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lent une plante, un animal, une formation végétale caractéristique. Les noms de personnes, de familles ou de peuples sont plus rares. Il va de soi que la grande majorité des noms de lieux est en langue magyare.

Il est assez remarquable que les échanges de population entre les deux rives du Balaton sont à peu près nuls; cette nappe d'eau n'a jamais servi de trait d'union entre les habitants de ses rives. La cause de ce fait doit être cherchée dans la psychologie du riverain du Balaton. Celui-ci est un terrien, dans toute l'acception du terme: il ne se baigne pas dans le lac et ne le traverse pas volontiers, même en hiver, lorsqu'il est congelé. L'immigration d'autres parties de la Hongrie n'a pris qu'une part restreinte à la constitution de la population du Balaton : les 53000 habitants du recensement de 1890 peuvent presque tousètre considérés comme les descendants directs dos 6 000 indigènes auxquels la population était réduite en 1720, après les guerres avec les Turcs.

Les agglomérations présentent deux types dislincts.

Le premier, représenté par trois communes seulement, est caractérisé par l'absence de rues. Chaque maison est entourée de ses terres labourables, de son pré. de son vignoble. Les domaines, plus ou moins grands ainsi constitués, se suivent sans ordre. Les quarante-sept autres communes forment des villages véritables, où les maisons sont disposées en rangées plus ou moins régulières. Chacune a son jardin, mais les pièces de terre importantes sont dispersées sur le territoire, chacune dans la zone qui convient le mieux au genre de culture qui y est pratiquée. Il y a des villages dont les rues rayonnent autour d'une place, tandis que d'autres, formés à l'origine d'une rue unique, se composent d'un réseau plus ou moins complexe de rues latérales, créé ultérieurement au furet à mesure des besoins. Dans d'autres cas, lorsque le village a grandi, on a fait une seconde ou même une troisième rue parallèle à la rue primitive et on les a reliées par des passages transversaux. La localité urbaine de Keszthely (6 900 habitants) rentre dans ce type.

Il y a, surles rives du Balaton, des grottes creusées de main d'homme dans l'argile sableuse de l'étage politique. Elles ont été habitées jusqu'à une époque toute récente, mais ont finalement été abandonnées à cause des éboulements. A Kenese on trouve cinq étages de grottes qui ont été habitées successivement à mesure que les éboulements, en faisant reculer la rive, rendaient les grottes supérieures inaccessibles et diminuaient leur profondeur.

Les maisons appartiennent pour les deux tiers au type magyar, pour le reste au type allemand. Ces deux types sont très caractérisés : quel que soit le nombre des pièces de la maison magyare, chacune a une porte donnant sur la cour, et elles ne communiquent pas entre elles. En revanche, on pénètre dans la maison allemande par une seule porte et les pièces communiquent entre elles. Dans les constructions magyares anciennes il n'y a pas de cheminée, la fumée sort par la porte de la cuisine. Dans les types plus évolués de la maison magyare le versant du toit, du côté de la cour, est soutenu par des poteaux ou des piliers de pierre et le mur de ce eôlé est en recul. Il existe par suite une,sorte de vestibule sur lequel s'ouvrent toutes les pièces. Dans les formes les plus parfaites d'habitation les piliers sont remplacés par un mur percé de larges baies; les pièces donnent dès lors sur un corridor présentant, du côté de la cour, de grandes ouvertures et communiquant, d'autre part, avec la rue par une porte ménagée à l'extrémité de cette espèce de véranda dans le pignon de la maison faisant face à la rue. Ce type se modifie de diverses façons; ou supprime l'entrée sur la rue et on en pratique une autre sur la cour; on mure plus ou moins complètement le corridor et on y pratique des chambres. La maison se rapproche alors du type allemand. Malgré cette similitude extérieure, la maison magyare conserve cependant un caractère distinctif; c'est qu'elle n'a qu'une seule fenêtre sur la façade, et cette fenêtre est plus rapprochée du côté du vestibule. La maison allemande a, en général, deux fenêtres placées symétriquement sur la façade; quand elle n'en possède qu'une, elle est placée exactement au milieu.

Dans le type allemand la cuisine a toujours une cheminée; la partie postérieure où se trouve le fourneau est séparée de l'antérieure par une voûte. Celle-ci peut être remplacée par une cloison complète et l'on a alors une sorte d'antichambre sur laquelle s'ouvrent toutes les pièces. Celles-ci sont, comme dans la maison magyare, originairement au nombre de trois, la cuisine occupant le milieu. Les maisons du type allemand gagnent du terrain dans la région du Balaton : toutes les maisons neuves sont de ce type. Il règne sans partage dans la majeure partie de la Hongrie. Ce n'est que dans l'ouest, dans les comitats de Somogy, de Zala et de Veszprém, auxquels appartient la région du Balaton, que s'est conservée une forme plus ancienne; comme elle est inconnue ailleurs, on peut la considérer comme spécifiquement magyare.

Les dépendances de la maison présentent quelques particularités. Dans la région du Balaton l'écurie est, en général, attenante à la maison, mais séparée d'elle par un mur complet; un toit commun recouvre le tout. La grange forme une construction séparée; elle présente une chambre plafonnée où on conserve les instruments et un espace sans plafond où se place le foin. Notons encore la porte d'entrée de la cour; elle est entièrement en bois et présente, dans les types anciens, une roue sur laquelle elle roule et qui permet de la manier facilement malgré son poids. Dans les vignes se trouve un bâtiment servant de cave et renfermant le pressoir. Celui-ci est en bois et présente soit une vis verticale unique, soit deux vis latérales, soit enfin une seule vis latérale appuyant sur le marc par l'intermédiaire d'un levier.

Au point de vue de l'alimentation et du vêtement les riverains du Balaton ne présentent rien de remarquable; le costume est presque entièrement européanisé. Tous les riverains du Balaton se livrent à la pêche. Celle-ci se fait au filet, au harpon, ou en refoulant le poisson dans des espaces entourés de clôtures de forme compliquée. Les barques sont carrées à l'arrière, avec un avant très relevé. Elles étaient autrefois creusées dans un tronc d'arbre. D' L. Laloy.

ASIE

La vallée du Jourdain et Pétra. — Aussi curieuse à étudier au point de vue de la géographie physique que de l'histoire et de l'archéologie, la vallée du Jourdain a attiré un certain nombre de voyageurs, malgré les difficultés d'une exploration à accomplir à travers un pays désert et sauvage ou l'insécurité est souvent grande. Cette région peut offrir encore un champ de recherches étendu et des explorations récentes, comme celle entreprise en 1902 par M. William Libbey, professeur de géographie physique à l'université de Princeton Etats-Unis), et M. Franklin

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E. Hoskins, ont pu apporter une contribution utile à la connaissance de la vallée du Jourdain et principalement de la cliaine qui limite son bassin à l'est et des richesses archéologiques qu'elle renferme '. L'intérêt de la relation qu'ils ont donnée de ce voyage est accru encore par la beauté et la valeur documentaire des nombreuses photographies qui accompagnent l'ouvrage et dont nous pouvons reproduire ici quelques spécimens, grâce à l'obligeance des éditeurs. Laissant la mer à Sidon, les deux voyageurs franchirent la chaîne occidentale à. quelque distance de la source du Jourdain pour gagner de suite la chaîne orientale. Sur la vallée du Jourdain ils n'ont rien apporté de nouveau en ce qui concerne sa géographie, mais ils ont pu donner sur la géologie de ce bassin et des montagnes de la chaîne orientale , quelques considérations intéressantes.

1. The Jordan Valley and Petra, by William Libbey and Franklin E. Hoskins. New-York et Londres, G.-P. Putnam's sons, 1905, 2 vol. in-8", 353 et 3S0 p., 159 illustrations.

Ces montagnes de la chaîne orientale ne présentent, en général, pas de pics, bien que quelques-uns aient été découverts dans le massif du mont Hermon, et. plus au sud,dans le Jaulan. mais plutôt des hauts plateaux qui offrent aux regards de l'observateur placé à l'ouest du Jourdain une ligne bleue presque ininterrompue dont on était resté longtemps sans pénétrer les secrets. 11 se trouve que cette mystérieuse ligne bleue, en apparence non interrompue, renferme au moins quatre brèches principales qui déterminent dans l'ensemble de la chaîne cinq grandes divisions, Jaulan, Ajlun, Belka, Kerak, Edom, divisions naturelles présentant entre elles, en ce qui concerne l'histoire de leurs populations anciennes et les vestiges laissés par elles, des différences aussi tranchées que si ces peuples avaient été séparés par la mer.

Les quatre brèches qui coupent la chaîne sont taillées à travers la masse entier; des montagnes et révèlent tous les traits de leur géologie; elles viennent trouver une issue dans la brèche plus vaste, de la vallée du Jourdain, en des points qui vont de 210 à 394 mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée. Ces coupures naturelles n'ont pas seulement influencé le climat et les productions de la région, mais ■encore, et cela à tous les âges, la civilisation, le commerce et le gouvernement du pays. Le Yarmuk, le Jabbok, l'Arnon (fig. 48) et l'Ahsa sont les noms de ces brèches et des rivières qui les traversent; ces pays s.ont aujourd'hui dos dépen dances des gouvernements de Hauran, Naplouse et Damas et il est à remarquer qu'à l'époque romaine ils étaient rattachés aux mêmes centres.

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Loin d'être un plateau sans discontinuité, la mystérieuse ligne bleue présente donc une suite variée d'élévations et de dépressions; la masse montagneuse est de plus en plus haute à mesure qu'on avance vers le sud. De Banias, si l'on néglige la fosse du lac de Galilée, jusqu'en un point situé près de Pétra, on s'élève de 301) à près de 1 800 mètres. Que l'on ajoute à ce chiffre les 394 mètres correspondant à la dépression de la mer Morte, on trouve, sur une hauteur de près de 2 200 mètres, une série de zones présentant les plus grandes variétés successives de climat et de végétation.

Cette chaîne transjordanique est un véritable paradis pour les archéologues Les civilisations successives, sémitique, grecque, romaine, chrétienne, musulmane, puis les Croisés ont laissé dans ces montagnes des ruines qui ont été merveilleusement conservées jusqu'à notre époque. Les belles photographies qui accompagnent la relation de MM. Libbey et Hoskins en fournissent la preuve.

A Gadara, au sud-est du lac de Galilée, on trouve des ruines romaines dont les plus importantes sont celles de deux théâtres. Puis, plus au sud, on rencontre les merveilleux restes de la cité de Gerasa (aujourd'hui Djerach) qui fournissent l'un des spécimens les plus parfaits des anciennes cités grecques, surpassant même à certains égards Palmyre et Baalbek. La ville, entourée de murs, avait à peu près la forme d'un triangle d'environ 4 800 mètres de circonférence. On y remarquait une rue bordée d'une colonnade qui formait l'artère centrale et constituait un ensemble architectural qui n'a peut-être eu d'égal dans aucun pays. Trois à quatre cents colonnes subsistent en totalité ou en partie, une centaine de fragments d'architrave unissent encore les colonnes; le reste est tombé à terre.

Cette merveilleuse voie vient aboutir au Forum ou Peribolos, qui mesure cent vingt pas de diamètre, et autour duquel sont encore dressées quarante huit colonnes d'ordre ionique réunies par leurs entablements. On remarque qu'à certains endroits le Peribolos était joint par des colonnades à d'autres constructions.

Sur un point plus élevé que le Forum se trouvent les ruines d'un grand temple qui, par sa superbe position, dominait toute la ville. Les murs de ce temple ont 2 m. 2.'i d'épaisseur. Quand il était entouré de rangées de colonnes massives, il devait présenter un aspect splendide.

A l'ouest du Forum était un grand théâtre, placé contre le mur de la ville où l'on comptait vingt-huit rangs de sièges et qui pouvait contenir cinq mille spectateurs. C'est, sans conteste, l'un des théâtres grecs les plus beaux et les mieux conservés que l'on puisse voir dans les cités transjordaniques. Au centre de la ville il y avait

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