l;i ou IG mètres en dessous de la ligne de végétation. Cet assèchement a servi les [«rejets d'utilisation des forces motrices que représente cette masse d'eau, en déterminant remplacement des fissures par lesquelles fuit l'eau à travers le barrage formé par réboulemenl, et en faisant d'intéressantes expériences de coloration à la fluorescéine.

L'effet de telles sécheresses ne se réparc pas de sitôt, car c'est un fait connu (pie Tes fissures s'agrandissent par dessiccation, et que les calcaires, par leurs « emposieux », absorbent de plus en [dus l'eau superficielle. La sécheresse a aussi mis en évidence l'extrême variabilité des sources du calcaire que l'on a tendance à croire pérennes et égales. 11 n'en est rien, comme Tm l'a vu par la source de la Loue. Il en a été de même sur l'autre versant du Jura, où l'on a suivi certaines sources, comme celle de la Serrière, dont la variabilité extrême est de 1 à 37 (variabilité moyenne. 1 à 20), et de l'Oreuse : variabilité moyenne, 1 à 130; extrême, 1 à 500.

Par suite des pluies de ces derniers jours, les bassins du Doubs ont recommencé â se remplir. Ces pluies ont été moins abondantes d'ailleurs dans la Suisse occidentale que dans la Suisse centrale et orientale, où elles ont été provoquées par un coup

I. H. Schardl, Sur l'origine du lac des Urenvts, in Mélanges géologiques, Ncuchàtel, IV, 1905, p. 312.

de fœhn qui a fait monter la température à 20° à Claris, à 10° au Pilate et au Righi, à 5° au Saint-Gothard.

Dans la région des lacs de la haute Italie, où un régime d'averses torrentielles dure encore, le lac Majeur a monté de 2 mètres, et à sa surface flottent des arbres charriés par les torrents. Le village de Tavernola (lac d'Iseo) a continué de glisser. La ligne du Gothard a été interrompue par l'éboulement d'un tunnel sur la section entre le lac Majeur et le lac de Lugano. La crue du Tessin dépasse celle de 1868.

Paul Girardin.

L hydrographie des collines Euganéennes dans ses rapports avec la géologie de la région '. — Dans le creusement de leurs lits, beaucoup plus que les grandes rivières, les cours d'eau faiblement alimentés subissent les influences génétiques et tectoniques des territoires qu'ils traversent. En raison même de leur faible puissance, triomphant lentement de l'inégale résistance des roches à l'affouillement et des lents mouvements de l'écorce terrestre qui affectent leurs bassins, ils gardent la trace très nette des vicissitudes par lesquelles ils ont passé et des actions directrices qu'ils ont subies. L'histoire do leur évolution se trouve, en quelque sorte, gravée sur les roches de leurs talwegs, et, pour l'écrire, le géologue n'a qu'à relever ces inscriptions, c'est-à-dire les profils en long et en travers de ces cours d'eau. C'est à cette tâche que s'est employé avec succès le professeur L. de Marchi dans le massif des collines Euganéennes. Ce relief, dressé à l'ouest de Padoue, comme une île au milieu de la plaine de la Vénétie, est constitué par des roches volcaniques, les unes compactes (basaltes et trachytes), les autres relativement tendres (tufs), par ces calcaires néocrétacés que les géologues italiens désignent sous le nom de scaglia, enfin, par des marnes éocènes.

Suivant la nature des terrains dans lesquels ils sont établis, les profils verticaux des cours d'eau présentent des tracés très différents.

Deux cae sont à considérer suivant que le cours d'eau traverse un territoire homogène ou hétérogène. L'étude des ruisseaux euganéens établis en terrain homogène a conduit M. L. dV Marchi aux conclusions suivantes:

1° Dans les vallées supérieures les pentes maxima s'observent dans les tufs, puis, par un ordre de décroissance,, dans les trachytes, dans la scaglia et dans les marnes.

2" Dans les parties moyennes et inférieures des vallées les pentes vont en décroissant dans les trachytes, dans les tufs, dar»s la scaglia et dans les marnes.

3° Dans les trachytes, sauf dans leur zone inférieure, et dans les marnes, les profils des cours d'eau sont des droites, tandis que dans les tufs et dans la scaglia ce sont des courbes à pente régulièrement décroissante, plus accentuée, toutefois, dans la première de ces roches que dans la seconde. C'est que, dans les régions supérieures le tuf, continuellement érodé, présente, au contraire du trachyte, une surface crevassée; par suite l'action mécanique des eaux s'exerce dans le tuf avec une plus grande facilité, et détermine en conséquence une pente plus accusée. Ici l'hydrographie est commandée par le relief.

1. Luigi de Marchi, L'idrografla dei colli Euganei nei suoi rapporti colla geologiti e la morfologia délia regione. Presentala nell'adunanza ordinaria del 9 luglio 1905 del R. Istitnlo veneto di Scienze, Lcttere ed Arti. Venise, 190a.

Dans les régions moyennes et inférieures, par contre, le lit excavé dans le tuf est aplani par les matériaux entraînés : c'est alors l'hydrographie qui commande le relief.

Cette variété de profils dérive du degré de résistance opposée par les terrains traversés à l'érosion, laquelle est en relation avec trois facteurs, d'après M. L. de Marclii. Ces facteurs sont:

a) L'irrégularité du lit qui détermine un affouillement dont le coefficient est beaucoup plus élevé que celui de l'action mécanique moléculaire correspondant à un courant continu et régulier;

b) Les matériaux grossiers entraînés par le courant, roulés ou striés sur le fond;

c) Les menus sédiments en suspension qui accomplissent un perpétuel travail d'érosion sur les roches du fond.

En territoire hétérogène, les cours d'eau tendent à prendre dans la traversée de chaque terrain le profil caractéristique de ce terrain. Le raccord entre les diverses sections se produit par une rupture de pente et c'est à cette circonstance que sont dus les principaux accidents que présentent les profils des rivières euganéennes. Si telle est la règle, très nombreuses sont les exceptions; elles dérivent principalement de la direction du cours d'eau par rapport à celle de la stratification et de la position stratigraphique des couches inégalement résistantes à l'érosion. Cette dernière influence est particulièrement importante et M. de Marchi discerne quatre cas dans lesquels elle imprime au tracé du talweg une forme typique:

1° Une roche dure sert d'appui à une roche tendre qui la recouvre suivant une surface horizontale ou inclinée dans le sens du courant. C'est le cas d'une assise de marne, de scaglia ou de tuf déposée sur une coulée trachytique. Le profil, concave dans les strates tendres, devient tangent à la surface de contact avec l'assise dure: le raccord des deux profils s'effectue suivant un arc convexe.

2" La roche dure est recouverte verticalement et latéralement par la roche tendre: c'est le cas d'un dyke soutenant une roche sédimentaire. Le profil, concave dans la roche tendre, a la roche dure comme niveau de base. Le raccord a lieu selon un arc convexe.

3° La roche tendre sert de base et de soutien à la roche dure : c'est le cas d'une coulée trachytique ou d'un filon intrusif qui est venu recouvrir une roche sédimen taire. Le raccord des deux profils se fait par une rupture de pente en dessous de laquelle se produit une excavation. Cette rupture engendre naturellement une chute d'eau. De cette forme il n'existe qu'un exemple dans le massif euganéen, celui de la cascade de Schivonoja.

4° La roche tendre recouvre la roche dure jusqu'à une certaine hauteur : c'est le cas d'une couche sédimentaire soulevée en coupole par une intrusion laccolithique et érodée du sommet, si bien qu'elle ne recouvre plus que les lianes de la masse intrusive. Rectiligne et abrupt en haut, le profil s'adoucit dans la roche tendre inférieure. C'est le type de tous les cours d'eau des collines euganéennes descendus des cônes trachytiques entre la scaglia, le tuf, la marne et les sédiments alluviaux de plaine.

L'étude des prolils verticaux et en travers des cours d'eau a conduit M. de Marehi à reconnaître que la plus grande partie des trachytes sont recouverts par la scaglia et par des tufs. Aussi bien, d'après notre confrère italien, la plupart de ces trachytes qui viennent au jour au milieu de la scaglia sont non point des épanchemenls laviques ayant recouvert les calcaires, comme le pensent Suess et Reyer, mais des injections qui ont percé leur revêtement ou des laccolithes.

Si les cours d'eau des versants oriental et méridional et d'une partie des pentes occidentales du massif euganéen peuvent être considérés comme arrivés à maturité, par contre ceux du versant septentrional et d'une partie du versant occidental sont encore à l'état de jeunesse. La pauvreté en eau de ces torrents et l'action modificatrice de l'homme ne suffisent pas, selon M. de Marehi, à expliquer ce phénomène. L'auteur du mémoire que nous analysons invoque un mouvement tectonique qui aurait incliné et peut-être continuerait à incliner le massif euganéen vers le sud-est. Ce mouvement n'a été ni continu, ni uniforme dans tout le relief étudié. La plaine péri-euganéenne a participé à ce mouvement, mais peut être à un degré moindre.

Les torrents euganéens actuels dérivent, dans leurs lignes principales, d'un réseau plus ancien, peut-être préglaciaire, dont il est possible de reconstituer les directions les plus importantes, et les diverses vicissitudes. Cet ancien réseau était établi sur les marnes qui recouvraient le massif au moment de son émersion et au-dessus desquelles les pitons volcaniques faisaient à peine saillie.

Maurice Reclus.

Ethnographie des riverains du lac Balaton '. — Le Balaton est situé à 104 mètres au-dessus du niveau de la mer; son niveau a des variations saisonnières d'environ 1 mètre. Sa rive méridionale est, en général, plate et marécageuse; aussi les villages sont-ils situés à une assez grande distance du lac (2 km. 7, en moyenne); ils s'en rapprochent davantage sur la rive nord (1 km. 2, en moyenne), qui est montueuse, et n'est pas sujette aux inondations. Les villages du sud sont à une altitude moyenne de 123 mètres, avec minimum de 109 mètres et maximum de 1S9 mètres; ceux du nord sont situés à 28;i mètres et leur altitude varie de 12;i à 43!) mètres. Il y a 20 villages sur la rive sud, 30 sur la rive nord. Ceux-ci sont éloignés l'un de l'autre en moyenne de 3 km. 6; ceux du sud ont une distribution moins régulière; leur distance varie de 1 à 21 kilomètres, moyenne : 6 km. 3. La population est à peu près la même sur les deux rives : 26o96 au sud, 28 904 au nord, ce qui indique une densité moins forte dans les 30 communes de la rive nord; 98 p. 100 des habitants appartiennent à la nationalité magyare, et 72 p. 100 à la religion catholique.

Les noms de lieux ont fait l'objet d'une étude détaillée. Ils rentrent dans les catégories suivantes. Le plus grand nombre est emprunté aux conditions orographiques et hydrographiques. De nombreuses localités portent des noms qui rappel

1. Resullate (1er wissenschaftlichen Krforschung des Balatonsees. Bd. III. Social-und Antliropogeographie des Balatonsees. Theil II. Ethnographie der Lmuohner des Balatongealades, von Dr Johann Janko, nach dem Iode di?s Verfassers deutsch bearbeilet von D' W. Semayer. Wien, Ed. Hôlzel, 190»., in-i" (6 PI., 16 tableaux et 15« ilg.).

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