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mers et le long des fleuves cette zone déprimée s'étend jusqu'à une grande distance dans l'intérieur. Contre l'invasion de la mer ces terres sont protégées soit par des dunes, soit par des digues. Mais, sous l'influence de tempêtes de nord ouest la marée atteint-elle une hauteur exceptionnelle, les défenses naturelles ou artificielles peuvent être renversées, tout le pays se trouve alors sous l'eau, et, parfois il est arrivé que les territoires ainsi submergés aient été définitivement acquis au domaine maritime. Pareil événement se produisit en 1277. Une inondation survenue à celte date engendra la formation du Dollart. à l'embouchure de l'Ems, engloutissant 43 paroisses et noyant 80000 personnes. Trois siècles plus tard, à la Toussaint 1570, se produisit une nouvelle irruption des flots non moins calamiteuse. Des bouches de la Meuse à Skagen, la pointe nord du Jutland, 100000 personnes périrent dans ce nouveau déluge. A Noël 1717 nouvelle invasion de la mer encore plus forte que la précédente, puis le 3 et le 4 février 1825. A cette dernière date, à Emden le Ilot s'éleva à 2 m. 23 au-dessus du zéro. En 1901 ce niveau a été notablement dépassé; la mer est montée à 3 m. 94. Enfin, tout dernièrement, dans la nuit du 12 au 13 mars 1906, sous la poussée d'une violente tempête, toujours à Emden, elle a atteint 4 m. 06, soit 0 m. 83 de plus qu'en 1823.

Ainsi donc la hauteur de ces inondations parait augmenter avec le temps; peutêtre, fait observer à cet égard le Geographische Zeilschrift (XII, 5, 29 mai 1906, p. 293) auquel nous empruntons ces renseignements, faudrait-il voir dans ce fait le résultat d'un lent affaissement de la côte de la Frise orientale.

Dans la plaine maritime de la Belgique la marée du 12 mars 1906 a également exercé de grands ravages, principalement dans la région des polders de l'Escaut inférieur jusqu'aux environs de Termonde. Dans cette région comme à Emden le flot s'est, à cette date, élevé plus haut que lors des inondations précédentes, de 0 m. 50, 0 m. 80 et même 0 m. 90. Sous la poussée des eaux, en aval de Termonde les digues ont cédé et de vastes territoires fertiles ont été inondés; ils demeurent noyés jusqu'au jour où les brèches auront été fermées et l'évacuation de l'eau obtenue. Dans une seule commune les dégâts sont évalués à 500 000 francs, d'après M. Raoul Blanchard qui, avec la connaissance spéciale qu'il possède de cette région, a consacré à ce désastre une intéressante notice1.

Le 4 février 1875 et le 31 janvier 1877 se produisirent sur la cote flamande des marées presque aussi fortes que celle de mars 1906; ces irruptions de la mer sont donc relativement fréquentes. Cette circonstance ne saurait être jamais perdue de vue dans l'étude de la genèse des terrains qui constituent les plaines maritimes.

Charles Rabot.

La pluviosité en Allemagne. — La carte de la pluviosité en Allemagne dressée par le professeur G. Hellmann2, d'après la moyenne annuelle des précipitations observées dans 3 000 stations durant la période décennale 1803-1902, met une fois de plus en évidence la décroissance des précipitations d'ouest en est dans l'Allemagne du nord. Cette décroissance se manifeste sur toute la surface de cette région, sur la côte comme dans l'intérieur des terres, dans la plaine comme dans les zones des collines. Ainsi, le long du 52° de Lat. N., alors que dans la vallée supérieure de l'Ems (Westphalie) les précipitations annuelles atteignent de 0 m. 70 à 0 m. 80', à Posen elles ne sont plus que de 0 m. 40 à 0 m. 50. Pareillement sur la côte de Frise, on observe 0 m. 60 à 0 m. 70 et à Danzig seulement 0 m. 50 à 0 m. 60; dans l'Ardenne, à l'ouest d'Aix-la-Chapelle, 1 m. 20 à 1 m. 40, et aux sources de la Neiss, dans les Sudètes, 0 m. 90 à 1 mètre.

1. A propos des inondations récentes dans les polders du Bas-Escaut, in Huit, de ta Société de Géographie de Lille. 1900, avril, n" i, Lille, p. 237.

i. Reoenkarle von Ueutschland. Mit erlâuternden Bemerkungen. — Berlin, 1900, Dielrich Reimer. Prix : 3 marks.

Les cotes basses de l'Allemagne reçoivent une moindre quantité de pluie que les régions voisines. La différence est, toutefois, faible de 0 m. 01 à 0 m. 06. En Flandre, qui fait d'ailleurs partie de cette même zone de côtes basses qui forment le front maritime de l'Europe centrale, M. Raoul Blanchard a relevé le même trait, mais plus accusé. En Belgique la pluviosité dans les stations de l'intérieur peut dépasser de 0 m. 14 celle du littoral belge '.

La carte du professeur Hellmann met une fois de plus en évidence l'influence du relief sur l'abondance des précipitations, de telle sorte que la carte pluviométrique de l'Allemagne dessine les principales saillies du terrain. Nulle part cette influence n'apparaît mieux que dans les grandes plaines du nord, où l'on voit la pluviosité augmenter, dès que se présente une colline. Ainsi au milieu du Hanovre et de la Saxe où les précipitations ne dépassent pas 0 m. 40 à 0 m. 80, elles s'élèvent brusquement à 1 m. 70 au Brocken.

Le professeur Hellmann signale, enfin, la diminution de la pluviosité par rapport aux régions environnantes dans les vallés moyennes des fleuves entourées de reliefs.

Les parties de l'Allemagne les plus abondamment arrosées sont le versant est des Vosges (2 m. 12 au sommet du ballon de Guebwiller, les Alpes bavaroises (2 m. ('.'i dans le massif des Watzmann), le sud et le centre de la Forêt Noire (1 m. 80 à 2 m. environ), enfin, dans le nord, le Brocken. Dans trois régions de l'Allemagne du nord la somme des précipitations annuelles est inférieure à 0 m. 50; ce sont : 1° une zone très étendue embrassant la partie orientale de la province de Posen et le centre la Prusse occidentale (0 m. 41) avec maximum sur les bords du lac Goplo et dans le pays de Kulm; 2° une région beaucoup moins grande que la précédente, à cheval sur l'Oder immédiatement au sud de Stettin (Brandebourg et Poméranie) où la moyenne annuelle la plus basse est de 0 m. 45; 3° une zone riveraine de la Saale entre Halle et Magdebourg, à l'est du Brocken, soit le versant de ce relief opposé aux vents pluvieux, où la moyenne annuelle peut descendre à 0 m. 44. Un quatrième centre de sécheresse se trouve autour de Mayence sur les bords du Bhin et dans la vallée inférieure de la Nahe (0 m. 43). On observe, en outre, de petits ilôts de faible pluviosité disséminés dans l'étendue de l'Allemagne, par exemple près de Colmar (0 m. 48), à Hochst sur le Mayn, à Beuthen et à Furstenberg, sur l'Oder (0 m. 50).

1. La hauteur des précipitations est exprimée en centimètres. Une pluie fournissant une hauteur de 0 m. 01 au pluviomètre correspond à 10 litres par m2, soit à 100 hectolitres par ha.

2. Raoul Blanchard, La Flandre. Étude géographique de la plaine flamande en France, Belgique et Hollande. Un vol. in-8. Publié par la Société dunkerquoise pour l'avancement des lettres, des sciences et des arts, 1906, p. 28.

Cuahles Rabot.

L'agriculture dans la province du Rhin. — Tandis qu'en Angleterre et que dans la plus grande partie de la France, l'agriculture n'est pas précisément prospère, toute différente est la situation dans la Prusse rhénane. Le symptôme le plus évident de la prospérité des industries agricoles dans cette partie de l'Allemagne est la hausse considérable de la propriété foncière. Le rapport consulaire anglais auquel nous empruntons ces renseignements ' fournit à cet égard des chiffres singulièrement intéressants. Une ferme de 24 hectares achetée il y a quelques années 18 750 francs a été revendue 50 000, une autre de 72 hectares payée il y a sept ans 82 500 francs a été acquise au prix de 150 000 francs, une troisième achetée trois ans auparavant 271 875 a trouvé preneur à 562 000 francs.

Sur une population dé 5759 798 âmes (recensement de 1900) que compte la Prusse rhénane, un tiers environ est engagé dans l'agriculture, et, sur une superficie de 26 995 kilomètres, 60,6 p. 100 sont des terres agricoles. La culture la plus importante est celle des céréales (53,92 p. 100 des terres arables); les vignes n'occupent qu'un 1/2 p. 100 du territoire agricole, soit 13531 hectares. L'élevage constitue également une source importante de revenu. La province possède 162397 chevaux et 1 076945 tètes de bétail. La Silésie est la seule région de l'Allemagne renfermant de plus nombreux troupeaux.

La propriété rurale est très divisée. 66,19 p. 100 du nombre total des exploita tions ne dépassent pas 5 hectares; ces petites exploitations correspondent à 26 p. 100 du territoire agricole. Il n'est même pas rare de rencontrer des propriétés de 6 à 14 ares. 96,06 p. 100 des fermes sont de 20 hectares au maximum; seulement 3,94 p. 100 dépassent cette étendue. Ce morcellement du sol est la conséquence de la division des héritages et de l'influence du Code civil demeuré en vigueur dans cette partie de l'Allemagne jusque dans ces dernières années.

Cette prospérité de l'agriculture dans la province du Rhin tient à plusieurs causes : à l'excellente organisation du crédit agricole, à la protection éclairée du gouvernement, à l'activité des associations professionnelles, enfin au développement de l'enseignement technique.

Dans toutes les provinces de la Prusse existe une « Chambre d'Agriculture » dont le rôle est considérable. Cet organe subventionne l'enseignement professionnel et toutes les associations régionales qui travaillent au perfectionnement des diverses industries agricoles, en même temps que, par des publications appropriées, il assure la diffusion des méthodes rationnelles; enfin il est le porte-paroles des intérêts agricoles auprès du gouvernement. C'est ainsi qu'ont été obtenus des tarifs de transport réduits pour les produits de la terre et des mesures douanières protectrices. En toute occasion la « Chambre d'agriculture » intervient auprès des pouvoirs publics et elle en est écoutée. Le budget annuel de cet organe dans la Prusse rhénane est d'un million de francs.

1. Diplom. and Consul. Heporls. Miscellaneous Séries, n" (132. Agriculture in the Rltcnisli Province, Foreign Office, mai 1906.

Dans cette province existe, en outre, une puissante association réunissant plus de 40 000 adhérents et divisée en plus de 700 sections, laquelle travaille avec activité à l'amélioration des méthodes culturales comme à l'ouverture de débouchés pour les produits. Un grand nombre de ces sections constitue des coopératives pour l'achat des engrais et des jnaehines pour plus le grand avantage des petits propriétaires.

Enfin, et c'est là la principale cause de la prospérité de l'agriculture dans la province du Rhin, le paysan allemand, loin d'être réfractaire au progrès, reconnaît les avantages des méthodes rationnelles actuelles; il a abandonné la routine pour suivre docilement les enseignements de l'agronomie dont il a parfaitement compris l'utilité. Dans la Prusse rhénane n'existent pas moins de 40 écoles d'agriculture. Elles sont seulement ouvertes l'hiver et l'été les maîtres deviennent itinérants, se rendant de village en village pour faire des conférences et donner des informations sur des sujets indiqués par les cultivateurs eux-mêmes.

Enfin, dans notre opinion, une des causes les plus importantes de la prospérité de l'agriculture en Allemagne est la rapide augmentation de sa population.

Charles Rabot.

La population de Rome1. — A la fin de 1904 la population de Rome s'élevait à 506 8M)àmes, en augmentation de 38 848 unités sur le recensement de février 1901. Cette augmentation est due pour une part à l'excédent de l'immigration sur l'émigration. Pendant les quatre années considérées, l'immigration s'est élevée à 40 031 unités, soit à 10 008 par an. tandis que l'émigration n'a pas dépassé 15305, soit une moyenne annuelle de 3 826. D'une part, l'excédent des naissances sur les décès a été de 11 728. Le taux moyen de la mortalité par an à Rome est de 18,3, par 1 000 habitants. La Ville Eternelle ne mérite donc plus sa réputation d'insalubrité.

Cn. R.

Anthropométrie militaire en Italie 2. — L'enquête menée par les inspecteurs sanitaires de l'armée italienne sur les contingents de 1859 à 1863 et dont les résultats ont été coordonnés par M. Livi dans deux forts volumes in-4° et un atlas, s'étend à 299 355 individus, ce qui donne, par rapport à la population du royaume une proportion de 10 p. 1000; en ne considérant que la population masculine âgée de vingt à vingt-cinq ans, la proportion des individus observés s'élève à 246,6 pour 1 000. C'est dire que cette enquête nous donne une vue très satisfaisante delà composition ethnique et de la démographie de l'Italie. De nombreux tableaux et des cartes très claires forment une mine précieuse de renseignements.

1. Diplom. and Consul. Reports. Ann. Ser. n" 3bf>5. Trade of Consulat- District of Home for the year I90ï. Foreign Oflice, avril l'JOG, p. 10.

2. Livi (Riilolfo), Antropometria mililare. Risultati ottenuti dallo spoglio dei fogli sanitarii dei mililari délie classi 1839-63. Parte I. Dali antropologici eil etnologici. Ruina 1890. Atlante délia geographia antropohigica d'Italia. Roma, 1896. Parte II. Dali demografici e biologici. Roma, 1905.

La Gkooraphie. — T. XIV, 1900. 3

La taille est plus élevée dans le nord de l'Italie que dans le sud. Si l'on prend, par exemple, les tailles supérieures à 1 m. 70, leur fréquence pour l'ensemble du royaume est de 17,63 p. 100. Cette proportion s'élève à près de 30 p. 100 dans le nord et surtout dans l'angle nord-est, tandis que dans toute la région méridionale, elle varie entre 14 et 5 p. 100. La couleur des yeux et des cheveux est plus foncée dans le sud que dans le nord. Ainsi le type brun (cheveux noirs, yeux châtains ou noirs) représente 50 p. 100 des cas dans l'ensemble du territoire; dans le nord il varie de 38 à 50 p. 100, dans le sud, de 50 à 66 p. 100. L'indice céphalique (rapport de la largeur à la longueur du crâne) est de 82,73 en moyenne. Dans toute la moitié septentrionale, il est supérieur à ce chiffre et s'élève par endroits jusqu'à 88,7, c'est-à-dire que la tête est plus courte dans cette région. Il faut, cependant, faire une exception pour la bordure du golfe de Gènes, pour la région de Lucques et de Pise, et pour l'île d'Elbe où nous trouvons des tètes allongées. De même à peu d'exceptions près, l'indice céphalique est bas dans toute la partie méridionale du royaume: la largeur ne représente souvent que les 74 centièmes de la longueur. Rien n'est mieux propre que ces constatations à nous montrer combien les nationalités modernes sont des amalgames artificiels de races entièrement distinctes par tous leurs caractères physiques.

Le second volume, consacré aux données démographiques et biologiques, renferme des renseignements sur les rapports de la taille avec le périmètre thoracique et le poids, et leurs variations avec l'âge et la profession, sur les cas de réforme et les maladies, sur l'accroissement de la taille et du poids. Ces données sortent un peu du cadre de cette revue; aussi nous ne pouvons que signaler ici l'intérêt qu'elles présentent pour le médecin et le démographe. Dr L. Laloy.

AFRIQUE

Nouvelle campagne hydrographique sur les côtes du Maroc. — Le 22 mai dernier le lieutenant de vaisseau Dyé a quitté le Havre sur le yacht Senta, afin de diriger une nouvelle compagne hydrographique sur les côtes du Maroc à laquelle, comme à celle de l'an dernier, Mmo Hériot a apporté le concours de ses libéralités. Cette seconde expédition comprend, comme la première, MM. Larras et Traub, enseignes de vaisseau, et M. Pobéguin, ingénieur, qui avec le commandant de la mission, M. Dyé, ont assumé la charge des levers hydrographiques. En outre des travaux purement géographiques, la mission se livrera à une enquête économique et rassemblera des documents d'histoire naturelle et d'ethnographie. M. Paul Bourdaric et le Dr Léon Dyé sont spécialement chargés de ces études auxquelles collaborera M. Auguste Hériot, chef de l'escorte de la mission.

Dès son arrivée sur la côte du Maroc, le commandant Dyé et ses collaborateurs ont entrepris le lever hydrographique de la côte aux environs de Safi.

Ch. R.

Déterminations astronomiques sur les côtes du Maroc. — Sous la date du 22 juin lî)06, le commandant Dyé, chef de la mission hydrographique et

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