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de San Francisco, de nombreux déplacements du sol, verticaux aussi bien qu'horizontaux, se sont produits le long des lignes de fracture ; la moyenne des dénivellations verticales observées est de 3 m. environ '.

L. Perruchot.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

Récentes études mathématiques sur la circulation des eaux. — L'application de formules mathématiques à l'écoulement des liquides et mémo à la circulation des nappes souterraines a justement contribué ù la notoriété de M. Boussinesq J, qui a doté l'hydrodynamique de beaucoup de formules nouvelles. Sur la voie ainsi ouverte par le savant académicien, deux récents ouvrages importants viennent de tenter l'application de l'algèbre et de la mécanique aux sources elles-mêmes. Grosse entreprise, louable certes, mais qui, ù mon sens, ne laisse pas que d'être quelque peu prématurée : ceux qui n'ont pas craint de s'en charger n'en méritent que mieux d'être remerciés de leur initiative.

Le premier et le plus considérable des deux livres est l'Hydraulique des nappes aquifères et des sources et Applications pratiques, de M. Léon Pochet, inspecteur général des Ponts et Chaussées, inspecteur général de l'Hydraulique agricole (in-4° de 527 p. avec atlas même format de 81 pi. Paris, Imprimerie Nationale, 1905 (Direction de VHydraulique et des améliorations agricoles du ministère de l'Agriculture).

C'est un travail véritablement monumental, où M. Pochet analyse la circulation des eaux souterraines pour tenter d'enchaîner le régime des eaux, leur débit et leur captagedans un lacis de savantes et précises formules.

Pour les terrains fissurés, du moins, il résulte de l'ouvrage même que cela ne parait guère possible. En effet, de telles formules impliquent d'abord l'homogénéité des terrains à travers lesquels circulent, selon une expression que je persiste à tenir pour défectueuse, les « nappes » aquifères; cependant la savante analyse de l'auteur suggère d'utiles rapports entre lu théorie et les faits, et elle conduit à des déductions intéressantes.

M. Pochet reconnaît bien d'ailleurs que les terrains arénacés sont seuls particulièrement favorables à l'application des lois hydrauliques, et c'est, en fait, à eux qu'il restreint la théorie, en disant que « les résultats obtenus pour ces terrains paraissent devoir être plus ou moins applicables aux terrains fissurés, toutes les fois que les lois du mouvement des eaux ne sont pas contrariées dans ces derniers par l'effet de fissures trop larges et trop nombreuses ». Là justement gît la position du problème, et, sans doute, sa pétition de principes; car l'extension et les caprices extrêmes de fa fissuration ne sauraient, selon moi, permettre l'introduction des formules mathématiques de Dupuit, Dausse, Darcy, Boussinesq, etc., dans la circulation souterraine des calcaires et même des craies. Par des calculs compliqués, M. Pochet arrive heureusement à l'application de ces formules aux nappes régulières, aux galeries de captage, aux puits des couches phréatiques normales. Pour ceux-ci notamment il conclut:

1. Voir The récent catifornian eartln/nake, in The Geographical Journal, XXVIII, 4 octobre 1906, p. :iSi.

2. lissai sur ta théorie des eaux courantes, 181".

1° Le débit d'un puits ordinaire est proportionnel au débit de la source du versant auquel il appartient, au rapport de sa dépression à la hauteur totale de la nappe en ce point, à son rayon d'appel dans la section transversale et à un coeflicient A, qui représente l'influence de sa position;

2° Le coefficient A varie de 1 à 2, quand le puits passe du point de profondeur maxima delà nappe au point de source. II diminue beaucoup à mesure que le puits se rapproche du faîte, et d'autant plus que la pente hydraulique delà nappe est plus forte. C'est à-dire que :toutes choses égales, d'ailleurs, les puits ordinaires établis le long d'une nappe débitent d'autant plus qu'ils sont placés plus bas, et la différence est d'autant plus considérable que la pente hydraulique est plus accentuée.

Il fallait faire, ici, au moins une mention de ce gros travail, sous réserve, je le répète, de la possibilité de son application aux rivières et réserves souterraines des terrains fissurés.

C'est cette dernière application que, plus hardiment encore, a voulu en réalité tenter M. E. Maillet, ingénieur des Ponts et Chaussées, dans ses Essais d'hydraulique souterraine et fluviale (in-8°, 218 p. et tableaux, Paris. Hermann, 190;»). Il s'est proposé d'étudier, en pratique comme en théorie, « les variations du débit des sources... de façon à permettre d'arriver à prévoir à l'avance ce débit... comme pour les crues des rivières ». La base de ses calculs consiste surtout à tenir compte « de la courbure du fond imperméable sur lequel repose la nappe ». S'il est convexe, la crue est rapide (sources de la Vanne); s'il est concave, la crue est lente (sources du Havre); s'il est horizontal, le mouvement est stable. Tel est le point de départ d'une très savante série d'analyses mathématiques et d'équations différentielles, qu'on ne saurai! discuter ici. C'est « l'attaque du problème du mouvement des eaux dans les nappes continues, avec des équations rigoureuses », complétant les travaux de M. Boussinesq par la considération des apports d'eau extérieurs.

Mais tout de suite j'arrête M. Maillet, en lui rappelant que, selon toute probabilité, pour les exemples qu'il a choisis (Vanne, Dhuis, Laignes, le Havre, etc.), l'existence de la nappe continue est plus que problématique; la vraie allure des eaux souterraines de la craie est mise à l'ordre du jour des travaux de la Commission d'études scientifiques du ministère de l'Agriculture; prochainement, j'espère, sinon la résoudre, du moins lui faire faire un bon pas en avant. D'ici là il importerait de ne point généraliser des principes qu'on sera très probablement obligé de restreindre aux terrains arénacés, c'est-à-dire aux nappes continues (les seules d'ailleurs qu'on puisse appeler nappes;.

Il est vrai que dans le chapitre n (régime propre de certaines sources) M. Maille! admet l'hypothèse des canaux souterrains drainant une nappe. Or, la question est justement de savoir si ces canaux ne constituent pas à eux seuls, et sans adjonction de nappes, toute la circulation souterraine des calcaires et des craies, ce que je crois.

Accessoirement M. Maillet examine mon hypothèse sur la rapidité de l'enfouissement des eaux souterraines et la réalité de la disparition des sources. Il se range plutôt, mais avec une très courtoise circonspection, parmi ceux qui ne voient là que « des phénomènes temporaires, dont les variations dépendent à peu près exclusivement des variations des chutes de pluie ». Sur ce point encore de nombreuses constatations complémentaires sont nécessaires pour trancher le doute; je suis le premier à le reconnaître, avec M. Maillet, tout en maintenant, quant à présent, mon opinion.

Pour en revenir à notre analyse « les théories de Dupuit et de M. Boussinesq ne s'appliquent qu'aux nappes continues formées de matériaux poreux, où l'eau peut circuler par des canaux capillaires ». Dans ses chapitres u etniM. Maillet essaye d'en fournir aussi pour les nappes discontinues, et toujours d'après la forme du fond.

Cela le conduit à prévoir la production des bas débits des sources et aussi des cours d'eau (cliap. vi), d'après la relation entre les sources et la pluie, et à énoncer entre autres les lois suivantes:

I. Le bas débit des sources correspondra dans bien des cas aux totaux des pluies de plusieurs des saisons cliaudes et froides précédentes.

II. Il faudra une suite de plusieurs années plus pluvieuses et plus sèches pour amener des modifications, d'ailleurs, lentes et progressives dans le temps.

III. Une variation sensible dans le niveau des basses eaux est due à d'autres causes que des causes météorologiques (bassin de la Seine, tout au moins).

En examinant la proportion des pluies qui profitent à une nappe souterraine M. Maillet distingue deux cas : 1" Terrain fissuré et spongieux; — 2° Terrain fissuré, mais non spongieux. Dans le premier cas l'accroissement dû à la pluie sera d'autant plus fort que la saturation sera plus proche; — dans le second cas l'accroissement sera surtout proportionnel à la durée de la chute de pluie. Tout ceci me paraît exact, sous cette réserve que la réelle porosité des calcaires et craies me semble bien moindre que ne le croit M. Maillet; — et qu'il y a bien plus d'intérêt pratique qu'il ne le pense à distinguer les terrains fissurés (sans nappes) et les terrains détritiques (à vraies nappes) : c'est toujours ce même point sur lequel je demeure en complet désaccord avec un si grand nombre d'ingénieurs.

Mais je me rallie volontiers à cette notion que dans l'est du bassin de la Seine (( les bas débits des sources pendant le deuxième semestre d'une année sont des fonctions des pluies de deux saisons froides au moins, les pluies de la saison chaude ne pouvant guère influer qu'exceptionnellement». L'idée nouvelle de prendre en considération deux ou plusieurs années (an lieu d'une seule) me parait tout à fait rationnelle, eu égard aux multiples et infinies causes de retard qui influent, dans les soussols, sur l'écoulement des eaux : exception faite bien entendu pour les résurgences ou sources vauclusiennes caractérisées, issues de terrains tellement crevassés que les variations y sont très rapides et uni-saisonnières.

11 est impraticable de donner (surtout en si peu de lignes) une idée plus claire d'ouvrages aussi purement scientifiques que ceux de MM. Pochet et Maillet. On retiendra seulement qu'ils ont certainement jeté un gros rayon de jour nouveau sur les obscurs problèmes de la circulation des eaux souterraines et prouvé que l'hydrau

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lique appliquée demeure encore pleine de grosses énigmes, et qu'il importe de faire état, avant tout et mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici, des caractéristiques et pro priétés toutes spéciales, si déroutantes à tant de points de vue, des terrains naturellement fissurés. E.-A. Martki.

GÉNÉRALITÉS

Bibliographie et histoire de la géographie. — La Société de Géographie de Londres vient de publier la table alphabétique des vingt premiers volumes du Geographical Journal, lesquels embrassent la période décennale 1893-1902 '.

Ce volume contienttrois tables : une première donne par parties du monde et par pays les litres des mémoires parus dans le Journal; une seconde établie suivant la même classification s'applique aux cartes publiées dans le recueil; la troisième table est un index général alphabétique.

Le Geographical Journal constitue une des principales sources de documentation géographique; aussi ce répertoire sera-t-il accueilli avec faveur, d'autant que les dispositions adoptées rendent les recherches faciles et rapides.

• Cette table décennale a été compilée par M. 0. J. R. Howarth, sous la direction de M. E. Heawood, bibliothécaire de la Société de Géographie de Londres.

La Société de Géographie d'Alger vient également de faire paraître une table alphabétique décennale des matières contenues dans ses bulletins de juillet 189(5 au 31 décembre 1903 (Bull, de la Société de Géographie d'Alger et de l'Afrique du nord, 1906, 3" trim.). Avec non moins de satisfaction que la table anglaise, les travailleurs saluent ce document bibliographique très soigné, qui leur permettra de faciles recherches dans le principal périodique géographique relatif à l'Algérie. M. Victor Démontés, secrétaire général de la Société d'Alger, a rendu un nouveau service à la géographie par cette publication.

Concernant l'Algérie, nous devons enfin signaler un ouvrage de toute première importance. Quiconque a voulu étudier l'histoire de la pénétration française au Sahara ou quelques points spéciaux de la géographie saharienne a rencontré d'énormes difficultés pour arriver à se documenter.

En effet, à part les grands ouvrages des missions Choisy et Foureau-Lamy, les études si précieuses de M. G. Rolland, l'œuvre synthétique de M. Schirmer, si utile et si complète, la bibliographie saharienne comprend surtout des notes et des articles dispersés dans un grand nombre de revues, ou encore des monceaux de brochures. La simple réunion des sources exigeait par suite un travail préliminaire considérable. Pour remédier à cette situation, un grand progrès fut réalisé, dès 1900, par la publication, sous les auspices du gouvernement général de l'Algérie, d'une histoire de la pénétration saharienne par M. Augustin Bernard et par le commandant

I. General Inder tu tlie first twenly volumes of The Geographical Journal, 189.1-1902. Compilée! bv orderof (lie Council. Un vol. in-8 de xxvn + 029 p. Londres, The Royal geographical Society et Edward Stanford, Londres, 1906. Prix pour les personnes étrangères à la Société, 10 Sh. 6 d.

N. Lacroix. AujourcThui un second pas très important vient d'être réalisé dans cette voie par la distribution d'une deuxième édition de cet ouvrage, remaniée et complétée jusqu'en 190G '. On sait quels progrès considérables ont été faits dans le Sahara durant ces six dernières années et quelle masse énorme de publications pendant ce laps de temps a vu le jour sur les questions géographiques et politiques de l'Extrême-sud algérien. Aussi bien, cette nouvelle édition est-elle véritablement un nouveau livre et son intérêt est capital.

La pénétration saharienne de M. Augustin Bernard et du commandant Lacroix se distingue d'abord par deux grandes qualités particulièrement utiles chez des historiens : la clarté et la concision. Chacune de ces si diverses politiques, qui ont été suivies au Sahara, est résumée en quelques lignes, chaque fait important apprécié en une ou deux phrases précises. En second lieu, et ce n'est pas le moindre service que la nouvelle publication de MM. Augustin Bernard et Lacroix rendra aux géographes, le résumé de chaque expédition est accompagné d'une bibliographie critique très complète. Ce volume constitue un guide unique dans le labyrinthe de

la bibliographie et de l'histoire sahariennes.

Cuarles Rabot.

1. Gouvernement général de l'Algérie. — Augustin Bernard et N.Lacroix, La pénétration saharienne {1830-1906). Un vol. de x-f- il>5 p. avec une carte. Alger. Imprimerie algérienne, 1906.

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