Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

notre propos de dévocion à Dieu et la glorieuse dame de Paradis, et au benoist corps saint, monseigneur saint Edmon, le quel repose en la dite église de Ponligny, et afin que iceulx monseigneur l'abbé et couvent puissent plus proprement et seurement servir Dieu, et ainsin que nous demoriens en la protection et saulve garde amprès Dieu et la glorieuse Vierge Marie, de mon dit seigneur saint Edmon, et que nous soiens accompagnés es messes, prières, oraisons, aulmosnes et bienffais de la dite Eglise et des religieux à présent et ou tems advenir, nous départons de icelle rente... Etienne, après avoir gouverné l'abbaye de Pontitigny pendant trente-deux ans, et avoir montré une grande prudence durant les temps orageux de nos guerres civiles, rendit son âme à son Créateur. Il demanda à être enterré à Cîteaux, où il avait fait profession.

[ocr errors][merged small]

Guy, né à Sens, fut d'abord religieux de Fontenay, ensuite abbé de Châlis, puis abbé de Pontigny, en 1453. Le chapitre général confirma son élection T.Lp.32. en 1458. Enfin, ses vertus et ses mérites personnels, attirèrent sur lui les regards de la communauté de Cîteaux qui l'élut pour son abbé, sur la fin de la même année. Il mourut quatre ans après.

THOMAS DE LIGNON ou DE LIMON. Il était religieux de La Ferté et bachelier en n.».

lbid.

T 84 HISTOIREthéologie, lorsqu'il fut élu abbé des Vaux-de-Cèrnay; peu après, il fut abbé de Pontigny. Son règne fut celui de la piété et de la régularité. Il donnait l'exemple de toutes les vertus chrétiennes et religieuses. Attentif à tout, en 1460, il obtint du roi Charles VII des lettres d'amortissement pour tous les biens de l'abbaye.

Thomas se rendait à l'élection des abbés de la filiation de Pontigny, et employait son influence à appeler au gouvernement la vertu, éclairée de la science. Il se trouva au chapitre général tenu en 1462, et mourut le 11 février 1474. Son corps fut inhumé dans le chapitre. Il était représenté sur sa tombe les mains jointes, sa crosse dans ses bras, avec le grand chapeau et la coule, comme on les porta dans la suite. Il paraît que la forme de l'habit fut changée de son temps. Le capuce, ou chaperon, était auparavant attaché à la coule. Les religieux gardèrent long-temps le souvenir de ce digne abbé, dont l'aspect seul appelait la vénération et le respect. Son ardente charité, sa science et son esprit, laissèrent une impression profonde sur ceux qui étaient en rapport avec lui.

PIERRE DE LAFFIN.

A peine Thomas est-il dans le tombeau, que ses cendres sont troublées par l'élection de deux abbés qui se disputent son héritage : Pierre de Laffin et Jean d'Auxerre. L'un était abbé de la BenissonsDieu, de la filiation de Cîteaux, et l'autre était religieux de Pontigny; ce dernier avait réuni une partie des suffrages, et prétendait aussi à l'abbaye. C'était comme le prélude des maux que le génie du mal allait faire au monastère. Pour éviter le scandale, le Pape et le chapitre général, tenu en 1474, confirmèrent la demande de Jean d'Auxerre. Il abandonnait ses prétentions, pourvu qu'on lui remît, pendant sa vie seulement, vingt livres tournois de rente, la jouissance de trois arpens de vigne, et une chambre à l'abbaye, pour y demeurer s'il le voulait.

Pierre de Laffin signala son entrée dans l'abbaye par la reconstruction du logis abbatial, qu'il transporta dans la cour du palais des comtes de Champagne, c'est-à-dire à l'entrée, vers l'angle que forment la route et la rivière. Il était auparavant à l'orient du côté de la chapelle de saint Thomasl'Apôtre. Ces travaux épuisèrent toutes ses ressources. Il engagea même plusieurs biens par baux emphytéotiques. On en compte quatorze de.son temps. Il engagea aussi trois calices d'argent pour trente livres tournois, qui furent rendus trois ans après. IL fit mettre ses armes partout à côté de celles de l'ab-, baye. (1).

(1 ) Les armes de l'abbaye de Pontigny étaient d'azur au pont; d'argent de trois arches, surmonté d'un arbre de Sinople, au haut duquel était un nid d'argent, le tout accompagné de deux , fleurs de lys d'or, une et une (une en pointe et une en chef). On dit que l'origine de ces armes vient d'un arbre qui se trouvait • anciennement sur le pont, et sur lequel les oiseaux faisaient leurs nids.

Les abbés ont pris quelquefois pour armes une Notre-Dama.

L'abbé de Laffin fut employé plusieurs fois dans les affaires de l'ordre. Il souscrivit à la transaction entre l'abbé de Cîteaux et celui de Clairvaux, omologuée au parlement en 1487. L'année suivante, il fut choisi pour concilier une affaire entre les mêmes abbés, celui de Clairvaux, et celui de Cîteaux. II était bachelier en théologie, conseiller et aumônier du roi. L'abbaye fut environ vingt ans sous sa direction. vojei pièces Le 12fe avril 1481, Innocent VIII adressa une longue bulle à l'abbé de Cîteaux et aux quatre premiers pères. Il rappelle les faveurs qui leur ont déjà été accordées, comme de donner les ordres mineurs, de bénir les pierres sacrées des autels, les ornemens sacerdotaux, les ciboires, les images, de consacrer les calices, les autels, de porter la mitre et l'anneau pastoral, de donner la bénédiction solennelle, de réconcilier les églises et les monastères, pourvu qu'ils n'aient pas été souillés par un homicide et qu'on se servît d'eau bénite par un évêque. Il ajoute à tous ces priviléges, celui de donner les ordres sacrés aux sous-diacres et aux diacres du monastère, pour les exempter d'aller ça et là pour les ordinations. « Nous, dit-il, qui chérissons votre ordre par-dessus tous les autres, nous nous faisons gloire de le combler de faveurs et de priviléges à l'exemple de nos prédécesseurs. »

assise sur un pont de trois arches. Le pont de Pontigny a en effet trois arches très-élevées, selon le goût de nos ancêtres.

Le Serain, qui passe à Pontigny, est appelé dans les anciennes chartes: Amne Saneen, Senaen, Saina, Sedana, Senana, Serenum, Senyn, Seneien, Senain et Sen-ain. Aïn, en arabe et en hébreu, veut dire source, puits. Le nom usité en langue 'iVoyei Hist. de vulgaire était autrefois Senain ; ce n'est que depuis un siècle que Seig., t.i, p. 85. J'0n écrit Serain. Sen est le nom d'un dieu que les Gaulois ado-, raient.

Le Serain prend sa source entre Arcancey et Beurey ( Côted'Or), proche le mont Chevrot, à cinq lieues au-delà de Saulieu et à une lieue de la source de l'Armançon. Il passe à Noyers, à Chablis, à Ligny, et se jette dans l'Yonne à Bonnart, après ua cours de vingt lieues. 11 reçoit dans son cours l'Argentalet, le ruisseau de la Planchette et différens rus. Les deux rives du Serain, surtout depuis Ligny jusquà l'Yonne, sont bordées de saules et • de peupliers, qui y croissent avjec une force de végétation admirable.

En 1529 et en 1551, les habitans de Chablis firent parvenir des pétitions jusqu'au pied du trône, pour qu'on rendit le Serain navigable depuis Noyers jusqu'à l'Yonne. Leur démarche eût été couronnée du succès, sans l'opposition de quelques propriétaires riverains. La route qui côtoie aujourd'hui lés bords du Serain et le canal de Bourgogne, qui n'en est éloigné que d'une ou de deux lieues, rendront désormais cette navigation inutile.

Louis XI, qui vivait alors, vint plusieurs fois en dévotion vers le tombeau de saint Edme. En 1477, il donna à l'abbaye de Pontigny douze cents livres de rente sur son domaine dans les baillages d'Auxerre, de Troyes, de Vitry, de Meaux et de Sens. Il lui donna encore, en pleine propriété, les vignes de Talen, près de Dijon; l'acte est de 1482.

Au mois d'octobre 1478, Louis XI entreprit un nouveau voyage à Pontigny; mais la peste qui régnait dans Auxerre l'arrêta. Il écrivit au clergé de la ville de faire en son nom une procession extraordinaire au tombeau de saint Edme, pour apaiser la colère de Dieu. Il envoya deux cierges, pesant chacun trente livres. La ville enjoignit .jeux autres de vingt livres chacun. Les religieux des diflerens ordres, les autorités civiles et militaires, représentant le roi, ajoutèrent à la pompe de cette procession

« ZurückWeiter »