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scientifique du Maroc, a fait parvenir au secrétaire général de la Société de Géographie la note suivante dont tous nos collègues apprécieront le haut intérêt scientifique et pratique.

« Je viens vous adresser les résultats des principales observations astronomiques effectuées par la mission hydrographique pendant l'année 1905.

« Ces déterminations de latitude et de longitude permettent déjà de rectifier l'allure générale de la côte atlantique marocaine, dont la cartographie précise et définitive est l'un des objectifs des travaux de la mission. Toute cette côte est à reporter dans l'ouest, en longitude, de quantités variant de 4 kilomètres à 8 kilomètres sur le tracé figuré par la carte Arlett dressée en 1835. Cette imprécision de la carte ancienne résulte de ce fait qu'elle provient d'un levé sous voiles, tandis que la mission opère sur le littoral avec les procédés de triangulation rigoureux qui ont servi déjà à refaire la cartographie des pays européens.

« Les chiffres donnés ci-après, obtenus par des observations astronomiques, seront contrôlés et vérifiés par les calculs de notre triangulation du littoral marocain de Tanger à Agadin. Ce travail, commencé en 1905, pourra être achevé pendant l'année 1907, si l'état d'insécurité de plusieurs tribus du littoral n'entrave pas les observateurs.

« Latitudes. —Les latitudes des ports du Maroc ont été déterminées par des observations d'étoiles, à l'aide d'un grand astrolabe système Claude. Cet admirable instrument, d'invention assez récente, est basé sur les propriétés de réfraction du prisme. Utilisé comme instrument de comparaison, par l'observation d'un grand nombre d'étoiles, il permet de s'affranchir de toutes les erreurs systématiques inhérentes aux milieux traversés. Avec des dimensions réduites, et très favorables en voyage, l'astrolabe permet d'obtenir une précision comparable à celles des grands instruments d'observatoire, c'est-à-dire une fraction de 1" d'arc, dans les meilleures conditions.

« Dans l'espèce, les latitudes de la mission ont été obtenues par MM. Larras et Traub à l'aide de 40 à 80 observations d'astres; les graphiques de ces observations permettent de compter sur une approximation de 2" d'arc.

Tableau des latitudes:

Tanger (mât de la Légation de France) L = 35° 46'58" Nord.

Larache (terrasse de la maison M. de Laroche) L = 35° 11'48" Nord.

Rabat (maison de la mission militaire, près du Consulat

de France) L = 34° 02'00" Nord.

Casablanca (cour du Consulat de France) L = 33" 36'02" Nord.

(valeur susceptible do correction).

Mazagan (mât Hôtel International; L = 33° 15' 35" Nord.

(valeur très preciso;.

« Longitudes. — Les déterminations de longitude ont été faites par de courts transports du temps, aller et retour, s'appuyant sur les positions de Gibraltar et de Tanger.

« Les autorités anglaises du port de Gibraltar ont permis à la mission de prendre à l'observatoire de l'arsenal, de bonnes comparaisons donnant immédiatement l'heure dû méridien de Greenwich. A Tanger, on a adopté la longitude de la Connaissance des Temps, fournie par la mission française de 1861, qui a relié cette ville aux côtes sud de l'Espagne.

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•' (('Dans chacun des ports du Maroc l'heure locale a été déterminée par des séries de 20 à 40 hauteurs correspondantes de soleil, procédé qui, dans de bonnes Conditions, permet d'obtenir une approximation de Os.l à Os.3 de temps (Voir Schwerer, Bévue maritime, avril 1890). Ces observations furent faites par MM. Dyé et Pobéguin. D'autre part, les observations d'étoiles avec l'astrolabe système Claude ont permis à plusieurs reprises de vérifier la valeur absolue de ces heures locales, avec des observateurs, des procédés, des astres et un instrument complètement différent.

« Le transport du temps a été effectué à l'aide de trois chronomètres du Service hydrographique de la Marine, dont un excellent ayant une marche presque constante (à Os. 1 près) pendant la durée totale des transports.

« La longitude de Mazagan est obtenue par un transport à circuit fermé sur Gibraltar: soit Mazagan 15 août, Gibraltar 17 et 18 août, Mazagan 21 août. Au total 6 jours. L'approximation probable est de 0 s. 3 de temps et reste certainement inférieure à 0 s. y de temps, la plus forte cause d'erreur provenant, à mon avis, des comparaisons entre les compteurs et les chronomètres.

« Un circuit chronométrique Tanger, Mogador, Safi, se fermant à Mazagan, a permis d'obtenir les longitudes de Mogador et Safi. Un second circuit chronométrique Mazagan, Casablanca, Rabat, Larache, se fermant à Tanger, a fourni les longitudes de Casablanca, Rabat et Larache. Ces valeurs, à l'exception de celle de Safi, comportent une approximation de moins 1 s. de temps. D'ailleurs, ces chiffres vont se trouver contrôlés et améliorés : 1° par les transports du temps de l'année 1906; 2° par les calculs de la triangulation du littoral marocain.

« Dès à présent les valeurs trouvées permettent de rectifier de l',S à 4' toutes les longitudes de la carte Arlett.

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Casablanca > , ,. . . ., ., ,

(bastion Nord) (■ = 9° 5/ 55 Ouest.

correction a Arlett et Vincendon = 3'45"0l.

Rabat (débarcadère) G= 9° 10'18" Ouest.

correction à carte Arlett = r28"0l.

Larache (batterie de l'entrée) G = 8° 29' 20" Ouest.

correction à carte Arlett 2'03" 0*.

« Déclinaison magnétique. — Pour compléter le tableau de déclinaisons magnétiques publiées dans La Géographie (XIII, 2, 15 février 1906, p. 147) de nouvelles observations ont fourni une valeur certaine de la déclinaison magnétique à Safi:

Safi (7 juin 1906) D = 16°02,4 N.-O.

« Le chiffre trouvé en 1905 pour Mogador n'est pas à modifier. »

« Commandant A.-H- Dyé. »

Les plates formes littorales du sud-ouest de la colonie du Cap '. — Quand un continent se soulève, il se forme le long de ses côtes, sous l'action de l'érosion marine, des plates-formes littorales. Cette forme topographique sur laquelle déjà Godwin Austen en 1849, et de la Bêche en 1853, avaient attiré l'attention en Europe, M. Schwarz la signale sur la côte méridionale de la colonie du Cap.

11 croit pouvoir distinguer trois plates-formes littorales : l'une à -+- 235 mètres, l'autre au niveau actuel de la mer, la troisième à -*- 200 mètres.

La première de ces plates-formes littorales qui se tient à une altitude d'environ 235 mètres se poursuit nettement de Caledon jusqu'à Port Elisabeth. A l'ouest, elle repose sur les schistes de Bokkoveld (Dévonien) : d'où sa topographie accidentée, sa surface découpée en arêtes étroites appelées « ruggens » par les Hollandais. Les sommets de toutes ces crêtes se trouvent au même niveau, de sorte que, par la pensée, on peut reconstituer la surface primitive de la plate-forme telle qu'elle était avant l'attaque de l'érosion subaérienne. A l'est, elle repose sur des roches plus dures, grès de la Table ou granité : de là, une topographie moins tourmentée, une surface plate, coupée seulement par de profondes vallées. Cette plate-forme est recouverte, par endroits, de dépôts superficiels, galets, graviers, argile sableuse, qui ressemblent à des alluvions fluviatiles et qui renferment près de Komgha, au nord-est d'East London, des graines de Chara : aussi pourrait-on, semble-t-il, attribuer sa formation à la dénudation subaérienne plutôt qu'à la dénudation marine. Mais, du fait que le dépôt superficiel est évidemment un dépôt d'eau douce il ne s'ensuit pas que la plate-forme soit une surface d'érosion continentale; car M. W. Anderson a trouvé des graines de Chara, sur les bords d'une lagune du Zoulouland, dans un dépôt qui repose, à n'en pas douter, sur une surface de dénudation marine. Et, d'ailleurs en observant cette plate-forme au pied des monts Zitzikamma qui se dressent, à l'ouest d'Humansdorp, à une forte altitude, tout près de la côte, on doit reconnaître qu'une surface aussi plate ne peut pas être l'œuvre des rivières rapides et violentes qui descendent de ces monts : elles sont incapables d'un pareil travail d'aplanissement : c'est donc à l'érosion marine qu'il faut reporter l'origine de cette première plate-forme littorale.

Il existe une seconde plate-forme littorale, à peu près au niveau de la mer. Sur la côte du Bredasdorp, près du cap Infanta, elle est constituée par des quartzites durs et s'élève à environ 30 mètres, surmontée de dunes. Dans le Biversdale, elle se tient à quelques pieds au-dessus du niveau de la mer; elle porte des dunes aussi; mais ici le sable repose sur les schistes du Bokkeveld. Sur la côte du Georges et du Knysna, elle se trouve un peu au-dessous du niveau de la mer. Dans le Caledon, à Hermanuspetrusfontein, elle est à -4- 17 mètres. A Danger Point, elle ne dépasse pas le niveau de la mer. A Agulhas Point, elle est exactement au niveau du phare.

I. E.-H.-L. Schwarz, The Coast-Ledyes in Ihe Soulh-We.it of Ihe Cape Colony, in The quarterly Jour», of Ihe Geol. Soc, Londres. LXII. l'art I, 16 février 1906, p. 70-87.

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Enfin, au-dessous du niveau de la mer, à une profondeur moyenne de 200 mètres, on trouve une troisième plate-forme, dont le sommet est connu, sur les cartes marines, sous le nom de « Agulhas Bank ».

Dans le Transkeï et le Pondoland, M. Schwarz croit même avoir reconnu deux autres plates-formes, l'une à 500 mètres (de Vlugt Plateau), l'autre à 830 mètres (Kentani Plateau). On observe ainsi, sur la côte méridionale de l'Afrique australe, une succession de plates-formes dont la plus élevée est à l'altitude 850 mètres et dont la plus basse se trouve à 200 mètres. C'est à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer qu'on atteint le niveau de base absolu de l'érosion, c'est-à-dire le niveau au delà et au-dessous duquel l'action des eaux courantes, du moins pendant les époques récentes, ne s'est jamais exercée.

Tous ces faits prennent un singulier intérêt quand on les compare aux faits de même nature observés dans l'Atlantique nord.

Sur la côte orientale de cet océan, dans les parages de l'Ecosse, on observe une plate-forme à 200 mètres au-dessous du niveau de la mer (Coast shelf), une autre à — 400 mètres (Iceland shelf); et c'est par 3000 mètres en moyenne qu'on rencontre le niveau de base absolu de l'érosion, c'est-à-dire le niveau auquel les vallées submergées s'ouvrent sur le fond.

Sur la côte occidentale de l'océan Atlantique, aux États-Unis, il y a une plateforme submergée à— 100 mètres (Coast shelf), une autre à — 900 mètres (Blake Plateau); le niveau de base absolu est à — 4000 mètres. On peut réunir toutes ces données dans le tableau suivant:

[table]

Niv.debaseabsolu. — 4000 Niv. de base absolu. — 3 000

En comparant ces observations, on arrive à cette conclusion que, étant donné le mouvement d'oscillation commun à tous les continents, les côtes atlantiques de l'Europe et de l'Amérique se trouvent dans un état très avancé d'affaissement, tandis que l'Afrique australe en est encore au début d'un stade de soulèvement.

De là, entre l'Europe et l'Afrique, des différences de modelé.

En Europe, le travail des cours d'eau est avancé; les systèmes hydrographiques voisins se touchent presque sur la ligne de partage; les vallées, larges, remblayées d'alluvions, se terminent à des deltas; leur pente est faible. Dans l'Afrique australe, le travail des cours d'eau est beaucoup moins avancé; les vallées se trouvent séparées les unes des autres par de grandes étendues de terrain plat; elles descendent par des pentes rapides et creusent des lits étroits en trait de scie. En un mot, en Europe, la surface continentale présente des signes de vieillesse; en Afrique, des signes de jeunesse. .A. Demangeon.

Exploration dans le bassin de l'Abaï '. — M. H. Weld Blundell, lors d'un précédent voyage exécuté au printemps de 1898, avait découvert, en campant à Mendi, près du Béni-Changoul, par 9° 50 de Lat. N., que le coude brusque que décrit l'Abaï vers le nord avait été porté sur les cartes beaucoup trop haut. Trompés par le profil des montagnes éloignées, des voyageurs qui avaient vu le fleuve au confluent du Dabous, lui avaient attribué une direction presque est-ouest et les cartographes avaient perpétué l'erreur'2.

A l'aide d'une visée au théodolite faite du sommet du toulou Goumbi, M. Blundell avait pu reporter le coude du fleuve, qui coïncide avec le confluent de la Didessa,à une quarantaine de kilomètres au sud du point que lui assignaient généralement les cartes. Le cours exact de l'Abaï était donc, à peu de chose près, celui qu'on attribuait, sur celles-ci, à la rivière Orghesa qui n'existe pas.

Ce n'est qu'au printemps de 1904 que M. Blundell eut l'occasion de retourner dans cette région. Partant de Nedjo, il touchait l'Abaï au point précédemment visé, pendant que M. Crossby, de l'autre rive, relevait le cours général du fleuve.

Au commencement de l'année 1905, M. Blundell, après une excursion au lac Zouaï, partait d'Addis Ababa vers le nord ouest pour compléter le levé du Nil bleu dans la partie orientale de la grande boucle qu'il décrit au sud. Par une route parallèle à la gorge de la Mougher, à travers un magnifique pays bien cultivé, et après avoir franchi avec beaucoup de difficultés les rivières Ourga et Goudr qui entaillent à pic et très profondément le plateau, le voyageur atteignait l'Abaï à Asendabo. Mais comme il était impossible de suivre le fleuve, M. Blundell fit un détour par le sud et, contournant le rebord du plateau, franchit la rivière Findjar, à l'endroit où elle tombe en cataracte d'une centaine de mètres de haut, pour remonter de là directement vers le nord.

La rivière Findjar prend sa source à peu de distance, dans les marais de Tchoumen encaissés, surtout vers l'ouest, par de hautes montagnes dont la cime culminante est le Djembo, au nord duquel, à 2 750 mètres d'altitude, est le grand village de Gouletcha avec un poste de douane : c'est le siège du Choum.

Au mont Degga, M. Blundell dut faire un nouveau crochet et par Dérou regagna l'Abaï un peu au nord et en contre-bas du marché de Lokman, au gué (838 m. d'altitude) que traverse une route venant du Lekempti. Un peu plus à l'ouest, il le toucha de nouveau au gué de Mabil, dans la gorge de Sinatcha, au pied du village de Wounchit situé sur le rebord du plateau qui tombe à pic sur le fleuve; puis le rencontra derechef un peu plus loin, au pied du toulou Abourabi.

Après avoir franchi les montagnes de l'Evantou, l'explorateur atteignit encore l'Abaï près d'Ebou, puis, suivant la direction générale de son cours des hauteurs qui le dominent, traversa le Ouelmal qui sépare l'Evantou du district montagneux du Limmou dont le sommet le plus élevé est le toulou Ouéni qui est visible de Lekempti et de Gouletcha.

1. II. Weld Blundell, Exploration in the Abai liasin, in The Geographical Journal, Londres, XXVII, 6, juin 1900, p. 529, avec une carte au 1 000 000° hors texte.

2. M. Blundell dit que l'Abaï a été ainsi tracé hypothétiquement entre le confluenldu Dabous et Asendabo, le point le plus voisin observé sur ce fleuve et situé à 200 kilomètres environ plus à l'est. 11 oublie que l'itinéraire de d'Abbadie qui coupe le fleuve à quelque distance au nord-est de Darou (Dérou) a également fixé un point situé à mi-chemin environ de ces deux points extrêmes.

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