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liberté des habitans des campagnes, dans un siècle .mi ri ou t que Dos historiens ont peint, la plupart, sous des couleurs si peu favorables.

Nous donnons, estabHssons, ottroyons et volons, cm.deront.., disent l'abbé et les religieux, que nostre terre det"'''' so° *l' Montîgny et nostre borgois demorant et habitant en voyw pi»**. icelle dite terre de Monligny, leurs hoirs de touz cos- ,u*i' *"v°*' telz et luiz leur successeur soient perdurablement es frans us et francités coutumes d'Auxerre. Le plus riche seul devra, chaque année, dix solz tant seulement pour franche bourgoisie. Le reste des habitans seront imposés par six prudhomes, jurez et esleuz, du commun consentement des habitans. Ces élections se renouvelaient tous les ans le jour de saint JeanBaptiste.

Personne, dit la charte, n'est tenu d'aller à la guerre, soit à pied, soi! à cheval, à moins que le commandant de l'abbaye n'y soit en personne, et que l'on ne puisse revenir chez soi le même jour, si on le désire. Si quelqu'un commet quelque forfait, il ne sera pas pour cela dépossédé de ses biens, ni puni de mort. L'amende, qui était de soixante sous pour les délits dans les bois, les plaines, les vignes, les rivières , ou autres lieux, est réduite à cinq sous. Les amendes de cinq sous sont mises à douze deniers. Nul n'est tenu d'aller plaider hors de Montigny. Les religieux, ni aucun autre à leur place, ne pourront créer d'autres impôts que ceux dont il a été parlé,, et encore doivent-ils être votés et répartis, par les habitans. eux-mêmes. Si', a défaut de paiement, les religieux faisaient saisir les effets de quel-, que particulier, ils le feront à leurs, frais et dépeas „

et si le paiement a lieu, ils restitueront toutes les choses saisies ou enlevées. Ceux qui auront reçu des gages pour dettes pourront les vendre au bout de huit jours, si l'obligation n'est pas acquittée.

Si un différend s'élève entre des particuliers et que le rapport en soit fait au prévôt, cela n'empêchera pas que les parties ne puissent s'accorder ensuite, lors même qu'il s'agirait d'une affaire capitale: toutefois, ils paieront une amende. Si un particulier fait des plaintes contre un autre, et que le prévôt n'ait point fait de frais, il n'y aura point d'amende. Egalement, si un homme prête serment contre un autre et qu'ensuite ils fassent un accord ensemble, ils ne devront rien au prévôt.

Quant au duel, que les lois barbares avaient permis jusqu'alors, pour accorder les différends, la charte dit, que si deux hommes ont accepté le duel et se soient accordés avant que d'en venir aux mains, ils seront condamnés chacun à deux sous d'amende; s'ils ont commencé à se battre et se soient accordés ensuite, ils paieront sept sous six deniers d'amende; mais s'ils ont décidé leur contestation uniquement par les armes, outre le mal que le vaincu a éprouvé, ils seront condamnés chacun à cent douze sous d'amende , si toutefois le provocateur ne mérite pas de perdre la vie ou un membre. La coutume du duel était tellement passée dans les mœurs du peuple, que les religieux ne crurent pas possible de la supprimer tout-d'un coup. Ils se contentèrent d'y mettre des entraves, et de menacer de la peine de mort le provocateur qui aurait tué son adversaire.

TJout habitant peut vendre ses effets, quitter Mon

tîgny et y rentrer en toute liberté, à moins qu'il ne soit coupable de forfait ou mainfait, c'est assavoir mur ire, rat ou larrecin, ou autre cas de délit.

Il suffit d'avoir habité Montigny un an et un jour pour avoir droit à toutes les franchises des habitans. Cependant, en entrant dans les priviléges de la commune, on donnera deux sous. Celui qui aura joui d'un effet quelconque, ou d'un fonds de terre, pendant un an et un jour, sans aucune réclamation, en demeurera le paisible possesseur.

Ceux dont les chevaux, les vaches, ou grosses bêtes, seront prises en délit, paieront cinq sous d'amende. Les moutons, les brebis, ou autres menues bêtes, seront taxées à un denier d'amende.

Si on venait à établir à Montigny des foires ou des marchés, celui qui ne pourra payer de suite son acquisition, aura huit jours de terme. Quand une chose ne pourra être prouvée par témoins, on s'en rapportera au serment, à moins qu'il ne s'agisse d'affaire d'argent. Les bouchers ne paient plus de droits. La succession passe aux plus proches parens. Si quelqu'un meurt sans qu'on lui connaisse d'héritiers, les jurés de la commune garderont sa succession pendant un an et un jour, au bout desquels, s'il ne se présente pas de réclamation, la succession passera à l'abbaye de Pontigny, sauf ce que les jurés auront retenu pour leurs honoraires.

L'abbaye renonce an bant de vin, c'esl-à-dire, a un droit qu'on avait perçu jusqu'alors sur le vin; elle renonce également à entretenir une garenne. Aucun habitant n'est tenu de garder des prisonniers . ou des prévenus chez soi; mais ils doivent prêter main forte au prévôt, s'il le requiert.

Toutes les fois que l'abbaye enverra un nouveau prévôt ou un sergent, il fera serment de garder ces franchises, et s'il arrivait (la quelle chose, se Dieu plaist, n'adviendra fa), que l'abbé et les religieux voulussent revenir sur leurs concessions, les habitans pourront les citer par devant nostre très-chier -seigneur le roy de France, pour les forcer à tenir leur engagement.

Enfin, l'abbé et les religieux déclarent, qu'ils veulent que leur terre de Montigny , ne soit jamais aliénée des biens de leur monastère. L'abbé de Pontigny et celui de Cîteaux, supérieur général de l'ordre, apposèrent leur sceau à cette charte.

Le comte d'Auxerre, qui avait aussi des serfs à Montigny, souscrivit prudemment à la charte de l'abbaye de Pontigny, et étendit les mêmes immunités sur tous ses serfs de RJontigny.

On peut remarquer que toute cette charte est à l'avantage des habitans; elle diffère essentiellement de celles que la plupart des seigneurs accordaient à leurs serfs. Ceux-ci, dans un pressant besoin d'argent, vendaient la liberté moyennant un prix très-, élevé, en sorte que ces droits, naturels, inhérents à l'humanité, l'homme les arrachait par la force des, événemens. Les religieux, avec cette loyauté qui caractérise la charité chrétienne, donnent gratuitement une liberté pleine et entière, Les lois positives, qu'ils établissent, remplacent autant de lois barbares, pu oppressives, qu'ils abolissent en même temps. Ainsi, au quatorzième siècle, la commune de Mon

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tigny jouissait de plus de liberté qu'elle n'en a joui depuis un demi-siècle que cette liberté a été tant prônée en France.

Il serait trop long d'entrer dans le détail des immunités accordées à la commune de Venousse, que l'abbaye de Pontigny venait d'acheter. On remarque que les habitans sont affranchis deci en avant perpétuellement à toujours mais, qu'ils seront imposés, selon leurs facultés, par six ou huit prudhomes de Venousse, qui seront élus, chaque année, parles habitans eux-mêmes, le jour de saint Jean-Baptiste, et qui jureront, en mettant la main sur les saints évangiles, qu'ils répartiront les impôts avec justice, tant sur eux-mêmes que sur les autres habitans, et qu'ils leur rendront compte de leur gestion, si ceuxci le réclament.

Les religieux renoncent à toute seigneurie, aussi bien qu'à toute propriété, sur les biens de Venousse.

En 1344, Jean de Rougemont accepta de Geoffroy, seigneur de Cléry, la fondation d'une messe à perpétuité, qui devait être dite dans la chapelle du nom de Cléry, une fois chaque mois, pour lui, pour ses enfans et pour ses ancêtres, laquelle sera célébrée T m*• 7S bien et parfaitement. L'abbé de Pontigny est qualifié dans cette charte de religieuse personne, saige et discrète Dans (dom) Jehans de Roigemont, par la grâce de Dieu, humble abbé de l'Eiglise de Pontigny. Agnès de Cléry, ratifiant la fondation de son père, en 1572, l'appelle son tris-chier seigneur et père, que Deux asoille (absolve), monseigneur Geuffroy, jadix sfigneur de Cléry. L'abbé de Rougemont emprunta dix-sept cent soixante livres à l'abbé de Clairvaux ,,

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