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Jant quelques 50 ou 00 kilomètres et là bifurquera d'une part vers Kamlin pour remonter le Nil Bleu, d'autre part vers Doueim pour franchir le Nil Diane. Le premier embranchement longeant plus tard la Didessa, empruntera ensuite la vallée de l'Omo et deviendra un des tronçons du Cap au Caire. Le second gagnant d'abord El-Obéïd sera prolongé dans un avenir plus éloigné jusqu'à El-Facher et au lac Tchad.

Dans ces projets, la province de Dongola n'est pas oubliée. Une nouvelle ligne vient d'être inaugurée sans bruit. C'est la ligne Abou-Hamed-Merowe (Meraoui), qui descendant le Nil à partir d'Abou-Hamed aboutit aujourd'hui un peu en aval de la quatrième cataracte et ramène ainsi vers Berber et Port-Soudan tout le trafic de la région au sud du 22° de Lat. N. —

En fait, tous ces travaux qui assureront la prospérité de la région n'ont été possible que grâce à l'Egypte. C'est elle qui s'est faite le banquier du Soudan. Mais ce qui en a facilité l'exécution, c'est l'excellente organisation administrative de la domination anglaise.

Le recrutement du personnel colonial au Soudan. — Sans doute les appointement magnifiques que reçoivent les fonctionnaires justifient l'empressement des candidats militaires et civils. Cependant nul officier ne peut solliciter un emploi s'il ne commence à parler l'arabe et si sa santé ne supporte pas le climat. De plus, tous, sauf le gouverneur, ont moins de quarante ans : aussi apportent-ils une ardeur et une sagesse admirables à accomplir leur tache. Quant aux civils, ils occupent les emplois techniques, irrigations, forêts, justice, enseignement. Ils se recrutent, en général, dans les universités, non au concours, mais après des examens à deux degrés. Ainsi, en 1905, il y avait deux cent cinquante jeunes gens d'inscrits pour conquérir douze ou treize places promises, tant en Egypte qu'au Soudan. Tous reçurent un questionnaire auquel ils devaient répondre de leur plein gré. Après enquête sur leur éducation et leur « respectabilité •>, il y en eut 200 d'éliminés. Les 50 autres fuient examinés pendant trois quarts d'heure, et c'est parmi eux que furent choisis les 13 élus.

L'irrigation'au Soudan. — L'œuvre principale de ces fonctionnaires sera, tôt ou tard, de pourvoir à l'irrigation au Soudan. Toutefois, présentement l'augmentation de la quantité d'eau disponible ne serait qu'un inutile bienfait. Son premier besoin, pendant nombre d'années encore, sera l'accroissement de la population. Mais tout est préparé en vue de permettre la mise en culture du domaine agricole. Déjà même une concession fut accordée avec une autorisation pour irrigation par pompe à vapeur. Mais cela souleva en Egypte une vive émotion. C'est qu'en effet toute prise d'eau du Nil compromet l'exploitation égyptienne. Lord Cromer le reconnut et déclara qu'il n'est que juste, puisque l'Egypte fournit les fonds, qu'elle ait le pas sur le Soudan dans la question de l'eau. Mais on songea à utiliser pour le Soudan l'eau des grands lacs qui se perd dans les marais du Bahr-el-Chazal et celle que le courant du Nil, embarrassé par le sedd, perd dans son cours moyen. Ainsi ce qu'on donnerait au Soudan ne manquerait pas à l'Egypte. En vue de cette fin, M. Dupais, chef de l'irrigation, est allé rechercher dans quelle mesure les eaux qui s'échappent du lac Tana peuvent être retenues par des réservoirs le long du Nil bleu pour être distribuées toute l'année. Enfin, avant d'accorder une concession avec prise d'eau, le gouvernement prend toutes garanties contre le concessionnaire, afin de récupérer, par l'impôt, le revenu des dépenses engagées mais productives.

Conclusion. — Le gouvernement, en effet, est soucieux avant tout d'éviter la spéculation et d'assurer à l'indigène la part qui lui revient. Car il pense qu'une classe prospère de paysans propriétaires est appelée, en définitive, à être bien plus utile au territoire qu'une classe de grands propriétaires fonciers qui, en leur qualité d'étrangers, n'habiteront certainement pas dans leurs propriétés. Aussi partout les gouverneurs s'efforcent de faire comprendre à l'indigène que sa sérurité est désormais assurée et de le lui prouver. En outre, pour assurer son éducation, ont été fondés à Khartoum le Cordon Collège et une école militaire. Dans le premier, l'instruction est donnée par des Égyptiens. Elle comprend une école primaire, une édile de cheikhs, professeurs ou cadis; une école spéciale pour ingénieurs, arpenteurs et surveillants; une école professionnelle pour forgerons, serruriers et menuisiers. Bien plus, le gouvernement fait de l'admission à cette école uni; marque d'honneur même pour la famille de l'enfant. Enfin, c'est parmi les enfants des olliciers supérieurs de l'armée soudanaise que sont choisis les premiers sujets de l'école militaire. Et c'est de cette remarquable façon que lord Cromer applique la politique qu'il

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caractérise ainsi dans son rapport sur le Soudan : « Le progrès du Soudan dépendra d'une combinaison d'efforts permanents, continus et modestes, mis au service d'une politique nettement définie et de laquelle il ne faudra pas s'écarter. »

L'oasis de Siouah. — Le distingué conférencier entretient ensuite son auditoire de l'oasis de Siouah. Un peu perdue dans l'immensité du désert, elle occupe une dépression qui se trouve dans la direction d'une autre série d'oasis telles que Farafra, Dakhel, Kharga et Baharia. Cette oasis de Siouah, aujourd'hui abandonnée, a une histoire: c'était l'oasisVl'Animon [où se rendit Alexandre pour se 'faire proclamer le fils du dieu. Présentement, elle n'est peuplée que de M 000 habitants qui vivent là dans un état de civilisation rudimentaire. Ils sont divisés en deux sectes, Senoussites et Madaniles, en guerre entre elles, quand elles ne sont pas obligées de se réunir pour repousser l'ennemi commun : le Bédouin du désert. S. A. le khédive, désireux de se rendre compte par lui-même de ce qu'il était possible de faire pour améliorer le sort des habitants, avait décidé de la visiter. Le capitaine eut l'honneur d'être invité à raccompagner. Il partit donc le II février d'Alexandrie par le chemin de fer que le khédive fait construire à ses frais dans la Marmorique, en compagnie d'un médecin, d'un chimiste, chargés d'étudier le paludisme et et aussi d'un jeune archéologue allemand. Après avoir fait, en un jour, les IH2 kilomètres du chemin de fer, les voyageurs prirent un automobile qui leur permit de rejoindre leur hôte. Le temps fut froid pendant ce voyage. Jamais le thermomètre ne marqua plus de 3° à sept heures du matin, et plus de 19" à deux heures de l'après-midi.

De la Marmorique à Siouah. — Ce désert de la Marmorique revêt plusieurs formes, tantôt aride, tantôt tapissé d'une végétation touffue. D'ailleurs toute la région était cultivée autrefois. On en tirait du grain et auprès du lac Mariout un raisin renommé, des liiiues et quelques légumes. Le 13 février, vers onze heures, la suite khédiviale arrivait en vue de Mersa Malrouh. Ce point appelé jadis Parœlonium, fut un port assez important pour abriter la flotte d'Alexandre et pour offrir un asile à celle d'Antoine battu à Actium, courant après Cléopàtre. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un des centres de la pèche des éponges où s'installe de mai à octobre une assez nombreuse colonie grecque. Là fut organisée la caravane. Elle comprenait 304 chameaux ou dromadaires, 44 chevaux et 200 hommes. Les chameaux portaient surtout l'eau nécessaire aux hommes et aux chevaux. Le départ fut facile et les 14 et 15 février le camp fut dressé près de citernes, qui datent de trois époques reculées. Le 16, une aulre citerne fournit assez d'eau (4 à 5 000 litres) pour toute la caravane. Le lendemain, on pénétrait tout à fait dans le désert, surveillant les guides, la boussole à la main et suivant la route que les caravanes ont tracée en pistes parallèles. On traversa pendant quatre jours un plateau uniforme de 208 kilomètres de large, qui n'offre pas une aspérité, pas un mouvement du sol. Tous les jours on levait le camp à six heures et on marchait jusqu'à cinq heures et demie ou six heures, afin d'avoir juste assez de jour pour dresser les tentes. Le 20, vers quatre heures du soir, quelques monticules se dressèrent à l'horizon; c'était la limite sud du désert. Trois brèches sont connues des guides dans la falaise qui borde le plateau.

Description et constitution de l'oasis du Siowih. — Ce qui frappe en descendant dans la dépression, c'est l'étendue de cette oasis : 50 à 5."> kilomètres sur une largeur variant de o à 12 kilomètres. Elle est loin d'être cultivée partout. Sa surface entière est uniformément composée d'une couche de sel épaisse de 20 à 40 centimètres. Le 21 au malin eut lieu l'entrée oflicielle. La ville se présentait au fond, bâtie sur une colline qu'une autre domine à l'ouest. Trois cents sources ont miné la surface salée du sol, formant des bassins dont ont peut faire monter le niveau par la pression même des sources. L'eau est dirigée par des rigoles à travers les carrés de terre que l'on veut irriguer, et qui sont entourés de petits talus pour laisser l'eau s'inliltrer lentement. Cette terre est d'une fertilité merveilleuse. Les dattiers y donnent un fruit supérieur à celui de l'Egypte et les olives fournissent plus de la moitié de leur poids d'huile. Malheureusement, les eaux sont sans écoulement et deux grands lacs se sont formés, alimentés eux-mêmes par des sources inutilisées.

Le plus petit a 5 kilomètres de long sur 2 de large; le plus grand, 10 à 12 sur 4 à 5, .avec un niveau de 50 centimètres supérieur à celui du petit. L'eau de source contient peu de sel; elle est donc potable; sa température varie de 19" à 20". Plusieurs sources enlin, dégagent de l'acide carbonique qui fait bouillonner l'eait par instant.

Cette oasis, qui renferme peu de vestiges archéologiques, est administrée par un mamour et cinquante agents de police changés tous les ans. L'impôt qu'elle donne s'élève à 44 528 fr. dont 25 000 fr. sont dépensés pour l'administration. Il est perçu par famille et le chef ou cheikh en est responsable. Les trente cheikhs forment une assemblée qui «'■lit huit membres constituant un tribunal que préside le mamour et qui juge au civil et au criminel.

A la suite de la visite du khédive, ce qui bouleversera la vie intérieure de l'oasis, ce sera la création d'une piste carrossable, tracée à travers le désert en suivant la ligne la plus directe. Ainsi, mis en communication directe et constante avec l'Egypte, les habitants ne pourront plus maintenir leurs esclaves dans une dépendance aussi étroite.

Leurs produits s'échangeant, la richesse achèvera leur transformation. Plus tard, le chemin de fer que construit le khédive assurera leur prospérité. L'an dernier, il a transporté 2i liOO tonnes de marchandises payantes et délivré 132 000 billets. La paille d'orge, qui ne se vendait pas jadis, vaut 10 fr. 40 la charge du chameau. Ainsi la richesse s'annonce et un avenir nouveau s'ouvre à ce pays, grâce à l'initiative du khédive qui consacre toute son activité à celte noble lin « la grandeur de sa patrie ».

Frédéric Lemoine.

M. le [irésident s'est fait l'interprète du sentiment unanime en félicitant M. le capitaine de Saint-Exupéry dont l'exposé méthodique et clair, fait dans une langue très pure et illustré par de fort belles photographies, a particulièrement intéressé l'auditoire. L'étude précise de l'œuvre menée à bien par l'Angleterre dans ce riche pays, révèle l'esprit sagace et observateur du brillant officier. S'il a rendu un juste tribut d'éloges à l'ardeur et à l'intelligence de ses collègues anglais aux colonies, il a prouvé qu'il saurait, à l'occasion, rivaliser avec eux par les connaissances, l'activité et l'énergie.

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M. Chautard (Jean), chef du Service géologique et des mines de l'Afrique occidentale

française, présenté par MM. Le Myre De Vii.ers et Louis Gentil. M. Nivoit (Paul), présenté par M""' Bel et M. Le Myre De Vii.ers.

Séance du 15 juin 1906.

Présidence de M. le baron de GUERNE.

Congrès de Dunkerque. — Dans une improvisation charmante, M. Dumont, inaire de Dunkerque, quia pris place au bureau, esquisse à grands traits le programme des travaux du congrès national des sociétés françaises de géographie qui se réunira dans cette ville à la fin de juillet. Le 29, en effet, aura lieu l'ouverture solennelle du congrès. Le travail des sections commencera le lendemain et se poursuivra jusqu'au 2 août. Entre temps, des congressistes visiteront le port, les ateliers, le sanatorium de Zuydcoote et feront une excursion à Tourcoing, puis du 3 au 0 août un excursion maritime à bord d'un paquebot à marche rapide aura lieu en Belgique et en Hollande. Ostende, Bruges, Scheveningue

et La Haye, Flessingue et Middelburg, Cassel seront le principal attrait de celte agréable tournée. Des renseignements circonstanciés sont, d'ailleurs, fournis directement à tous ceux qui en font la demande à M. Georges Majoux, secrétaire général de la Société de géographie de Dunkerque. Ajoutons que M. Deman, président du comité d'organisation, a tout mis en œuvre pour assurer le succès de cette session à lequelle M. Guillain a pris un intérêt très vif. M. Dumont dit encore l'accueil que la ville et le conseil municipal préparentaux congressistes. Il se félicite ensuite de l'appui scientifique que lui apportera la Société de géographie de Paris pour l'étude des graves intérêts nationaux et coloniaux qui se rattachent à la ville et à son port.

Cet appel sera certainement entendu et le président espère que ses collègues se joindront nombreux à lui pour se rendre à l'aimable invitation, faite au nom de la Société de géographie de Dunkerque comme au nom de la ville par M. Dumont, dont l'allocution a obtenu un véritable succès.

Exposition coloniale de Marseille. Collection des ouvrages publiés par la commission des publications et notices. — Aux cinq volumes de cette collection que nous avons signalés dans La Géographie de mai s'en ajoutent aujourd'hui quatre autres que nous nous faisons un devoir de mentionner. Ce sont d'abord les deux premiers tomes de la série intitulée Les colonies françaises au début du XXe siècle (1900-1905).

Le tome I entièrement consacré à l'Algérie par MM. F. Nicollet et G. Valran, et à la Tunisie par M. E. Toutey, s'ouvre sur une préface et une introduction de M. Paul Masson, dont nous avons déjà eu l'occasion de noter l'excellent ouvrage.

Le tome II est fait par l'actif et sympathique secrétaire général de la Société de géographie de Marseille, M. Jacques Léotard, avec la collaboration de MM. Tesseire, Rampai, Gasquet et Samat pour l'Afrique occidentale. M. Gerin-Ricard s'est chargé du Congo, MM. P. Roubaud de la Côte des Somalis, II. Bardou de Madagascar, A. Duranty de la Réunion, Mayotte, les Comores.

Les deux autres volumes concernent l'Industrie des pèches aux colonies sous la signature de MM. Darboux, Cotte, Stephan, van Gaver. Grâce à eux des renseignements épars sur cette importante question trop peu connue sont maintenant groupés et coordonnés, œuvre qui ne sera pas moins appréciée des savants dont les recherches sont ainsi simplifiées, qu'aux coloniaux désireux de développer nos richesses coloniales et les moyens de les utiliser.

La collection formera un ensemble de treize volumes grand in-8, tous publiés chez Barlotier, imprimeur à Marseille. Trois d'entre eux ne paraîtront qu'après la clôture du congrès.

Congrès colonial français. — Ce congrès, le quatrième depuis la fondation des congrès coloniaux français, comporte le programme suivant : Le 18 juin, jour de l'ouverture, conférence de M. Et. Clementel, ancien ministre des Colonies, sur l'expérience coloniale; le 19, conférence de M. P. Guieysse, ancien ministre des Colonies sur la liberté douanière aux colonies; le 20, conférence de M. Caillaux, ancien ministre des Finances sur la politique coloniale économique. Ces trois séances plénières auront lieu sous la présidence de M. François Deloncle, député de la Cochinchine. Un banquet, présidé par M. Georges Leygues, ministre des Colonies, terminera cette session. Quant aux travaux des sections ils ne comprennent pas moins de dix-huit catégories et portent sur l'organisation civile des colonies, la législation et la jurisprudence, les intérêts économiques, les réformes administratives et fiscales, les transports et communications, le peuplement et la maind'œuvre, la médecine, l'enseignement, les intérêts extérieurs de la colonisation française l'industrie minérale, la presse coloniale véritable encyclopédie dans laquelle chacun peut s'attacher aux études qui sont de sa compétence et fournir ainsi utilement son tribut.

Les obsèques du lieutenant Grillières. — M. le colonel Grillières nous annonçait, le 8 juin, que les restes de son fils venaient d'être transportés en France et que les obsèques

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