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encore un grand temple, un autre théâtre, des bains; en dehors étaient une naumacliie, puis des tombes et un arc de triomphe.

Madeba, dans le Belka, fut une cité llorissante à l'époque byzantine, en partie bâtie sur les ruines d'une cité romaine plus ancienne. Son église renferme les restes d'une curieuse carte en mosaïque du v" siècle.

Du Belka on passe dans le Kerak, au pays des Moabites, en franchissant la brèche de l'Arnon, aujourd'hui le Mujib, qui forme un superbe canon. De Kerak, MM. Libbey et Hoskins se dirigèrent sur Pétra, en passant par Talileh et Shobek, villes situées l'une comme l'autre sur une colline élevée et dominées chacune aussi par une forteresse. Elles furent importantes à l'époque des croisades, et Shobek était alors le Mont Royal.

La forteresse de Shobek (fig. 49) a été construite par Baudoin 1er, dans une situation qui est naturellement très forte, et, à proximité de la grande route de caravanes du Caire à Damas. Elle est difficilement accessible et elle a dû èlre imprenable avant la découverte des armes à feu. On sait que Saladin fit des efforts désespérés sans pouvoir s'en emparer. Après que les Croisés eurent abandonné ce lieu, les Musulmans le réparèrent et placèrent tout autour des murs de grandes inscriptions arabes formant une sorte de frise, dont les lettres ont de 0 m. 60 à 0 m. 90 de haut. Il existait deux routes romaines de Shobek à Pétra.

Le nombre des voyageurs qui purent entrer à Pétra pendant le.xi.v siècle, ou tout au moins de ceux qui ont laissé quelque souvenir de leur passage, est assez restreint. Presque tous y pénétrèrent par ruse et plus de la moitié en furent chassés, après avoir à peine entrevu cette ville mystérieuse. Trois ou quatre seulement obtinrent de passer une nuit au milieu des ruines et la plupart de ceux-ci durent payer de fortes sommes pour ce privilège. MM. Libbey et Hoskins comptent seize voyageurs ou expéditions qui visitèrent Pétra avant eux depuis le commencement du xix' siècle. Le premier fut, en 1811, Burckhardt, qui parcourut la Syrie eu tous sens sous le nom de Cheikh Ibrahim. En 1827, deux Français, le marquis Léon de Laborde et Linant de Bellefonds, entrèrent aussi à Pétra et dressèrent le plan de ses ruines. Plus tard, en 1883, Hull, Kitchener et Armstrong se virent imposer un fort bakhehich, pour que leur caravane de six personnes puisse seulement jeter un coup d'œil rapide sur Pétra et le mont Hor. Grey Hill fit plusieurs tentatives pour entrer à Pétra en 1890, 1891, 1893 et 1895 et il n'y réussit qu'en 189ti. Le dernier voyageur qui vit Pétra avant MM. Libbey et Hoskins est George L. Bobinson, en 1900.

C'est grâce au vali de Damas et à l'appui des autorités de la région, et aussi, en montrant de la fermeté à l'égard de tous les membres de la caravane et en traitant avec douceur et politesse tous ceux qu'ils rencontraient, que MM. Libbey et Hoskins purent aller jusqu'à Pétra et en revenir sans aucun incident fâcheux.

On accède à Pétra par un chemin de montagne très pénible ou par la gorge étroite et tortueuse du Sik. Ce défilé est long de 2.400 mètres jusqu'au fameux Trésor de Pharaon; c'est là le véritable Sik (fig. 50). Si l'on compte aussi les dix minutes qu'il faut pour aller de ce premier monument à l'amphithéâtre, dans ce cas, le défilé aurait trois kilomètres environ. Sa largeur varie de 3 m. 00 à 10 ou 14 mètres. La haute muraille surplombe par places la route et l'on n'aperçoit plus qu'un étroit ruban de ciel; en beaucoup d'endroits il devient impossible de prendre une photographie. La hauteur des murailles varie de 60 à 300 mètres.

Le fond du défilé est pavé d'un bout à l'autre d'énormes dalles de pierres. Elle

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apparaissent en place sur plusieurs points etsont couvertes par les débris des autres, mais dans les parties les plus resserrées elles ont été arrachées, en hiver, par la violence des eaux. Quand Stephens vint à l'étra en 1837, il trouva dans le défilé un tel torrent d'eau, qu'il eut de la difficulté à le passer à gué et qu'il dut monter pendant un moment sur les épaules de son guide.

Sur le côté droit du défilé, on voit les restes d'un aqueduc romain. Un tuyau d'argile d'environ huit pouces de diamètre est demeuré dans la façade du rocher, fixé

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par du ciment. Ce ciment est si résistant qu'aujourd'hui encore on ne peut détacher le tuyau qu'avec difficulté.

En continuant à suivre l'étroit défilé, on voit apparaître devant soi leTTrésor de Pharaon [Khaznet Firaun), entièrement taillé dans la paroi du rocher de grès rouge. C'est une vision d'une merveilleuse heauté. Le Trésor se trouve directement en face •de l'extrémité du Sik, la montagne dans laquelle le monument est creusé formantun angle droit avec ce ravin. Deux ravins transversaux coulent dans la fissure perpendiculaire au Sik. Celui de droite est inaccessible; celui de gauche a été appelé par MM. Libbeyet Hoskins la Vallée des Fées.

L'espace libre qui se trouve devant le Trésor ne dépasse pas la largeur de 30 mètres. La distance n'est pas suffisante pour prendre une photographie du monument dans toute sa hauteur, laquelle est d'environ 27 mètres. Cependant les vues qu'en ont prises les deux voyageurs en donnent une idée fort exacte et très nette.

Le monument consiste en une simple façade de style corinthien, à deux étages. richement décorée de colonnes, de sculptures et de statues. Les chambres sont creusées à l'intérieur du rocher. Les sculptures et les lignes de l'architrave sont presque aussi fines et aussi nettes que lorsqu'elles ont été ciselées. Les ligures qui ornaient les deux étages semblent avoir été sculptées dans une pierre plus tendre et avoir été mutilées par les Musulmans. L'étage supérieur est solide, et l'urne et la houle qui «ont au-dessus du dôme central et où la légende veut qu'auraient été déposés les trésors des Pharaons, ont souvent reçu les balles des Arabes qui espéraient les briser.

Dans le porche, on rencontre trois portes qui conduisent aux pièces creusées dans le roc. La chambre centrale est un.cube parfait de 12 mètres dans chaque sens; •elle ne porte aucune trace de décoration. Les deux chambres latérales, qui sont plus petites, ontleur entrée par le porche, mais ne communiquentpas^avee celle du centre. Ce sont vraisemblablement des aigles romaines que l'on voit au-dessus des deux portes latérales.

Les eaux ont, à différentes époques, charrié des blocs de rocher et de la boue jusque dessous le portique, de sorte que maintenant les lauriers-roses poussent à la base même des colonnes.

En continuant à suivre le cours du Sik, ou remarque, creusés dans les hautes murailles, de nombreux tombeaux étages les uns au-dessus des autres, puis on arrive à un amphithéâtre qui marque le commencement de la cité proprement dite. Le diamètre de la scène est de 3fi mètres; autour, s'étagent trente trois rangs de sièges si bien conservés qu'on pourrait facilement y donner une représentation aujourd'hui. Burckhart estimait que trois mille personnes pourraient y prendre place; mais, d'après les mesures qu'ils ont prises, MM. Libbey et Hoskins pensent ■que cinq mille spectateurs pouvaient aisément se placer, lorsque tous les rangs ■de sièges étaient complets.

La masse rocheuse dans laquelle ont été taillés le Trésor de Pharaon (fig. iil) ■et l'amphithéâtre est couronnée par la haute place {High Place), d'où l'on jouit •d'une très belle vue sur l'ensemble de Pétra.

Il existe, au sommet de la « High Place », des autels, avec des cavités et des escaliers paraissent être les restes d'une ancienne installation qui devait certainement servir à la célébration d'un culte. On a pensé, d'après la disposition de ces autels, qu'ils servaient à faire îles sacrifices sanglants, et que le sang des victimes coulait ■et était recueilli dans ces cavités. La « High Place » devait être, dans l'ancienne •capitale de l'Edom, la place principale consacrée au culte.

Le torrent de Ouady Mousa, nom qui est aussi celui sous lequel Pétra est

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connue aujourd'hui, continuant le Sik vers l'ouest, sert de route de pénétration vers le centre de la ville. A l'est de la cité se trouvent une tombe corinthienne et un grand temple. En allant vers l'ouest, la voie principale passe devant un arc de triomphe, puis devant le Château de Pharaon, monument qui était orné sur la façade d'une rangée de colonnes dont quatre subsistant encore. On longe ensuite la base du rocher de la citadelle où l'on voit une quantité de tombes et de sculptures, puis un temple que l'on appelle le temple de l'Arc-en-Ciel, à cause de la merveilleuse coloration des grès dans lesquels il est taillé.

La citadelle, en ruines, semble avoir été une petite forteresse élevée par les croisés. Une mauvaise route et un escalier en démolition y conduisent. Un peu plus loin, vers le nord-ouest, se trouve, dans l'un des sites les plus grandioses et les plus sauvages des environs de Pétra, une autre « Haute Place », avec tous les mômes accessoires du culte, autels, cavités, gradins, etc., que dans la High Place du sud de la ville, qui paraissait la plus importante. C'est la même disposition que l'on a constatée pour les temples du Soleil du sud de la Syrie, où ils sont souvent par couples, l'un plus élevé et installé sur le sommet d'une montagne dominant la ville, que l'on utilise en été, l'autre situé à l'intérieur même de la ville et destiné à servir pendant l'hiver.

Parmi les nombreuses fissures qui, du fond de la vallée principale, s'ouvrent au milieu de la masse rocheuse, l'une des plus remarquables est celle qui conduit au monument appelé le « Deir ». Là, comme partout dans la région de Pétra, les vents et les tourbillons ont érodé les grès colorés en leur donnant des formes aussi variées que curieuses.

Le Deir, nom qui signifie monastère et qui lui a été donné plus tard par les chrétiens, est un monument qui rappelle le Trésor de Pharaon; il est creusé, comme celui-ci, sur le flanc d'une montagne, mais il n'y a pas au-dessus une masse rocheuse qui surplombe. Sa hauteur est de 43 mètres et sa largeur, qui dépasse celle du Trésor, est de 45 mètres. Le monument comprend aussi deux étages comme le Trésor, et il est surmonté d'une urne et d'une boule. Les cinq niches peuvent avoir contenu autrefois des statues; mais, en tout cas, s'il y en a eu, elles n'étaient pas taillées à même le roc. Le Deir contient lui aussi plusieurs chambres toutes creusées dans le rocher. L'une d'elles paraît avoir été employée, à une certaine époque, comme église chrétienne.

Tels sont les monuments les plus curieux et les mieux conservés de cette étonnante cité qui renferme en si grand nombre tombeaux, temples, ruines et vestiges de toute sorte, non pas seulement de l'époque romaine, mais aussi de temps plus reculés. Les descriptions détaillées qu'en ont données MM. Libbey et Hoskins sont des plus intéressantes et ils y ont ajouté une ample et belle documentation photographique qui les rend plus saisissantes encore, comme le montrent les figures accompagnant cette notice et communiquées par leur éditeur, MM. Putnam fils.

MM. Libbey et Hoskins ont terminé leur voyage par une excursion au mont Hor, près de Pétra, haut de 1 380 mètres, que surmonte le tombeau d'Aaron, monument sacré pour l'Islam; ils ont pu faire l'ascension de cette montagne que rendait impossible, au début du xix* siècle, le fanatisme des populations.

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