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deux premières preuves, il me reste encore à produire des témoignages, quoique les exemples cités puissent à la rigueur en tenir lieu; car je regarde comme une véritable autorité tout ce qui sert à établir un fait. Quel est donc celui des trois points énoncés qu'il faut prouver d'abord par les témoignages sacrés ?La présence, la providence ou la justice?La présence, sans doute ; car pour gouverner ou juger, il faut nécessairement être présent. La parole divine s'exprime ainsi dans les livres saints : Les yeux de l'Éternel sont en tous lieux, observant les bons et les méchans. Voilà la présence de Dieu, voilà son regard attentif à tout, voilà ses soins et sa vigilance universelle. Si le sage nous assure que Dieu considère les bons et les méchans, c'est pour nous prouver que rien n'échappe à son exactitude, puisque rien ne se dérobe à sa pénétration. Voulez-vous mieux comprendre cela; écoutez ce que dit le même Esprit-Saint dans un autre endroit des Écritures : L'œil du Seigneur est sur ceux qui le craignent.— Pour délivrer leurs ames de la mort, et les nourrir dans la famine. Voilà pourquoi le Seigneur tient ses yeux ouverts sur les justes, afin, sans doute, de les conserver et de les protéger. Un regard propice de la divinité, c'est la conservation des hommes et de la nature.Car le même prophète dit ailleurs : Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes; ses oreilles sont attentives à leurs cris.Voyez avec quelle bonté Dieu en agit avec les siens, au témoignage de l'Écriture. Car, en nous disant que les yeux du Seigueur sont arrêtés sur les justes, elle nous montre la tendresse de ses regards; en ajoutant que ses oreilles sont attentives à leurs cris, elle nous fait connaître la

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Vide qua benignitate agere cum suis Deum Scriptura dicit. In hoc siquidem quod ait oculos Domini super justos esse , affectus aspicientis ostenditur ; in hoc autem quod aures in precibus paratas, semper exaudientis largitas demonstratur. Quamvis per id quod dicit divinas aures in precibus semper esse justorum, non audientia tantum Dei, sed quædam quasi obedientia Dei designetur. Quomodo enim in precibus justorum divinæ aures sunt? Quomodo, nisi ut semper audiant, nisi ut semper exaudiant, nisi ut prompte audita tribuant, nisi ut ilico exaudita concedant. Semper ergo ad audiendas sanctorum preces paratæ Domini nostri aures, semper attentæ sunt. Quam beati essemus omnes, si quam promptam erga nos Dei audientiam legimus, tam prompte ipsi Deum audire vellemus! Sed forsitan dicis, hoc quod justos aspicere Deus legitur, parum prodesse causae; quia non sit generalis divinitatis intuitus, qui justis tantum speciali benignitate tribuatur. Jam quidem superius sacer sermo testatus est quia oculi Domini contemplantur bonos et malos. Sed si hoc etiam nunc vis plenius probari, respice quid sequatur. Hoc enim subditur: J^ultus autem Domini super facientes mala, ut perdat de terra memoriam eorum. (1). Vides absque dubio quia non potes queri quod non aspiciat etiam injustos Deus; quia

(1) Psal. XXXIII, 16.

munificence de ce Dieu toujours prêt à exaucer. Il y a plus : affirmer que les oreilles divines sont toujours ouvertes aux cris des justes, c'est nous représenter Dieu non-seulement attentif, mais en quelque sorte obéissant à nos vœux. Comment, en effet, les oreilles divines sontelles ouvertes aux cris des justes? Comment, si ce n'est pour écouter toujours, pour exaucer toujours, pour accorder avec empressement après avoir entendu, pour donner sans retard après avoir exaucé? Les oreilles de notre Dieu sont donc toujours ouvertes, toujours attentives aux prières des saints. Que nous serions heureux, nous tous, si cette prompte condescendance que nous trouvons en lui , on la retrouvait en nous à son égard !

Mais direz-vous peut-être : que Dieu tienne ses yeux ouverts sur les justes, cela n'importe guère à votre cause, puisque des regards qui tombent sur les justes seulement par une bonté spéciale, sont loin de s'étendre à toutes choses. Mais la parole sainte n'a-t-elle pas attesté plus haut que les yeux de l'Éternel sont en tous lieux, observant les bons et les méchans ? Toutefois, si vous voulez vous en convaincre encore plus, voyez ce qui suit, car elle ajoute : Le regard de sa colère est sur ceux qui font le mal; il efface de la terre jusqu'à leur souvenir. Vous le voyez clairement, vous ne pouvez plus désormais vous plaindre que Dieu n'arrête pas aussi ses regards sur les impies ; vous comprenez que la vue de Dieu est universelle, à la vérité, mais diverse suivant la diversité intelligis generalem quidem esse in omnes Domini visionem, sed meritorum fieri disparilitate diversam. Boni quippe aspiciuntur ut conserventur , mali ut disperdantur : cum quibus utique partem et ipse habens, qui hominem à Deo aspici negas, non solum videri te à Domino evidenter intellige, sed periturum quoque indubitanter agnosce. Nam cum ad hoc sit vultus Dei super facientes mala, ut perdat de terra memoriam eorum, necesse est ut qui aspicere Dei vultum per fidem negas, aspicientis iram perditione cognoscas. Igitur de præsentia ac de aspectu Dei ista sufficiunt.

Videamus nunc an qui respicit regat, cum utique ipsa ratio aspiciendi causam in se habeat gubernandi ; quia non ad hoc respicit ut, cum aspexerit, negligat, qui scilicet per id ipsum non negligere intelligitur , quia respicere dignatur ; præsertim cum superius sacer sermo testatus sit malos ad perditionem a Deo aspici, bonos ad salutem. Hoc ipso utique dispensatio divini gubernaculi demonstratur. Hoc est enim justa gubernatione regere, et singulos quosque homines pro meritorum diversitate accipe tamen de hac re plenius testimonium. Dicit ad Deum Patrem in psalmo Spiritus sanctus : Qui regis Israel, intende (2). IsRAEL , videns Deum interpretatur; quem utique cum Christiani fide et corde videant,

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des actions. Car il contemple les bons pour les conserver, les méchans pour les exterminer. Vous qui faites société avec eux en niant cette divine présence, sachez donc non-seulement que le Seigneur vous considère, mais aussi que vous périrez avec eux. En effet, si le regard de Dieu est sur ceux qui font le mal, pour effacer de la terre jusqu'à leur souvenir, vous qui, rebelle aux lumières de la foi, nier sa providence, vous ne pourrez manquer de la reconnaître aux châtimens de sa colère. En voilà sans doute assez sur la présence et la vigilance

de Dieu.

Considérons à présent de quelle manière il gouverne ce que son œil ne cesse de voir, car l'inspection implique le gouvernement. Et en effet, regarderait-il les choses pour les négliger?Comme si l'on ne voyait point qu'il les conserve, par là-même qu'il daigne les regarder ! D'autant que la parole sainte atteste plus haut que Dieu voit les méchans pour les perdre, les bons pour les sauver. Voilà bien, sans doute, qui montre dans la conduite divine une juste dispensation; car c'est là gouverner avec équité, et traiter tous les hommes en particulier suivant la diversité de leurs mérites. Vous en faut-il une preuve plus formelle ? L'Esprit-Saint dit à Dieu le Père, dans le psaume : Toi qui gouvernes Israël, écoute nous. IsRAEL signifie homme qui voit Dieu. Sans doute, ils contemplent Dieu dans la pureté de leur cœur et avec une foi vive, les chrétiens qui croient avec docilité; mais, quoique ce Dieu gouverne tous les hommes, il est vrai de dire pourtant que la divinité donne

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