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toire de la Syrie septentrionale, puisqu'il était natif d'Alep, ville ou son père, son aïeul et son bisaïeul avaient été revêtus de la dignité de cadhi ou juge. Son récit, qui est beaucoup plus détaillé que celui de son contemporain Ibn-Alathir, remplit pour la majeure partie, les dernières pages de notre mémoire, >>

Séance du vendredi 8.

PRÉSIDENCE DE M. RENAN. Le procès-verbal de la séance précédente est lu et la rédaction en est adoptée.

M. le PRÉSIDENT communique à l'Académie une lettre de M. Lequeux lui annonçant la perte qu'elle vient de faire dans la personne de M. Paul Emile Boita, consul-général en retraite, décédé à Achères près Poissy, le 29 mars dernier, à l'âge de 68 ans, et son correspondant depuis 1843. « Le nom de M. Botta, dit M. le PRÉSIDENT, restera attaché à la plus grande découverte archéologique qui ait été faite de notre tenips, celle des ruines de Ninive, découverte dont les conséquences, pressenties et préparées par son auteur, se développent chaque jour sous nos yeux. D

M. le PRÉSIDENT rappelle à ses confrères que, suivant l'usage et à raison du vendredi saint, la prochaine séance sera avancée au mercredi 13 courant.

M. MILLER lit, en communication, une note sur un monument très-intéressant qui vient d'être découvert en Egypte à CheikhAbad, l'ancienne Antinoé, et dont le musée de Boulaq vient de s'enrichir grâce aux soins de M. Mariette. Il s'agit d'un piédestal portant une inscription grecque datée de la 24° année du règne d'Hadrien, c'est-à-dire de l'an 134 de l'ère chrétienne. Il y est dit qu'Hadrien a ouvert une nouvelle voie, appelée Hadrienne, de Bérénice à Antinoé, à travers des pays sûrs et plats, le long des côtes de la mer Rouge, voie parsemée d'aiguades (sopsúpasiv &obóvos), de stations et de forteresses. Cette via Hadriana était tout-à-fait inconnue. Il serait possible de la retrouver au moyen des ruines qui ont été découvertes par

les voyageurs. Elle devait se rendre directement d'Antinoé å Myos-Hormos et remonter en longeant la mer Rouge jusqu'à Bérénice. Cette inscription est de la plus haute importance pour la géographie ancienne de l'Egypte et pour l'histoire des voies romaines.

M. MILLER lit ensuite un extrait d'une lettre de M. Piot contenant des observations sur les fouilles faites dans l’ile de Chypre pendant les années 1867 et 1868. Ces observations sont accompagnées de photographies qui sont mises sous les yeux de l'Académie. Parmi les antiquités que ces photographies représentent, on remarque de très anciens vases en forme de cruche à panse sphéroïdale dont l'ouverture figure une tête humaine plus ou moins accentuée. La forme de tête humaine se trahit par des yeux tracés en noir de chaque côté du col du vase.

M. EGGER, à l'occasion de la première de ces deux communications, demande la parole et s'exprime ainsi :

« Au souvenir d'Hadrien, que rappelle l'inscription communiquée par M. MILLER, se rattache naturellement une inscription découverte il y a quelques mois en Béotie et que M. Koumanoudis a publiée dans le 13° fascicule de la Nouvelle éphéméride archéologique d'Athènes. Ce monument nous a conservé huit vers phaleuces constatant l'offrande faite par Hadrien des prémices d'une chasse heureuse au fils de Cypris.

Ω παί τοξότα Κύπριδος λιγείης,
Θεσπιαϊς Ελικωνίαισι ναίων
Ναρκίσσου παρά κήπον ανθέοντα, ,
“Ιλήκους, το δέ τοι δίδωσι δέξο (sic)
'Ακροθίνιον Αδριανός άρκτου
ήν αυτός κάνεν ιππόθεν τυχήσας.
Συ δ'αυτω χάριν αντί του σαόφρων

πνέους ουρανίας απ’ Αφροδίτας .
Ce que l'on peut traduire à peu près ainsi.

«Jeune archer, fils de Cypris à la douce voix, toi qui habites à Thespies l'Héliconienne, près du jardin fleuri de Narcisse, sois favorable .et accueille les prémices que t'offre Adrien, d'une

ourse que, du haut de son cheval, il eut le bonheur de tuer. Et toi, en échange, puisses-tu, en dieu sage, souffler sur lui la grâce qui vient d'Aphrodite Uranie! »

«M. Koumanoudis pense avec raison, d'après le rapprochement de divers textes anciens (Corpus inscr. groec. n. 1614 ; Spartien, vie d'Hadrien, c. 20; Dion Cassius, LXIX, 10 et 3; Pausanias, VIII, 41 $ 8) que nous avons là un monument du goût de l'empereur Hadrien pour la chasse et aussi de son petit talent pour la versification dans les deux langues. »

Dans la scconde communication de M. MILLER, celle de la lettre de M. Piot, M. WADDINGTON croit devoir relever un passage relatif aux fouilles d'Ephèse et à des actes prétendus de vandalisme imputés à l'architecte anglais chargé de ces fouilles pour le Musée britannique ; des pierres ont été transportées dans ce musée, mais elles n'appartenaient point aux ruines réellement antiques du temple d'Ephèse, qui fut, on le sait, restauré après Gallien et la dévastation des Goths. Ces ruines ont été respectées dans tout ce qu'elles ont d'essentiel.

M. Miller déclare qu'il n'entend nullement prendre la responsabilité des assertions de M. Piot relatives aux fouilles des Anglais faites à Ephèse. Il adhère, au contraire, de tout point, à la réclamation porlée devant l'Académie par M. WADDINGTON.

M. RENIER, lui aussi, saisit l'occasion pour appeler l'attention de l'Académie sur une découverte qui vient d'être faite plus près de nous dans les travaux du percement de la rue Monge. C'est celle de l'amphithéâtre romain de Paris, dont l'existence était attestée seulement par quelques documents du moyen àge et par la dénomination de Clos des Arènes, qui désigna longtemps l'emplacement sous lequel il était enfoui depuis des siècles. Une partie du podium (la moitié environ) vient d'être déblayée; elle dénote, par le caractère et par les matériaux des constructions conservées, l'antiquité relative de ce monument, qui paraît dater du IIe siècle de notre ère, et serait ainsi antérieur de deux siècles au moins aux Thermes de Julien. Une pierre provenant des gradins, et qui a été découverte au pied du podium, porte une inscription abrégée du genre de

celles qui se lisent sur les gradins de la plupart des théâtres et des amphithéâtres romains. Un certain nombre de pierres semiblables, aujourd'hui conservées au musée de Cluny et dans les magasins de la Ville, ont certainement la même provenance, et il n'y a pas lieu de douter que du rapprochement de leurs inscriptions et de celles des pierres du même genre que l'on découvrirait probablement en déblayant la partie encore enfouie du monument, on ne puisse tirer des renseignements intéressants sur les diverses corporations de l'antique civitas Parisiorum. « On sait d'ailleurs, ajoute M. RENIER, que, dans les cités du monde romain, le théâtre ou l'amphithéâtre était le monument municipal par excellence, et que c'était là notamment que s'assemblait le peuple, quand il y avait lieu de le consulter. En prenant donc des mesures pour sauver ce qui reste de celui qu'on vient de retrouver, la ville de Paris assurerait la conservation du plus ancien, et je ne crains pas de le dire, de l'un des plus intéressants souvenirs de son histoire. »

Plusieurs membres de l'Académie, qui ont visité la partie jusqu'ici découverte du monument, se joignent à M. RENIER pour exprimer le veu que la conservation puisse en être assurée. Malgré la vente du terrain, il est probable que la Ville de Paris pourrait, par voie d'échange, en faire l'acquisition, et peut-être même ne serait-il pas impossible de compléter, au moyen de négociations bien conduites, l'exhumation de la partie de l'amphithéâtre encore ensevelie sous un monticule portant des constructions.

L'Académie, vivement frappée de l'exposé qu'elle vient d'entendre, et pénétrée de l'importance, à tous les points de vue, de la découverte déjà faite et du complément qu'elle pourrait recevoir, décide à l'unanimité qu'il sera écrit en son nom par le Secrétaire perpétuel à M. le sénateur préfet de la Seine, pour le prier de prendre les mesures nécessaires afin d'assurer à la ville de Paris la conservation de son plus ancien monument si heureusement retrouvé.

Sont offerts à l'Académie :

1° Le tome IV du Recueil des historiens des Gaules et de la France,

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réimprimé par l'éditeur M. V. Palmé, sous la direction de M. Delisle (Paris, 1869, in-fo).

9. Revue des questions historiques : 49 année, 169 livraison.

3o Au nom de M. JOURDAIN, un exemplaire du tirage à part de son Mémoire sur les sources philosophiques des hérésies d'Amaury de Chartres et de David de Dinan, destiné au t. XXVI, 2e partic, du Recueil de l'Académie.

4° Au nom de M. D'Avezac, l'examen critique d'un livre intitulé : « Elude sur l'origine des Basques par J.-Fr. Bladé » (extr. de la Revue critique d'histoire et de littérature, 1870, in-8").

5° La vita di Gesù Christo, par Gaetano Valeriani (Torino, 1869, in-12), adressé, comme un hommage, à l'Institut de France, par le D' Riboli, et précédé d'un avis et d'une préface qui ne sont point non plus de l'auteur. « Du reste, ajoute M. le SECRÉTAIRE PERPÉTUEL, » cc livre ironiquement dédié aux saints Pères réunis en concile » est, pour n'en rien dire de plus, une æuvre de parti, un pamphlet. » politique et radical, nullement un travail d'exégèse biblique, » comme il en a la prétention.

Fables, par M. Eug. Sicé, de Pondichéry (1870, br. in-12).

no Grande charte de Henri de Transtamare conférant à Bertrand Du Guesclin le duché de Molina (4 mai 1369), texte espagnol avec la traduction française et des notes par M. André, conseiller à la Cour impériale de Rennes, etc. (1870, in-8°).

Annales de philosophie chrétienne : février 1870.

go Rerue de législation ancienne et moderne, française et étrangère : mars et avril 1870.

10° M. Delisle fait hommage, au nom de l'auteur, de l'ouvrage intitulé : Etude sur les chroniques de Froissart, Guerre de Guienne (1345– 1346). Lettres adressées à II. Léon Lacabane, directeur de l'Ecole des Chartes, par M. Bertrandy, inspecteur général des Archives (Bordeaux, 1870, in-8°).

M. Louis Passy lit, en communication, la Notice suivante sur deux monuments inédits de la sculpture en porphyre.

« Il y a déjà deux ans, j'ai eu l'honneur de soumettre à l'Académie un Mémoire dans lequel je cherchais à éclaircir plusieurs points obscurs de l'histoire de la sculpture du Bas-Empire.

» En comparant des groupes sculptés en haut relief sur des colonnes du Vatican et des groupes encastrés dans les murs extérieurs de l'église de Saint-Marc à Venise, j'ai constaté que

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