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tique honneur du nom françois, tout guerriers qu'ils étoient, n'en craignoient pas moins Dieu du fond du cour; c'étoit en criant : Montjoye et Saint Denis, qu'ils arrachoient la France aux Anglois, et faisoient des miracles de vaillance pour l'Église, leur dame et leur roi. N'y a-t-il donc rien de merveilleux dans ces temps des Roland, des Godefroi, des sires de Coucy et de Joinville; dans ces temps des Maures, des Sarrasins, des royaumes de Jérusalem et de Chypre; dans ces temps où l'Orient et l'Asie échangeoient d'armes et de mours avec l'Europe et l'Occident; dans ces temps où Thibaut chantoit, où les troubadours se mêloient aux armes, les danses à la religion, et les tournois aux siéges et aux batailles 1 ?

Sans doute ils étoient merveilleux ces temps,

· On a sans doute de grandes obligations à l'artiste qui a rassemblé les débris de nos anciens sépulcres; mais quant aux effets de ces monuments, on sent trop qu'ils sont détruits. Resserrés dans un petit espace, divisés

par

siècles, privés de leurs harmonies avec l'antiquité des temples et du culte chrétien, ne servant plus qu'à l'histoire de l'art, et non à celle des mœurs et de la religion; n'ayant pas même gardé leur poussière, ils ne disent plus rien ni à l'imagination ni au cæur. Quand des hommes abominables eurent l'idée de violer l'asile des morts, et de disperser leurs cendres pour effacer le souvenir du passé, la chosc, tout horrible qu'elle est, pouvoit avoir, aux yeux de la folie hu

mais ils sont passés. La religion avoit averti les chevaliers de cette vanité des choses humaines, lorsqu'à la suite d'une longue énumération de titres pompeux : Haut et puissant Seigneur, messire Anne de Montinorency, connétable de de France, etc. etc. etc., elle avoit ajouté : Priez pour lui, pauvres pécheurs. C'est tout le néant !

Quant aux sépultures souterraines, elles étoient généralement réservées aux rois et aux religieux. Lorsqu'on vouloit se nourrir de sérieuses et d'utiles pensées, il falloit descendre dans les caveaux des couvents, et contempler ces solitaires endormis, qui n'étoient pas plus calmes dans leurs demeures funèbres, qu'ils ne l'avoient été sur la terre. Que votre sommeil soit profond sous ces voûtes, hommes de paix, qui aviez par

maine, une certaine mauvaise grandeur; mais c'étoit prendre l'engagement de bouleverser le monde, de ne pas laisser en France pierre sur pierre, et de parvenir, au travers des ruines, à des institutions inconnues. Se plonger dans ces excès pour

rester dans des routes communes, et pour ne inontrer qu'ineptie et absurdité, c'est avoir les fureurs du crime sans en avoir la puissance. Qu'est-il arrivé à ces spoliateurs des tombeaux? qu'ils sont tombés dans les gouffres qu'ils avoient ouverts, et que leurs cadavres sont restés commeen gage à la mort, pour ceux qu'ils lui avoient dérobés.

* Johnson, dans son Traité des Épitaphes, cite ce simple mot de la religion comme sublime.

1

tagé votre héritage mortel à vos frères, et qui , comme le héros de la Grèce, partant pour

la conquête d'un autre univers, ne vous étiez réservé que l'espérance !

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CHAPITRE IX.

SAINT-DENIS.

n voyoit autrefois, près de Paris, des sépultures, fameuses entre les sépul

tures des hommes. Les étrangers venoient en foule visiter les merveilles de SaintDenis. Ils y puisoient une profonde vénération pour la France, et s'en retournoient en disant en dedans d'eux-mêmes, comme saint Grégoire: Ce royaume est réellement le plus grand parmi les nations. Mais il s'est élevé un vent de la Colère autour de l'édifice de la Mort ; les flots des peuples ont été poussés sur lui, et les hommes étonnés se demandent encore : Comment le Temple d'Ammon a disparu sous les sables des déserts?

L'abbaye gothique où se rassembloient ces grands vassaux de la mort, ne manquoit point de gloire : les richesses de la France étoient à

ses portes; la Seine passoit à l'extrémité de sa plaine; cent endroits célèbres remplissoient, à quelque distance, tous les sites de beaux noms, tous les champs de beaux souvenirs ; la ville de Henri IV et de Louis-le-Grand étoit assise dans le voisinage; et la sépulture royale de SaintDenis se trouvoit au centre de notre puissance et de notre luxe, comme un trésor où l'on déposoit les débris du temps, et la surabondance des grandeurs de l’Empire François.

C'est là que venoient tour à tour s'engloutir les rois de la France. Un d'entre eux, et toujours le dernier descendu dans ces abîmes, restoit sur les degrés du souterrain, comme pour inviter sa postérité à descendre. Cependant Louis XIV a vainement attendu ses deux derniers fils : l'un s'est précipité au fond de la voûte, en laissant son ancêtre sur le seuil ; l'autre, ainsi qu'OEdipe, a disparu dans une tempête. Chose digne de méditation! le premier monarque que les envoyés de la justice divine rencontrèrent fut ce Louis si fameux par

l'oles nations lui portoient. Il étoit encore tout entier dans son cercueil. En vain, pour défendre son trône, il parut se lever avec la majesté de son siècle, et une arrière-garde de huit siècles de rois; en vain, son geste menaçant épouvanta les ennemis des morts, lorsque,

béissance que

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