La Henriade: poème en dix chants, suivie de L'essai sur les guerres civiles et de L'essai sur les poètes, du Poème de Fontenoy, des Discours sur l'homme, des poèmes sur la loi naturelle et sur le désastre de Lisbonne, du Temple du gout et du Temple de l'amitié

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Firmin Didot frères, 1843 - 377 Seiten
 

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Seite 305 - J'ai mérité leur zèle et leur fidélité ; J'ai fait quelques ingrats , et ne l'ai point été. Certain législateur 3 , dont la plume féconde Fit tant de vains projets pour le bien de ce monde , Et qui depuis trente ans écrit pour des ingrats , Vient de créer un mot qui manque à Vaugelas : Ce mot est bienfaisance : il me plaît; il rassemble, Si le cœur en est cru , bien des vertus ensemble.
Seite 47 - Je ne vous peindrai point le tumulte et les cris, Le sang de tous côtés ruisselant dans Paris ; Le fils assassiné sur le corps de son père, Le frère avec la sœur, la fille avec la mère, Les époux...
Seite 83 - Sous le puissant abri de son bras despotique, Au fond du Vatican régnait la politique, Fille de l'intérêt et de l'ambition, Dont naquirent la fraude et la séduction. Ce monstre ingénieux, en détours si fertile, Accablé de soucis, paraît simple et tranquille ; Ses yeux creux et perçants, ennemis du repos, Jamais du doux sommeil n'ont senti les pavots. Far ses déguisements à toute heure elle abuse Les regards éblouis de l'Europe confuse : Le mensonge subtil qui conduit ses discours, De...
Seite 50 - Tout imita Paris ; la mort sans résistance Couvrit en un moment la face de la France. Quand un roi veut le crime, il est trop obéi ! Par cent mille assassins son courroux fut servi ; Et des fleuves français les eaux ensanglantées Ne portaient que des morts aux mers épouvantées.
Seite 150 - Des ligueurs en tumulte une foule s'avance : Tels, au fond des forêts, précipitant leurs pas, Ces animaux hardis, nourris pour les combats, Fiers esclaves de l'homme, et nés pour le carnage, Pressent un sanglier, en raniment la rage ; Ignorant le danger, aveugles, furieux, Le cor excite au loin leur instinct belliqueux ; Les antres, les rochers, les monts en retentissent : Ainsi contre Bourbon mille ennemis s'unissent; Il est seul contre tous, abandonné du sort, Accablé par le nombre, entouré...
Seite 88 - Ainsi , lorsque les vents , fougueux tyrans des eaux , De la Seine ou du Rhône ont soulevé les flots , Le limon croupissant dans leurs grottes profondes S'élève , en bouillonnant , sur la face des ondes...
Seite 27 - Mornay 9 , son confident , mais jamais son flatteur -, Trop vertueux soutien du parti de l'erreur, Qui , signalant toujours son zèle et sa prudence , Servit également son Église et la France ; Censeur des courtisans , mais à la cour aimé ; Fier ennemi de Rome , et de Rome estimé.
Seite 290 - Et l'art de le connaître, et celui de jouir. Les plaisirs sont les fleurs que notre divin Maître Dans les ronces du monde autour de nous fait naître : Chacune a sa saison , et par des soins prudens On peut en conserver dans l'hiver de nos ans.
Seite 338 - Atomes tourmentés sur cet amas de boue , Que la mort engloutit , et dont le sort se joue , Mais atomes pensants , atomes dont les yeux , Guidés par la pensée , ont mesuré les cieux ; Au sein de l'infini nous élançons notre être, Sans pouvoir un moment nous voir et nous connaître.
Seite 47 - On l'insulte, on l'outrage encore après sa mort. Son corps percé de coups, privé de sépulture, Des oiseaux dévorants fut l'indigne pâture; Et l'on porta sa tête aux pieds de Médicis, Conquête digne d'elle et digne de son fils.

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