Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

n'offre pas un aspect avantageux. L'église paroissiale de Saint-Martin est belle et régulière. Bâtie sur In plan des basiliques, elle a une nef et deux bas-côtés. La structure appartient au douzième siècle. On regrette qu'elle soit entourée de bâtimens trop rapprochés d'elle. L'église de Saint-Pierre, hors de la ville, paraît fort ancienne ; on remarque dans l'intérieur un grand nombre de statues antiques et grotesques. On y voit une cloche du poids de six milliers. Le cimetière de la ville, établi autour de cette église, renferme plus de vingt tombes ou tables de pierre avec des inscriptions, dont la plupart ne remontent pas au-delà de 1810. Le long de l'église, au levant, on a tiré plusieurs tombeaux en pierre.

Le territoire de Chablis produit d'excellent vin blanc, très-bien accueilli dans la capitale sous le nom de vin de Chablis. Le sol pierreux de cette contrée est naturellement ingrat. Le vin seul en fait la richesse; mais, comme ce produit est incertain, l'abondance et la détresse viennent successivement réjouir ou affliger le pays.

Quelques savans ont placé près de Chablis la fa- Lebeut, Mdm., meuse bataille de Fontcnay, en 841, dans laquelle t'",p'28périrent, dit-on, cent mille Français. Ils s'appuient Géogr. du mot Chapîies, qui aurait formé celui de Chablis, et qu'ils dérivent de capulare, pris pour cœdere, dans, la basse latinité; et sur les vieux mots français chaplis, chaplement, qui veulent dire tailler en pièces, dans les romans du treizième siècle. Ils s'appuient encore sur le cimetière de Notre-Dame de la Victoire , où la tradition rapporte que l'on enterra les morts. On parle aussi d'une inscription de la cha

pouvoir l'atteindre. Il fut appelé le Père Lièvre, surnom que porte encore sa postérité. Ces épreuves, qui se renouvelaient en France, et surtout en Bourgogne depuis un siècle, tombaient en désuétude, et on blâmait les juges qui les permettaient encore.

Le fameux procès qui existait depuis long-temps entre la commune de Ghéu et celle de Jaulges, contre la commune de Ligny-le-Châtel et celle de Varennes, au sujet de huit cents arpens de pâtis attenants à la forêt de Contest, fut enfin jugé en 1835. Les deux premières communes voulaient que Ton partageât ces terres par portions égales entre les quatre communes; les deux autres voulaient qu'elles fussent partagées par feux; c'était l'esprit de la loi. Comme la commune de Ligny-le-Châtel était trèspopuleuse, relativement à celle de Chéu et à celle de Jaulges, celles-ci ne voulaient point consentir au partage. L'affaire fut portée au tribunal d'Auxerre, qui rejeta les prétentions des habitans de Cbéu et de Jaulges; ils en appelèrent à Paris, où ils furent encore condamnés; enfin, le conseil-d'Etat fut appelé à rendre un jugement, qui confirma leurs condamnations précédentes. Les pâtis furent partagés par feux.

Le 50 juillet 1829, soixante-cinq maisons de Chéu furent réduites en cendres. La violence du vent était si grande, que des mèches de glui furent emportées jusqu'à Beugnon, qui est éloigné de deux lieues. Toutes ces maisons rebâties et couvertes en tuile, (car cette dernière condition était nécessaire pour obtenir des secours de la caisse des incendiés établie à Auxerre) ont changé totalement l'aspect de cette «nuée (1234). C'est encore, dit la charte, pour le remède de son âme et de celles de tous ses parens. Guerrin , chevalier, et Guillaume de Moncelles, ont possédé Chéu jusqu'en 1280.

Gaucher Dignon de Chéu fut abbé de Saint-Ger- nut. m», a. -main d'Auxerre en 15Œ9. On lui attribue la cons-abb.des.1^TM! truction de la grosse tour de l'enceinte de l'abbaye que l'on voit encore dans l'intérieur de la ville, ainsi que les murs de fortification qui tiennent à cette tour des deux côtés. Elle renfermait autrefois les prisons de la juslice de l'abbé. La terre de Chéu passa ensuite à Geoffroy, chevalier, seigneur de Cléry, et à sa fille Agnès (1372). Une dame Le Camus avait succédé aux anciens seigneurs en 1750. Il ne reste plus de l'ancienne terre de Chéu que deux fiefs, celui de Mailly et celui de Coignet.

Pendant l'été de l'année 1700, on vit renouveler à Chéu les épreuves de l'eau, comme au neuvième siècle. Plusieurs personnes des deux sexes s'étant accusées mutuellement de sortilége, s'offrirent, avec la permission des juges des lieux, à subir l'épreuve de i'eau. On leur lia les bras et les mains aux jarrets et aux pieds; ensuite, on leur passa une corde sous les aisselles pour retirer celles qui enfonceraient. Cinq personnes furent ainsi jetées dans une fosse de l'Armençon, près de Saint-Florentin, en présence d'une foule de spectateurs. Aucune n'enfonça, et toutes furent jugées coupables; car les innocens devaient couler à fond. Un homme, qui allait aussi être baigné, voyant que les cinq qui l'avaient précédé étaient déclarés coupables, prit la fuite. On courut à sa poursuite, même avec des chevaux, sans pouvoir l'atteindre. Il fut appelé le Père Lièvre, surnom que porte encore sa postérité. Ces épreuves, qui se renouvelaient en France, et surtout en Bourgogne depuis un siècle, tombaient en désuétude, et on blâmait les juges qui les permettaient encore.

Le fameux procès qui existait depuis long-temps entre la commune de Cbéu et celle de Jaulges, contre la commune de Ligny-le-Châtel et celle de Varennes, au sujet de huit cents arpens de pâtis attenants à la forêt de Contest, fut enfin jugé en 1835. Les deux premières communes voulaient que l'on partageât ces terres par portions égales entre hquatre communes; les deux autres voulaient qu'elles fussent partagées par feux; c'était l'esprit de la loi. Comme la commune de Ligny-le-Châtel était trèspopuleuse, relativement à celle de Chéu et à celle de Jaulges, celles-ci ne voulaient point consentir au partage. L'affaire fut portée au tribunal d'Auxerre, qui rejeta les prétentions des habitans de Chéu et de Jaulges; ils en appelèrent à Paris, où ils furent encore condamnés; enfin, le conseil-d'Etat fut appelé à rendre un jugement, qui confirma leurs condamnations précédentes. Les pâtis furent partagés par feux.

Le 30 juillet 1829, soixante-cinq maisons de Chéu furent réduites en cendres. La violence du vent était si grande, que des mèches de glui furent emportées jusqu'à Beugnon, qui est éloigné de deux lieues. Toutes ces maisons rebâties et couvertes en tuile, (car cette dernière condition était nécessaire pour obtenir des secours de la caisse des incendiés établit à Auxerre) ont changé totalement l'aspect de cette ges, écuyer, fils de Jean, qui avait élé vicomte de Saint-Florentin. Jean, son frère, était vicomte de cette ville en 1241. Thibault, roi de Navarre, comte palatin de Champagne et de Brie (1), de qui relevait le fief, nomme Gaucher son cher et fidèle serviteur (1235). Ce même Gaucher, seigneur de Pacy, donna à l'abbaye de Pontigny, pour le repos de son âme, de celles de ses parens, et pour faire célébrer l'anniversaire de son père et de sa mère, toute sa dîme de Jaulges et de Bondu, consistant en blé, en chanvre, en lin, et en tout ce qui se lie. Il donna aussi aux moines, et à tous les serviteurs de leur maison, un libre passage sur le chemin qui conduit de Chéu à Germigny, et un arpent de terre pour y construire une maison ou une grange. Il promit d'expédier des lettres de confirmation de ces dons avec l'apposition de son sceau, lorsqu'il aura eu le bonheur de parvenir à l'éminente dignité de chevalier ( 1255). On était reçu écuyer à quatorze ans, et chevalier à vingt et un ans. Ayant été fait chevalier au mois de juin 1240, il ratifia tout ce qu'il avait promis n'étant encore qu'écuyer, ce qui constituait, selon les coutumes de Champagne, un état de minorité. L'épouse de Gaucher se nommait Marguerite. Il eut un fils appelé Huon. En 1259, il est parlé du vicomte de Jaulges, sans autre désignation. C'était sans doute Jean, fils ou petit-fils de Gaucher, qui était vicomte de Saint-Florentin.

(1) La capitale de la Brie était Provins, où l'on battait cette monnaie, si répandue dans la Champagne et sur toute la frontière du comté d'Auxerre ou de la Bourgogne. An douzième siècle, on trouve plusieurs chartes des comtes de Champagne, datees du palais de Provins.

« ZurückWeiter »