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L

et simple doublon de l'i. Il en est de même de l'ubihov qui est ordinairement conservé dans les transcriptions memphitiques comme dans les transcriptions latines, bien qu'il s'échange parfois avec l’nta, l’iota ou l'epsilon. Il nous semble très-probable qu'il devait avoir en Egypte comme en Grèce le son de l'u français. Il ne devenait ou que quand il formait diphthongue avec l'omicron; mais ce son u n'existait guère dans les mots coptes, car il était totalement étranger à la langue égyptienne antique. Ausși la voyelle u était-elle toujours, dans les mots d'origine copte, unie à quelque autre voyelle avec laquelle elle se prononçait. On ne possède que très-peu d'exemples d’u isolés et fautifs comme buke (Z., p. 340), sunte (Parthey). Encore un'était-il pas dans ces exemples un doublon de l'ou, mais le plus souvent de l’nta, parfois même de l’epsilon. Au reste, comme en français, l'u formait diphthongue, non-seulement avec l'o pour produire le son ou qui, dans la langue antique, était une lettre simple, mais encore avec l'e et l'a pour former ev et au; ce qui aurait été impossible, si l'u isolé s'était toujours prononcé i. Toutes ces diphthongues sont religieusement conservées dans les transcriptions memphitiques. On doit seulement noter que l'ou qui possédait généralement, comme en grec moderne, le son qu'il a actuellement en français, représentait parfois aussi en copte une véritable consonne qui s'échangeait avec le ß: etbab pour etouaab aban-aouan, abèt-aouèt.

» L'égyptien, dans ses divers dialectes, affectionnait beaucoup les réunions de voyelles pour les mots qui lui appartenaient en propre. L'n s'y unissait souvent à l'epsilon et le son ou à l'wleya. Quant aux diphthongues el et al, assez fréquentes dans les mots coptes, en memphitique, on en faisait sentir les éléments constitutifs comme dans le système érasmien; et c'est pour cela, sans doute, qu'on prenait tant de soin à ne pas les écrire dans les mots grecs.

» En thébain, au contraire, on ne prononçait pas toutes les lettres écrites. Aussi ce dialecte aimait-il beaucoup les lettres doubles dd, ɛɛ, 00, nm, ww, qui ne faisaient qu'allonger les sons primitifs. Chacune de ces voyelles doublées gardait son caractère

spécial. Le double omicron devait avoir un son analogue, mais non tout à faitidentique à celui de l'omega ou du double omega. Cependant il faut remarquer que l'omega, en qualité de longue, s'abrégeait toujours en omicron, comme le holam s’abrégeait, en hébreu, en kamets, bien que le son des deux voyelles fat different. D'un autre côté, on ne devait jamais, en thébain, prononcer les deux éléments des diphthongues ei et ai que quand celles-ci étaient notées d'un accent disjonctif. Partout ailleurs, dans les mots grecs comme dans les mots coptes, on écrivait el et a en toutes lettres, mais on les prononçait comme : et comme s. C'est ainsi que les mots sahidiques aeik, eiót répondaient parfaitement aux doublons memphitiques aik, iðt. On trouve même quelques exemples de mots grecs où l'e est transcrit fautivement par el comme Acustò pour David. Cette diphthongue n'était plus en thébain qu’un i long.

» En résumé, sauf des fautes inévitables tenant à l'ignorance des scribes, l'orthographe grecque est conservée beaucoup mieux en thébain qu'en memphitique, en ce qui concerne le corps des mots et les radicaux; car en memphitique on avait trouvé beaucoup plus simple de supprimer les fictions orthographiques et de ne tenir compte que des éléments sonnants du langage, tandis que le thébain, comme la plupart des langues parlées actuellement, avait reculé devant une réforme qui rompait avec les traditions antiques et qui semblait inutile. Il en fut tout autrement pour les désinences des verbes grecs; car les Thébains, faisant preuve d'une force d'abstraction dont nous verrons bien des exemples, comprirent qu'il était inutile d'introduire dans leur langue des désinences étrangères de conjugaisons, de temps et de modes dont ils n'avaient que faire, puisqu'ils possédaient eux-mêmes d'autres moyens pour rendre ces nuances de la pensée. Ils traitèrent donc les verbes grecs dont ils avaient besoin comme de purs et simples radicaux; mais sachant qu'en grec il n'existait aucune racine à l'état pur et privé de toute espèce de désinence, ils joigpirent au radical, qu'ils surent parfaitement dégager, une finale qu'ils possédaient eux-mêmes dans les formes dérivées de leur verbe,

la finale e, que l'on retrouve dans pixe de pex, xoope de xoop, λαχμε de λαχμ, τωπε de τωπ, etc. Nous nous reservons de montrer dans un mémoire purement grammatical quels furent l'histoire et le rôle de cette finale dans les mots coptes et à quelle classe de verbes sémitiques les verbes qui la reçurent doivent être comparés. Pour le moment, qu'il nous suffise de constater son existence dans le dialecte thébain et son application aux verbes grecs.

» Ainsi la première opération que les Thébains faisaient subir aux verbes grecs qu'ils adoptaient consistait à en dégager le thème verbal. Ils ne s'inquiétaient pas de savoir s'il s'agissait d'une forme active, passive ou moyenne, d'un verbe en w ou d'un verbe en de. Le radical seul leur importait.

» Puis ayant fait tomber les désinences étrangères ils animaient le radical grec par cette voyelle ε qui devait lui communiquer le caractère verbal; et sans déformations ultérieures ils le conjuguaient comme un mot de leur propre langue, à l'aide de pronoms personnels, de particules et d'auxiliaires.

» Ils arrivaient même à lui donner indirectement le sens passif, à l'aide d'une tournure fréquemment usitée dans les divers dialectes coptes et qui est basée sur l'emploi abusif de la 3e personne du pluriel; mettant le verbe à l'actif et transformant le sujet en régime direct, ils employaient cette 3o personne du pluriel dans des cas où l'action avait été faite par une seule personne : a Ceux qui ont été ordonnés par lui » NAI NTAU CHIRODONI MMOOU EBOLHITOOTF (1), mot à mot : a ceux qu'ils ordonné eux parlui»---« ayant été envoyés par l'empereur.» EAU DJOOUÇOU UITM PRRO (2) mot à mot: « ayant envoyé eux par l'empereur »; bien plus, dans des cas où aucune personne proprement dite n'avait fait l'action. Ainsi, pour indiquer qu'un homme avait été tué dans un orage, ils n'auraient pas hésité à dire : « Ils ont tué cet homme dans un orage. » On trouve des exemples frappants de ces copticismes dans une profession

(1) Z. 282,1. 37. (2) Z. 282, 1. 40.

de foi religieuse qui fut écrite par un patriarche dans un temps où l'on dut s'attacher avant tout à la propriété des termes, car le moindre mot devenait l'occasion de quelque hérésie et de persécutions sanglantes. Dans ce morceau, pour dire que le Christ avait été engendré sans rapport sexuel, on se sert des termes suivants : PETAU DJPOF ADJU MANKOTK NHOOUT (1) < celui qu'ils ont engendré sans coït d'homme »; et à propos de Dieu « qui n'a pas de forme » PETAU EMPOUTI EROP SCRÈMA EROF MPTERF (2) « celui auquel ils ne donnent pas de forme. » Bien évidemment, dans des locutions de cette espèce, le pronom personnel avait perdu tout sens défini et l'idée ainsi représentée était une idée purement passive. C'était le sens passif usité en thébain pour les verbes grecs; car, il est important de le noter, jamais les Egyptiens ne changeaient dans les mots grecs la vocalisation interne pour exprimer les voies passive ou moyenne. Ils eussent craint sans doute de rendre complétement méconnaissables ces mots d'emprunt, s'ils leur cussent appliqué les procédés remarquables qu'ils employaient pour modifier l'acception primitive des termes coptes, procédés que nous décrirons prochainement.

» Ainsi les mots grecs thébanisés restent invariables et en mettant à part pour le moment les verbes dont les radicaux se terminent en grec par une ou par un a ou par un o, verbes dont les lois de contraction modifient, comme nous le verrons, la désinence surajoutée, rien n'est plus facile que de transformer en erbe thébain un verbe grec. L'actif guvayo (3) devient συναγε; αναθεματίζω» αναθεματιζε; δοκιμαζω-δοκιμαζε και βασανιζωβασανιζε; πατασσω-πατασσε , κωλυω-κωλυε; πιστευω-πιστευε, προφητευω

(1) Manuscrit Devéria, no 2. (2) Idem.

(3) Voir Zoega, page 556, ligne 2 ; p. 242 in fine ; 261,38 ; 370, 2; 371, 2 ; 366, 12 ; 370,21 ; 422, 19;369,19; 434,14; 477, 13; 472, 29; 439,22; 446,20 ; 446,22 ; 461,18; 468, 4; 472, 21 ; 465, 15; 440, 26 ; 441, 3; 439, 12 ; 431, 9; 451, 14; 468, 18; 424, 36; 446, 24; 460, 20 et 29; 460, 22; 478, 6; etc., etc.

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προφητευε και συμβολευω-συμβολευε; ανανευω-ανανευε και πολιτευω-πολιτευε ; θεραπευω-θεραπευε και υποπτευω-υποπτευε. Ce dernier mot commence en thébain par un hori surajouté qui vient remplacer l'esprit grec, comme c'est la règle dans la plupart des mots analogues (1).

» De meme le moyen (2) αισθανομαι devient αισθανε και αγωνιζομαιαγωνιζε και υποκρινομαι-hυποκρινε παρρησιαζομαι-παρρησιαζε ; ασπαζομαιασπαζε, etc.

» Rien ne pourrait être plus régulier.

» C'est même à force de vouloir appliquer les règles philologiques dans la recherche des radicaux qui les Thébains en sont venus parfois à s'éloigner notablement des formes usitées en grec. Quand ils transformaienten (3) Tanye la forme teknoow), parfait poétique passif πεπληγα, en ευφρανε le verbe ευφραινω, aoriste passif Euoppavönv, en 8a6ale, diabadaw, avec un seul lambda, aoriste ôresadov. Il est évident qu'ils cherchaient à remonter jusqu'au radical qui leur semblait être primitif. Ce n'est pas tout. Nous avons dit qu'il fallait mettre à part les verbes contractes. C'est qu'en effet les Thébains leur appliquaient rigoureusement les règles de contraction grecque.

» En ajoutant virtuellement la voyelle ε à leur radical ils modifiaient la désinence ainsi produite comme les Grecs modifient dans leurs conjugaisons la syllabe qui doit renfermer après la voyelle radicale un e virtuel.

Le cas se rencontre plusieurs fois dans les verbes grecs, notamment à la seconde personne du pluriel et aux deux personnes du duel du présent de l'indicatif, à la troisième personne du singulier, à la seconde personne du pluriel et au duel

(1) Ce hori joue exactement le même rôle que le digamma des Eoliens. Comme celui-ci, il se mettait parfois dans des cas où il ne remplaçait pas l'esprit rude, et fort souvent au milieu des mots comme παριστα de παριστημι. On βcrivait le meme en kolien αιFων pour αιων, Foινoς pour oινος, etc.

(2) Cf. Zoega, pages 427, 19; 439, ?2; 460, 22 ; 461, 18 ; 468, 4; 440, 26.

(3) Cf, Zoega, pages 521, 24; 446, 21; 454, 23.

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