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> Bertildis est un nom féminin appartenant à une classe extrêmement nombreuse. La terminaison DIS a été donnée à quelques noms masculins, tels que Teudis, Amadis, Dabaudis, Adradis ; mais il ne faudrait pas comprendre dans cette classe de noms masculins terminés en DIS le nom qui figure dans une précieuse inscription provenant des fouilles pratiquées par Alexandre Lenoir à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Cet archéologue lisait, dans l'épitaphe que porte la pierre aujourd'hui déposée à Saint-Denis, le nom Ehrotrudis ou Sehrotrudis, et y cherchait un souvenir de Rotrude, fille de Charlemagne (1). Plus tard, le nom paraît avoir été admis comme masculin. Mais il faut remarquer que le premier et le second caractère du nom EROTRVDIS sont liés; que l'épitaphe contient six autres exemples de ligature ; que le caractère C dans les mots Cælestia, celebratur sont carrés [; que les S sont aussi composés de lignes brisées 5; il semble donc certain que la ligature signalée en tête du nom propre équivaut à CH, et que ce nom, qui reparaît deux fois, doit être lu Chrotrudis. Or, dans le nécrologe de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui nous a été conservé par Dom Bouillart, on remarque, au 3 des nones de décembre, la mention d'une femme nommée Chrotrudis, épouse de Gerehardus (2). Il est donc plus que probable que cette femme est celle-là même dont Alexandre Lenoir a retrouvé la sépulture et l'épitaphe; et il est possible aussi que le Leuthardus mentionné dans ce texte épigraphique soit celui qui se trouve rappelé, au 10 des kalendes de mai, dans ce nécrologe de l'abbaye.

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M. Lenormant reprend et achève la lecture, en communication, de la Notice sur les animaux employés par les anciens Egyp

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(1) Descript. hist. des monum, franc., 8e édit., 1806, p. 81, n° 621.

(2) Comparez au nom bien connu Chrotchildis. Dans le nécrologe de Saint-Germain, on trouve encore les noms Chrotgarius, Chrotfredus, Chrotbertus, Chrotgaudus, Chrotlindis, etc. Outre un motif philologique général, il y a donc encore une raison locale pour adopter la lecture Chrotrudis.

tiens à la chasse et à la guerre, tels qu'ils sont représentés sur les monuments de diverses époques (1).

Séance du vendredi 18.

PRÉSIDENCE DE M. RENAN.

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et la rédaction en est adoptée.

Le SECRÉTAIRE PERPÉTUEL donne lecture de la correspondance.

La Société d'agriculture de France, par l'organe de son président, M. Chevreul, et de son secrétaire perpétuel, M. Payen, notifie son adhésion unanime à la déclaration votée et publiée par l'Institut, le 18 septembre dernier, à l'occasion de la menace d'un bombardement de Paris, qui serait un double attentat contre l'humanité et la civilisation représentées par tant de précieux trésors des sciences, des lettres et des arts dans notre capitale.

A propos du procès-verbal, M. le PRÉSIDENT constate que jusqu'ici aucune confirmation positive n'est parvenue de la nouvelle répandue et malheureusement trop probable de la mort de M. Mérimée.

M. JOURDAIN commence la première lecture d'un mémoire ayant pour titre: «L'éducation littéraire des femmes au moyen-âge.»

M. Ern. Desjardins lit, en communication, une Etude sur le dessin de la carte de Peutinger, se rattachant à son édition de ce précieux monument. - L'obfervation d'un membre de l'Académie, d'après laquelle un fragment découvert à Autun et publié par Millin, pourrait avoir fait partie d'un Orbis pictus, tel que celui d'où procéderait la table de Peutinger selon l'opinion commune, parait, d'après la remarque de M. RENIER, devoir s'appliquer exclusivement à un itinéraire. M. BRUNET DE PRESLE pense que la projection de la carte dont il s'agit a dû être déterminée par la forme allongée des feuilles

(1) Cette potice a été imprimée dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. LXXI (103 18, 19, 20 et 22).

de papyrus d'abord, puis de parchemin sur lesquelles elle a été écrite, sans qu'il soit nécessaire de la mettre en rapport avec la figure et les dimensions de l’Orbis pictus du Portique d’Octavie au Palatin. — M. DE WAILLY déclare que cette opinion est la sienne et l'appuie de nouveaux arguments. — M. RENIER n'est pas de l'avis du préopinant et il défend le système de Mannert adopté par M. Desjardins. « On pouvait, dit-il, superposer les rouleaux de papyrus pour les rapporter à la forme que l'on attribue à l'Orbis pictus, et, si on ne l'a pas fait, c'est que cette forme devait être en général celle de la Table que nous avons.

M. MILLER estime que l'on a dû, dans la copie projetée en longueur, réduire la hauteur de l'original, afin de pouvoir développer les pays dans les conditions nouvelles qu'imposait la transcription sur papyrus.

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Le procès-verbal de la précédente séance est lu et la rédaction en est adoptée.

Le SECRÉTAIRE PERPÉTUEL donne lecture de deux nouvelles lettres d'adhésion à la déclaration de l'Institut du 8 septembre : po celle de la Société zoologique d'acclimatation, en date du 21 novembre, adressée par MM. les vice-présidents et secrétaires présents à Paris ; 2° celle de l'Association pour l'encouragement des lettres grecques en France datée du 20 novembre et votée le 3, par son comité, sur la proposition de son président, M. Brunet de Presle.

A l'occasion de ces lettres, M. EGGER croit devoir appeler l'attention de l'Académie sur les termes d'un passage remarquable du récent discours de lord Granville, chef du Foreign Office, en Angleterre, et sur leur coïncidence avec ceux de la déclaration de l'Institut, coïncidence dont il y a lieu de se féliciter.

M. JOURDAIN continue et termine la première lecture de son

Mémoire sur l'éducation littéraire des femmes en France pendant le moyen-âge.

M. Ern. Desjardins poursuit la lecture, en communication, de son Étude sur le dessin de la carte de Peutinger.

M. Revillout termine la lecture de son Mémoire sur les Ostraca, papyri et inscriptions coptes des diverses collections de Paris.

ANALYSE.

M. Eugène Revillout fait sous ce titre une série de dix lectures dans lesquelles il examine successivement les documents coptes relatifs à l'administration, à la jurisprudence et à la vie privée des Egyptiens. Nos diverses collections de Paris lui ont fourni un ensemble de matériaux considérable et à peu près unique en Europe sur ce sujet qui est, on peut le dire, entièrement neuf. Seul, le British Museum possède quelque chose d'analogue à ce que nous avons en ce genre, et c'est ce caractère particulier de nouveauté qui a donné tant d'intérêt pour le monde savant aux études que M. Goodwine a faites sur les papyri de Londres dans diverses revues. Mais ces papyri, fort curieux du reste, ont un sujet à peu près identique. Ce sont d'anciens cartulaires de couvent qui appartiennent presque tous à la période musulmane, époque de décadence complète pour la langue copte. D'ailleurs M. Goodwine n'a pas cru malheureusement devoir publier aucun des textes qu'il expliquait (ce qui ôte presque toute valeur aux suppléments aux lexiques coptes qu'il en a tirés) et il n'a joint à ses traductions abrégées que fort peu de remarques philologiques. L'étude scientifique des papyri du British Museum reste donc encore à faire.

Le musée de Boulak en Egypte a, lui aussi, nous a-t-on dit, une assez grande quantité de papyri coptes. Mais, comme ils ne paraissent pas avoir encore été livrés à l'examen d'aucun coptisant, on ne peut rien en dire. Quant aux autres collections européennes, telles que le Vatican, le musée Borgia, réuni maintenant à celui de la Propagande, la bibliothèque Bodléïenne et ANNÉE 1870.

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le musée de Turin, si célèbre par ses papyri, elles ne contiennent guère que des lexiques copto-arabes, des vies de saints, des chroniques, des écrits ascétiques ou quelques autres livres de longue haleine, tels que le grand poème Panopolitain de Paul l’Architecte, les mystères des lettres grecques, les manuscrits gnostiques apportés par Bruce, le livre sur les maladies de la peau, etc.; mais rien d'analogue au bel ensemble de correspondances particulières ou administratives d'actes, de chartes, de testaments et de dossiers de toute sorte que M. Revillout vient communiquer à l'Académie.

Ce qui ajoute encore au prix des papyri français du Louvre, c'est que la plupart d'entre eux sont antérieurs à la conquête de l’Egypte par Omar et appartiennent par conséquent à la belle époque de la langue copte. Ils faisaient en majorité partie des papiers autographes d'un célèbre métropolitain du VIIe siècle nommé Pesunthius, évêque de Coptos, qui est regardé comme un saint et fêté le 13° d'Epep par l'Eglise d'Egypte. Ils ont été trouvés sans doute dans son tombeau, qui était situé dans le couvent de Psenti, entre Coptos et Kos. Nous apprenons par la biographie de Pesunthius, qui est conservée en son entier dans un des manuscrits memphitiques du musée du Vatican, que ce prélat, qui a joué de son temps un rôle considérable, a été ordonné évêque de Coptos par Damien, qui était patriarche d'Alexandrie de l'année 570 à l'année 607 de l'ère chrétienne. Pesunthius était donc contemporain de Mahomet qui naquit en 570. Il vit même la double conquête de l'Egypte, d'abord par les Perses, contre lesquels les papyri du Louvre nous ont conservé une magnifique proclamation de Pesunthius, ensuite par les Musulmans, au sujet desquels nous avons également, dans un des manuscrits de la Bibliothèque nationale, une longue lettre-encyclique du même évêque que les chrétiens d'Egypte se sont longtemps transmise de main en main et qu'ils avaient traduite en arabe. Les papyri du Louvre nous donnent plusieurs documents fort intéressants sur cette époque, si troublée et si peu connue, ainsi que sur les moeurs et l'administration de l'Egypte à cette date. C'est une mine extrêmement riche de

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