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L'ABBAYE DE PONTJG.XY.

Saiht Robert , religieux du monastère de Colo c«. de l'ordre de saint Benoit, fonda l'abbaye de Maki'l'' me, dont il fut le premier abbé. Comme il me pouvait contenir l'indocilité de ses religieux, il consulta le Seigneur et se retira, avec vingt Ion d'entre eux, dans la forêt de Cîteaux , à cinq lieue» de Dijon, dans le diocèse de Châlons-sur-Saôoe, où il fonda le monastère de Cîteaux , sous 1m régie de «ni Benoît, l'an 1098. Kappelé par uo légal du pape daits son premier monastère de Molesne, le bienheureux Albéric lui succéda à Cît,aux. Ce saiot e qu. menait, avec ses religieux, une vie pi»

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Dieu continuant à donner sa bénédiction à cet ordre, un saint prêtre du diocèse d'Auxerre, nommé Ansius ou Hildebert, conçut le désir d'être le fondateur d'une maison de ce nouvel institut : il se transporta à Cîteaux et communiqua son dessein à saint Etienne. Le saint abbé ayant connu que c'était la volonté de Dieu, vint avec lui voir la terre qu'il voulait consacrer à cette bonne œuvre. C'était une plaine fertile et fort agréable, à quatre lieues d'Auxerre, et arrosée parle Serain. Cette plaine se nommait Pontigny. C'était aussi le nom de la métairie qui se trouvait dans la terre de Hildebert, que celui-ci possédait en franc alleu. Déjà un pieux hermite, nommé Etienne, y avait bâti une cellule dans laquelle il avait passé ses jours.

Saint Etienne, content de la terre et de sa position , se rendit à Auxerre pour avoir le consentement de l'évêque et du comte qui en était le principal seigneur. Humbault, alors évêque d'Auxerre, les reçut avec joie et les encouragea dans leur pieuse entreprise, ainsi que Guillaume 11J, comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre. Le chapitre donna aussi son consentement. Les choses étant ainsi réglées, saint Etienne revint à Cîteaux et choisit douze religieux parmi les vingt et un que saint Robert avait amenés de Molesme, et les trente que saint Bernard avait convertis et amenés à Cîteaux : il leur donna pour abbé Hugues de Macon , qu'il venait d'admettre à la profession religieuse, et, après leur avoir donné sa bénédiction, il les envoya où la Providence semblait les appeler.

HUGUES DE MAÇON.

Cette colonie, sortie de Cîteaux au commencement de l'année 1114, vint d'abord à Auxerre pour recevoir la bénédiction du saint évêque Humbault, qui allait partir pour la terre sainte. Il les reçut comme des Anges descendus du ciel, principalement Hugues, auquel il fit prêter serment de fidélité et d'obéissance à lui et à l'église d'Auxerre. L'abbé le fit, en ajoutant ces mots : Salvo ordine nostro, c'est-à-dire, sauf les priviléges de notre ordre. Le saint prélat voulut les conduire lui-même à Pontigny, et les mettre en possession du nouveau monastère. Il bénit en même temps leur église, qui fut dédiée à l'assomption de la sainte Vierge et à saint Thomas l'apôtre.

A peine Hugues et ses douze religieux furentils à Pontigny, que le bruit de leur sainteté attira de toutes parts un grand nombre de disciples qui demandaient à imiter leurs vertus dans ce nouveau paradis terrestre.

Hagues de Macon était un jeune seigneur, distingué par sa noblesse, ses grands biens, et plus encore par la pureté de ses mœurs. Lorsqu'il apprit la conversion de saint Bernard, son ami, il le pleura comme perdu pour le monde. La première fois qu'ils se rencontrèrent, ils versèrent des larmes l'un et l'autre par des motifs bien différens; mais s'étant expliqués, l'esprit de vérité s'insinua avec les paroles de Bernard. La conversation changea de face: ils se promirent de se donner à Dieu ensemble et d'être plus unis qu'ils n'avaient été dans le monde. Peu de jours après, Bernard apprit que de mauvais amis avaient détourné Hugues de sa résolution; il alla le chercher lui-même, le persuada de nouveau et l'emmena avec lui. Telle fut la conversion de Hugues de Macon ; il prit les sentimens de son ami Bernard, il devint actif, patient, ferme dans ses démarches : il était doué des vertus qui forment les hommes apostoliques, et digne, en un mot, d'être le fondateur de l'abbaye de Pontigny. Ses religieux devinrent des saints. Leur nombre croissant de jours en jours, le peu de terrain que lui avait donné Hildebert, ne pouvait plus suffire à tant de personnes que la Providence lui envoyait. C'est pourquoi les religieux se virent plusieurs fois réduits, comme ceux de Clairvaux, à une extrême pauvreté. Le saint abbé, peu touché de ces incommodités , ne songeait qu'à gagner des âmes. Cependant il s'adressa à Guillaume, comte d'Auxerre, et à quelques seigneurs du voisinage, qui fournirent abondamment aux besoins des frères. on. iuront., On remarque parmi ces premiers bienfaiteurs i. n,p. s. une veuve pUissante et riche, nommée Gilla, avec ses deux filles Berthe et Isteberthe : elles donnèrent une terre au-delà de la rivière et un usage dans la forêt qui était auprès. Jean Dumoulin et Osile, son épouse, donnèrent ce qu'ils possédaient à Pontigny depuis le ruisseau de Séneçon ou de Buchin, jusqu'au sentier qui conduit de Sainte-Porcaire à. Venousse. Gosbert, ses fils Jean, Gaufride et Ebrard, donnèrent en 1118 leurs biens de Pontigny à Dieu et à la bienheureuse Marie, ce sont les expressions de la charte, pour les frères qui servent Dieu dans ce lieu. Gosbert prie les frères de célébrer l'anniversaire de son épouse et de faire mémoire d'elle dans leurs prières. Le don est adressé à la sainte Vierge, parce que l'église lui était dédiée. Saint Edme fut adopté dans la suite comme second patron.

On met encore au nombre de ces premiers bien- niid,p.73. faiteurs, Etienne, trésorier du chapitre de saint Etienne d'Auxerre, qui donna à sainte Marie de Pontigny, à Hugues premier abbé, à ses successeurs et aux frères qui vivent dans le monastère sous une discipline régulière, toute sa terre de Roncenay, en y comprenant le bois. Le chapitre remit de son côté la mouvance de la terre; c'était l'année 1120. L'acte fut dressé en présence de Hugues, évêque d'Auxerre, d'Hilgerius, prévôt, de Roger, archidiacre, de Gaufride, chantre, de Joscelin, cellérier, de Lambert, sacristain, de Hatton, camerier, de Benoît, archiprêtre, et des autres chanoines. On voit ici les principaux dignitaires de la cathédrale d'Auxerre. Joceran, évêque de Langre, étant à Tonnerre dans l'abbaye de Saint-Michel, en 1123, déchargea l'abbaye de Pontigny de toute espèce de dîme dans toutes les terres qu'elle possédait dans son diocèse. C'est, dit-il, pour suivre les traces de nos pères, qui ont toujours pris soin de pourvoir aux besoins des serviteurs de Dieu.

Guillaume, comte d'Auxerre, avait donné à l'ab- P. 3/j.

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