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Il a paru récemment, quand ce tome II était presque entièrement imprimé, deux volumes qui forment la pre partie, relative à Phèdre et à ses anciens imitateurs, d'un ouvrage intitulé : Les Fabulistes latins depuis le siècle d'Auguste jusqu'à la fin du moyen âge (Paris, 1884), par Léopold Hervieux. Bien que ce travail de sérieuse érudition ne se rapporte qu'indirectement au nótre, nous regrettons de l'avoir vu trop tard pour profiter des occasions qui se sont offertes de le citer, et de n'avoir pu y renvoyer que dans l’Appendice. Nous ne connaissons M. Hervieux que par son livre, mais sommes heureux de lui rendre ici ce témoignage, que nous avons rencontré peu d'euvres philologiques qui soient preuve de si courageuse et si infatigable diligence, peu d'auteurs auxquels puisse mieux s'appliquer, pour chacune des recherches à faire, le vers de Lucain (livre II, vers 657):

Nil actum credens quum quid superesset agendum. Nous faisons des veux sincères pour que cette étude approfondie ait la suite que fait espérer la préface'.

Henri REGNIER.

1. Si nous avions lu à temps, la dissertation de M. Hervieux (tome I, p. 434-452) sur l'Anonyme de Nevelet, nous n'aurions pas rédigé comme nous l'avons fait la note i de la page 28. Il faut renoncer à faire honneur affirmativement à un Ugobardus Sulmonensis de ces fables latines en vers élégiaques, et substituer à ce nom, avec grande vraisemblance, celui de Walther l'Anglais, chapelain du roi d'Angleterre Henri II.

LIVRE SIXIÈME. .

FABLES I ET II.

LE PÂTRE ET LE LION'.

LE LION ET LE CHASSEUR.

FABLE I. — Ésope, fab. 131, Bouxóhos (Coray, p. 73, 332 et 333, sous quatre formes). — Babrius, fab, 23, Bonhátns taūpov Stolésas. — Faêrne, fab. 75, Armentarius. – Haudent, 11° partie, fab. 106, d'un Bouuier et de son Veau. — Hégémon, fab. 21, d'un Pasteur et du Lyon.

Mythologia æsopica Neveleti, p. 195.

Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être”;
Le plus simple animal nous y tient lieu de maître.
Une morale nue apporte de l'ennui :
Le conte fait passer le précepte avec lui”.

1. Dans les éditions originales, le titre de cette fable et celui de la suivante sont ainsi réunis, comme dans le vers 18 du petit prologue qui les précède. On a vu rapprochés de même, au tome précédent, les titres des fables xv et xvı du livre I, des fables xi et xn du livre II, et des fables xv et xvı du livre IV; nous conservons encore cette disposition, ci-après, pour les fables iv et v du livre VII. 2. Sed diligenter intuere has nenias :

Quantam sub illis utilitatem reperies!
Non semper ea sunt quæ videntur....

(PAÈDRE, livre IV, fable 1, vers 14-16; dans d'autres

éditions, fable 11, vers 3-5.) 3. Voyez le développement de cette pensée dans la fable i de Florian, la Fable et la Vérité. — Saint-Marc Girardin, dans sa xro leçon (tome I, p. 384), dit à propos de ces deux vers : « La

J. DE LA FONTAINE. II

1

En ces sortes de feinte* il faut instruire et plaire, 5
Et conter pour conter me semble peu d'affaire
C'est par cette raison qu'égayant leur esprit,
Nombre de gens fameux en ce genre ont écrit.
Tous ont fui l'ornement et le trop d'étendue :
On ne voit point chez eux de parole perdue.

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Fontaine, qui partout dans ses ouvrages aime à faire confidence à ses lecteurs de ses goûts et de son humeur, nous donne ici, si je ne me trompe, le secret de sa supériorité comme fabuliste. Sa supériorité est dans le récit. Les autres

fabulistes ne font leur récit que pour amener leur leçon. La Fontaine s'intéresse d'abord à son récit; il nous représente ses animaux, leurs périls, leurs joies, leurs colères, leurs peurs, leurs ruses; il fait son drame et son tableau; la leçon arrive ensuite, presque toujours à propos, mais parfois d'une façon un peu imprévue et comme font quelquefois les dénoûments de Molière. »

4. Dans les premières éditions, 1668 in-4° et in-12, et quelquesunes des suivantes, il y a feintes, qu'on pourrait trouver préférable pour le sens, mais qui fausse le vers. La faute est corrigée dans le texte de 1678 (non dans celui de 1678 A).

5. Pour Horace, parlant des poëtes en général, c'est là, non le devoir de tous, mais la condition, pour tous, de la perfection :

Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci
Lectorem delectando pariterque monendo.

(Art poétique, vers 343 et 344.) 6. «Voici encore un prologue, dit Chamfort, mais moins piquant et moins agréable que celui du livre précédent; cependant on y reconnait toujours la Fontaine, ne fût-ce qu'à ce joli vers :

Et conter pour conter me semble peu d'affaire. Ce vers devrait être la devise de tous ceux qui font des fables et même des contes. » — Est-ce bien vrai pour toute espèce de conte? Plaire parfois n'y peut-il pas suffire ? Pour la fable, la Fontaine a raison (bien que lui-même s'y soit quelquefois laissé distraire du soin de l'un par le soin de l'autre : voyez la note 3 ci-dessus) : instruire et plaire est la règle du genre.

a Dans l'Avertissement du tome I, à la fin de la page 5, aux mots : « la première par 1678 A, la seconde par 1678 B », substituez ceux-ci : « la première par 1678, la seconde par 1678 A » - 1678, sans lettre annexe, désigne la véritable édition de cette date; 1678 A la réimpression avec fausses dates.

Phèdre étoit si succinct" qu'aucuns l'en ont blâmé;
Ésope en moins de mots s'est encore exprimé.
Mais sur tous certain Grec renchérit, et se pique

D'une élégance laconique ;
Il renferme toujours son conte en quatre vers :
Bien ou mal, je le laisse à juger aux experts.
Voyons-le 10 avec Esope en un sujet semblable :
L'un amène un chasseur, l'autre un pâtre, en sa fable.
J'ai suivi leur projet quant à l'événement,
Y cousant en chemin quelque trait seulement.
Voici comme à peu près Esope le raconte" :

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7. L'orthographe de la Fontaine est succint.

8. C'est ce qu'il nous apprend lui-même à la fin d'un de ses plus longs récits, mais qui se trouve n'être rien moins qu'une fable :

Hæc exsecutus sum propterea pluribus,
Brevitate nimia quoniam quosdam offendimus.

(Livre III, fable x, vers 59 et 60.) 9. Gabrias. (Note de la Fontaine.) Les manuscrits désignent par les noms tantôt de Babrias, tantôt de Gabrias ou Gobrias (qui n'est qu'une corruption des formes Babrias ou Babrius), l'auteur d'un recueil de fables mises, comme va le dire la Fontaine, en quatrains. Nevelet, dans sa Mythologie ésopique (1610), a deux séries de ces quatrains grecs, qu'il met les uns sous le nom de Gabrias, les autres, jusque-là inédits, sous celui de Babrias, ne les donnant d'ailleurs, à la fin de sa Préface, que pour l'œuvre d'un abréviateur, da neuvième siècle, Ignatius Diaconus ou Magister. Les vraies fables de Babrias ont été retrouvées, en 1840, par Minoïdès Minas, dans un couvent du Mont-Athos, et éditées par Boissonade en 1844. Le titre du manuscrit qui les contient donne à l'auteur le nom de Balebrias ou Balebrius, auquel Boissonade a substitué, dans son édition, la forme, à désinence latine, Babrius, qui répond à la grecque de Nevelet, Babrias.

10. Geruzez rappelle le vers 10 de la fable u du livre V, où il y a une élision semblable :

Mettons-le en notre gibecière. 11. Tout ce prologue de vingt et un vers manque dans l'édition de 1679 (Amsterdam).

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