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gumes dégoûtans des Egyptiens.Le présent valait mieux sans doute que le passé, mais nous faisons ce qu'ils faisaient alors. Ils avaient en horreur ce qui existait; et ce qui n'existait pas, ils le désiraient. Nous louons plus ce qui fut alors que ce qui est aujourd'hui. Ce n'est pas que si le choix nous était donné, nous préférassions posséder toujours ce que nous souhaitons, mais c'est le vice ordinaire du cœur humain d'aspirer à ce qu'il n'a pas. Et, comme a dit quelqu'un :

IVous envions la condition d'autrui, on envie la nôtre.

Presque tous les hommes ont cela de commun qu'ils paient toujours Dieu d'ingratitude. Ce travers est inné, pour ainsi dire, en nous, et attaché à notre nature; chacun s'efforce de renchérir sur ce point, on rabat des bienfaits de Dieu pour ne point se reconnaître débiteurs.

Mais je m'arrête. Revenons maintenant à notre premier sujet. Nos preuves, ce semble, doivent être de quelque poids; mais ajoutons-y encore, car il vaut mieux prouver trop que de ne prouver pas assez.

Le peuple hébreu délivré enfin du joug de Pharaon prévariqua au pied du mont Sina, et fut aussitôt frappé du Seigneur pour son crime; car il est écrit : Le Seigneur frappa donc le peuple, parce qu'il avait sacrifié au veau qu'Aaron lui avait fait. Quel jugement plus grand et plus manifeste Dieu pouvait-il exercer sur les pécheurs, que de mettre la punition si près du crime ? Mais puisque tout le peuple était coupable, pourquoi majus et evidentius de peccatoribus Deus ferre judicium quam ut statim consequeretur poena peccantes? Et tamen cum omnis populus reus fuerit, cur non est in omnes missa damnatio ? Quia pius scilicet Dominus partem percussit sententiæ suæ gladio, ut partem corrigeret exemplo, præberetque omnibus simul et coercendo censuram et indulgendo pietatem. Censura enim fuit, quod castigavit ; pietas, quod pepercit, quamvis utrumque impari modo. Plus siquidem tunc pietati datum est quam severitati. Ideo utique, quia cum indulgentissimus Dominus propensiorem se semper miserationi præstet quam ultioni, licet in coercenda tunc Judaici exercitus parte, judicio ac severitati censura divina aliquid attribuerit, majorem tamen sibi populi portionem pietas vindicavit; specialiter quidem hoc, et peculiari tunc innumeræ plebis misericordia, ne omnes scilicet quos reatus complectebatur, poena consumeret.

H. j Cæterum erga quasdam personas, ut legimus, ac familias censura Dei inexorabilis est; sicut illud, ubi otiante sabbatis populo, is qui colligere ligna usurparat, occidi jubetur. Quamvis enim opus ipsum hominis videretur innoxium, faciebat tamen eum diei observatio criminosum, vel cum duobus lite certantibus, unus qui blasphemarat, morte mulctatur (1). Sic enim scriptum est : Ecce autem

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le châtiment ne tombe-t-il pas sur tous ? Parce que le Seigneur dans sa miséricorde frappe du glaive de sa justice une partie des prévaricateurs, pour corriger l'autre par cet exemple, et pour donner à tous en même temps une preuve de sa sévérité par la punition, et de sa bonté par l'indulgence. Il fait éclater sa sévérité quand il châtie, sa bonté quand il pardonne, avec cette différence toutefois qu'il donne plus à la bonté qu'à la sévérité. Ce Dieu compatissant se montre toujours plus enclin à la miséricorde qu'à la rigueur, et s'il accorde quelque chose à la justice et à la sévérité, en frappant de mort une partie de l'armée israélite, sa bonté cependant réclame la plus grande portion de ce peuple. En cela, se manifestaient sur ce peuple innombrable des desseins particuliers de miséricorde, afin que le châtiment ne pesât pas sur tous ceux qui avaient pris part à la faute.

Au reste, nous lisons que la justice de Dieu est inexorable à l'égard de quelques personnes et de quelques familles, témoin cet homme condamné à être lapidé pour avoir ramassé du bois pendant que le peuple observait le repos du Sabbat. Quoique cette action parût innocente en elle-même, le précepte réel la rendait criminelle ; témoin encore ces deux hommes en contestation, dont l'un fut mis à mort pour avoir blasphémé ; car il est écrit : Or, voilà que le fils d'une femme israélite, qu'elle avait eu d'un homme égyptien, parmi les enfans d'Israèl, étant sorti, eut une querelle dans le

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filius mulieris Israelitis, quem peperat de viro Aegyptio, interfílios Israeljurgatus est in castris cum viro Israelite. Cumque blasphemasset nomen Domini, et malediaeisset ei, adductus est ad Moisen. Et paulo post : Miserunt inquit, eum in carcerem, donec viderent quid juberet Dominus, qui locutus est ad Moisen, dicens : Educ blasphemum eætra

castra, etponant omnes qui audieruntmanus super

caput ejus, et lapidet eum populus universus (1).
Numquid non præsens Dei est manifestumque ju-
dicium, et prolata quasi juxta humani examinis
formam cœlesti disceptatione sententia? Primum,
qui peccaverat comprehensus est; secundo , quasi
ad tribunal adductus; tertio, accusatus; deinde in
carcerem missus ; postremo, cœlestis judicii auc-
toritate punitus. Porro autem non punitus tantum,
sed punitus sub testimonio; ut damnare scilicet
videretur reum justitia, non potestas, exemplo sci-
licet ad cunctorum emendationem proficiente; ut
ne quis postea admitteret quod omnis in uno po-
pulus vindicasset. Hac igitur ratione atque judicio
omnia Deus et nunc agit et semper egit; scilicet
ut correctioni omnium proficeret quicquid singuli
pertulissent.
Sicut etiam illud fuit, cum Abiu et Nadab, sa-
cerdotalis sanguinis viri, cœlesti igne consumpti
sunt (2). In quibus utique non judicium tantum,

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camp avec un homme israélite; et lorsqu'il eut blasphême le nom de Dieu, et l'eut maudit, il fut amené devant Moise. Et un peu après, il dit : — On le mit en prison jusqu'à ce que l'on connut ce que le Seigneur en ordonnerait;— Lequel parla à Moise, disant : Fais sortir du camp le blasphémateur; que tous ceux qui l'ont entendu mettent leurs mains sur sa tête, et que tout le peuple le lapide. N'y a-t-il pas là un jugement de Dieu présent et manifeste ? n'y a-t-il pas là une sentence débattue et portée par le ciel suivant les formalités des tribunaux humains ? D'abord le criminel est arrêté, en second lieu conduit devant le juge, en troisième lieu accusé, puis jeté en prison, enfin puni par un arrêt d'en haut. Et non-seulement il est puni, mais il l'est · sur la déposition des témoins, afin, sans doute, que sa condamnation paraisse l'effet de la justice et non de la puissance. Cet exemple devait profiter à tous les autres et les détourner d'un crime dont tout le peuple assemblé avait tiré vengeance sur un seul homme. Telle est, et telle a toujours été la sage conduite de Dieu : il fait servir à la correction de tous le châtiment infligé à quel- ques particuliers.

C'est aussi ce qui arriva lorsqu'Abiu et Nadab, tous deux de race sacerdotale, furent consumés par le feu du ciel. En cela, Dieu voulut montrer non-seulement sa justice, mais une justice toujours présente, toujours prête à punir. Car il est écrit : Nadab et Abiu, fils d'Aa

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