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d'Amiens, proche Frévent, sur la rivière de Canche, fut fondée en 1137, par Hugues Campédavoine III, «omte deSaint-Pol, et par Béatrix, son épouse, autant par dévotion qu'en réparation de la mort d'un prêtre, que ce comte avait tué à l'autel en poursuivant on cerf. Les religieux de Pontigny n'y entrèrent que le 10 novembre 1140. Le premier abbé fut le vénérable Jourdain, religieux de Pontigny ; il donna sa démission en 1142, pour aller Cuir ses jours dans sa maison de profession. Hugues, un de ses successeurs, pour s'appliquer, à son exemple, uniquement au salut de son âme, et se préparer à la mort, revint aussi à Pontigny; mais il fut renvoyé en Hongrie pour fonder l'abbaye de Hégres, dans laquelle il mourut vers l'an 1240. Le trésor de cette abbaye, qui renfermait des richesses immenses, fut enlevé le 10 janvier 1563. Ses revenus étaient de trente mille livres.

En 1558, les ambassadeurs chargés de traiter de la paix entre la France et l'Espagne, se réunirent à Cercamp; mais le tonnerre ayant brûlé l'église le 14- octobre, ils passèrent dans l'abbaye de Vaucelle, où la paix fut conclue en 1559, et publiée le 5 avril de la même année. Cette abbaye était encore remarquable par la sépulture des comtes de Saint-Pol, de Vendôme et de Luxembourg. On y comptait onze religieux en 1788.

L'Étoile, Sancta Maria de Stella, fille de Pontigny, à six lieues de Poitiers et quatre de Châtellerault, était isolée dans un bois, sur la rivière de Vienne. Cette abbaye fut fondée en 1124ou 1130, par Gay de Ceriuîs et son épouse Rosta. Ils établirent pour clause principale dans leur charte de fondation, que celui qui, après leur mort, annulerait leur donation, paierait cent livres d'or, vingt à l'Eglise romaine, quarante à celle de l'Etoile, vingt A celle de Poitiers et vingt au roi. Le premier abbé fut Isambaud, de la maison de Lusignan. Quoique fondée en 1130, elle ne fut réunie à l'ordre de Cîteaux que le 27 juillet 1140. Dom Jérôme Petit, abbé régulier, y avait introduit la réforme. Il y avait à cette époque douze religieux.

Le Pin, Beata Maria de Pinu, abbaye sortie de Pontigny, située à deux lieues de Poitiers, fut fondée le 28 septembre 1141 ou 1120, dans un vallon étroit et profond, où passe un ruisseau qui va à Poitiers. Son abbé était régulier. Guillaume de Forges, abbé de Saint-Benoît du Pin, en fut le premier abbé, ce qui fait croire que ce monastère était très-ancien, qu'il avait été d'abord dédié à saint Benoît par des moines noirs, et qu'il était passé plus tard dans l'ordre de Cîteaux, comme Granselve et d'autres. Ses revenus étaient de vingt mille livres.

Trisay , Trisagium, diocèse de Poitiers, ensuite de Luçon, à trois lieues de cette dernière ville, et une de Saint-Hermine, était une abbaye qui devait sa fondation à Hervé de Marcùil, et à d'autres seigneurs de la province. Elle remonte au 26 juillet 1145. Les Huguenots la détruisirent entièrement. On y comptait quatre religieux en 1788.

Notre-dame De Ré, abbaye fondée en 1156, et bâtie dans une île de France qui porte ce nom. L'abbé ^taitseigneur d'une partiede l'île. Charles de Boucherat, abbé de Pontigny, céda cette maison aux Pères de l'Oratoire, en 1625, moyennant seize cents livres de rente, qui formèrent les fonds de six bourses au collége des Bernardins à Paris; deux pour Cîteaux, et quatre pour Pontigny. De ce moment, Notre-Dame de Ré sortit de la filiation de l'ordre.

L'estrbe, Strdlà, abbaye située dans le diocèse d'Evreux, dans un lieu solitaire, sur le bord de l'Eure, à une petite lieue de Dreux. Elle fut fondée en 1144, par des seigneurs du pays, dont on n'a pas conservé les noms. Guichard, second abbé de Pontigny, y envoya un abbé et des religieux. Le pape Eugène III approuva cette fondation, et prit l'abbaye sous la protection du Saint-Siège. L'église fut dédiée à Notre-Dame. Louis XIV mit cette abbaye en commende, malgré l'opposition des religieux. Comme elle était presque abandonnée, de la Varande, abbé de Pontigny, obtint d'y mettre des religieuses de la filiation de Morimon. Sa sœur en fut abbesse. Celte maison resta sous la juridiction de l'abbaye de Pontigny, quoique l'abbé de Morimon nommât la prieure. Il y avait vingt religieuses en 1788. Malgré les pertes que cet établissement éprouva pendant la commende, il lui restait encore quinze mille livres de rente. On voyait dans le sanctuaire les tombeaux des fondateurs , sur lesquels étaient leurs effigies.

Saint-martin De Vitebbe, de Sancto Martino, abbaye de moines noirs, de l'ordre de Saint-Benoît, en Italie, que le pape Eugène III donna à l'abbaye de Pontigny en 1150, pour la relever du mauvais état dans lequel il la trouva. Il donna même mille livres pour retirer les biens aliénés et aider sa restauration. D'autres attribuent la fondation de cette maison à Raynier Capoccio, en 1200, et à Albus, premier abbé, qui mourut cardinal, en 1244.

Hégres, abbaye fondée en Hongrie par le roi Bêla, vers l'an 1199, avec tant de magnificence, que les rois de Hongrie l'ont choisie depuis pour leur sépulture. Le premier abbé fut Hugues, religieux de Pontigny. Par amour de la retraite, il s'était démis de l'abbaye de Gercamp, et s'était retiré à Pontigny. Ses supérieurs ne lui permirent pas d'en* sevelir long-temps ses vertus dans l'obscurité du cloître; ils l'envoyèrent pour fonder le monastère de Hégres. Cette maison acquit sous sa conduite une telle réputation de sainteté, que différentes contrées de la Hongrie réclamèrent à la fois des religieux dela filiation dePontigny. Hugues fonda trois monastères avant de mourir : Sainte-Croix, Zam et Kerz.

Sainte-croix, fille de Hégres, dans le diocèse des Cinq-Eglises. On trouve aussi Hailigen-Craitz dans le même diocèse, dont les fondations sont rapportées à l'an 1201. Celle de Sainte-Croix est de 1219.

Zam , autre fille de Hégres, diocèse de Vesprin , fut fondée en Hongrie, en 1219.

NOTICE HISTORIQUE

SUR LES COMMUNES
QUfc ENVIRONNENT PONTIGNY;

REINE.

Les Cartulaires de Pontigny nous fournissent, sur les communes des environs, une suite de particularités historiques qui ne sont pas sans intérêt. En les rapportant, nous rentrons dans l'histoire de l'abbaye de Pontigny, et nous continuons, pour ainsi dire, d'écrire.ses annales.

Beine, appelé en latin Bania, Benna, Bena, est une commune de sept cent dix âmes, dans le canton de Chablis. Le vin, l'orge et le froment sont les produits ordinaires de son terrain sec et pierreux. L'église, dédiée à l'Assomption de la Vierge, était autrefois à la nomination de l'abbé de Saint-Germain d'Auxerre...

On trouve cette commune pour la première fois en. cw. , en 1140, lorsque Pierre de Beine fut témoin dans1 ^/J'^^ une charte passée à Langres. Guy de Maligny, sei- ,ség. a-Aui. gneur de Beine, d'heureuse mémoire, disent les c.rt. de Pont.. chartes du temps, s'était croisé pour la T«rre Sainte, yj. * î34 ïl où ir paraît qu'il mourut l'an 1240. Avant son dé-. part, iY avait distribué une partie.de ses biens mt

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