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ces dénominations dès l'an 1150. Dans une charte cart.dcPom., de 1238, Guy, comte d'Auxerre, appelle Ligny Ligniacum siccum castrum nostrum, c'est-à-dire notre château de Ligny-le-Sec.

Tous les titres et chartes particuliers de Ligny ayant été détruits au milieu des guerres civiles, et dans les divers incendies auxquels cette ville a été en proie, il faut ouvrir les histoires de la province pour retrouver quelques faits qui ont rapport à son histoire. Elle paraît pour la première fois dans les eartulaires de Pontigny en 1138, dès-lors il y avait un seigneur. On distinguait Ligny-la-Ville de Lignyle-Châtel. Dans le même temps, on trouve un vicomte , ce qui suppose des étahlissemens formés et une petite ville fondée depuis long-temps.

Ligny-la-Ville existait à un quart de lieue de Ligny-le-Châtel, sur le revers d'un plateau, au midi. Des tombeaux, que l'on découvre en deça du moulin des Fées, indiquent le lieu du cimetière de ce premier emplacement de Ligny, dont il ne reste de vestiges que dans le sein de la terre où l'on découvre des fondations. Les tombeaux en pierre ayant été fort en usage du cinquième au septième siècle, ils font remonter jusqu'à cette époque, et même audelà, l'origine de Ligny-la-Ville. Au douzième et au treizième siècle, cette commune renfermait des gentilshommes dont les eartulaires de Pontiguy font une mention honorable. Au commencement du quinzième siècle, il est parlé de la souveraineté et baronie (1) de Ligny-lc-Châtel. Si cette ville eut ce titre T- ni P 39i

(1) Le privilège du baron, dit Velly, est de ne devoir que Hist. det'isnce, l'hommage au roi, et de ne pouvoir être cité à la cour que pour' '^ 4-

( 1154), et renonça à tout droit de pêche dans les eaux appartenant à cette abbaye. Il épousa Ermeniarde, et eut deux fiis, Jean et Deimbert. Guillaume, comte d'Aux erre, de Nevers et de Tonnerre, approuvant l'acte de donation de Barthélemy, comme seigneur suzerain, dit : Passé à Ligny devant ma tour (1), ce qui montre que les comtes d'Auxerre avaient alors à Ligny une tour pour château.

Jean, dit Macaire, seigneur (2) en partie de Ligny, plaça Gaufride, son fils unique, dans l'abbaye de Pontigny, et abandonna à cette maison tous ses biens, dont elle devait prendre possession après la mort de son épouse Hersende. Parmi ses biens se trouvait son péage de Ligny-le-Châtel, estimé alors cent sous de la monnaie courante. L'acte fut passé à la grange du Beugnon, en 1150, en présence d'Etienne, abbé deRégny; d'Etienne, prieur; de Renaud, moine de Pontigny; d'Itier, prévôt de Ligny; d'Etienne de Lindry, et de quelques autres. Jean avait épousé en premières noces Agnès. Ce même Jean est cilé dans une charte passée à Ligny, en 1167, par Gaufride, qui a le titre de vicomte. Guillaume de Chéu, Richard-lc-Chasscur, Etienne Godard, prévôt de Ligny, et Jean Brisse-Barre, sont nommés dans cette charte. Il comparut aussi, comme témoin, dans une charte que le comte de Tonnerre accorda aux habitans de cette ville en 1174. On le trouve encore en 1194 et en 1210. p w Guyard-le-Rusé, ou le Chat (3), était de la fa

(1) Actum Lanniaci ante turrem meam. Anno ab incarnatione domini 1154. Cart. 4e Pont., t m, p. 11.

(2) Doniicellus de Lanniaco. Cart. de Pont., t. ni, p. 12.

(3) Guy ardus catus, ibid.

mille des vicomtes de Ligny. Il donna en mariage sa fille Isabelle à Itier d'Ormoy, chevalier (1199). Simon-le-Rusé, chevalier, descendait de cette famille. Guillaume, fils de Jean de Laegny, chevalier, suscita bien des peines à l'abbaye de Pontiguy. Enfin, il revint de ses préventions (1184), il approuva les donations que son père et sa mère avaient faites à cette maison, et fit réparation des torts qu'il lui avait causés. Sa veuve Nicolas, ,de bonne mémoire, disent les actes du temps, et Gile, son fils, vivaient encore en 1239; Renaud Godard de Ligny donna alors une rente en argent, en avoine et en cire, p 274. que le sacristain de Ligny devait percevoir, chaque année, sur ses ouches (1) de Mérey, pour l'entretien du grand autel.

Mathilde, comtesse d'Auxerre, fit revivre les li- Leb., Mém., bertés accordées aux Auxerrois par son père. Elle p. 27g. pr passa à Ligny, en 1225, la charte par laquelle elle les affranchit (2). Cette petite ville fut comme le berceau de la liberté pour Auxerre; ce fut dans le sein de ses murs que l'on discuta ses franchises, qui furent promulguées ensuite dans cette charte célèbre, qui fit tant de sensation dans le temps. A cette époque, les comtes d'Auxerre séjournaient fréquemment à Ligny, comme on le voit par les chartes datées de cette ville.

Jeanne, vicomtesse de Ligny, recommandable par cart. ae Pom., ses bonnes œuvres, était morte en 1239; elle avait' ,p" donné un setier de froment de rente à l'abbaye des

( 1 ) On appelait ainsi l'enclos qui tenait à la maison. (?) Aclum apud Ligniacum castrum mvum. Passe dans mou château de Ligny.

Isles, et autant à l'abbaye de Pontigny, pour l'en* tretien d'une lampe. Sa fille Aliénor eut trois fils r Pierre et Guy, qui se consacrèrent au service des autels, et Eudes, qui fut vicomte de Ligny-le-Châtel et seigneur de Lignorelles. Colin de Ligny se croisa en 1239, et fit des legs pieux avant son départ. Le four de Vergigny lui appartenait.

On remarque encore parmi les seigneurs de Ligny : Renaud de Ligny, écuyer, neveu et héritier de Colin; Ermengarde, vicomtesse (1257); Marie d'Ervy, aussi vicomtesse (1259) ; Mabile, dame de Savoisy, veuve de Hugues, seigneur de Charny, près Saulieu, lequel était fils de Pons de Mont-SaintJean et de SibiJe de Noyers. Mabile descendait sans doute d'André de Savoisy, possesseur de grands biens à Ligny, en 1227.

Vers cette époque, la terre de Ligny passa toute

entière aux comtes de Tonnerre. Marguerite, reine

«. . . .. de Jérusalem et de Sicile, comtesse de Tonnerre,

Chart. et litr, ' *

deshab.deTonn. donna plusieurs biens situés à Ligny pour l'hôpital p. , « ;. ^ Tonnerre, qu'elle fonda en 1293. On remarque son étang de Ligny, le moulin des Fées, les fiefs dépendans de Ligny, la rivière, les prés, et la justice qu'elle y possède. Outre son château, elle avait à Ligny une belle maison que l'on voit encore adossée à la rivière. Ses armes sont disséminées de toutes parts à l'intérieur. On vient de reconstruire la porte d'entrée, que sa vieille architecture rendait si intéressante. Guillaume de (iliâlons, neveu de Marguerite, eut ensuite la terre de Ligny. Jeanne de Cliâlons, comtesse de Tonnerre, dame de Bonrepos et de Ligny, porta cette seigneurie dans la. famille de la Baume-Montrevel ( 1 ), par son mariage'avec un gentilhomme de cette maison en 1400.

Vers 1535, Jean de la Baume, comte de Montrevel et vicomte de Ligny, regardé comme fauteur de l'hérésie de Calvin, commit des brigandages inouis dans l'abbaye de Pontigny. Accompagné de ses satellites, il enfonça les portes de l'abbaye, parcourut l'église et les appartemens à main armée, comme aurait fait un féroce vainqueur; il frappa même avec l'épée ceux qui s'opposèrent à son passage. Le sang fut répandu. Après cette scène atroce, il courut à Sens, dénonça les religieux comme lui ayant fermé les portes de leur abbaye, lorsqu'il s'y rendait d'après un ordre du duc de Guise, ajoutant qu'on avait maltraité les gens de sa suite. Les tribunaux s'étant saisis de cette affaire, ne tardèrent pas à reconnaître toute la perfidie du comte de Montrevel. Il fut condamné à donner douze cents livres aux religieux, pour réparations civiles, dépens, dommages et intérêts, et à huit cents livres d'amende envers le roi. Le comte en appela à Auxerre, où il subit l'interrogatoire sur la sellette, avec ses complices. La première sentence y fut confirmée, ainsi qu'à Villeneuve-le-Roi, où il en appela encore. Enfin le parlement, par un arrêt définitif, le condamna à satisfaire dans les trois jours aux peines portées contre lui, sous peine d'être chassé du royaume.

(1) De l'illustre maison de la Baume-Montrevel (département de l'Ain) sont sortis deux cardinaux, archevêques de Besançon, deux maréchaux de France, un maréchal et amiral de Savoie, un vice-roi de Naples, et dix,sept gouverneurs et lieutena us-généraux de province. On voyait à Dijon l'hôtel de Montrevel, appelée vulgairement l'hôtel Maurevert. Voy. Courlép., t. n, p. 120.

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