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» qui, s'alongeant comme un trait d'or, vint » toucher le corps du héros. ..... » . . ....................

» Le guerrier n'étoit point prosterné dans la » poudre; mais de inême qu'autrefois tous ses » desirs tendoient aux régions étoilées, son u visage étoit tourné vers le ciel, comme le » lieu de son unique espérance. Sa main droite » étoit fermée , son bras raccourci; il serroit le » fer, dans l'attitude d'un homme qui va frap» per: son autre main, d'une manière humble » et pieuse , reposoit sur sa poitrine, et sem» bloit demander pardon à Dieu. ......

..................... » .. . ... ... .... ...... .. » ...................... · » Bientôt un nouveau miracle vient attirer w. mes regards.

» Dans l'endroit où mon maître gisoit » étendu, s'élève tout-à-coup un grand sépul» cre, qui, en sortant du sein de la terre , em- ' >> brasse le corps du jeune prince, et se referme » sur lui. . . . . . . . . . . . . . . . . ». Une courte inscription rappelle au voyageur » le nom et les vertus du héros. Je ne pouvois » arracher mes yeux de ce monument, et je » contemplois tour-à-tour, et les caractères , »» et le marbre funèbre. . » Ici , dit le vieillard, le corps de ton géné» ral reposera auprès de ses fidèles amis, tan

» dis que leurs ames heureuses jouiront, en » s'aimant dans les cieux, d'une gloire et d'un » bonheur éternel (1). » . Mais le chevalier, qui avoit formé dans sa jeunesse ces liens héroïques , qui ne se brisoient pas même avec la vie, n'avoit point à craindre de mourir seul dans les déserts : au défaut des miracles du ciel, ceux de l'amitié le suivoient. Constamment accompagné de son frère d'armes, il trouvoit en lui des mains guerrières , pour creuser sa tombe, et un bras pour le venger. Ces unions sacrées étoient confirmées par les plus redoutables sermens : quelquefois les deux amis se faisoient tirer du sang, et le mêloient dans la même coupe ; ils portoient, pour gage de leur foi mutuelle, ou un cour d'or, ou une chaîne , ou un anneau. L'amour, pour. tant si cher aux chevaliers, n'avoit, dans ces occasions, que le second droit sur leurs aines, et l'on secouroit son ami, de préférence à sa maîtresse.

Une chose néanmoins pouvoit dissoudre ces næuds, c'étoit l'inimitié des patries. Deux frères d'armes, de diverses nations, cessoient d'être unis, aussitôt que leurs pays ne l'étoient plus. Hue de Carvalay, chevalier Anglois, avoit été l'ami de Bertrand Duguesclin : lorsque le prince Noir eut déclaré la guerre au roi

(1) Jer. lib. cant. 8.

Henri de Castille , Hue fut obligé de se séparer de Bertrand ; il vint lui faire ses adieux, et lui dit :

« Gentil sire, il nous convient de partir. » Nous avons été ensemble par bonne compa» gnie , et avons toujours eu du vôtre à nôtre » (de l'argent en commun ;) si pense bien que » j'ai plus reçu que vous, et pour ce vous prie » que nous en comptions ensemble........ » Si, dit Bertrand , ce n'est qu'un serinon, » je n'ai point pensé à ce compte. ... il n'y a w que du bien faire : raison donne que vous 20. suiviez votre inaître. Ainsi le doit faire tout » preudhomme: bonne amour fist l'amour de » nous, et aussi en sera la départie , dont me » poise qu'il convient qu'elle soit. Lors le baisa » Bertran et tous ses compagnons aussi : moult » fut piteuse la départie (1). »

Ce désintéressement des chevaliers, cette élévation d'ame, qui mérita à quelques-uns le glorieux nom de sans reproche , couronnera le tableau de leursvertus chrétiennes. Ce même Duguesclin, la fleur et l'honneur de la cheyalerie, étant prisonnier du prince Noir , égala la magnanimité de Porus, entre les mains d'Alexandre. Le prince l'ayant rendu maître de sa rançon, Bertrand la porta à une somme excessive.« Où prendrez-vous toutcetor, dit le héros

(1) Vie de Bertrand.

» Anglois étonné ? Chez mes amis, repartit -» le fier connétable: il n'y a pas de filleresse » en France, qui ne filât sa quenouille pour » me tirer de vos mains. »

La reine d'Angleterre, touchée des vertus de Duguesclin , fut la première à donner une grosse somme, pour hâter la liberté du plus redoutable ennemide sa patrie. c Ah! Madame, » s'écria le chevalier Breton, en se jetant à ses » pieds, j'avois cru jusqu'ici estre le plus laid » homme de France; mais je commence à » n'avoir pas si mauvaise opinion de moi, » puisque les dames me font de tels présens. »

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SERVICES RENDUS A LA SOCIÉTÉ PAR LE

CLERGÉ ET LA RELIGION CHRÉTIENNE,
EN GÉNÉRAL (1).

CHAPITRE PREMI E R. Immensité des Bienfaits du Christianisme.

Ce ne seroit rien connoître que de savoir vaguement que l'humanité doit au christia

(1) Voyez pour toute cette partie , Helyot, Hist. des

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