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nostros suo; illos ignorantes, nostros scientes;. illos id facere quod putent rectum, nostros, quod sciant esse perversum. Et ideo justo judicio illos patientia Dei sustinet , et nos animadversione castigat; quia ignosci aliquatenus ignorantiæ potest, contemptus veniam non meretur. Sic enim scriptum est : Servus qui nescit voluntatem domini sui, et non facit eam , vapulabit pauis. Qui autem scit, eam, et non facit eam , vapulabit multis (1), Non ergo miremur quod multis cædimur, quia non inscientia, sed rebellione peccamus. Scientes enim bona, non bene agimus; et discretionem recti ac pravi intelligentes, prava sectamur; legem legimus, et legitima calcamus; et ad hoc tantum præceptorum sacrorum scita cognoscimus, ut gravius post interdicta peccemus. Deum colere nos dicimus, et diabolo obtemperamus. Et post haec volumus ut bona a Deo accipiamus, cum malis mala semper addamus; fieri voluntatem nostram a Deo cupimus, cum Dei nos facere nolimus. Quasi superiores nos Deo agimus. Volumus ut voluntati nostræ Deus jugiter pareat, cum omnes nos voluntati ejus jugiter repugnemus. Sed ille justus est, licet nos simus injusti. Castigat enim quos castigandos putat, patitur quos putat esse patiendos. Utrumque ad unam rem vult proficere, ut et castigatio in catholicis peccandi re

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droite, ils errent seulement par affection pour ce qui leur semble la vérité; il sait bien qu'ils font le mal sans le connaître, et que les Chrétiens négligent ce qu'ils croient; que les premiers péchent par la faute de leurs docteurs, les seconds par leur propre malice; ceux-là, par ignorance, ceux-ci avec connaissance de cause; que les premiers pratiquent ce qu'ils croient bon, et les Chrétiens, ce qu'ils savent être mauvais. Et c'est par un jugement équitable que la patience de Dieu les supporte, pendant qu'elle nous châtie avec rigueur; car on peut jusqu'à un certain point excuser l'ignorance, mais le mépris ne mérite point de pardon. Il est écrit : Le serviteur qui ne connait pas la volonté de son maitre, et ne l'exécute point, recevra peu de coups.— Mais celui qui la connait et ne l'exécute point, en recevra davantage. Ne soyons donc pas étonnés du grand nombre ! de malheurs qui nous frappent; ce n'est point par ignoramce, mais par esprit de révolte, que nous péchons. Car sachant les choses bonnes, nous n'agissons pas bien, et connaissant la distinction du bien et du mal, nous suivons le vice; nous lisons la loi, et nous en foulons aux pieds les préceptes ; nous ne semblons connaître les décisions des commandemens sacrés que pour pécher plus grièvement par la violation des défenses. Nous prétendons honorer Dieu, et nous obéissons au démon. Et après cela, nous voulons que le ciel nous accorde des faveurs, tandis que nous accumulons crime sur crime; nous désirons que Dieu fasse notre volonté, tandis que nous ne voulons pas faire la sienne. Nous agissons comme supérieurs à Dieu. Nous voulons qu'il soit soumis sans cesse à notre volonté, tandis que sans

frænet libidinem , et quandoque hæreticos patientia Dei faciat plenam fidei noscere veritatem; maxime cum sciat eos forsitam catholica non indignos fide, quos videat catholicis vitæ comparatione præstare.

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/{ Omnes autem isti de quibus loquimur, aut Vvandali sunt, aut Gothi. Nam de Romanis hæreticis, quorum innumera multitudo est, nihil dicimus, neque aut Romanis eos aut barbaris comparamus; quia et infidelitate Romanis sunt deteriores, et fœditate vitæ barbaris turpiores. Sed hoc nos non solum non juvat, sed etiam supra id quod a nobis ipsis gravamur gravat; quia et ii quos tales causamur esse , Romani sunt. Unde intelligere possumus quid mereatur omnis Romana Republica, cum pars Romanorum offendat Deum vita, pars et infidelitate pariter et vita.

J<? Salvo eo quod etiam ipsa quondam hæresis barba

v $ ; rorum de Romani magisterii pravitate fluxit, ac C\; - perinde etiam hoc nostrum crimen est quod potrpuli barbarorum hæretici esse coeperunt./Porro autem quantum ad conversationem Gothorum aut Vvandalorum pertinet , quid est in quo eis aut præponere nos aut etiam comparare possimus? Ac primum ut de affectu et caritate dicam (quam cesse nous résistons tous à la sienne. Mais il est juste, quoique nous ne le soyons pas. Car il châtie ceux qu'il croit devoir châtier, et supporte ceux qu'il croit devoir supporter. En cela, il ne se propose qu'une seule fin ; par le châtiment, il veut réprimer dans les orthodoxes leur penchant au crime, et par sa patience amener enfin les hérétiques à la pleine connaissance de la vraie foi, ne jugeant pas sans doute indignes de la foi catholique ceux dont il voit la conduite l'emporter sur celle des orthodoxes. Ceux dont je parle ici, ce sont les Vvandales ou les Goths. Car, pour les Romains hérétiques dont la multitude est innombrable, je n'en dis rien; je ne veux les comparer ni aux Romains orthodoxes, ni aux Barbares, parce qu'ils sont inférieurs aux premiers par leur infidélité, et qu'ils surpassent les Barbares par la honteuse dissolution de leurs mœurs. Mais cela, bien loin de nous servir, ne fait, au contraire, que nous charger encore plus, tout chargés que nous sommes déjà, parce qu'ils sont Romains ceux dont nous accusons la conduite. D'où l'on peut comprendre quel châtiment mérite la république romaine, quand, parmi les Romains, les uns offensent Dieu par leur vie, les autres par leur infidélité et leur vie tout ensemble. Ajoutons encore que l'hérésie des Barbares naquit autrefois de la perversité des docteurs romains, et que c'est notre crime à nous, si les peuples barbares sont tombés dans l'erreur. Or, quant à ce qui concerne les mœurs des Goths et des Vvandales, en quoi peut-on nous préférer ou même nous comparer à eux? Et d'abord, pour parler de l'affection et de la charité mutuelle, (vertu que le Seigneur 16

præcipuam Dominus docet esse virtutem, et quam non solum per omnes Scripturas sacras, sed etiam per se ipse commendat, dicens : In hoc scietur quod discipuli mei estis, si vos invicem diligatis) (1) omnes se fere barbari, qui modo sunt unius gentis et Regis, mutuo amayt, omnes pene Romani se mutuo persequuntur./Quis enim civis non invidet civi? Quis plenam vicino exhibet caritatem? Omnes quippe a se, etsi loco non absunt, affectu absunt; etsi habitatione junguntur, mente disjuncti sunt. Atque utinam hoc, licet sit pessimum malum, utinam cives tantum atque vicini! Illud est gravius , quod nec propinqui quidem propinquitatis jura conservant. Quis enim se proximis suis proximum reddit? Quis solvit caritati quod se agnoscit debere vel nomini? Quis hoc est animo quod vocatur? Quis tam propinquus corde quam sanguine, in quo non luridus malevolentiæ zelus ardet, cujus non sensum livor invasit, cui non prosperitas aliena supplicium est? Quis non honum alterius, malum suum credit? Cui ita sufficit felicitas sua, ut etiam alium velit esse felicem? Novum et inæstimabile nunc in plurimis malum est. Parum alicui est si ipse sit felix, nisi alter fuerit infelix.

(1) Joan. XIII. 35.

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