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dance deviendra presque complète. C'est vers la fin de 1907 que la nouvelle constitution entrera en vigueur dans l'archipel.

En reliant ainsi la question de recensement à celle de la future autonomie des Philippines, le gouvernement des Etats-Unis a procédé très sagement. Il a inspiré confiance au peuple qui, dès lors, a vu dans le recensement, non plus un moyen d'établir de nouveaux impôts, comme cela se passait jadis, mais tout à la fois une garantie assurant, pour l'avenir, une répartition, aussi équitable que possible, des représentants à élire d'après le chiffre de la population, et un moyen de connaître plus exactement les ressources du pays et d'assurer la mise en valeur de ses richesses naturelles.

C'est ce qui était d'ailleurs expliqué dans les proclamations répandues jusque dans les villages les plus lointains et que l'on avait eu le soin de publier à la fois en espagnol et en une dizaine de langues indigènes.

Le succès du Census est dû non seulement à la parfaite ordonnance que lui ont donnée les agents, particulièrement compétents, envoyés d'Amérique pour s'en occuper, mais aussi au zèle et au dévouement des municipalités et des gouvernements provinciaux. Ceux-ci possédant une certaine autonomie locale, ont vu déjà par expérience combien elle a contribué à la prospérité du pays, et, ils comprennent que l'extension du système du « self-government » à l'ensemble du pays conduira à des résultats meilleurs tant au point de vue local qu'au point de vue général.

Sans entrer dans tous les détails des opérations du Census, notons qu'elles étaient dirigées par le général J. P. Sanger, assisté de MM. Gannett et V. Olmsted, statisticiens bien connus, qui ont fait leurs preuves dans l'établissement des Census de Cuba et de Porto-Rico. Ils avaient pour auxiliaires 7 62" recenseurs, dont 125 seulement n'étaient pas Philippins. Au nombre des agents employés figurent40 femmes; c'est la première fois que des femmes remplissent des fonctions officielles dans le pays.

Les recenseurs étaient initiés aux opérations du recensement par les présidents de chaque district qui, au préalable, avaient été convoqués dans les chefs-lieux de province où le gouverneur leur avait expliqué tout le mécanisme du Census. Les gouverneurs eux-mêmes avaient été, auparavant, réunis à Manille et ils avaient concouru, avec le gouverneur général et le directeur du Census, à l'élaboration du programme du recensement; ils avaient regagné leurs postes munis de toutes les instructions nécessaires pour son application. Il est bon d'ajouter que toutes les personnes qui ont pris part au travail du Census, depuis les gouverneurs jusqu'aux recenseurs, ont été largement rétribuées.

Des recenseurs spéciaux ont été dressés directement par le directeur du Census ou par les gouverneurs pour les opérations à faire parmi les tribus non civilisées. Le Dr Barrows a entrepris la tâche difficile de faire la revision du classement des tribus et des peuplades tant sauvages que civilisées. 11 y a parfaitement réussi et a pu réduire considérablement le nombre des tribus relevées, dont beaucoup ne se distinguaient les unes des autres que par des différences sans importance.

La direction du Census estime que le dénombrement de la population fait aux Philippines en 1903, est exact à 1 p. 100 près pour la population civilisée, qui comprend les indigènes de 447 municipes organisés et les étrangers (Chinois, etc.). Pour les tribus non civilisées, l'erreur est plus grande, mais elle ne doit guère dépasser 10 p. 100. Pour le surplus des renseignements portés au Census, la certitude oscille également entre ces deux chiffres.

En prenant pour base le Census et quelques autres publications, pour la plupart officielles, mentionnées au début de cet article, on peut se faire une idée très exacte de la situation actuelle des Philippines '.

Nombre des îles. Superficie. — L'archipel se compose de 3141 îles ou îlots, dont 1 668 seulement portent un nom. Sur ce nombre, deux îles seulement, Luçon et Mindanao ont une superficie supérieure à 90 000 kilomètres carrés et neuf une superficie supérieure à 2 500 kilomètres carrés2. Quant aux autres îles, les unes ont une étendue variant entre 1750 kilomètres carrés et 25 hectares, les autres sont de simples îlots ayant moins de 25 hectares. On compte 2 046 de ces derniers.

La superficie totale de l'archipel est de 297 917 kilomètres carrés, chiffre peu éloigné de celui de 296 282 qu'avait donné le calcul planimétrique exécuté à l'Institut géographique de Gotha en 1888.

Divisions administratives. — Le territoire de l'archipel est réparti administrativement entre 39 provinces, auxquelles il faut ajouter celle « des Moros », comprenant Mindanao et les îles voisines, habitées par les indigènes mahométans. Cette dernière province, à peine pacifiée, a une organisation spéciale et un régime ne comportant pas d'autonomie municipale. Sous la domination espagnole, il y avait 8 provinces à Mindanao et 45 dans le reste de l'archipel. Les provinces sont divisées en municipes.

Climatologie, météorologie. — Le chapitre Climatologie, rédigé par le R. P. José Algue, directeur du bureau météorologique des Philippines, est fort intéressant, bien qu'il nous apprenne moins de faits nouveaux que les autres. Si, par exemple, l'on compare les moyennes mensuelles de la température, ainsi que les maxima et les minima, relevés à Manille de 1882 à 1902 avec les chiffres correspondants pour la période de 1870 à 1877 que donne Vivien de Saint-Martin dans son Dictionnaire (t. IV, p. 785), on trouve des différences de quelques dixièmes de degré seulement. Ou bien encore, on trouve que les mois signalés comme les plus chauds sont ceux de mars à juin, au lieu d'être ceux de mars à mai, comme on avait dit jadis. Ce sont des différences qui ne méritent pas qu'on s'y arrête.

1. Pour les termes île comparaison avec l'état ancien, nous nous sommes référés à l'article Philippines du Dictionnaire de Géographie Universelle de Vivien de Saint-Martin et Rousselet, t. IV (1X90) et Supplément (1890).

2. Ce sont par ordre de grandeur : Samar, Negros, Panay, Paragua. Mindoro, Leyte. Cebu. lïohol, Masliate. ,

Toutefois, les conclusions générales déduites, en ce qui concerne la température, des observations faites dans l'archipel, sont intéressantes à retenir. En voici un résumé succinct.

1° La période des grandes chaleurs dure d'avril à juin. L'isotherme de 30° passe alors à travers toutes les îles.

2° Réduite à un même niveau au-dessus de la mer, la température est, en général, plus douce sur les côtes que dans l'intérieur. Cette différence va en croissant avec la grandeur des îles.

•3° La variation annuelle permettant de distinguer une saison fraîche d'une saison chaude n'est suffisamment sensible qu'au nord du 18e de Lat. N.; dans la plupart des îles situées au sud de cette latitude on ne peut guère établir cette différence.

On peut distinguer trois groupes climatiques dans l'archipel; l'un comprend les régions qui ont deux saisons, l'une chaude, l'autre fraîche; l'autre possède un climat chaud sans variation de température durant toute l'année; enfin le troisième est à climat tempéré, également sans variation. Dans le premier groupe, la température moyenne des mois les plus chauds est de 27° (régions à température douce, de la carte); dans le second, elle est de 30° à 31° (régions de haute température, de la carte); dans le troisième, de 29° (régions de température intermédiaire, de la carte). Il y a, enfin, des régions qui, en raison de leur altitude sont qualifiées de fraîches. La distribution de ces régions est montrée sur une carte, dans le tome Ier du Census reproduite ci-après (fig. 56).

Les observations pluviométriques qui, du temps des Espagnols, ne se faisaient qu'à Manille et sur deux ou trois autres points de Luçon, ont été pratiquées avec grand soin par les Américains depuis 1902 dans 80 stations environ, réparties dans tout l'archipel.

D'après les observations d'une seule année (août 1902-septembre 1903), résumées dans le Census, on peut diviser l'archipel en deux zones:

1° Une zone à deux saisons, humide et sèche, comprenant la partie ouest de Luçon, de Mindoro et de Panay, puis les îles Palaouan et Calamianes.

2° Une zone où la distribution des pluies est à peu près égale pendant toute l'année, qui comprend l'est de Luçon, les îles orientales des Visayas, l'archipel de Soulou, Mindanao, etc.

Dans chacune de ces zones, il y a des régions où les pluies sont abondantes et d'autres dans lesquelles elles sont relativement rares; mais, d'une façon générale, la quantité des précipitations augmente de l'est à l'ouest (voir la carte, au tome 1er du Census, p. 180).

En ce qui concerne les cyclones, les observations faites dans différentes stations aux Philippines et dans les régions avoisinantes de l'extrème-Orient, constatent que 397 de ces « baguios » ont touché l'archipel durant la période de 19 années allant de 1880 à 1898, soit 21 par an en moyenne. Le maximum (19) correspond au mois de septembre et le minimum (0) au mois de janvier. Si l'on divise les cyclones, par rapport à Manille, en trois groupes, selon qu'ils se forment dans le Pacifique, dans la mer de Chine, ou dans la mer de Soulou et dans les eaux interinsulaires des Philippines elles-mêmes, on constate que 81 p. 100 des cyclones appartiennent au premier groupe, 15 p. 100 au second et seulement 4 p. 100 au troisième.

Le volcanisme n'a pas été oublié dans le Census. On y mentionne 12 volcans actifs et 8 éteints, avec indication de leur position, de leur altitude, de la nature de leur constitution géologique et de la date de leurs éruptions. Ces notions sont complétées par une carte et par la description détaillée de chacun des groupes volcaniques, avec planches.

Les tremblements de terre, si fréquents dans l'archipel, ont été aussi l'objet d'une étude spéciale. Une belle carte fait embrasser d'un coup d'œil les directions des mouvements de l'écorce terrestre qui se produisent dans les diverses îles. Le nord, le sud-ouest et le sud-est de Luçon, ainsi que l'est de Mindanao sont les régions les plus sujettes aux tremblements. Viennent, ensuite, le reste de Luçon, le centre de Mindanao, Mindoro, Masbate et Panay; ce sont les îles centrales Cebu et Bohol, qui sont le plus stables.

Population. — Estimée à 7 millions d'habitants environ en 1898, la population est exactement de 7 635 426 habitants, d'après le Census de 1903.

Sa densité se trouve être de 67 habitants par mille carré, soit d'environ 26 habitants par kilomètre carré. Elle est donc huit fois plus faible que celle de Java, quatre fois plus faible que celle du Japon et presque trois fois plus faible que celle de la France. La densité de la population des Philippines se place entre celles de l'Espagne et de Cuba; elle est deux fois et demie plus forte que celle des Etats-Unis.

La population des Philippines est répartie dans 342 îles habitées d'une façon permanente. Luçon, la plus grande, qui représente 35 p. 100 de la superficie totale de l'archipel, renferme presque exactement la moitié de la population de l'ensemble des Philippines. Mindanao, qui vient après, occupe 31 p. 100 de la superficie, mais, ne fournit que 7 p. 100 de la population. Ces deux grandes îles réunies représentent les deux tiers de la superficie de l'archipel et 56 p. 100 de la population. Les neuf îles qui viennent ensuite par ordre de grandeur et qui ont été précédemment énumérées, comptent ensemble pour 26 p. 100 de la superficie et 35 p. 100 de la population. Le

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FIG. 56. — CARTE CLIMATIQUE DES PHILIPPINES La Géographie. — T. XIV, 1906

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