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de ces nations ?Non, certes. Car c'est de nous que l'on dit toutes ces choses. En nous, le Christ souffre l'opprobre; en nous, la loi chrétienne souffre malédiction, car c'est de nous que l'on dit tout ce dont nous avons parlé : Voilà comment ils sont, les hommes qui adorent le Christ ?Ils trompent, lorsqu'ils se glorifient d'apprendre de bonnes choses, lorsqu'ils se vantent de suivre les maximes d'une loi sainte. S'ils apprenaient de bonnes choses, ils seraient bons. Telle secte, tels sectateurs. Ils sont sans doute ce qu'on les fait. Il paraît donc que leurs Prophètes enseignent l'impureté, que leurs Apôtres sanctionnent le crime, que leurs Evangiles prèchent ce qu'ils font. En un mot, les actions du Chrétien seraient saintes, si le Christ avait enseigné la sainteté. Par ceux qui l'honorent, on peut juger de celui qui est honoré. Comment serait-il un bon maître, celui dont nous voyons les disciples si méchans ? Car les Chrétiens viennent du Christ, ils l'écoutent, ils le lisent. Il est facile à tout le monde de connaître sa doctrine. Voyez ce que font les Chrétiens, et vous saurez ce que le Christ enseigne. Enfin, rien ne prouve mieux l'opinion perverse et coupable des païens touchant les sacrifices du Seigneur, que les sanglantes recherches de ces persécuteurs féroces qui ne voyaient dans les sacrifices chrétiens que des impuretés et des abominations. Ils croyaient même que notre religion tirait son origine de deux grands crimes, d'abord l'homicide, puis, ce qui est plus grave encore, l'inceste. Et non-seulement l'homicide et l'inceste, mais ce qui est plus impie encore, l'inceste et l'homicide à la fois : l'inceste, en la personne des mères que la nature a rendues sacrées; l'homicide, en la per

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fieri atque abominanda credebant. Siquidem etiam initia ipsa nostræ religionis non nisi a duobus maximis facinoribus oriri arbitrabantur. Primum scilicet, homicidio ; deinde, quod homicidio est gravius, incestu. Nec homicidio solum et incestu, sed, quod sceleratius quidem est, incestu ipso et homicidio : incestu matrum sacrosanctarum et homicidio innocentium parvulorum, quos non occidi tantum a Christianis, sed, quod magis abominandum est, etiam vorari existimabant ; et hæc omnia ad placandum Deum, quasi ullo facinore magis possit offendi; ad purgandum piaculum , quasi ullum aliud majus esset ; ad commendandum sacrificium, quasi ullam rem Dominus magis possit horrere; ad promerendam vitam æternam, quasi vero, etiamsi possit his rebus accipi, tanti esset ad eam per scelera tam immania perveniri. Intelligere ergo possu mus aut quales esse pagani crediderint Christianos, qui talibus sacrificiis Deum colerent, aut qualem sollicitent Deum ipsum, qui hæc sacra docuisset. Et hoc cur ita? Cur utique, nisi ob eos qui Chistiani esse dicuntur, et non sunt; qui per flagitia ac turpitudines suas nomen religionis infamant; qui, ut scriptum est, ore fatentur se nosse Deum, factis autem negant, cum sint abominabiles et increduli, ad omne autem opus bonum reprobi (1), per quos, ut legi

(1) Tit. I. 16.

sonne de petits enfans innocens, qu'ils croyaient nonseulement immolés, mais ce qui est bien plus abominable encore, dévorés même par les Chrétiens. Et tout cela, pour apaiser Dieu, comme s'il était un forfait qui pût l'offenser davantage; pour expier leurs crimes, comme si ce dernier n'était pas le plus grand de tous; pour faire agréer leur sacrifice, comme s'il était quelque chose que le Seigneur ait plus en abomination; pour mériter la vie éternelle, comme s'il valait la peine d'y parvenir par des forfaits aussi atroces, quand bien même ils pourraient y conduire !

Par-là, nous pouvons comprendre quelle idée les infidèles se formaient des Chrétiens qui honoraient Dieu par de tels sacrifices, ou quelle opinion injurieuse ils avaient de ce même Dieu qui avait enseigné ces mystères. Et pourquoi cela ? pourquoi! Si ce n'est à cause de ces hommes qui portent le titre de Chrétiens, et qui ne le sont pas; qui, par leurs crimes et leurs turpitudes, déshonorent le nom de la religion ; qui, suivant l'Ecriture, font profession de connaître Dieu, mais le renoncent par leurs actions, étant abominables et rebelles, et incapables de toute bonne œuvre; qui font blasphémer, comme dit encore l'Ecriture, contre la voie de la vérité et qui exposent le nom saint du Seigneur Dieu aux malémus, via veritatis blasphematur (1), et sacrosanctum Domini Dei nomgn sacrilegorum hominum maledictione violatur/Quam gravis autem ac singularis piaculi malum sit nomen divinitatis in blasphemiam gentium dare, etiam David beatissimi edocemur exemplo, qui, cum suffragio justitiarum suarum æternam pro offensionibus suis poenam per unam tantum confessionem meruerit evadere, hujus tamen criminis veniam nec per poenitentiam patrocinantem potuit impetrare.Nam cum ei errores proprios confitenti Nathan propheta dixisset : Transtulit Deus peccatum tuum , non morieris, subdidit statim : /erumtamen quia blasphemare fecisti inimicos Domini propter verbum hoc, fílius qui eae te natus est morietur (2).

$$ Et quid post hæc? Deposito scilicet diademate,

projectis gemmis, exutis purpuris, remota omni splendoris regii dignitate, cum pro his omnibus solitarius, gemens, clusus, sacco squalidus, fletu madidus, cinere sordidatus, vitam parvuli sui tot lamentationum suffragiis peteret, et piissimum Deum tanta precum ambitione pulsaret, sic rogans et obsecrans obtinere non potuit, cum tamen, quod fortissimum petentibus adjumentum est, impetraturum se quod sic a Deo peteret, credi

sq disset, Ex quo intelligi potest quod nullum penitus

(1) Pet. Ep. 1. 1 1. 2.
(2) Reg. II. XII. 13-14.

dictions outrageantes des hommes sacriléges. Or, ce qu'il y a de grave et de spécial dans le crime de ceux qui livrent aux blasphèmes des nations le nom de la divinité, c'est ce que nous apprenons par l'exemple du

bienheureux David. Le suffrage de ses justices antérieures lui avait valu d'échapper, par un seul aveu, à la peine éternelle que méritaient ses offenses ; et cependant, malgré la pénitence qui plaidait pour lui, il ne put obtenir le pardon de son scandale. Car, après que David eut confessé sa faute, le prophète Nathan lui dit : Le Seigneur a transféré ton péché; tu ne mourras pas ; mais il ajoute aussitôt : Cependant, parce que tu as fait blasphémer les ennemis du Seigneur, le fils qui t'est mourra de mort. Qu'arriva-t-il ensuite ? David dépose le diadême, il rejette l'or et les pierres précieuses, il dépouille la pourpre, il écarte tout ornement de splendeur royale, et, loin de tout cet appareil, lorsque solitaire, gémissant, dans la retraite, couvert d'un sac informe, baigné de pleurs, défiguré sous la cendre, il demandait la vie de son enfant par la voix éloquente de tant de lamentations, qu'il cherchait à émouvoir le

Dieu plein de tendresse par de si ardentes prières, ses vives obsécrations ne purent néanmoins le faire exaucer; et pourtant, ce qui est d'un merveilleux secours dans les supplications, il espérait obtenir la faveur qu'il réclamait ainsi de Dieu. D'où l'on peut conclure qu'il n'est point de plus grand crime que de donner aux na

tions infidèles l'occasion de blasphémer. Car, com

mettre une faute grave sans qu'il en résulte de scandale

pour autrui, c'est ne damner que soi. Mais celui qui

fait blasphémer les autres, précipite bien des ames avec

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