Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

LA GÉOGRAPHIE

BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

XVIII

COULOMMIERS

lunprimerie PAUL BRODARD.

BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

PUBLIÉ TOUS LES MOIS PAR

Le Baron HULOT
Secrétaire général de la Société de Géographie

ET

M. Charles RABOT
Membre de la commission centrale de la Société de Géographie

Secrétaire de la Rédaction.

TOME XVIII

2° SEMESTRE 1908

PARIS
MASSON ET C'', ÉDITEURS

120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN

1908

Européens et Malgaches
Leurs relations aux siècles passés

Les Européens sont, avec juste raison, fiers de leur civilisation et se font gloire de l'avoir portée aux quatre coins du monde. Ils ne doutent pas d'avoir ainsi rendu à l'humanité le plus grand des services en inculquant ou cherchant à inculquer, de force ou de gré, leurs croyances et leurs maurs aux barbares et aux sauvages qui peuplent le reste de la terre. Nous n'avons pas la prétention d'aborder ici la discussion de ce grand problème historique et philanthropique dans sa généralité : une telle étude exigerait un long temps et des recherches très ardues et remplirait un grand nombre de volumes. Mais si on se limite à l'examen des tentatives de colonisation faites par diverses nations européennes dans l'un de ces pays d'outre-mer, on a un champ restreint sur lequel il est possible de mancuvrer, et les conclusions d'une semblable enquête, toute particulariste qu'elle sera, ne jetteront pas moins un certain jour sur les résultats obtenus par les a civilisateurs » et montreront combien, à ce sujet, l'orgueil inconsidéré des races supérieures est peu justifié : var, loin d'être toujours bienfaisante, comme elle se le figurent, leur action a souvent été néfaste; non pas, certes, pour les intérêts matériels des conquérants, mais pour les pauvres indigènes auxquels elle a apporté avec beaucoup de vices toutes sortes de misères.

Autrefois, on a fait partout de la colonisation économique, appuyée manu militari, mais la colonisation intellectuelle et civilisatrice, qu'on a lentée simultanément, a souvent échoué, étant forcément en lutte avec l'autre qui était le principal, sinon l'unique souci de la plupart des intéressés. On peut se demander, du reste, si les dévoués et souvent admirables missionnaires chrétiens eussent mené à bien leur wuvre, même si les intérêts matériels de leurs compatriotes ne l'eussent pas dans une certaine mesure entravée et contrecarrée; leur sainte ardeur les poussait à des croisades actives, souvent violentes; ils voulaient et espéraient écraser de suite l'idolatrie, quand, pour réussir, il eût fallu procéder avec patience par une infiltration lente, les peuples barbares ayant l'intelligence obscurcie par des préjugés séculaires auxquels ils sont fortement attachés et qui, à leurs yeux, sont autant de

LA GÉOGRAPHIE. - T. VIII, 1908.

146810

« ZurückWeiter »